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( 20 novembre, 2018 )

Sur les bancs

Offerts à tous les vents, patinés par le temps,

D’attente et de patience ils sont le témoignage,

Pour cinq minutes à peine ou de longues heures durant,

Nos bancs sont une escale au cœur de nos voyages !

 

Griffés, tagués, gravés au fil des quatr’saisons,

Leurs blessures sont autant de rêves et de souv’nirs,

De détresses et d’espoirs laissés à l’abandon

Par tous les oubliés qui r’gardent les trains partir…

 

Il y a ceux du quai trois, au soleil vers midi

Qui subissent chaque jour le nouvel abordage

D’une jeunesse bruyante qui chahute et qui rit

Et laisse sur ces bancs ses rêves d’enfants sages…

 

En face de ma fenêtre, à portée de regard,

C’est, chaque après-midi, le banc des solitaires,

Une grand-mère et son chien, un vieux et son cigare,

Et cette étrange fille à l’allure sévère…

 

Chaque jour que Dieu fait, quelle que soit la saison,

Le banc du bout du quai assiste, un peu surpris,

A l’étrange ballet de celle qui tourne en rond

A petits pas comptés, réguliers et précis…

 

Bien à l’abri du vent, et adossé au mur,

C’est le banc des errants et des laissés pour compte

Qui du matin au soir, et tant que le jour dure

Y exposent cette misère qui nous fait un peu honte !

 

 

Au milieu du quai deux, le banc des amoureux,

A l’abri des regards, derrière la salle d’attente,

C’est le banc des baisers et des tendres aveux,

Ceux des premières amours, maladroites, impatientes…

 

Mais dans la salle d’attente, c’est une toute autre histoire !

Sur les bancs de l’entrée, deux ou trois voyageurs,

Mais le fond, tout le jour est royaume sans gloire

D’une faune inquiétante, insolente et sans peur !

 

Les bancs craquent, pleurent, gémissent

Sous les violents assauts de ces hordes sauvages,

Brûlés et estropiés de mille cicatrices,

Ils sont tristes à pleurer quand cesse enfin l’outrage !

 

Mais j’aime ces bancs de bois venus d’un autre temps,

M’y poser un instant, y chercher le souv’nir

D’aventures passées, de rendez-vous galants,

Ou des voyages d’antan, des rêves qu’on voit partir…

 

Nul ne les a chantés comme les bancs publics,

Et des vieux bancs de pierre, ils n’ont pas la mémoire,

Pas de jolies rengaines aux accents poétiques,

Et pourtant, de nos gares, ils racontent l’histoire…

 

 

Herrlisheim – 20 novembre 2018

( 3 septembre, 2016 )

Le souvenir de nous,

J’ai l’âme à marée basse et le cœur plein de rage,

Mon corps réclame tes bras et ma bouche tes baisers…

Ta tendresse comme un havre où poser mes bagages

Quand le monde est trop fou pour toute seule l’affronter !

 

J’ai besoin d’ton sourire pour calmer mes angoisses,

De ta voix qui m’assure que tout se pass’ra bien…

La force de ta confiance pour sout’nir mes audaces

Saurait vaincre mes doutes et m’ouvrir le chemin !

 

Quand le monde n’est que haine, destruction et colère,

Quand les cœurs sont si froids, les sourires hésitants,

Quand les regards méfiants sont durs comme la pierre,

Il ne reste que toi pour m’emmener sous le vent !

 

A qui confier mes doutes, mes angoisses ou mes peurs,

Si chaque jour un peu plus, tu oublies mon adresse ?

Qui saura m’écouter, qui apaisera mon cœur,

Si chaque jour une peu plus, tu m’refuses ta tendresse ?

 

Qui m’entraînera plus loin que notre sombre av’nir,

Qui verra l’arc-en-ciel au-delà des orages ?

Qui éclairera ma route d’espoirs en devenir

Si tu lâches ma main au cœur du voyage ?

