( 12 mars, 2018 )

L’absence

Ça vient sans crier gare, comme ça, un soir d’hiver,

Ça vous tombe dessus sans signe avant-coureur,

Juste un petit pincement dans la région du cœur,

Un voile qui se pose, cache un peu la lumière…

 

C’est juste un vieux refrain qui réveille la mémoire,

Une photo, un parfum, qu’on avait oubliés,

C’est un sourire charmeur sur du papier glacé,

Une impatience sourde à poursuivre l’histoire…

 

On y pense une seconde, et la vie nous rattrape,

Le boulot, les copains, les plaisirs quotidiens…

La petite bulle de spleen éclate au jour qui vient,

Comme un rêve lointain, au matin nous échappe !

 

Elle est bien là pourtant, au cœur de nos silences,

Qui se nourrit d’un rien, d’un rêve sans lendemain,

D’un rendez-vous manqué parce qu’on rate le train,

D’un regret qui grandit quand se creusent les distances…

 

On bâillonne les pensées qui hurlent dans nos têtes,

On cherche du bonheur au creux de chaque chemin,

On met nos espérances dans chaque nouveau matin,

Mais l’absence, sournoise, ternit toutes nos fêtes…

 

Elle puise toute sa force dans l’ombre d’un regret,

Se nourrit à la table de tout le temps qu’on perd,

S’abreuve de nos larmes, se rit de nos colères

Et pose sur nos printemps un reproche muet…

 

Pour pas laisser la place à la mélancolie,

On étouffe nos souv’nirs, on verrouille nos mémoires,

Aux bals de la vie, on s’enivre chaque soir

Pour mieux barrer la route à toutes nos nostalgies…

 

Dans chaque bon moment, on la fait reculer,

Et chaque nouveau sourire voit refleurir l’espoir,

Dans chaque seconde d’oubli, on vit une victoire,

Une cage où retenir les rendez-vous manqués…

 

Parce qu’il y aura un jour, une nouvelle occasion,

Que s’ouvrira bien sûr, la trace d’un chemin,

Que se lèvera bientôt, l’étoile du matin

Qui nous ramènera vers nos belles émotions…

 

L’absence ne sera plus alors qu’un souvenir,

Disparue dans l’éclat du sourire retrouvé,

Les regrets s’effaceront avec le vent d’été,

Les colères s’envoleront dans l’éclat de nos rires !!

 

Mais quand ça vient comme ça, que ça pince, que ça mord,

Que ça vous tombe dessus comme une pluie d’orage,

Qu’on n’voit plus dans la nuit, même l’ombre d’un rivage,

Bien long est le chemin qui vous ramène au port…

 

Herrlisheim – 03 Mars 2018

( 12 mars, 2018 )

Indifférence

S’il en est qui ne sont que des contrariétés,

Des fins d’non-recevoir, de simples égratignures,

D’autres, plus dangereuses, nient le droit d’exister

A notre humanité planquée derrière ses murs !

 

Ça m’agace, ça m’énerve et me met en colère,

C’est vexant, c’est frustrant, blessant et humiliant !

C’est une pointe de doute qui d’un coup se libère,

C’est un chagrin aussi, profond, lourd et troublant…

 

Ce sont des mots lancés que personne ne rattrape,

C’est un regard qui glisse et qui ne me voit pas,

C’est la pire des violences, une griffure, une chausse-trappe,

C’est une gifle qui claque comme une porte qui bat…

 

C’est la confiance qui fuit, l’orgueil que l’on blesse,

C’est pour chaque nouveau pas, comme une hésitation,

C’est l’armure qu’un beau jour, autour de soi on dresse,

Un regard qui vacille, une désillusion…

 

Plus blessante qu’un refus, un regret, une moquerie,

Plus sournoise que la haine et son cortège de peurs,

C’est une chappe de plomb qui écrase les vies,

Une geôle, une oubliette pour nos rêves et nos pleurs…

 

C’est un mot qu’on n’dit plus, un geste qu’on n’fait pas,

Un coup d’pouce refusé qui n’coûterait pourtant rien,

Une minute de ton temps, c’est tout c’que ça coûtera,

Précieux cadeau pourtant, une force, un soutien…

 

C’est l’amour que l’on offre et froidement rejeté,

Un conseil espéré qui n’rencontre qu’un mur,

Un soutien demandé et mille fois ignoré,

Un espoir abattu sans même un seul murmure !

