( 17 juin, 2015 )

Etre elles

Y’a des soirs où vraiment, j’aimerais m’appeler Lola,

Assise au bas des marches, être cette nana là…

Dans un blouson trop grand, le regarder comme ça,

Et d’un sourire en coin l’emmener où y n’sait pas !

Prendre un air détaché, assise en face de lui,

Au café des délices, à Rome, Cadaquès ou Paris,

Le chercher du regard jusqu’au bout de la nuit,

Dans ses bras audacieux vivre une panne de mélancolie !

Comme j’aurais aimé, dans la nuit de Brighton,

Qu’il me prenne la main sur une musique des Stones

Et danser avec lui sur un air qui résonne,

Juste avant de reprendre nos routes de Madison…

Princesse désabusée qui sait, pas savoir plaire,

J’aurais appris pourtant à ne jamais me taire,

Pour apprendre à donner plus qu’un ciel entrouvert,

Pour apprendre dans ses yeux à sécher ma colère !

Au cœur de Manhattan, j’aurais pu, c’est certain

Lui montrer son étoile, lui faire choisir un train,

J’aurais pu avec lui marcher un peu plus loin,

Même si pour prendre le large, je connais pas l’chemin !

Mais je roule vers lui, et les cigales s’en foutent,

J’ai beau m’casser la voix, ça reste chacun sa route !

Où sont passés mes rêves, il ne reste que mes doutes

Et quand j’lui dis quand même…les cigales s’en foutent !

 

 

 

Colmar – 08 avril 2015

( 17 juin, 2015 )

Ses mains

Si je devais choisir ce qui me plaît en lui,

Au-delà de l’artiste et au-delà des mots,

Avant même le regard, le sourire qui séduit,

Avant les émotions, avant la voix qui caresse la peau,

Je choisirais ses mains dans mes rêves coquins….

Elles soulignent ses mots, renforcent ses sentiments,

Elles martèlent ses passions, dessinent son univers !

Je ne peux m’empêcher d’en suivre le mouvement,

Je les cherche, je les rêve, dans leur danse, je me perds…

Quand elles papillonnent sur les cordes d’une guitare,

Elles font valser mes rêves, fantasmer mes envies !

Et quand du bout des doigts elles donnent vie, dans le noir,

A une douce complainte, une joyeuse mélodie,

Mon cœur l’accompagne, il bat à l’unisson !

Quand ouvertes vers le ciel, comme une offrande aux dieux,

Elles implorent la tendresse, la douceur ou l’amour,

L’émotion me submerge, elle inonde mes yeux,

Et mon âme plus légère vagabonde à son tour !

Mes chagrins l’accompagnent, ils pleurent dans sa voix !

Quand il les tend vers nous, nous prenant à témoins

De toutes ses émotions, ses rires, ses convictions,

Et qu’elles livrent sans fard ses peurs pour demain,

Elles réveillent ma conscience et me poussent à l’action !

Mes passions l’accompagnent, elles chantent par ses mots !

Quand d’un seul doigt tendu, il crie ses vérités,

Bousculant mon confort, brisant mes certitudes

Comme devant le maître, l’élève baisse le nez,

Je comprends qu’il est temps de fuir les habitudes !

Ma colère l’accompagne, elle jaillit par sa voix !

Quand serrées dans un poing, elles contiennent sa colère,

Quand il y tient serrées, ses révoltes et sa rage,

Le mien se lève aussi, plus haut, plus ferme, plus fier,

De l’Histoire avec lui, j’aimerais écrire une page…

Sa force m’accompagne, avec elle, j’avance !

Quand son poing refermé vers nous s’ouvre, soudain,

Et que sur un décompte qu’on reprend tous en chœur

Elles dirigent nos voix, plus fort, plus tendre, plus loin,

Jusqu’à en faire pleurer les étoiles en douceur,

Mon bonheur l’accompagne, il danse à ses côtés !

Quand les bras grands ouverts, il enlace le public,

Qu’elles nous portent, nous entraînent, nous chavirent

Dans une étreinte virtuelle mais pourtant authentique,

Ses mains pour moi demeurent…l’obscur objet de nos désirs…

 

Colmar – 07 avril 2015

 

( 17 juin, 2015 )

Envie de rien

Il y a vraiment des jours où j’n’ai envie de rien !