 

Tu étais mon étoile quand j’trouvais plus ma route,

Le phare qui me guidait au cœur de mes tempêtes,

Aujourd’hui je te cherche, je t’espère coûte que coûte,

Mais ta lumière pâlit, tremblotante et secrète…

 

Au fil du temps qui passe, nous n’sommes plus qu’un souv’nir

Que mon chagrin chérit et pare d’éternité…

Un souv’nir douloureux qui m’empêche de dormir,

Une chaîne à mes chevilles qui m’empêche d’avancer…

 

Que m’importe les sourires, si ce n’sont pas les tiens,

Au diable les plaisirs, si c’n’est pas dans tes bras !

Tu n’as rien à m’offrir, crois-moi, je le sais bien,

Mais mon cœur perd la tête, chaque fois qu’il pense à toi !!

 

Et s’écoulent les jours, les semaines et les heures,

Le temps qui passe m’enferme dans ma solitude,

Et peu-à-peu s’apaisent, les batt’ments de mon cœur

Qui n’bat plus pour personne, ou bien par habitude…

 

Mon avenir se perd dans une brume intense,

Mes rêves disparaissent un peu plus chaque jour,

Mon univers étouffe sous le poids du silence,

Et mes sourires s’éteignent, mon regard devient lourd !

 

Je me perds et me cogne aux murs de ton absence,

Je perds le goût d’aimer chaque fois que tu m’ignores,

Les flèches empoisonnées de ton indifférence

Brisent mon cœur blessé qui pourtant t’aime encore…

 

Bientôt je n’aurai plus ni rage ni colère,

De mon cœur amoureux, j’ignorerai l’appel,

Mon âme s’endormira au creux de mes hivers,

Le souvenir de nous comme seule aube nouvelle…

 

Herrlisheim – 03 septembre 2016

( 23 mai, 2016 )

Le chemin de ton cœur,

Qu’elle est longue la route quand on attend un signe, un regard !

Qu’il est long le chemin de mon cœur à ton âme !

Comment ne pas céder aux affres du désespoir ?

Comment ne pas r’noncer à cette vallée de larmes ?

 

Il y a si longtemps que j’espère une chance,

Que je cherche les bons mots pour qu’enfin tu me voies,

Que j’abreuve mes rêves aux sources de l’espérance,

Que j’attends une réponse, un petit signe de toi…

 

Je me tiens à l’écart, je t’observe de loin,

Je cherche ton regard, parfois, sur mes chemins…

Je t’espère dans mes mots, mes notes, mes refrains,

Je t’attends sans faiblir, au cœur de mon destin !

 

De toutes mes histoires, tu es la plus intense !

Celle dont j’attends le plus, celle qui nourrit mon âme,

Celle qui brûle mon cœur de toutes ses impatiences,

Lui offre tous ses soleils et ses plus belles larmes !

 

Chaque fois que tu es sourd à mes signes, mes partages,

Chaque fois que tu m’ignores sans que je sache pourquoi,

Mon ciel s’assombrit, se couvre de nuages

Et ma confiance se meurt dans tes silences froids…

 

Mais je te fuis parfois, exilée volontaire,

J’efface ton numéro, je brûle tes photos,

Je noie le son d’ta voix sous toutes mes colères,

Et à tous tes regards, enfin, je tourne le dos !

 

Je voudrais rester digne et ne plus rien attendre,

Voguer vers d’autres rives plus douces et accueillantes,

J’aimerais rester de marbre face à ton sourire tendre,

Ne plus jamais céder aux passions enivrantes…

 

Comment de ma mémoire, effacer nos souv’nirs ?

Comment fuir ton regard qui s’balade dans mes rêves ?

Comment trouver ailleurs les vagues du plaisir ?

Et qui saura m’offrir la douceur d’une trêve ?

 

J’ai beau fermer ma porte et verrouiller mon cœur,

Tu es de toutes mes fêtes et de tous mes chemins !

J’ai beau chercher ailleurs une aube pour mes pleurs,

C’est toujours ton visage qui hante mes lendemains !

 

Dans chacune de mes danses, j’sens tes bras qui m’enlacent,

Et dans chaque baiser, tes lèvres caressent les miennes !

Quelles que soient mes ivresses, jamais tu ne t’effaces…

…Il faudra bien qu’un jour, mon amour te parvienne !

 

Mais que la route est longue quand j’attends ton regard,

Que d’épines au jardin qui me mène à ton cœur !