 

C’est le p’tit chien errant qu’on refuse de voir,

La terreur, la détresse qui hurlent pourtant si fort,

C’est le mendiant tremblant, couché sur un trottoir

Qu’on enjambe sans un geste, un mot de réconfort…

 

C’est l’ami qu’on oublie sur le bord du chemin,

Ou l’inconnu perdu qu’on chasse d’un regard,

C’est chaque pas vers toi qui m’égare plus loin,

C’est ton mur de silence qui m’interdit d’y croire !

 

C’est l’écart, le détour, qu’on fait d’un pas pressé,

Le soupir étouffé qui dit plus que des mots,

C’est tout c’que je ressens quand tu me tournes le dos,

C’est cette moue agacée et ma main ignorée…

 

C’est regarder au loin, c’est regarder ailleurs,

C’est faire taire son cœur et mus’ler sa conscience,

C’n’est même pas d’l’égoïsme, du cynisme, de la peur,

C’est juste du mépris, juste de l’indifférence…

 

Herrlisheim – 03 Mars 2018

( 9 février, 2018 )

Quand tombe la neige,

Ah tiens, voilà qu’à la mi-février,

L’hiver nous fait la grâce d’une apparition…

Et alors qu’on espérait un soleil printanier,

C’est de neige que le ciel couvre nos illusions…

 

En ville ou en campagne, les arbres s’habillent de blanc,

Les oiseaux se faufilent jusqu’au cœur des fourrés,

Dans les cours, dans les champs, s’ébattent les enfants,

…Et jusqu’aux vieux murs gris qui retrouvent une beauté…

 

Il y a cette lumière, il y a ce silence

Qui apaisent un instant nos âmes trop à l’étroit

Pendant qu’en nos mémoires, les souvenirs d’enfance

Reviennent caresser les matins d’autrefois…

 

Mais la magie, hélas, ne dure qu’un moment,

Le temps d’un batt’ment d’cils, ou le temps d’un sourire,

On oublie dans l’instant le charme du tableau blanc,

On n’voit plus qu’la pagaille qu’il va falloir souffrir…

 

Et alors que le monde est à feu et à sang,

Que certains meurent de froid, de faim ou d’ignorance,

Ce qui fera la une, ce soir, sur nos écrans,

Ce sera nos humeurs et toutes nos impatiences…

 

Ça y est, c’est reparti, on se met à râler !

Pourquoi n’est-ce-pas salé ? Pourquoi ces trains en r’tard ?

Et ces bus qui n’roulent pas ! Comment aller bosser ?

A notre époque, vraiment, je ne peux pas y croire…

 

Bien sûr, c’est pas facile, on dérape et on glisse,

Bien sûr, on perd du temps, on a même un peu peur,

On perd un peu patience, s’imagine au supplice,

Mais…mais c’est l’hiver voyons, le blanc est de rigueur…

 

Entre nous, moi non plus, j’n’aime guère tous ces flocons

Quand ils me ralentissent, m’obligent à la prudence,

Quand ils compliquent ma vie, je râle à l’unisson,

Et puis je me souviens, du temps de mon enfance…

 

Je me revois enfant, écoutant, fascinée,

Une grand’mère, une grand’tante raconter ses hivers,

Les jours au ralenti, les soirs à la veillée,

Quand le froid et la nuit enveloppaient leur terre…

 

On vivait en ce temps, au rythme des saisons,

On laissait la nature hiberner tranquillement,

L’hiver, c’était le temps des travaux en maisons,

Le temps de préparer, peu-à-peu le printemps…

 

C’était le temps aussi de joyeuses retrouvailles,

Le temps d’avoir le temps d’accueillir ses amis,

Le temps de raconter, le temps des fiançailles

Qu’un mariage à l’été comblerait de ses fruits !

