( 17 juin, 2015 )

Le manque

C’est juste une petite gêne, comme un jean trop serré,

Des petits grains de sable au fond de mes souliers,

Ça irrite, ça agace, ça fait un peu boiter,

Mais on avance quand même, ça nous fait pas plier !

Parfois, c’est un mal-être, une infinie tristesse

Ça nous tombe dessus quand on ne s’y attend pas,

En plein milieu d’un rire, d’une fête, d’une caressse,

C’est troublant, perturbant, mais on vit malgré ça !

C’est une surprise ratée qui gâche un peu la fête,

Une pincée de sel qui manque dans un plat,

Le moustique qui oblige à s’cacher sous la couette,

C’est crispant, énervant, mais on n’pleure pas pour ça !

C’est les clés, les lunettes, le portefeuille perdu,

Le café renversé juste au moment d’partir,

C’est la voiture qui cale et qui ne démarre plus,

Ça complique la vie, ça gâche un peu l’plaisir !

C’est un voile, un brouillard qui altère le présent,

Une brume légère qui floute le paysage

Ou la pluie qui te vole un dimanche de printemps,

C’est contrariant bien sûr, mais t’annules pas l’voyage !

C’est ton cœur qui bondit pour la une d’un journal,

Quelques secondes d’absence quand tu entends sa voix,

C’est sourire, s’émouvoir pour une info banale,

Ça fait rire les copains, et nous aussi, parfois !

C’est le manque bien sûr, celui qui pince un peu,

Qui rend la vie plus fade, plus grise, moins palpitante !

Ça ternit les projets, ça mouille un peu les yeux,

Ça crispe les sourires, ça fait peser l’attente !

Y’a 6 mois, un trou noir nous a toutes emportées,

Nous laissant vides de tout, face au noir d’une scène,

Nous laissant orphelines, perdues, désemparées,

Mais le temps, on le sait, adoucit toutes les peines !

J’ai trimballé longtemps cette mélancolie,

Indifférente à tout ce qui n’était pas toi,

J’ai joué tous les rôles qui composent ma vie,

Sans m’impliquer vraiment, sans être tout à fait moi !

Et puis jour après jour, j’ai repris le contrôle,

Je garde le meilleur et me tourne vers demain.

Même s’il est toujours là, qui me suit, me survole,

Je saurai l’écarter, un jour, de mon chemin.

Et le cœur plus léger, le regard pétillant,

Je sourirai au monde, sereine et libérée,

Le manque ne sera plus, qu’un souv’nir vacillant…

…Mais le manque, ce jour là, ne me manquera t-il pas ??

 

Herrlisheim – 28 février 2015

( 17 juin, 2015 )

Les chaînes des souvenirs

Rattrapée malgré moi au détour d’un chemin

Par une lumière, une musique, un parfum,

Me voilà transportée au cœur de ma jeunesse

A mi-chemin entre nostalgie et tristesse !

Que deviennent nos bonheurs et nos éclats de rire

Quand tournent les aiguilles de l’horloge de l’avenir ?

Où sont passés nos larmes, nos cris et nos douleurs

Quand la vie peu à peu les voile de pudeur ?

Reste t-il quelque chose des passions, des étreintes

Quand le temps les maltraite, les polit, les éreinte ?

Et puis tous les regrets, les hontes, les remords ?

Disparus à jamais ? ou bien vivants, encore ?

Comment croire oubliées les pages du passé

Quand les mots d’une chanson peuvent les ressusciter ?

Comment trouver la force ou l’envie de sourire

Quand on traîne derrière soi le poids des souvenirs ?

Comment aimer encore, comment briser nos chaînes

Quand un geste, un sourire fait renaître nos peines ?

Puis je me laisser séduire ? accorder ma confiance

Quand les voix du passé m’intiment la prudence ?

Comment être sincère, droite, honnête et franche ?

Quand toutes mes amours mortes me tirent par la manche,

Me ramènent en arrière, me racontent l’histoire,

Et me révèlent la fin dans l’reflet du miroir ?

Et puis tout au contraire, comment pleurer encore

La perte d’un être cher, les peines, les coups du sort

Quand les mois, les années, volent jusqu’à nos chagrins

Les noyant sans pitié sous tous nos lendemains !?

Comment vivre au présent, avancer, s’émouvoir

Quand on sait qu’un « après » nous attend, un beau soir ?