Me reste t-il du temps ?  Il est déjà si tard…

Saurais-je encore t’aimer, le jour où sonn’ra l’heure ?

 

Herrlisheim – 23 mai 2016

( 27 décembre, 2015 )

Enfin te trouver,

Lorsque l’aube venue, la nuit s’efface douc’ment,

Que s’éveille ma raison, que sur mon cœur elle prend le pas,

Quand mes rêves s’enfuient, se fondent dans le néant,

Je sais, sans doute aucun, que tu ne viendras pas !

Naïve, un peu rêveuse, au cœur de l’âge tendre,

Je ne t’espérais pas, je m’attendais à toi !

Tu étais l’avenir à cueillir sans attendre,

L’aventure d’une vie, une destinée de roi !

De mes premiers émois à mes passions brûlantes,

J’ai cru te reconnaître dans chaque nouveau sourire.

J’ai espéré l’amour dans chaque nuit impatiente,

Et dans chaque murmure, vu un monde à bâtir !

Je t’ai cherché sans fin, dans chaque nouveau visage,

J’ai laissé au destin, le choix du jour, de l’heure…

Quel que soit le moment, quel que soit le rivage,

J’ai laissé grande ouverte la porte de mon cœur !

Des frimas de l’automne aux longues nuits d’été,

J’ai offert une chance à bien des voyageurs…

Pour une caresse tendre, pour un baiser volé,

Je me suis enflammée, oubliant ma pudeur !

Combien d’amours sans goût, combien de feux de paille

Ont consumé mon cœur  et desséché  mon âme ?

Combien de mots d’amour, combien de vaines batailles

Ont durci mon regard et fait couler mes larmes ?

Dois-je parcourir le monde ? Elargir mon regard,

Pour enfin te trouver, toi qui m’es destiné ?

Suis-je encore en avance, ou bien très en retard ?

Es-tu déjà passé ? Nous sommes nous croisés ?

Suis-je passée à côté ? Ne t’ai-je pas reconnu,

Ou t’ai-je laissé partir, ne t-ai-je pas vu venir ?

Avec le temps qui courre, j’avoue, je ne sais plus

Où poser mes valises pour croiser ton sourire !

L’automne de ma vie a blanchi mes cheveux,

Et mon âme d’enfant doit lutter chaque jour

Pour ne pas remarquer mes rides aux coins des yeux,

Et continuer à croire qu’elle trouv’ra ton amour !

…J’ai aimé bien souvent, et j’ai été aimée,

J’ai connu des bonheurs, vécu des jours de joie…

Bercée par la douceur d’amours attentionnées,

J’ai même cru mon voyage terminé, quelquefois…

Mais c’n’était pas l’amour que mon cœur attendait,

Ce n’était ni tes bras, ni ton regard sur moi !

Ce n’était pas tes lèvres que les miennes effleuraient,

C’n’était pas notre histoire, parce que c’n’était pas toi !

Mais malgré les défaites, et malgré les erreurs,

Je te cherche toujours, tu es là, quelque part…

Un jour viendra peut-être où je trouverai ton cœur,

Malgré l’aube qui point et les rêves qui s’égarent !!!

 

Herrlisheim – 27 décembre 2015

( 17 décembre, 2015 )

L’année qui va, l’année qui vient,

Elle est née dans le sang et dans la barbarie,

A volé notre innocence un matin de janvier,

Fait vaciller un temps notre monde et nos vies,

… Mais nous a réunis dans les rues par milliers !

L’année qui s’en va.

Elle a nourri de fiel la haine et l’intolérance,

A concentré les peurs dans un vote sans honneur,

A répandu le rejet de l’autre et la méfiance,

… Mais a permis aussi d’afficher nos valeurs !

L’année qui s’en va.

Elle a brisé l’élan de milliers d’innocences,

Voilé bien des visages, permis bien des outrages !

Elle a violé sans honte les rêves de l’enfance,

… Mais nous a rassemblés autour d’un même message !

L’année qui s’en va.

Elle a voulu marquer l’amour du sceau de l’infamie,

Lui a dénié le droit d’avoir plusieurs couleurs,

Les croyances d’un autre âge, soudain, ont refleuri,

… Mais un unique baiser a fait taire les censeurs !