Je reste assise là, le menton dans les mains,

Le cœur et le regard vides, perdus dans le lointain,

L’esprit à la dérive sur l’océan de mes chagrins !

Dehors le soleil brille, le ciel est éclatant,

Les oiseaux et les enfants annoncent le printemps,

Au-delà de ma bulle, j’entends leurs cris, j’entends leurs chants

Mais mon âme reste en hivers, immobile et silencieuse, j’attends !

Luttant dans le labyrinthe de mes idées noires,

Une petite voix s’obstine à raconter une autre histoire…

« Bouge, lâches toi, fais taire un instant ta mémoire ! »

Je ne l’écoute pas, je me complais dans mon désespoir…

De cafés en cigarettes, peu à peu le temps passe,

Au fil des heures, le froid me prend, me glace,

La petite voix insiste, me pousse, m’agace,

Mon corps refuse, volonté en berne, j’bouge pas d’ma place !

Tic tac, les aiguilles tournent, je les vois me narguer

De tic en tac les heures défilent sans s’arrêter

J’ai perdu en chemin le fil de mes pensées,

Ma vie, mes rêves et mes amours, je les ai oubliés !

Le soleil rougit, le ciel d’un coup, se ferme et s’assombrit,

Dans ma tasse, le café, bien sûr, a refroidi,

Le cendrier déborde, le silence, tout entière m’envahit…

La nuit m’enveloppe, je m’éveille, petit à petit,

L’esprit encore brumeux et le corps si lourd !

Mes sens, un à un, pas à pas, sont de retour,

Et je perçois à nouveau le monde qui m’entoure,

Je reviens dans ma vie, j’en reprends le cours !

Et déjà, je regrette toutes ces heures perdues,

Tout c’que j’aurais pu faire, tout ce que j’n’ai pas vu,

Cette petite page de vie, pas écrite, pas vécue,

Parce qu’il y a des jours où rien ne vaut de l’être….vécu !!!

 

Colmar – 11 mars 2015

( 17 juin, 2015 )

Celui qui n’est pas pour toi

Aimer celui qui n’est pas pour toi,

Ne penser qu’à celui qui ne te voit pas,

Désirer au point d’en perdre la voix

Celui dont le cœur pour toi ne bat pas !

Sentir ton cœur qui marque le pas puis s’affole,

Pour un regard ou pour un mot gentil,

Rougir, bégayer, sentir tes jambes qui flageolent,

Perdre ton humour, ton sens de la répartie !

Imaginer chaque soir, des scénarios, des histoires

Qui à la nuit, donneront vie à tes rêves.

Rêver les yeux ouverts, allongée dans le noir,

Et espérer secrètement que jamais la nuit n’s’achève !

Provoquer le hasard pour croiser son chemin,

Et dans la foule immense feindre l’indifférence.

Se damner à jamais juste pour frôler sa main,

Mais perdre jour après jour, ta force, ta confiance !

Aimer celui qui à jamais t’échappera

Parce qu’il est trop tôt, ou peut-être trop tard,

Parce qu’il est trop jeune à ce qu’on te dira,

Parce que tu es trop vieille, un peu trop en retard,

Ou bien d’un autre monde ou d’un autre univers,

Et que, quoiqu’on en dise, quoiqu’en pense Cendrillon,

Les princes n’ont jamais épousé les bergères,

Et que toi, tu n’as rien, d’une princesse en haillons !

Aimer un souvenir, le rêve d’un grand amour,

Se bercer d’illusions, continuer à y croire

Malgré les déceptions qui viennent avec le jour,

Et à chaque coin de rue, penser l’apercevoir !

Mais à aimer ainsi celui qui ne t’aime pas,

Tu traverses le temps en oubliant de vivre !

A espérer en vain, qu’enfin, il te verra,

A noyer ton chagrin sans jamais être ivre,

A courir les chimères, à embrasser le vent,

Tu dessèches ton âme, tu fendilles ton cœur.