 

Mais aujourd’hui le monde ne connaît que l’urgence,

On ne sait que courir de janvier à décembre,

Il faut vivre et produire sans aucune différence

Au soleil, sous la neige ou les brumes de novembre…

 

On chasse le naturel, on viole notre terre,

Forçats de sociétés sans égard pour l’humain,

On marche à pas forcés, on contraint, on se perd,

Et tant pis pour le monde, et tant pis pour demain…

 

Alors bien sûr, on râle quand on nous ralentit,

Rien ne doit entraver notre fuite en avant,

Mais je rêve qu’un beau jour, peut-être est-ce aujourd’hui ?

Nous retrouverons enfin, la sagesse d’antan…

 

 

Herrlisheim – 09 février 2018

( 5 février, 2018 )

Casseurs cassés ?

Sauvage chevauchée au milieu de la foule,

Slaloms endiablés parmi les voyageurs,

Sur leurs machines d’acier, ils s’élancent et ils roulent,

Au mépris des dangers, ils jouent à se faire peur !

 

Ils traversent le hall sans quitter leurs montures,

Debout sur les pédales, ils foncent vers la sortie…

Indifférents aux cris, aux regards, aux murmures,

Ils défient nos colères, ils jubilent et ils rient…

 

Ils sautent sur les bancs, jusqu’à c’qu’enfin ils cèdent,

Maculent les écrans de morve et de crachats,

Ils brisent quelques vitres au hasard de leurs raids,

Se soucient comme d’une guigne de l’œil des caméras…

 

A dix dans l’ascenseur, ils sautent et se bousculent

Jusqu’à l’arrêter net dans sa lente ascension…

Coincés, mais impatients de sortir de cette bulle,

Ils arrachent les commandes, de rage, de frustration…

 

Ils investissent la gare, matins, midis et soirs,

Monopolisent les bancs et les espaces d’attente,

En interdisent l’accès, comme de leur territoire,

Et chassent jusqu’aux mendiants par leur présence violente !

 

Conquérants sans bravoure, ils provoquent, ils menacent,

Ils s’éloignent chaque jour un peu plus du rivage,

Sans peur des représailles, ils trafiquent et ils cassent,

Et c’est un champs de ruines qu’ils laissent dans leur sillage !

 

Susceptibles, orgueilleux, ils se battent quelquefois,

Se cherchent, s’invectivent comme des coqs de basse-cour,

Enivrés de violence, ils traversent les voies,

Aux dangers, aux menaces, ils sont aveugles et sourds !

 

De plus en plus nombreux, plus jeunes de jour en jour,

Ils déferlent sur nous comme un étrange mal,

Juste le signe d’un monde qui n’a déjà plus cours ?

Ou funeste présage d’une décadence banale ?

 

Il faut, me direz-vous, que jeunesse se passe,

Et franchir les barrières, peut-être pour les comprendre…

Mais de barrières, ici, on ne trouve pas de traces,

Personne pour expliquer, personne pour leur apprendre…

 

La démarche chaloupée, ils roulent des épaules,

Comme les héros virtuels de leurs films, de leurs jeux…

Mais ce n’est plus un jeu, mais ce n’est pas un rôle,

C’est la vie qui, demain, pourrait noyer leurs yeux…

 

Ce ne sont que des enfants, désœuvrés, sans repère,

Qui, somme toute maîtrisent mal toutes les règles du jeu,

A qui il manque sans doute la main ferme d’un père

Pour leur montrer la route d’un avenir plus bleu…

 

 

Herrlisheim – 05 février 2018

( 4 février, 2018 )

Les petites voleuses

Elles ont le regard noir et les cheveux ébène,

Le visage d’un ange, le rire de l’innocence…

La démarche féline, sans remord et sans gêne,

Elles fondent sur la foule, en souplesse, en silence !!

