( 17 juin, 2015 )

Je voulais vous dire

Je voulais, avant de vous laisser partir,

Vous souhaiter le meilleur, dans un dernier sourire !

Mais j’ai perdu ma voix, et tous mes mots se planquent,

J’ai la gorge nouée, et soudain, le cœur me manque !

Alors, pourquoi ne pas vous écrire un poème,

Pour vous dire sans détour, combien tous je vous aime !

Travailler côte à côte, était plus qu’une habitude,

C’était une norme, une évidence pas si absurde !

C’était privilégier les relations humaines,

C’était être un maillon d’une seule et même chaîne !

Et puis, c’était aussi des moments partagés,

Des joyeux débats pendant la pause-café,

C’était des plaisanteries et quelques engueulades,

Des galères partagées, de la franche rigolade !

C’était des mariages, des naissances, petits et grands bonheurs

Que nous avons fêté avec entrain et bonne humeur,

Quand d’autres fois, nous avons pleuré, main dans la main

Le brutal et tragique départ de quelques-uns…

Des années durant, nous avons écrit l’histoire

D’une aventure humaine qui s’achève ce soir !

Coup du sort ou croche-pied du destin ?

Qu’importe, aller contre, se révolter ne sert à rien !

C’est juste la vie comme on dit,

La vie qui quelquefois nous meurtris,

Nous obligent à avancer, à aller de l’avant

Quand on voudrait rester assis sur notre banc !

Au moment redouté où il faut bien partir,

Il reste la nostalgie et tous nos souvenirs.

Et la petite larme qui roule sur le papier

Sera la cicatrice d’une vie que je ne veux oublier !

                             Amitié

Colmar – 20 Mai 2015

( 17 juin, 2015 )

Rêver l’amour

Ce soir mon cœur s’emballe, ma raison marque le pas,

Mes rêves et mes fantasmes prennent le pouvoir sur moi !

L’illusion est si forte, l’impression si puissante

Que je me sens soudain un p’tit peu plus vivante !

C’est une déferlante venue de l’intérieur,

Un sentiment puissant qui vient tromper mon cœur !

Ce soir, j’en suis certaine, il va passer ma porte

Cet amour de légende qui me rendra si forte !

D’aussi loin que remontent mes souvenirs d’enfant,

Je l’ai imaginé, désiré si souvent

Qu’il m’arrive parfois de croire qu’il est tout près,

Juste là à m’attendre, comme un joli secret !

C’est une certitude qui me prend au réveil,

Qui me suit tout le jour, me promet des merveilles.

Je scrute le téléphone, vérifie mes appels,

Je m’apprête de mon mieux, essaie de me faire belle.

Je répète dans ma tête tout ce que je vais lui dire,

Tous les mots, tous les gestes qui sauront le séduire !

J’imagine la romance, j’anticipe nos émois,

Sans relâche, je récris l’histoire encor’une fois !

Comme une adolescente au premier rendez-vous,

Je tourne et m’impatiente et mon cœur devient fou !

Dans mon imaginaire, la porte s’ouvre déjà,

Et nos regards se croisent, il m’ouvre enfin les bras.

Comme un feu, la passion nous emporte très loin,

C’est comme une évidence au cœur de nos destins !

Mais l’amour, on le sait, est un ange capricieux

Qui joue avec nos vies, par malice ou par jeu !

Regardez Cupidon ! Cet ange est un enfant !

Il décoche ses flèches sans penser un instant

Aux destins qu’il bouleverse, aux cœurs qu’il va briser,

Ou aux rêves qui s’envolent et aux larmes versées !

Je t’aime à en mourir, mais tu en aimes une autre,

Ou tu ne me vois pas, tes rêves sont tout autres !

Nous sommes faits l’un pour l’autre, nous sommes deux âmes sœurs,

Nos vies se croisent en vain, on s’aime, mais c’est pas l’heure,

C’est pas le bon moment, p’t’être même pas la bonne vie,

Il faudrait trop de « si » pour combler nos envies !