Comment ne pas laisser glisser les sentiments,

Quand on sait qu’en cédant, ils nous blesseront sûrement ?

De toutes mes libertés, celle d’aimer est la pire,

Puisque quoiqu’il arrive, elle me fera souffrir !

Alors c’est dans le rêve, le fantasme, l’illusion

Que je cherche parfois l’impossible passion

Si brûlante qu’elle chasserait les regrets et les larmes,

Si puissante qu’elle briserait mes chaînes de son charme !

Mais comme les reflets dans l’eau d’une rivière,

Il suffit d’y lancer un caillou, une pierre,

Ou d’une simple caresse d’un Zéphyr malicieux,

Pour que le rêve meurt à jamais dans mes yeux !

Prisonnière de ma vie, de tous mes souvenirs,

Saurais je un jour encore me tourner vers l’avenir ?

Pourrais je, comme une fleur, sur l’onde vagabonde

Voyager dans ma vie comme elle parcourt le monde ?

Ou, comme le lotus dans la vase et le noir,

Resterais-je enchaînée à mon cœur, mon histoire ?

 

Herrlisheim – 4 février 2015

( 17 juin, 2015 )

Les étoiles filantes de ma vie

C’était pour un pari, comme on fait à 16 ans,

Un défi un peu fou qu’on se lance en riant !

Emportée par la fougue de mon adolescence,

Au premier à entrer, j’offrirais une chance !

Mes amies ont dit : NON ! Surtout pas celui là !

Il est trop dangereux, c’est toi qu’il croquera !

Mais mes yeux ont croisé l’éclat vert d’un regard,

Et au premier sourire, c’était déjà trop tard !

Mon cœur en mal d’amour d’un batt’ment s’est soumis,

Au charme ravageur, à mon tour, j’ai souri !

Quand à l’aube naissante vint le dernier baiser,

Je souriais aux anges, j’étais prête à aimer !

Mais ce premier amour, pour lui n’était qu’un jeu,

Pour lui sans conséquence, pour moi jeu dangereux !

J’ai promené ma peine pendant bien des années,

Hantée par son sourire, ses mains et ses baisers,

Et son regard brûlant m’a tenue prisonnière,

M’a poursuivie longtemps dans mes nuits solitaires !

 

Bien des années plus tard, en plein cœur de l’hiver,

Je cherchais le bonheur, au fond de quelques verres

Au hasard d’une soirée dont je n’attendais rien,

Rien d’autre que l’oubli de mon triste destin…

Perdue dans mes pensées, la tête ailleurs et le cœur lourd,

Je crois que je cherchais comme une issue de secours !

Quand mon cœur endormi, d’un rire s’est réveillé,

Quand mon regard perdu vers une flamme s’est tourné !

Au-delà de la flamme pour m’offrir du feu,

Deux yeux bleus me fixaient rieurs et malicieux…

Ainsi a commencé ce qui est à ce jour,

Sans doute mon plus ardent et mon plus bel amour !

Mais mon destin n’est pas, il est clair, d’être heureuse,

La vie m’a tout repris, c’est une garce, une menteuse !

Je l’ai haï, je crois, autant que je l’aimais

Et une partie de moi est à lui à jamais !

C’était il y a longtemps, c’était y’a plus d’vingt ans,

Mais comme dit la chanson, rien ne s’efface vraiment,

Et comme dans la chanson, il revient me chercher,

D’un coup de fil, d’un message il m’empêche d’oublier !

Je lui garde une place, une infinie tendresse,

Peut-être par amour ou par simple faiblesse !?

 

Pendant toutes ces années, quand il se jouait de moi,

J’ai trouvé dans un rêve, un sourire, une voix,

La balance idéale, la force, le réconfort

Dans les mots d’une idole, sa musique, ses accords !

Il faut dire qu’à mes yeux, ils se ressemblent tant,

Que j’aime l’un pour l’autre…ou bien inversement !

Pathétique et risible, puéril bien sûr…

…On combat comme on peut les peines et les blessures !

 

Et puis, plus récemment, dans une autre soirée,

J’ai croisé d’autres yeux qui m’ont fait chavirer !

Je n’m’y attendais pas, c’était si surprenant…

C’est pour moi ce sourire ? Wouah ! qu’est ce qu’il est craquant !

Méfiante et sur mes gardes, j’ai voulu résister,

…Jusqu’à l’instant fatal où nous avons dansé !