 

Elles arrivent ensembles, menées par une mégère,

Se dispersent habilement parmi les voyageurs,

Guidées par la matrone et son regard sévère,

Elles choisissent leur victime, dérobent ses valeurs…

 

La première s’installe auprès d’un vieux monsieur,

Le charme d’un sourire, timide et réservé,

Et d’un geste rapide, voilà le petit vieux

Délesté d’un portable et de quelques billets…

 

Deux autres, l’air de rien, entrent dans l’ascenseur

A la suite d’un touriste qui ploie sous ses bagages,

Elles proposent leur aide, l’œil et la bouche en cœur,

Elles auront les poches pleines arrivées à l’étage !

 

Profitant d’l’affluence, celle-ci monte dans un train,

Au milieu d’la cohue, elle moissonne à foison…

Puis redescend bien vite, légère et pleine d’entrain

Et remet son butin à l’ogresse en jupons…

 

Rapide comme l’éclair, voici la pie voleuse,

La benjamine du groupe, mais pas la moins habile…

Le visage angélique, elle joue les malheureuses,

Un portefeuille en poche, et la voilà qui file…

 

Prises la main dans le sac, elles crient à l’injustice,

Et la main sur le cœur, clament leur innocence !

Leurs grands yeux plein de larmes, le menton qui se plisse,

Elles offrent le visage d’la candeur de l’enfance…

 

Mises en accusation par l’une ou l’autre victime,

Elles attaquent becs et ongles, protestent et fondent en larmes,

Mains ouvertes devant elles, elles nient le moindre crime,

Leur jeunesse et leur charme brandis comme dernière arme !

 

Que surgisse la police pour contrer le forfait,

Les voilà qui gémissent, gesticulent, font le show,

Elles attirent sur elles les regards stupéfaits

Pendant que la mégère, lentement tourne le dos…

 

Aucune trace du butin, bien sûr, sur les drôlesses,

Envolé le trésor, avec l’étrange duègne,

Un rire au fond des yeux, sur les lèvres, une promesse,

Sur un dernier regard, elles rejoignent leur gardienne !

 

Agaçantes, énervantes comme la mouche du coche,

Elles reviennent chaque jour exercer leurs talents,

Qu’importe si on les chasse, elles referont les poches

Du voyageur distrait, de l’innocent passant…

 

Prisonnières d’un système pervers et ancestral,

Sont-elles responsables, je ne saurais le dire ?

Nées d’un monde sans gloire de misère banale,

Sont-elles condamnées à ce seul devenir ?

 

Laisserons-nous longtemps au cœur de nos cités

Ces gamines effrontées sans rêve et sans amour ?

Où ferons-nous un jour preuve d’humanité

Pour leur offrir enfin l’aube d’un nouveau jour ?

 

 

Herrlisheim – 4 février 2018

( 19 janvier, 2018 )

Je me souviens d’un temps,

Je me souviens d’un temps, celui de ma jeunesse,

Celui de mes débuts, de mes premières armes,

En ce temps où les gares étaient la seule adresse

Où les errances trouvaient un havre pour leurs larmes…

 

Leurs portes jamais fermées, leurs bancs et leurs lumières

Offraient pour les heures noires un abri bienvenu,

Juste un peu de chaleur contre les vents d’hiver,

Un coin où retrouver, peut-être, leurs rêves déchus !

 

Nous qui passions nos vies à arpenter ces lieux,

Nous les connaissions bien, ces oubliés du monde,

Jeunesse révoltée ou gentils petits vieux,

Ils nous confiaient, parfois, leur histoire vagabonde…

 

Il y avait Fernand, avec son sac à dos,

Sa grosse barbe grise, l’éclat de son œil noir,

Il ne quittait jamais son énorme radio,

Qui le sauvait, peut-être, de l’ultime désespoir !

 

Y’avait aussi André, plus frêle qu’un roseau

Dans son imper usé par ses saisons d’errance,

Si discret, si timide, mais au regard si beau

Quand notre protection le gardait des violences…

 

Je me souviens aussi, de ce vieux philosophe

Qui contre un verre ou deux, rédigeait les devoirs

De jeunes lycéens, ravis d’berner leur prof,

Mais qui, de ses questions, apprenaient sans l’savoir…

 

Que dire de Bachir, ivre du matin au soir,

Qui tanguait sur les quais, insultant les clients,

Et qu’il fallait souvent faire mettre à l’isoloir

Pour sa sécurité et celle des passants !