Et si jamais pour toi, n’arrive le printemps,

C’est qu’à aimer un rêve, tu fais fuir le bonheur !

Peut-on mourir d’aimer ? je ne saurais le dire !

Mais arrêter de vivre pour avoir, un beau jour,

Croisé une âme sœur qui vola ton sourire,

Est une malédiction qui te jette pour toujours,

Aux confins des Enfers sans espoir de retour…                    

 

(Herrlisheim 27/01/2015)

( 17 juin, 2015 )

Nostalgie mon amie

Comme le refrain de la mélodie de ma vie,

Elle revient m’habiter au gré de ses envies,

Elle m’empêche d’avancer, dans ses méandres je m’égare

Quand j’la croise certains soirs au fond de mon miroir !

Elle peut naître d’une voix, d’une note, d’un refrain,

D’un sourire, d’une lumière, d’un rêve au p’tit matin !

Et dans une silhouette floue perçue dans le lointain,

Elle peut, sans crier gare, me submerger soudain !

Nostalgie, mon amie, vas-tu me laisser vivre ?

Vas-tu cesser enfin chaque jour de me poursuivre ?

Pourquoi, pour t’échapper, faut-il que je m’enivre

D’alcool et de fumée, ou qu’j’me perde dans les livres ?

Tu teintes mes promenades des couleurs du passé,

Interromps tous mes rires d’un souvenir oublié,

Contraries mes plaisirs, m’interdis de rêver,

Et dans ma vie d’hier, tu me tiens enchaînée !

Tu me rappelles sans cesse tout ce que j’ai perdu,

Tu marques de ton sceau tout ce que j’ai vécu,

Mes bonheurs envolés à jamais disparus,

Comme mes petits chagrins, de l’enfance revenus…

Avec toi le bonheur devient mélancolie,

Les souvenirs heureux perdent toute leur magie,

Pendant que les malheurs deviennent tragédies !

Tu fausses, mon amie, les couleurs de ma vie !!!

 

Colmar – 12 mars 2015

( 17 juin, 2015 )

L’amour

Y a-t-il quelqu’un en ce monde qui sache ce qu’est l’amour ?

L’amour filial, l’amour pour ses enfants, ça, je sais bien !

L’amour des mots, de la nature, des belles histoires, je vois toujours !

Mais l’A – Mour, celui avec un grand A, romanesque, Hollywoodien ?

C’est la question…

A 15 ans, je le rêvais unique, éternel et passionné,

J’étais Scarlett, Angélique ou Mariane,

J’imaginais des rendez-vous secrets et des baisers volés

Sur l’envol endiablé d’une guitare tzigane !

Illusion….

A 16 ans, il était pour moi, un despote, un tyran,

Un roi cruel qui balaie tout sur son passage,

Qui nous laisse à genoux, meurtris et vides dedans

Et qui noircit nos vies et nos cœurs comme un ciel d’orage !

Déception…

A 20 ans, j’ai cru que douceur, humour et complicité

Seraient les clés d’un amour solide, durable,

Que loin du feu des étreintes passionnées,

L’amour grandirait, vieillirait, sincère et véritable !

Réclusion….

A 25, je l’ai compris, pas d’Amour sans Liberté !

Ce n’est qu’un jeu, cache-cache ou poker, mais juste un jeu !

Un pas en avant, deux en arrière, s’attendre, se chercher,

Se trouver et puis se perdre…et puis se noyer dans ses yeux !

Perversion…

A 30, c’est dans une famille, une tribu, un clan

Que j’ai pensé, enfin, construire une belle histoire !

Trouver dans la tendresse d’un amour confiant,

Le reflet de mes rêves, les rêves de ma mémoire !

Diversion….