Ses yeux au fond des miens, ses mains posées sur moi…

Le temps s’est arrêté, j’y ai cru encore une fois !

Depuis lors on se croise, on s’observe…et j’attends !

Il m’arrive même de croire au jeu des sentiments,

Quand il cherche ma présence, quand il croise mon regard,

Ou quand certains matins, il se montre plein d’égards !

Et même si je sais que c’n’est qu’une illusion,

Je garde encore l’espoir de nouvelles émotions !

 

Voilà, ils sont tous là, les hommes de ma vie,

Ceux pour qui j’ai pleuré, ceux par qui j’ai souri,

Et si, dans d’autres lits, j’ai cherché le bonheur,

Aucun autre n’a su apprivoiser mon cœur !

Ils restent les geôliers de mon cœur enchaîné,

Les fantômes de ma vie, ma croix, ma destinée.

Et si l’un revenait, ironie de l’histoire,

Les autres ne me laiss’raient pas l’ombre d’un espoir !

Ils m’ont aimée un soir, je les aime toujours,

Car on n’guérit jamais, des blessures de l’amour !

 

 

Herrlisheim – 5 février 2015

( 17 juin, 2015 )

Face à la mer

Combien de nuits d’été, assise face à la mer

Ai-je laissé dériver mes pensées, mes galères ?

Combien d’aubes solitaires, d’après midi d’hiver

L’océan a-t-il vu couler mes larmes amères ?

Quand les vagues doucement viennent caresser la terre

Ou que grondent face au vent, les lames de la colère,

Quand la voile d’un bateau, à l’horizon se perd,

J’y trouve un apaisement pour mon cœur en poussière !

Bercée par le reflux des marées millénaires,

De mon âme peu à peu s’élève une prière

Pendant que mon regard, d’un espoir s’éclaire

Et que mon corps meurtri, desséché comme la pierre

Se redresse et se tourne enfin vers la lumière.

 

 

 

Herrlisheim – 30/12/2014

( 17 juin, 2015 )

Mal à la France

Ce soir, j’ai un peu mal à ma France,

J’ai peur aussi, pour le pays de mon enfance,

Malgré son courage de femme libre et sa sagesse de demoiselle

Et bien qu’elle fût la lumière du monde, à la fois belle et rebelle !

De ses côtes déchiquetées où la mer vient s’écraser,

A ses plages dorées sous un soleil d’été,

De ses pics enneigés à ses collines boisées,

De ses champs de blé dorés à ses milliers de clochers,

De ses villages nichés au creux de ses vallées

A ses antiques et médiévales cités,

C’est dans sa diversité que la France trouve sa grandeur

Et dans son Histoire qu’elle retrouvera ses valeurs !

Mais que sont donc devenus ses enfants ?

Où se sont ils égarés ? Où est leur courage d’antan ?

On nous dit arrogants, entêtés et sans gêne…

C’est toujours mieux qu’être pétris par la haine !

On nous prétend égoïstes, paresseux et râleurs…

Ca vaut mieux qu’abandonner ses valeurs !

Mais qu’est ce qui justifie cette dérive, ce repli sur soi ?

Pourquoi certains choisissent-ils la haine encore une fois ?

Ont-ils donc tous, peu à peu, perdu la mémoire,

Oubié les heures les plus sombres de notre Histoire ?

Des guerres de religions à la collaboration,

Mille fois déjà nous avons cédé à la tentation !

Voir en l’autre la cause de tous nos maux,

Hurler avec les loups pour espérer sauver sa peau,

Perdre son humanité pour conserver son confort,

Ou accepter sans rougir le règne et la loi du plus fort !

Réfléchissez ! Souvenez vous ! Ce n’est pas la France ça !

Ce n’est pas nous, ça ne nous ressemble pas !

A chaque injustice, à chaque affront,

La France s’est levée pour faire front !

Allez !! Réveillez vos valeurs, retrouvez votre honneur !

Ne cédez ni à la facilité ni à la peur,

Ne vous laissez pas aveugler par la colère,

Ne vous laissez pas abuser par des chimères,

N’écoutez pas le chant trompeur des sirènes,

N’acceptez pas une société fondée sur la haine !!!

Debout, Peuple de France, luttez, résistez !

Chassez les loups hors de vos cités !

Redevenons le peuple des droits de l’Homme,

Acceptons les différences, soyons humains en somme !