L’année qui s’en va.

En plein cœur de l’été, elle m’a volé d’un père,

A fait taire bien des voix, éteint bien des regards,

Elle a privé le monde de talents, de repères,

… Mais bien d’autres ont jailli par-delà les miroirs !

L’année qui s’en va.

Elle a vu les frontières des saisons se brouiller,

Et la terre en colère hurler son désespoir !

Elle a vu les glaciers, les forêts reculer,

… Mais aussi tout un monde qui veut changer l’Histoire !

L’année qui s’en va.

Elle a jeté des peuples tout entiers sur les routes,

Et au fond des abysses, noyé d’ultimes espoirs,

Elle a, sur une plage, balayé tous nos doutes,

… Le sommeil éternel d’un enfant pour mémoire !

L’année qui s’en va.

Elle a meurtri le monde par une nuit de novembre,

Remplacé la musique par les cris et la peur,

Elle a gâché la fête, massacré l’âge tendre,

… Mais fait flotter plus haut et plus loin nos couleurs !

L’année qui s’en va.

Elle a lâché sur nous le vol noir des corbeaux,

A fait trembler le peuple des Arts et des Lumières,

Voulu donner l’pouvoir au front de tous les maux,

… Mais la France a dit non à la haine pour bannière !

L’année qui s’en va.

Elle ne m’a pas offert tout c’que j’en espérais,

M’a fermé bien des portes, privée de quelques rêves,

Elle m’a trouvée plus seule, plus triste que jamais,

… Mais m’a ouvert aussi, des horizons de trêves !

L’année qui s’en va.

Elle n’est pas encore née, mais on l’attend déjà,

Elle n’est que rêves fous, espérances et promesses !

Elle est la page blanche et tout c’qu’on y peindra,

… Elle est aussi nos doutes et toutes nos maladresses !

L’année qui nous vient.

Bien naïf qui peut croire qu’elle changera le monde,

Fou sans doute est celui qui en attend la paix…

Dès son premier matin, entraînée par sa ronde,

… Elle peut nous emporter, au gré du vent mauvais !

L’année qui nous vient.

Quand nous traverserons le miroir des années,

Nul doute que nous suivront tous les maux de la Terre !

Elle ne peut pas offrir à notre humanité

… La sagesse qu’il lui faut pour vaincre la misère !

L’année qui nous vient.

De l’année qui s’en va, je n’emporterai rien,

Et de celle qui nous vient, je n’espère aucune trêve !

Mais demain comme hier, avec ou sans soutien,

… Je lui offre une chance, je lui dédie mes rêves,

A l’année qui nous vient !

 

Herrlisheim – 17 décembre 2015

( 24 octobre, 2015 )

Il y a

En lettres de feu sur les murs de ma vie,

Il y a tout cet amour dont je ne sais que faire,

Il y a tous mes échecs, mes rêves en charpie,

Il y a les ambitions d’une vie toute entière !

Comme gravés au fer rouge sur les murs de mon cœur,

Il y a tout c’que j’efface, tout c’que j’crois oublier,

Il y a mes nuits de honte et mes envies d’ailleurs,

Il y a tous les cauchemars de mes nuits angoissées !

Comme écrits à la craie sur chacun d’mes sourires,

Il y a c’que j’ai aimé, les bonheurs engloutis,

Il y a toutes les caresses, les baisers, les souvenirs,

Il y a toutes les étoiles frôlées et à jamais parties !

Au crayon de papier sur une page blanche,

Il y a les mots d’amour que je n’dirai jamais,

Il y a toutes mes colères, la pluie de mes dimanches,

Il y a toutes les guerres que jamais je n’mènerai !

A l’encre indélébile au cœur de ma mémoire,

Il y a tous tes sourires, tes gestes, tes regards,

Il y a ta main tendue que je cherche dans le noir,

Il y a nos rendez-vous ratés et ceux dus au hasard !

Délavés par mes larmes jusqu’au fond de mes yeux,

Il y a  ce « je t’aime » que j’n’ai jamais su dire,

Il y a tous les clin-d’œil et tous nos petits jeux,

Il y a cette peur de moi quand j’t’ai pas vu venir !