Aujourd’hui, j’ai vieilli et le temps a passé,

Et peut-être, oui, peut-être ai-je finalement compris

Qu’au fond, jamais, je ne me suis trompée,

Que l’Amour n’est pas « un », prévisible, défini

Mais qu’il est la somme de nos rêves,  nos espoirs,

Qu’il est toutes tes musiques, qu’il est toutes mes danses,

Qu’il est exactement ce que l’on veut y voir,

Un jardin ordonné ou une jungle sombre et noire…

Et qu’il soit feu de paille ou passion dévorante,

Ou bien sage et tranquille, serein et sans surprise,

Qu’il soit jour de tempête ou lumière éclatante,

Sur une plage au soleil ou au cœur de Venise,

C’est la même destination…

Et qu’on le veuille ou non, qu’on y croie ou bien pas,

Qu’on s’y accroche, qu’on s’en défende,

Qu’on le cherche sans fin, qu’on le fuie à chaque pas,

Qu’on le vive, qu’on le rêve, qu’on le pleure ou l’attende,

On n’y échappe jamais,

       On n’y renonce jamais,

             On ne l’oublie jamais

                    Ce n’est plus la question….

 

Colmar – 4 mars 2015

 

 

 

( 17 juin, 2015 )

Fidélité

15 décembre 90, la France s’est parée d’un manteau blanc,

Les pieds dans la neige, avec tant d’autres, j’attends !

Dans ma poche, je contrôle mon billet pour la 100ème fois

Et pour tromper l’attente, j’observe les autres autour de moi…

 

Je pense à la lettre écrite une heure plus tôt,

As-tu reçu les fleurs qui protégeaient mes mots ?

Tes chansons me portent si bien, tes mots parlent pour moi,

Et « je me casse la voix » « quand l’sommeil veut pas d’moi » !

 

Mais ce soir, enfin, pour moi aussi tu vas chanter

Et mon âme, au rythme de ta voix va vibrer !

Noir dans la salle, noir sur la scène,

5000 cœurs s’emballent, 5000 souffles se retiennent !

 

Puis vient la plainte douloureuse d’une guitare,

Une lumière blanche troue la nuit, comme un phare,

Une silhouette paraît et grandit peu à peu

Quand les basses et la batterie une à une entrent en jeu !

 

Alors, du fond des âges s’élève une clameur

Qui libère d’un coup la tension et les cœurs !

« Le sommeil veut pas d’moi » et 10 000 mains se lèvent

« Tu dors depuis longtemps »  5000 cœurs vivent un rêve

 

« Alors regarde » et 5000 voix à l’unisson

Chantent avec toi en un chœur plein d’émotion…

Les rythmes, les paroles et les chansons s’enchaînent

Et tombent mes réserves quand les mots se déchaînent !

 

« Un mur est tombé », c’est 5000 poings levés,

« Mais j’te l’dis quand même » 5000 cœurs sont serrés

Et sur « qui a le droit », 5000 petites flammes

S’envolent dans la nuit et font briller nos larmes !

 

Dernier accord et dernier signe de la main,

Autour de moi, des voix s’élèvent, te rappellent en vain.

Lumière dans la salle, on cligne un peu des yeux,

On s’regarde, on sourit, perdus, on traîne un peu !

 

Y’a 25 ans déjà, « j’m’attendais pas à ça »,

J’suis sonnée, immobile, dans cette foule qui s’en va !

La musique et les mots, j’ai tout pris, tout gardé

Les sourires, les silences, je m’en suis imprégnée !

 

A travers les rues vides, je promène ma tristesse,

« Tout à l’heure » est si loin, tout juste une promesse…

J’ai froid, je monte mon col, pas un bar n’est ouvert

Pour accueillir ma peine, pour noyer ma colère !

 

Comment vais-je retrouver le cours de ma vie,

Quand mon âme un instant, a vu le paradis ?

De cette nuit d’hiver, je me souviens de tout,

De l’ambiance, des lumières, et du bonheur, surtout !

 

Ce soir là, un chanteur est dev’nu une idole

Pour la vie, c’est certain et je n’ai qu’une parole !

Au fil des années, contre vent et tempêtes,

Je suis restée fidèle, mais parfois plus discrète…

 

Quand je glissais trop loin dans le noir de mes nuits,

Quand je tombais sans fin, dans le vide de ma vie,

Quand la vie m’a blessée ou meurtrie quelquefois,

Toujours une chanson semblait écrite pour moi,

 

Ce ne fut pas facile, toujours de te soutenir

Quand fusaient les critiques, les moqueries, les satyres !