Cherchez la vérité, posez vous les bonnes questions !

Que vous offrent ceux qui manipulent vos émotions ?

Voulez vous un pays ultra-sécurisé ?

Une nation où règneraient les inégalités ?

Voulez vous rabaisser le pays de toutes les résistances

Au rang des nations honnies pour leur intolérance ?

Souhaitez vous, pour préserver un ou deux avantages

Revenir à des idées, des pratiques d’un autre âge ?

Allons-nous recommencer à dresser des murs ?

A nous résigner sans le moindre murmure ?

Pourrez vous encore vous r’garder dans l’miroir,

Ou bien prétendrez vous toujours « ne pas savoir »

Quand au nom de la « préférence nationale »,

On vous annoncera, un beau jour, la « décision finale » ???

Combien de principes accepterez vous de bafouer

Pour quelques privilèges, quelques priorités ?

Combien de commémorations annulées ?

Combien de places, de rues rebaptisées ?

Combien de cimetières saccagés, de mosquées brûlées,

Pour qu’enfin, finalement, vous compreniez

Que la haine et la liberté ne font pas bon ménage,

Et que certains, jamais, ne changent de visage !!

La France est un jardin, une Terre d’accueil,

N’en faites pas un ghetto, une prison, un cercueil !!!

 

Colmar 23 mars 2015

( 17 juin, 2015 )

Dieux

Pardonnez je vous prie l’offense s’il y a,

Mais mon cœur ce soir est empli de colère !

Je regarde le monde, et ça ne me plaît pas,

Ces conflits meurtriers, ces folies et ces guerres !

Qu’on l’appelle Jéhovah, Jésus Christ ou Vishnou,

Ou encore Jupiter, Bouddha, Zeus ou Allah,

Il est fort peu probable qu’un Dieu soit aussi fou !

Seule la folie des hommes est capable de ça !

Dieu ne s’incarne pas, pas plus qu’il ne se nomme,

Il n’est qu’une petite flamme fragile, au fond de nous

Qui vacille si souvent au cœur de tous les hommes,

Et qui, quand elle s’éteint, mute les hommes en loups !

Il est ce qui, un jour, il y a bien longtemps,

Fut notre humanité, nous offrit notre chance

En sortant nos consciences des limbes du néant !

Il est notre tendresse et notre bienveillance,

Le sourire d’un enfant, l’entraide, la compassion,

Il est l’amour et l’amitié, le rire et la tolérance,

Il est aussi tristesse, nostalgie, émotions !

Pourquoi a-t-il fallu que sur chaque continent,

On lui dédie des temples, des prières et des lois ?

Synagogues, mosquées ou cathédrales d’antan,

Temples de tous pays dont vous le croyez Roi,

Vous n’êtes que ses prisons où il meurt doucement !

Et que dire de ces hommes qui se prétendent « Elus » ?

Messagers très spéciaux d’un Dieu connu d’eux seuls

Qui prêchent une parole qui promet le Salut

Profitant de nos doutes, nos peines, nos douleurs !

Prêtres, Imams, Popes, Pasteurs ou rabbins

Nous imposent des règles, une foi, des prières

Décidant de ce qui est mal et de ce qui est bien

Et pour tous nos écarts nous menacent de l’Enfer !

L’Enfer !? Mais n’est ce pas eux qui jadis l’ont ouvert

A vouloir toujours plus étendre leur pouvoir,

A vouloir convertir même au prix de la guerre,

A ne pas tolérer d’autres façons de croire !

Non, vraiment, aucun Dieu, jamais n’est responsable

Des tueries, des Djihads perpétrés en son nom,

Des croisades, de l’inquisition, des purges innommables,

De l’évangélisation ou des guerres de religions !

Alors peu à peu, lassé de nos excès, de nos erreurs

Dieu a quitté nos cœurs, nous laissant dans le noir !

Repliés sur nous même, nos angoisses et nos peurs,

Retrouverons nous un jour la confiance et l’espoir ?

 

 

 

Herrlisheim – 15 janvier 2015

( 17 juin, 2015 )

Et demain ?

Engoncés dans notre confort, pétris de certitudes

Inquiets, à peine, attentifs de temps en temps

Avec, pour plus grande inquiétude

Une météo maussade, les frasques d’un Président…

Mais où étions nous donc quand d’autres plutôt rares

Défendaient nos valeurs et toutes nos libertés ?