Jaunis par les années, sur du très vieux papier,

Il y a tous ces poèmes que tu m’as inspirés,

Il y a toutes ces lettres que j’n’ai pas envoyées,

Il y a ces petits cœurs par une flèche percés !

En lettres d’imprimerie, brillants sur mon écran,

Il y a tous ces messages que j’ai écrits pour toi,

Il y a mes sentiments, et p’t’être même des serments,

Il y a mon cœur à nu jusqu’au bout de mes doigts !

Comme tracés sur le sable, effacés par la mer,

Il y a ton prénom que je griffonne partout,

Il y a tous les mots qu’en vain je t’ai offerts,

Il y a des contes de fées, d’elfes et de gentils loups !

Comme un disque rayé par la pointe du diamant,

Il y a dans notre histoire un peu d’éternité,

Il y a l’usure des rêves sous le passage du temps

Il y a mon rire qui pleure quand je te vois aimer !

Comme on lit une histoire sur les rides d’un visage

Il y a tout un avenir dans un seul mot de toi,

Il y a une autre chance et d’autres paysages

Il y a ma confiance plus puissante qu’une foi !

Comme tatoués sur ma peau par une nuit d’ivresse,

Il y a dans ton regard, l’éclat de la passion,

Il y a dans ton absence, tout un monde de promesses,

Il y a dans ton sourire, plus qu’une déclaration !

 

Colmar – 24 octobre 2015

 

( 11 octobre, 2015 )

Lucidité

Ce soir j’ai le cœur lourd et l’esprit en cavale.

Comme un reflet d’ailleurs, lumières d’un autre bal,

Il y a dans mon regard comme une mélancolie…

Ce soir j’ai dans mes rêves l’ombre de la nostalgie !

Comme un nuage qui voile le soleil en été,

Il y a dans mon sourire l’empreinte de tes baisers…

Ce soir j’ai sur les lèvres tout le poids des regrets !

Comme une madeleine de Proust, un souvenir parfait,

Il y a dans mon fantasme des vagues de douceur…

Ce soir j’ai l’âme en peine, l’espérance qui se meurt !

Comme la flamme d’une bougie vacille quand vient le jour,

Il y a dans ma mémoire les cendres d’un amour…

Ce soir j’entends en moi la musique des amants !

Comme nous perdons nos sens sur une valse à mille temps,

Il y a dans mes délires l’ivresse des souvenirs…

Ce soir j’ai sur la peau les frissons du désir !

Comme la fleur au printemps se tourne vers le soleil,

Il y a dans mes envies l’oubli des nuits de veille…

Ce soir mon optimisme a peur de ma mémoire !

Comme l’enfant qui se perd appelle dans le noir,

Il y a dans mes cauchemars l’angoisse des lendemains…

Ce soir dans mon miroir je recherche un destin !

Comme l’oiseau qui fuit l’hiver affronte tous les vents

Il y a dans mes passions un désespoir d’enfant…

Ce soir sur mon visage je vois le temps qui passe !

Comme les rêves trop grands finissent dans l’impasse,

Il y a dans mes amours l’illusion des fantasmes…

Ce soir dans mes pensées ne rôdent que des sarcasmes !

Comme l’orgueilleux défie le gentil, le rêveur,

Il n’y a dans mon jugement que des propos moqueurs…

Ce soir je réalise que mes rêves sont vains !

Comme le parieur se berce de l’illusion du gain,

Il y a dans mes désirs l’espoir de l’impossible…

Ce soir dans un éclair j’ai vu l’inaccessible !

Comme la brume qui se lève révèle le paysage,

Il y a dans ton silence comme la fin d’un voyage…

Ce soir dans un songe j’ai compris mes erreurs !

Comme le Père Noël final’ment n’est qu’un leurre,

Il n’y a dans ma vie que mirages et naïveté…

Ce soir j’ai vu ma vie avec lucidité !

Comme au sortir des rêves vient la réalité,

Il y a dans mes saisons plus d’hivers que d’étés…

Ce soir j’ai bien compris qu’il n’y aura pas de « nous » !