 

Certaines nuits d’hiver, fleurissaient d’étranges fleurs,

Qui battaient le pavé pour y vendre leurs charmes,

Le verbe et le front haut, l’allure haute en couleur,

Mais qui chez nous, souvent, savaient rendre les armes…

 

Fantômes de la vie, résidents de la nuit,

On les appelait cloches, clochards, ou bien clodos,

Cette vie sans attache, certains l’avaient choisie,

Mais d’autres la portaient comme un pesant fardeau !

 

Mais où sont-ils passés nos naufragés du cœur

Quand une nuit d’été, les portes se sont fermées ?

Que sont-ils devenus, eux, leur barda, leurs malheurs,

Lorsque se sont éteints le grand hall et les quais ?

 

Disparus dans la nuit, et jamais revenus,

Disparus sans un bruit, en toute indifférence…

Envolées leurs silhouettes, leurs ombres sur les murs nus,

Mais leur absence en nous hurle tous leurs silences…

 

Colmar – 17 janvier 2018

( 19 janvier, 2018 )

Au-delà des étoiles,

Nous ne connaissons rien des secrets de vos âmes,

Vous vous glissez pourtant dans nos ciels, dans nos danses,

De trois accords qui sonnent, vous allumez la flamme

Qui grav’ra pour longtemps vos noms sur nos silences…

 

D’une rengaine, d’un regard par-delà les écrans,

Vous entrez dans nos vies pour ne plus en partir,

D’une larme sur la joue pour des mots qui disent tant,

Vous ancrez dans nos cœurs l’amour en devenir…

 

Bien au-delà des notes, bien au-delà des mots,

Vos chants sont le parfum de tous nos souvenirs,

Ils musardent sur nos lèvres, gardent nos rêves au chaud,

Et donne au temps qui passe le goût de refleurir !

 

Quand s’enfuit la jeunesse, que le monde devient froid,

Ils réchauffent nos saisons de plaisirs oubliés,

Ils consolent nos peines, ils nous sauvent, quelquefois,

Et offrent à nos souv’nirs un goût d’éternité

 

Alors, lorsque pour vous vient la fin du voyage,

C’est une part de nous qui s’éteint avec vous,

C’est un peu de lumière glissée dans vos bagages

Et qui n’allumera plus nos regards un peu flous…

 

On pleure comme des enfants, sans aucune retenue,

On s’enivre d’images pour vous r’tenir encore,

On feuillète nos souv’nirs, l’âme et le cœur à nu,

Furieux contre la vie, ses ombres, ses coups du sort !

 

Nos larmes en rivières coulent sur les pavés,

Mais leur sel nourrira l’aube d’un nouveau printemps,

Quand nos sourires éteints renaîtront à l’été,

Et que tous nos chagrins auront fui dans le vent…

 

Et nous dans’rons encor’ au rythme des guitares,

Et nous chant’rons plus fort sous le ciel étoilé,

Certains de deviner l’éclat de vos regards

Dans le feu des étoiles qui scintillent par milliers…

 

Dans nos cœurs endeuillés, les chansons, les refrains

Refleuriront souvent au gré de nos passions,

Ils accompagneront nos bonheurs, nos chagrins,

Musique originale de toutes nos émotions…

 

Bien sûr, il n’y aura plus de folles aventures

Sur les chemins d’été où nous nous retrouvions,

Mais au creux de nos rêves chuchotera le murmure

De vos voix qui racontent nos plus belles saisons !

 

Oui, les étoiles s’éteignent, ici, tout comme ailleurs,

Comme s’éteint la flamme sous les assauts du vent,

Mais leur chaleur longtemps env’loppera de douceur

Ceux qui les ont aimées de leurs cœurs innocents !

 

Vous étiez des chanteurs que les foules portaient,

Vous étiez des artistes aimés et acclamés…

Au-delà de l’absence, nous n’oublierons jamais

Ces étranges compagnons qui nous ont fait rêver !