On peut rêver bien sûr, voir des signes, des indices

Dans un geste banal, un mot, un rire complice.

On peut, d’un joli conte, tenter d’leurrer nos cœurs,

Se bercer d’illusions, y voir comme une lueur,

On peut, sur un regard, bâtir toute une histoire

Se convaincre sur un geste qu’on a raison d’y croire,

On peut revivre mille fois l’instant d’éternité

Qui a fait basculer la raison vers l’insensé !

Mais on sait qu’à ce jeu, on est toujours perdant,

C’est rare d’être gagnant, au bal des amants !

 

 

Herrlisheim – 8 mai 2015

( 17 juin, 2015 )

Ma gare

J’ai pour ma gare une tendresse particulière,

Je m’y sens chez moi, elle est mon univers.

Quand elle s’éveille à l’aube, ouvrant tout grand ses portes,

Comme un phare qui éclaire une ville encore morte,

Accueillant en son chœur les travailleurs pressés,

Elle offre tout un monde de possibilités !

J’aime m’y promener, arpenter ses couloirs,

L’avoir pour moi toute seule, y perdre la mémoire !

J’aime, sur les dalles du hall, faire claquer mes talons

Et en suivre l’écho jusque sous son plafond !

Les vitrines des boutiques, endormies elles aussi,

Laissent à peine entrevoir leurs trésors assoupis.

Ici et là, les tout petits yeux rouges des alarmes

M’accueillent en silence d’un clin d’œil sans âme,

Pendant que ceux, noirs et perçants des caméras

Me suivent et m’épient dans ma balade, pas à pas !

Clac, clac, clac, les portes se déverrouillent une à une,

Puis vient le bourdonnement des néons qui s’allument

Pendant que le cliquetis des très vieilles serrures

Ouvrent peu à peu les portes à toutes les aventures !

Sur les quais déserts, les bancs attendent les amoureux,

Sur l’acier brillant des voies, les rames ronronnent à qui mieux mieux !

Quelques minutes encore, et la vague quotidienne

Déferlant de toute part se bouscule et s’entraîne !

Pour la journée entière, la gare lui appartient,

Je lui cède les lieux, je l’observe de loin !

Est-ce le début ou la fin du voyage ?

Cruelle séparation ? Retrouvailles sans bagages ?

Qu’y a t-il dans ces étreintes furtives ou passionnées ?

Des promesses de retour ? une fin programmée ?

Combien d’amours naissantes, combien de déchirures 

Sont inscrites à jamais dans les briques des vieux murs ?

Combien d’ados, de ces quais sont partis vers l’avenir

Laissant là leur enfance dans un éclat de rire ?

Sur un banc, y’a Fernand, assis matin et soir,

Indifférent au bruit, aux sifflets, aux regards,

Qui r’garde passer les trains comme il regarde sa vie,

Sans arrêt, ou si courts, si loin de ses envies !

Il l’a raté, son train, il est resté à quai,

Perdu dans ses pensées, distillant ses regrets !

Et la journée s’achève, dans un dernier sursaut

De clients fatigués qui rentrent du boulot.

C’est l’heure de la laveuse qui efface les traces

D’une journée de labeur, de départs et d’angoisses.

Fernand quitte son banc, par affronter la nuit

En comptant la monnaie glanée petit à p’tit.

Dans la paix retrouvée, j’prends sa place un instant,

Savourant le silence, la magie du moment.

Pour quelques heures à peine, la gare ferme ses portes

Laissant la grande horloge veiller sur les rues mortes…

Un instant je m’arrête sur toutes les âmes en peine

Abandonnées ici, sans regrets et sans haine.

Puis je quitte à mon tour la vieille gare endormie,

Un peu comme Fernand, j’vais affronter ma vie !

Oui mais demain dès l’aube, sur les dalles et les quais,

Claqueront mes talons, s’envoleront mes regrets !