Et j’ai sorti les griffes, et j’ai montré les dents

Pour répondre aux attaques d’un humour bien méchant !

… /…

12 août 2014, chaude soirée d’été

Te dirais-je ce soir combien j’ai hésité ?

De quoi avais-je donc peur ? Je ne saurais l’écrire,

De moi-même sans doute, d’être déçue faut bien l’dire !

 

J’avais tant attendu ce nouveau rendez vous,

Saurons nous nous r’trouver, nous reconnaîtrons nous ?

Tant de temps a passé….passé ? Mais passé où ?

Mon cœur et ma mémoire se souviennent de tout…

 

Et comme dans la chanson, j’hésite longtemps je crois…

Et d’un coup, je m’élance, eh ! oh ! Attendez-moi !…

Dans la salle tout à coup, le doute me reprend,

Le public est si jeune, qu’est ce que je fous là, bon sang !?

 

A mon 1er concert, elles n’étaient même pas nées,

Et elles sont là ce soir….d’adresse, me suis je trompée ?

Et puis le jour s’en va, le théâtre s’éteint…

« Vous »…un seul mot, un seul, et mon cœur qui s’étreint…

 

Oui je suis là ce soir, tout comme au premier soir,

Mon cœur se souvient, je souris dans le noir !

Le passé, le présent mêlent leurs émotions,

Je retrouve la ferveur, l’ambiance, la communion

 

Dans  la complicité d’un clin d’œil au passé,

Je retrouve un plaisir que j’croyais oublié,

Les refrains d’autrefois, les mélodies nouvelles

S’envolent dans la nuit, nous entrouvrent le ciel…

 

Et je retrouve intacte ma jeunesse fanée,

La magie du moment, le plaisir partagé…

Immense est le silence quand les mélodies pleurent,

Explosive l’énergie quand elles prennent des couleurs !

 

5000 cœurs battants, 5000 voix unies

Sauront-ils simplement assez te dire merci ?

Merci pour ces soirées, ces parenthèses de vie

Qui font nos nuits plus belles, qui rallument nos envies !

 

Merci pour tous ces mots qui disent si bien pour nous

Nos passions, nos colères et nos rêves un peu fous !

Merci tout simplement, Merci du fond du cœur,

Merci d’être encore là, Merci, à tout à l’heure !

 

 

Herrlisheim – 27 février 2015

( 17 juin, 2015 )

Le manque

C’est juste une petite gêne, comme un jean trop serré,

Des petits grains de sable au fond de mes souliers,

Ça irrite, ça agace, ça fait un peu boiter,

Mais on avance quand même, ça nous fait pas plier !

Parfois, c’est un mal-être, une infinie tristesse

Ça nous tombe dessus quand on ne s’y attend pas,

En plein milieu d’un rire, d’une fête, d’une caressse,

C’est troublant, perturbant, mais on vit malgré ça !

C’est une surprise ratée qui gâche un peu la fête,

Une pincée de sel qui manque dans un plat,

Le moustique qui oblige à s’cacher sous la couette,

C’est crispant, énervant, mais on n’pleure pas pour ça !

C’est les clés, les lunettes, le portefeuille perdu,

Le café renversé juste au moment d’partir,

C’est la voiture qui cale et qui ne démarre plus,

Ça complique la vie, ça gâche un peu l’plaisir !

C’est un voile, un brouillard qui altère le présent,

Une brume légère qui floute le paysage

Ou la pluie qui te vole un dimanche de printemps,

C’est contrariant bien sûr, mais t’annules pas l’voyage !

C’est ton cœur qui bondit pour la une d’un journal,

Quelques secondes d’absence quand tu entends sa voix,

C’est sourire, s’émouvoir pour une info banale,

Ça fait rire les copains, et nous aussi, parfois !

C’est le manque bien sûr, celui qui pince un peu,

Qui rend la vie plus fade, plus grise, moins palpitante !

Ça ternit les projets, ça mouille un peu les yeux,

Ça crispe les sourires, ça fait peser l’attente !