 

Herrlisheim – 8 janvier 2018

( 19 janvier, 2018 )

La course du temps,

Et s’enchaînent les semaines, et défilent les heures,

Quand la vie nous entraîne dans sa course sans fin,

Entre un éclat de rire et un batt’ment de cœur,

Reste t-il une seconde pour choisir un destin ?

 

De l’aube au crépuscule, on court après le temps,

Les idées prisonnières des chaînes que l’on s’impose,

Pour ressembler un peu, à celle que l’on attend,

Pour une reconnaissance au doux parfum de rose…

 

On se perd dans une vie, pas tout à fait choisie,

Et on s’éloigne trop vite des rêves d’adolescence,

Un peu lâche peut-être, peu à peu on oublie

Les promesses qu’on s’est faites aux portes de l’enfance…

 

Comme l’hiver venu, on reste au coin du feu,

On se contente trop vite d’un confort illusoire,

On surjoue le bonheur, on triche, on crâne un peu,

Mais les regrets s’affichent au bord de nos miroirs !

 

Pour avoir l’illusion de vivre selon son cœur,

On étouffe nos désirs sous des succès sans gloire,

On voile le quotidien de trop vives couleurs,

On maquille nos sourires, on trafique nos victoires…

 

Combien de belles idées, de rêves, de désirs,

Que, prisonniers du temps, on remet à plus tard…

Combien de coups de chance, d’occasions de sourire

Laisse-t-on s’échapper sur un dernier regard ?

 

Et tous ces mots qui dansent au cœur de nos pensées

Qu’on ne retrouvera pas, le calme revenu,

Ces projets oubliés, ces ambitions volées

Que le temps assassin ne nous redonnera plus…

 

Dans cette course en avant, sans plus se retourner,

On égare nos valeurs, on oublie d’être heureux,

Et on oublie de vivre, et on oublie d’aimer,

Et tous ces petits gestes qui nous coûteraient si peu !

 

Du premier jour de l’an à la toute dernière heure,

On évite trop souvent la vague des émotions,

On fait taire d’un soupir les batt’ments de nos cœurs,

Et on claque la porte au nez de nos passions…

 

Dans cet étrange monde qui nous pousse sans cesse,

Où nous sommes moins vivants, parfois, qu’un logiciel,

Nous reste-t-il une âme pour un peu de tendresse,

Ou l’audace d’une pause pour admirer un ciel ?

 

Alors puisqu’aujourd’hui sur le monde qui s’éveille

Se lève la première aube d’une nouvelle année,

Puissions-nous retrouver, entre veille et sommeil,

L’essence de nos vies, de notre humanité !

 

Sans rejeter le monde et sa course sans fin,

Prendre le temps de vivre au-delà des contraintes,

Le temps de cultiver des roses à nos jardins,

Ou de tendre une main, sans regret et sans crainte…

 

Herrlisheim 31 décembre 2017/1er janvier 2018

( 13 novembre, 2017 )

La fille au regard fier,

Assise bien droite, le dos au mur,

Les genoux enlacés entre ses bras tremblants,

Tête haute, regard fier, comme derrière une armure,

Elle penche un peu la tête pour sourire aux passants.

 

Elle ne fait pas la manche, elle ne tend pas la main,

Nulle sébile à ses pieds pour récolter l’aumône,

Les pensées vagabondes, les yeux dans le lointain,

On l’a vue assise là de l’été à l’automne…

 

Quand un enfant s’arrête et lui offre un regard,

Elle sourit à son tour, répond à ses questions,

Elle accepte une pièce, sans rougir et sans fard,

Sans détourner les yeux, sans masquer l’émotion…

 

Nulle fragilité dans sa silhouette gracieuse,

Ni haine ni détresse dans son regard si bleu,

Elle paraît à sa place, évidence silencieuse

D’un monde à la dérive qui détourne les yeux…

 

Epine dans les consciences de qui croise son regard,

Eclair de compassion dans l’œil du passant,

Comme posée par le vent just’là, devant la gare,

Elle est de notre monde, constat d’échec flagrant…

 