 

Colmar – 24 avril 2015

 

( 17 juin, 2015 )

Si tu t’arrêtes

Plus le temps passe, plus j’avance en âge,

Et plus je réalise que la vie est un voyage,

Plus ou moins long, plus ou moins heureux

Dont on ne connaît ni le sens, ni l’enjeu,

Qui débute dans un cri et s’achève dans le silence des étoiles

Le mien, à ses débuts, fut calme et sans galère

Comme sur une autoroute, j’avançais sans barrière

Le tien fut plus ardu, plus flou, plus mouv’menté,

Ponctué de demi-tours et de virages serrés…

Deux routes parallèles, deux destins séparés, mais sous les mêmes étoiles !

J’ai cueilli en chemin les fruits de mes passions

En passant à côté de toutes mes ambitions

Pendant que tu vivais, voyageais, apprenais,

Construisant note à mots la vie dont tu rêvais.

Toi, t’as pris ton envol, moi, je n’ai pas trouvé mon étoile !

Un soir, cependant, nos routes si différentes

Se sont croisées le temps d’une soirée enivrante.

Ton chemin de traverse semé d’or et de miel

A éclairé soudain ma trop sombre ruelle.

T’as fait fuir les nuages, j’ai pu voir les étoiles.

Bien trop vite pourtant, ils se sont séparés,

Ta route vers la lumière bien d’autres en a croisées,

Quand la mienne sans relief et banale à faire peur

Serpentait sans entrain au gré de mes humeurs.

J’ai continué à vivre, le nez dans les étoiles !

Depuis lors, je l’avoue, je cherche ton visage,

A chaque changement de cap, après chaque virage.

J’attends à chaque escale de c’voyage au long cours,

Que ta route à nouveau la mienne suive le cours

Pour qu’un instant encore, je rejoigne les étoiles !

Je sais bien, rassure toi, que ce sont des chimères,

Que nos routes jamais n’croiseront la même clairière,

Mais peut être qu’un jour, t’arrêtant un instant,

Tu finiras par voir, juste là, juste devant,

Ce tout petit chemin qui cherche ton étoile !

J’ai trouvé sur ma route plein de petits bonheurs,

Du soleil et des fleurs pour faire battre mon cœur.

Et toi, as-tu trouvé, sur ta route enchantée

Les trésors qu’enfant, tu espérais croiser ?

Ou cherches tu toujours ton rêve dans les étoiles ?

Nos voyages diffèrent, ils se ressemblent pourtant,

Dans nos rêves peut-être, dans nos valeurs sûr’ment.

Alors, lorsque ta route croisera mon chemin,

Arrête toi un instant, partageons un matin.

Nous attendrons ensemble que se couchent les étoiles !

Je me laisse emporter, j’abuse, je le sais bien,

Il m’arrive même parfois de perdre tout sens commun !

Pardonne ces excès, ce manque de pudeur

Qui me poussent parfois à trop ouvrir mon cœur…

Voilà, je n’suis plus là, j’ai éteint ton étoile…

Ta route continue, elle sera belle encore,

Ces mots là sont de toi, je sais, pardonne encore…

La mienne s’essouffle parfois, mais je s’rai toujours là,

Délaissant mes rivages pour marcher dans tes pas,

Parce que quoi qu’il arrive, on suit la même étoile !

 

Herrlisheim – 17 avril 2015

( 17 juin, 2015 )

Etre elles

Y’a des soirs où vraiment, j’aimerais m’appeler Lola,

Assise au bas des marches, être cette nana là…

Dans un blouson trop grand, le regarder comme ça,

Et d’un sourire en coin l’emmener où y n’sait pas !

Prendre un air détaché, assise en face de lui,

Au café des délices, à Rome, Cadaquès ou Paris,

Le chercher du regard jusqu’au bout de la nuit,

Dans ses bras audacieux vivre une panne de mélancolie !