Comme la rage n’est parfois qu’un désespoir de fous,

Il y a dans mes colères les reflets d’ma tristesse…

Ce soir je suis brisée et je pleure ma détresse !

Comme certains en chantant crient leur indignation,

Il y a dans mon crayon toutes mes désillusions…

 

Herrlisheim – 11 octobre 2015

( 6 octobre, 2015 )

La photo volée

Est-ce la mélancolie de mon cœur fatigué,

Ou l’imagination d’un esprit embrumé

Qui, au premier coup d’œil sur ce mauvais cliché

M’a montré la détresse dans ton regard voilé ?!

Autour de toi, pourtant, des visages souriants

S’éclairent dans la fête comme des visages d’enfants.

Sur cette joyeuse image, ce reflet d’un instant,

On s’amuse et on rit, on chante dans le vent !

Seul au milieu de tous, tu me parais ailleurs,

Isolé dans une bulle, retranché dans ton cœur !

Ton tout petit sourire est triste à me faire peur

Et dans ton regard lourd, pas l’ombre d’une lueur !

Où es-tu donc parti ? Qu’est-ce-qui te trouble ainsi ?

Est-ce le monde qui déraille, les hommes et leur folie ?

Ne sais-tu plus très bien où se trouvent tes amis ?

Ou bien, as-tu perdu le fil de ta vie ?

Je te regarde encore, sur cette photo volée,

Seconde d’éternité sur du papier glacé…

Je ressens ta tristesse au cœur de tes pensées

Et mon cœur se gonfle de tendresse envolée…

Cet abîme dans tes yeux me blesse et me fait mal,

Ton image me hante et brise mon moral !

J’aimerais prendre ta main, là, au milieu du bal

Te faire tout oublier dans une ronde infernale…

J’aimerais d’un baiser, sur le bout de mes doigts

Souffler du réconfort, de la tendresse vers toi…

J’aimerais t’envoyer tout ce que j’ai en moi

De rêves, d’émotions, de sourires et de joie !

J’aim’rais en quelques mots faire voler en éclats

Toutes ces sombres pensées de ton sourire si las,

Attraper les étoiles, les poser dans tes bras

Pour faire briller tes yeux de leur plus bel éclat !

J’aimerais récolter dans le creux de mes mains

Ces larmes que j’imagine au bord de ton chagrin…

J’en ferais des rivières, des rubans de satin,

Des perles de lumière, pour tous tes lendemains !

 

 

Colmar – 06 octobre 2015

( 2 septembre, 2015 )

Je t’ai rêvé

Endormie à mille lieues de tes rêves sereins

j´ai laissé mon âme rôder près de tes draps,

Je t’ai rêvé cette nuit et mon corps s’en souvient…

Du plus loin de mes songes j’ai retrouvé tes bras !

Dans la douceur bleutée d’une douce nuit d’été,

Guidé par les étoiles et par mes souvenirs,

Mon cœur en mal d’amour près de toi à glissé,

Et tout contre ta peau je me suis vue dormir !

Je t’ai vu t’éveiller en sentant ma présence,

J’ai revu ton sourire et ton œil malicieux,

Ton regard sur mon corps était une évidence,

Et ta bouche sur ma peau comme un cadeau des dieux !

La douceur de ta main qui caresse mon visage,

En dessine chaque détail, en lit chaque contour,

Tu me lis comme un livre, douc’ment, page après page,

Et tes doigts chauds s’attardent sur ma bouche velours !

J’ai senti ton baiser, passionné et brûlant

Et l’étreinte puissante qui libère les passions…

J’ai perçu tout le poids de ton corps impatient

Qui dans une douce violence réveille mes émotions !

Dans ma nuit solitaire, quelques larmes ont roulé

Tant le plaisir insolent me paraissait réel,

Laissant sur l’oreiller des souvenirs salés

De jeunesse envolée, d’aventures sensuelles…

Au matin cependant, quand j’ai ouvert les yeux,

Plus aucune trace de toi au cœur de ma mémoire,

Juste des draps froissés d´un désordre joyeux,

Et une lueur étrange au fond de mon miroir !