Elle est une fleur sauvage au milieu d’un jardin,

Elle semble plus vivante que nos cœurs endormis,

Plus humaine et plus libre dans le petit matin

Que le troupeau servile qui se presse et qui fuit…

 

Qui est-elle, d’où vient-elle, jamais elle ne répond,

Bien au-delà des rêves, elle trace son chemin,

Elle a choisi le vent pour ultime compagnon,

La course des étoiles pour guider son destin…

 

Sa vie, je n’en doute pas, ressemble à un combat,

Une lutte quotidienne pour un bout de trottoir,

Une solitude lourde, la peur, le cœur qui bat,

Pour que chaque aube nouvelle soit un peu une victoire !

 

Où est-elle aujourd’hui, où sera-t-elle demain ?

Au pied d’un autre mur ? A l’abri quelque part ?

Au hasard de ses pas, a-t-elle trouvé la main

Qui guid’ra son errance loin du parvis des gares ?

 

Oubliée de la vie ou rebelle à l’Histoire,

Je ne connais rien d’elle ni de sa vie d’hier,

Mais longtemps restera au fond de ma mémoire,

Le fantôme délicat d’une fille au regard fier…

 

Herrlisheim – 12 novembre 2017

( 6 novembre, 2017 )

Le vaisseau de pierre,

Comme c’est triste une gare la nuit,

Après le dernier train, l’ultime chance d’évasion,

Quand le silence retombe sur les quais endormis

Et que les murs soupirent les rêves et les passions.

 

Ultime port d’attache des nocturnes errances,

Improbable refuge de toutes les âmes en peine,

Elle est contre la nuit, une arche, une évidence,

Quand la lumière s’enfuit, que le froid glace les veines…

 

Tacite rendez-vous quand la vie fait naufrage,

Pour un peu de chaleur, d’illusoire sûreté,

La gare n’est plus le soir, symbole de voyage,

Mais pour les solitudes, une rade où s’échouer…

 

Un banc comme un radeau contre toutes les violences,

Un coin sombre, isolé, pour cacher sa détresse,

Pour faire taire ses pensées, pour prendre de la distance,

Une flasque de mauvais vin comme dernière richesse…

 

Lugubre et inquiétante, une gare la nuit,

Quand sa haute silhouette se découpe dans l’ombre,

Quand ses lumières s’éteignent et que plus rien ne bruit,

Que seule son horloge la ronde du temps dénombre…

 

C’est l’heure des rôdeurs qui se fondent en silence

Dans les recoins des murs et des portes cochères,

C’est le temps inquiétant de toutes les violences,

De toutes les peurs aussi et de l’aube qu’on espère !

 

C’est un coup de tonnerre qui déchire la nuit

Quand passe le long convoi d’un train de marchandises,

C’est du vaisseau de pierre les milliers d’petits bruits,

Ses plaintes et ses soupirs just’avant l’aube grise…

 

C’est sur les quais déserts, l’ombre désespérée

D’une âme à la dérive en quête de chaleur,

Qui dans un vieux mégot, un sandwich oublié

Trouvera du réconfort comm’une infime lueur !!

 

Mais c’est beau une gare la nuit,

Quand elle nimbe son quartier d’une lueur dorée,

Antique vaisseau de pierre qui accoste sans bruit

Aux frontières du rêve et d’la réalité…

 

On y court l’âme légère pour accueillir l’absent

Que la vie nous ramène avec le dernier train,

On s’y retrouve en bande, le regard pétillant

Avant de faire la fête jusqu’au petit matin !

 

On y trouve en urgence un paquet d’cigarettes,

Ou la baguette qui manque pour le repas du soir,

Et peut-être pour demain, le seul train qui s’arrête

Et nous emportera pour rejoindre notr’histoire…

 

Les voix gaies des fêtards résonnent entre ses murs,

Et on s’y réfugie, à l’abri de la pluie,

En attendant un bus, un taxi, une voiture

Qui nous emmènera loin des peurs de la nuit…

 

Herrlisheim – 05 Novembre 2017

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