Y’a 6 mois, un trou noir nous a toutes emportées,

Nous laissant vides de tout, face au noir d’une scène,

Nous laissant orphelines, perdues, désemparées,

Mais le temps, on le sait, adoucit toutes les peines !

J’ai trimballé longtemps cette mélancolie,

Indifférente à tout ce qui n’était pas toi,

J’ai joué tous les rôles qui composent ma vie,

Sans m’impliquer vraiment, sans être tout à fait moi !

Et puis jour après jour, j’ai repris le contrôle,

Je garde le meilleur et me tourne vers demain.

Même s’il est toujours là, qui me suit, me survole,

Je saurai l’écarter, un jour, de mon chemin.

Et le cœur plus léger, le regard pétillant,

Je sourirai au monde, sereine et libérée,

Le manque ne sera plus, qu’un souv’nir vacillant…

…Mais le manque, ce jour là, ne me manquera t-il pas ??

 

Herrlisheim – 28 février 2015

( 17 juin, 2015 )

Les chaînes des souvenirs

Rattrapée malgré moi au détour d’un chemin

Par une lumière, une musique, un parfum,

Me voilà transportée au cœur de ma jeunesse

A mi-chemin entre nostalgie et tristesse !

Que deviennent nos bonheurs et nos éclats de rire

Quand tournent les aiguilles de l’horloge de l’avenir ?

Où sont passés nos larmes, nos cris et nos douleurs

Quand la vie peu à peu les voile de pudeur ?

Reste t-il quelque chose des passions, des étreintes

Quand le temps les maltraite, les polit, les éreinte ?

Et puis tous les regrets, les hontes, les remords ?

Disparus à jamais ? ou bien vivants, encore ?

Comment croire oubliées les pages du passé

Quand les mots d’une chanson peuvent les ressusciter ?

Comment trouver la force ou l’envie de sourire

Quand on traîne derrière soi le poids des souvenirs ?

Comment aimer encore, comment briser nos chaînes

Quand un geste, un sourire fait renaître nos peines ?

Puis je me laisser séduire ? accorder ma confiance

Quand les voix du passé m’intiment la prudence ?

Comment être sincère, droite, honnête et franche ?

Quand toutes mes amours mortes me tirent par la manche,

Me ramènent en arrière, me racontent l’histoire,

Et me révèlent la fin dans l’reflet du miroir ?

Et puis tout au contraire, comment pleurer encore

La perte d’un être cher, les peines, les coups du sort

Quand les mois, les années, volent jusqu’à nos chagrins

Les noyant sans pitié sous tous nos lendemains !?

Comment vivre au présent, avancer, s’émouvoir

Quand on sait qu’un « après » nous attend, un beau soir ?

Comment ne pas laisser glisser les sentiments,

Quand on sait qu’en cédant, ils nous blesseront sûrement ?

De toutes mes libertés, celle d’aimer est la pire,

Puisque quoiqu’il arrive, elle me fera souffrir !

Alors c’est dans le rêve, le fantasme, l’illusion

Que je cherche parfois l’impossible passion

Si brûlante qu’elle chasserait les regrets et les larmes,

Si puissante qu’elle briserait mes chaînes de son charme !

Mais comme les reflets dans l’eau d’une rivière,

Il suffit d’y lancer un caillou, une pierre,

Ou d’une simple caresse d’un Zéphyr malicieux,

Pour que le rêve meurt à jamais dans mes yeux !

Prisonnière de ma vie, de tous mes souvenirs,

Saurais je un jour encore me tourner vers l’avenir ?

Pourrais je, comme une fleur, sur l’onde vagabonde

Voyager dans ma vie comme elle parcourt le monde ?

Ou, comme le lotus dans la vase et le noir,

Resterais-je enchaînée à mon cœur, mon histoire ?

 

Herrlisheim – 4 février 2015

( 17 juin, 2015 )

Les étoiles filantes de ma vie

C’était pour un pari, comme on fait à 16 ans,

Un défi un peu fou qu’on se lance en riant !

Emportée par la fougue de mon adolescence,

Au premier à entrer, j’offrirais une chance !

Mes amies ont dit : NON ! Surtout pas celui là !