Les heures tout doucement sur ma vie ont glissé,

Sereines heures d’été quand on flâne au soleil,

L’esprit libre des contraintes et le cœur léger,

Loin des soirées de peines et des nuits sans sommeil !

Quand, soudain, sans prévenir, au détour d’un rivage,

Dans un curieux frisson, mon corps s’est souvenu

De l’étreinte fusionnelle, de cet étrange voyage,

Pâle écho de tous ceux qu’un jour on a vécu !

Etrange sensation, révélation brutale

Qui a troublé mon cœur bien plus que de raison

Il se serre un instant, marque le pas puis s’emballe

Comme un cheval fougueux piqué par l’éperon !

Papillons dans le ventre, mon regard qui se voile,

Et par flashes aveuglants, mon rêve qui revit !

Etait-ce bien un rêve cette nuit pleine d’étoiles ?

Une simple illusion, reflet de mes envies ?

Ne vais-je pas te trouver sur le pas de ma porte ?

Ne verrais-je pas tes bras s’ouvrir pour m’accueillir ?

Pas de regard brûlant ? De sourires qui m’emportent ?

Ni de douceur mutine comme dans mes souvenirs ?

Depuis lors je te cherche dans mes rêves chaque nuit,

Je me perds dans mes songes, cherchant à te rejoindre,

Mais je ne trouve plus ce chemin qui conduit

A tes bras qui m’enlacent, au bonheur de t’étreindre….

( 5 août, 2015 )

Depuis quand n’ai-je pas dit je t’aime ?

Depuis combien de temps n’ai-je pas dit je t’aime ?

Moi qui l’ai tant rêvé, crié et même chanté !

Mais, murmuré les yeux dans les yeux comme un poème,

Voilà bien des rêves que ça n’est pas arrivé !

Et depuis combien de temps ne m’a-t-on pas dit je t’aime 

Ailleurs que dans des chansons ou dans mes rêves, parfois ?

Depuis quand n’ai-je pas séduit, ensorcelé, envoûté même ?

Depuis quand personne n’a-t-il posé son cœur sur moi ?

Quel est ce sort qui me rend invisible à l’amour ?

Quelle malédiction me tient loin des passions brûlantes ?

Quel sortilège me prive de caresses et de baisers velours ?

Quel démon m’interdit ces émotions troublantes ?

Depuis quand ne voit-on plus en moi que la bonne copine ?

Celle qu’on aime comme une sœur, qu’on enlace comme une amie,

Celle qu’on provoque un peu, celle avec qui on badine,

Celle qui sourit toujours mais dont le cœur est à l’agonie !

Je l’ai rêvé si souvent, cet amour idéal,

Tour à tour éternel, fugace ou passionné…

Solide comme un roc, pur comme un beau cristal,

Changeant au fil des âges et au long des années !

J’ai rêvé cent mille fois les tout premiers regards,

Imaginé aussi les gestes, les sourires complices,

 Ces petits jeux d’approche et ces moments à part,

 Inoubliables  instants où on se cherche avec malice !

J’ai fantasmé des nuits entières le premier rendez-vous

Quand rien n’est sûr encore mais que tout est possible,

Quand on retient ses gestes, quand les mots se font doux

Et que vers une étreinte tout doucement, on glisse !

Si souvent j’ai cru voir le feu dans un regard

Quand ce n’était qu’un reflet de mes désirs cachés.

Si souvent j’ai volé, si haut, tel un Icare

Pour un mot mal compris, un geste interprété !

Dans les danses j’ai projeté des moments bien plus tendres,

Pendant qu’une gentillesse f’sait exploser mon cœur

En poussière d’espérance, en éclats d’or et d’ambre,

Ou qu’un sourire m’ouvrait un ciel de pur bonheur !

Mais le temps a passé, les rêves s’en sont allés,

L’illusion s’est perdue quand les rides sont venues,

A chaque cheveu blanc  l’espoir s’est éloigné,

Eté après hivers, le mirage douc’ment a disparu !

Encore combien de temps avant que j’n’ai  plus une chance

De faire encore une fois le voyage de l’amour ?

De vivre la magie d’une rencontre, la force d’un silence ?

Me reste t-il une chance de dire  je t’aime un jour ?

 

Colmar – 5 Août 2015

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