Mais que faisions nous donc quand d’autres, usant leur art

Dénonçaient de leur plume les risques et les dangers ?

Et soudain le pays sortit de sa torpeur,

Réveillé en sursaut par les armes de guerre,

Il y a sept jours, on a compris avec stupeur

Qu’on meurt pour un dessin chez Hugo et Molière !

Les larmes ont coulé, les cris ont fusé, la traque s’est organisée !

Oubliées, nos différences, nos divergences, nos p’tits soucis !

D’un cri du cœur d’un anonyme, un slogan est né,

D’un coup, d’un seul, soudain, le monde s’appelait Charlie !

Puis vint le temps des incroyables hommages,

Par millions nous avons formé une grande ronde,

Sans distinction de race, de culture ou même d’âge,

Unis dans la douleur et le rêve d’un nouveau monde.

Même les plus puissants de tous les dirigeants,

Côtes à côtes, en silence, sans calcul j’espère ( ?)

Ont défilé, émus, plein de bons sentiments,

Promettant pour demain la résistance sur Terre !

Deux jours après encore, les adieux aux victimes

Furent tout à la fois dignes, solennels et touchants

A la mesure peut-être de l’horreur de ces crimes !

Mais l’unité déjà se fissure lentement,

Et ceux qui dans la rue se pancartaient Charlie

S’adressent aux politiques en disant « et maintenant ? »

Maintenant et demain, que deviennent nos vies ?

Ne pourraient-ils répondre, « et vous, que ferez vous ? »

Oui,  nous, tous les Charlies, qu’allons nous faire demain ?

Reprendrons nous nos vies et oublierons nous tout ?

Fermerons nous les yeux, reniant le destin ?

Allez ! Soyons honnêtes, on lisait pas Charlie !

Tout au plus riait-on en consultant sa Une…

« …Et les bombes, finalement, ça saute pas par ici,

…Et puis, il va neiger, il faut qu’on aille au ski…. »

Et bien sûr, il y a ceux qui murmurent déjà,

« D’accord, ça se fait pas, de tuer pour un dessin,

Mais bon, Charlie Hebdo, il a bien cherché ça…

Quelle idée cette provoc, ils sont fous ces romains… »

Fous ? La folie du sage dans ce cas !

Une conscience aiguë, ou bien le Fou du Roi

Celui qui pouvait dire tout ce qui n’allait pas

Sans craindre la potence, le gibet ou la croix !

Charlies de tous pays, mes amis, s’il vous plait

Ne tournons plus la tête, assumons nos défis !

Peignons, dessinons, pointons tous les excès,

Rap’llons aux politiques leurs promesses, s’ils oublient.

Rappelons leur chaque jour et en toute occasion

Qu’ils sont bien arrivés, un dimanche de janvier

A construire des passerelles entre leurs émotions,

Et que, même adversaires, maint’nant, ils doivent s’allier !

Ne nous rendormons pas, restons mobilisés,

Force de propositions, critiques, un brin rebelles,

Gardons les yeux ouverts, le crayon affûté,

Et de nos libertés, demeurons Sentinelles !!!

Colmar – 14 janvier 2015

( 17 juin, 2015 )

J’ai marché pour la liberté

Aujourd’hui, après la peur et l’émotion,

Nous avons marché pour la liberté d’expression !

Après la terreur et l’indignation,

Nous n’avons pas cédé à la résignation !

Aujourd’hui, en réponse à l’intolérance,

Le monde entier a défilé en France !

Contre tous ceux qui profitent de l’ignorance

Nous opposons la force de l’innocence !

Aujourd’hui, au nom de nos plus belles valeurs,

Nous battons le pavé en scandant « même pas peur » !

Parfois avec colère, toujours avec ferveur,

Nous levons nos pancartes, nous chantons tous en chœur.

Aujourd’hui, toutes générations confondues,

Du nord au sud, le peuple a envahi la rue

Et porté par l’élan d’une solidarité jamais vue,

Nous réfutons une à une toutes les idées reçues !

Ramassant leur plume, nous reprenons le flambeau

De ceux qui, pour leurs idées, sont tombés en héros.

Artistes ou inconnus, à la pointe du stylo,

Demain encore, nous graverons nos idéaux !