Il est trop dangereux, c’est toi qu’il croquera !

Mais mes yeux ont croisé l’éclat vert d’un regard,

Et au premier sourire, c’était déjà trop tard !

Mon cœur en mal d’amour d’un batt’ment s’est soumis,

Au charme ravageur, à mon tour, j’ai souri !

Quand à l’aube naissante vint le dernier baiser,

Je souriais aux anges, j’étais prête à aimer !

Mais ce premier amour, pour lui n’était qu’un jeu,

Pour lui sans conséquence, pour moi jeu dangereux !

J’ai promené ma peine pendant bien des années,

Hantée par son sourire, ses mains et ses baisers,

Et son regard brûlant m’a tenue prisonnière,

M’a poursuivie longtemps dans mes nuits solitaires !

 

Bien des années plus tard, en plein cœur de l’hiver,

Je cherchais le bonheur, au fond de quelques verres

Au hasard d’une soirée dont je n’attendais rien,

Rien d’autre que l’oubli de mon triste destin…

Perdue dans mes pensées, la tête ailleurs et le cœur lourd,

Je crois que je cherchais comme une issue de secours !

Quand mon cœur endormi, d’un rire s’est réveillé,

Quand mon regard perdu vers une flamme s’est tourné !

Au-delà de la flamme pour m’offrir du feu,

Deux yeux bleus me fixaient rieurs et malicieux…

Ainsi a commencé ce qui est à ce jour,

Sans doute mon plus ardent et mon plus bel amour !

Mais mon destin n’est pas, il est clair, d’être heureuse,

La vie m’a tout repris, c’est une garce, une menteuse !

Je l’ai haï, je crois, autant que je l’aimais

Et une partie de moi est à lui à jamais !

C’était il y a longtemps, c’était y’a plus d’vingt ans,

Mais comme dit la chanson, rien ne s’efface vraiment,

Et comme dans la chanson, il revient me chercher,

D’un coup de fil, d’un message il m’empêche d’oublier !

Je lui garde une place, une infinie tendresse,

Peut-être par amour ou par simple faiblesse !?

 

Pendant toutes ces années, quand il se jouait de moi,

J’ai trouvé dans un rêve, un sourire, une voix,

La balance idéale, la force, le réconfort

Dans les mots d’une idole, sa musique, ses accords !

Il faut dire qu’à mes yeux, ils se ressemblent tant,

Que j’aime l’un pour l’autre…ou bien inversement !

Pathétique et risible, puéril bien sûr…

…On combat comme on peut les peines et les blessures !

 

Et puis, plus récemment, dans une autre soirée,

J’ai croisé d’autres yeux qui m’ont fait chavirer !

Je n’m’y attendais pas, c’était si surprenant…

C’est pour moi ce sourire ? Wouah ! qu’est ce qu’il est craquant !

Méfiante et sur mes gardes, j’ai voulu résister,

…Jusqu’à l’instant fatal où nous avons dansé !

Ses yeux au fond des miens, ses mains posées sur moi…

Le temps s’est arrêté, j’y ai cru encore une fois !

Depuis lors on se croise, on s’observe…et j’attends !

Il m’arrive même de croire au jeu des sentiments,

Quand il cherche ma présence, quand il croise mon regard,

Ou quand certains matins, il se montre plein d’égards !

Et même si je sais que c’n’est qu’une illusion,

Je garde encore l’espoir de nouvelles émotions !

 

Voilà, ils sont tous là, les hommes de ma vie,

Ceux pour qui j’ai pleuré, ceux par qui j’ai souri,

Et si, dans d’autres lits, j’ai cherché le bonheur,

Aucun autre n’a su apprivoiser mon cœur !

Ils restent les geôliers de mon cœur enchaîné,

Les fantômes de ma vie, ma croix, ma destinée.

Et si l’un revenait, ironie de l’histoire,

Les autres ne me laiss’raient pas l’ombre d’un espoir !

Ils m’ont aimée un soir, je les aime toujours,

Car on n’guérit jamais, des blessures de l’amour !

 

 

Herrlisheim – 5 février 2015

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