Parce qu’en ce monde, rien n’est jamais acquis,

Parce que bien trop vite, trop souvent, on oublie

Parce que plus jamais un dessin ne devra coûter une vie,

Il faut que demain encore, nous soyons tous Charlie !

Car aujourd’hui, ensembles nous avons semé

Les graines fortes  et fertiles de la liberté,

Sur le sang, la violence et les larmes versées,

Nous voulons voir naître une nouvelle Humanité !

Aujourd’hui, déterminés, sans haine et presque confiants,

Nous devons agir pour que vienne enfin le temps

Du « vivre ensemble », du « penser autrement »,

Pour offrir un nouveau monde à nos enfants.

Et plus que jamais, nous ferons attention

A ce qu’aucun dieu, aucun idéal, aucune religion

Ne sépare les hommes, n’attise les passions,

Pour que vive à jamais, la Révolution des Crayons !!

 

Herrlisheim – 11/01/2015

( 17 juin, 2015 )

Parce que je suis « Charlie »

Aujourd’hui, on a voulu tuer la France,

Celle de la liberté de pensée, celle de la tolérance,

Aujourd’hui les barbares ont frappé

Ceux qui, face aux menaces, n’ont pas voulu plier !

Aujourd’hui la bête a nourri toutes les haines,

Celles de l’autre, de la différence et du refus des chaînes !

Aujourd’hui les fous ont voulu bâillonner l’humour,

Celui qui d’un trait flingue la haine de certains discours !

Mais ce soir, mon pays s’est levé,

Sans mot d’ordre, la France s’est rassemblée

Sur la toile, les places, les rues et les balcons,

Les enfants de Voltaire, d’une seule voix ont dit NON !

Oui, ce soir en silence, un stylo au bout des doigts,

Le peuple de Zola se lève entre horreur et désarroi !

Et demain, contre les « kalachs » et les déments,

Trempons nos plumes dans les larmes et le sang,

Demain, contre les lâches et l’obscurantisme,

Peignons la fraternité et l’optimisme,

Demain, contre les extrêmes de toutes natures,

Brandissons l’étendard de la rébellion !

Contre ceux qui veulent abattre nos valeurs,

Contre ceux qui veulent répandre la terreur,

Demain, un mot, une chanson, un croquis en bannière,

Levons nous, repoussons la nuit pour la lumière,

Pour qu’ils ne soient pas morts pour rien,

Pour qu’on puisse encore rire demain,

Pour que leur mort, ce soir, écrive l’Histoire

Non pas d’une défaite, mais d’une grande victoire !

 

Colmar – 7 janvier 2015

( 17 juin, 2015 )

Savoir pleurer

Comme j’aimerais ce soir savoir encore pleurer,

Trouver du réconfort dans les larmes salvatrices,

Laisser sortir ma rage, casser, crier, hurler,

Chercher dans la colère une paix réparatrice !

Les laisser déborder de mon regard brumeux,

Les sentir sur mes joues tracer un long sillon,

Ne pas les arrêter, les cacher à vos yeux,

Les laisser emporter mes regrets à la con !

Pleurer comme autrefois, assise dans le noir,

Pleurer des nuits entières jusqu’au lever du jour,

Pour finir épuisée, ivre de désespoir

Par céder au sommeil, agité, sombre et lourd !

Oui j’aim’rais bien encore savoir m’émouvoir,

Sentir quelquefois mon cœur battre à tout va

Ou bien sentir monter en moi une colère noire,

Une peine sincère, un fou rire, un éclat !

Ressentir quelque chose, ne pas être de glace

Ou comme au cinéma, juste jouer un rôle !

J’aimerais bien un soir pouvoir trouver la trace

De celle que j’étais, joyeuse, sensible et drôle !

Mais à montrer toujours ce qu’on attend de moi,

Une maman attentive, une petite fille modèle

Et la seconde d’après la maîtresse en émois,

La copine de soirée ou bien l’amie fidèle,

Planquée derrière mes masques, je me suis égarée…

Et depuis ma cuirasse,  je n’offre qu’indifférence,

Un sourire de façade, des sentiments grimés,

Une attitude convenue qui sauve les apparences !

Pourquoi les émotions glissent-elles sur mon cœur ?

Pourquoi ai-je ce réflexe de nier mes sentiments ?

Pourquoi cette distance, ce blocage, cet air froid ?

Peut-être, finalement, suis-je morte à présent ???

 

 

Herrlisheim – 18 janvier 2015

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