Comme j’aurais aimé, dans la nuit de Brighton,

Qu’il me prenne la main sur une musique des Stones

Et danser avec lui sur un air qui résonne,

Juste avant de reprendre nos routes de Madison…

Princesse désabusée qui sait, pas savoir plaire,

J’aurais appris pourtant à ne jamais me taire,

Pour apprendre à donner plus qu’un ciel entrouvert,

Pour apprendre dans ses yeux à sécher ma colère !

Au cœur de Manhattan, j’aurais pu, c’est certain

Lui montrer son étoile, lui faire choisir un train,

J’aurais pu avec lui marcher un peu plus loin,

Même si pour prendre le large, je connais pas l’chemin !

Mais je roule vers lui, et les cigales s’en foutent,

J’ai beau m’casser la voix, ça reste chacun sa route !

Où sont passés mes rêves, il ne reste que mes doutes

Et quand j’lui dis quand même…les cigales s’en foutent !

 

 

 

Colmar – 08 avril 2015

( 17 juin, 2015 )

Ses mains

Si je devais choisir ce qui me plaît en lui,

Au-delà de l’artiste et au-delà des mots,

Avant même le regard, le sourire qui séduit,

Avant les émotions, avant la voix qui caresse la peau,

Je choisirais ses mains dans mes rêves coquins….

Elles soulignent ses mots, renforcent ses sentiments,

Elles martèlent ses passions, dessinent son univers !

Je ne peux m’empêcher d’en suivre le mouvement,

Je les cherche, je les rêve, dans leur danse, je me perds…

Quand elles papillonnent sur les cordes d’une guitare,

Elles font valser mes rêves, fantasmer mes envies !

Et quand du bout des doigts elles donnent vie, dans le noir,

A une douce complainte, une joyeuse mélodie,

Mon cœur l’accompagne, il bat à l’unisson !

Quand ouvertes vers le ciel, comme une offrande aux dieux,

Elles implorent la tendresse, la douceur ou l’amour,

L’émotion me submerge, elle inonde mes yeux,

Et mon âme plus légère vagabonde à son tour !

Mes chagrins l’accompagnent, ils pleurent dans sa voix !

Quand il les tend vers nous, nous prenant à témoins

De toutes ses émotions, ses rires, ses convictions,

Et qu’elles livrent sans fard ses peurs pour demain,

Elles réveillent ma conscience et me poussent à l’action !

Mes passions l’accompagnent, elles chantent par ses mots !

Quand d’un seul doigt tendu, il crie ses vérités,

Bousculant mon confort, brisant mes certitudes

Comme devant le maître, l’élève baisse le nez,

Je comprends qu’il est temps de fuir les habitudes !

Ma colère l’accompagne, elle jaillit par sa voix !

Quand serrées dans un poing, elles contiennent sa colère,

Quand il y tient serrées, ses révoltes et sa rage,

Le mien se lève aussi, plus haut, plus ferme, plus fier,

De l’Histoire avec lui, j’aimerais écrire une page…

Sa force m’accompagne, avec elle, j’avance !

Quand son poing refermé vers nous s’ouvre, soudain,

Et que sur un décompte qu’on reprend tous en chœur

Elles dirigent nos voix, plus fort, plus tendre, plus loin,

Jusqu’à en faire pleurer les étoiles en douceur,

Mon bonheur l’accompagne, il danse à ses côtés !

Quand les bras grands ouverts, il enlace le public,

Qu’elles nous portent, nous entraînent, nous chavirent

Dans une étreinte virtuelle mais pourtant authentique,

Ses mains pour moi demeurent…l’obscur objet de nos désirs…

 

Colmar – 07 avril 2015

 

( 17 juin, 2015 )

Envie de rien

Il y a vraiment des jours où j’n’ai envie de rien !

Je reste assise là, le menton dans les mains,

Le cœur et le regard vides, perdus dans le lointain,

L’esprit à la dérive sur l’océan de mes chagrins !

Dehors le soleil brille, le ciel est éclatant,

Les oiseaux et les enfants annoncent le printemps,

Au-delà de ma bulle, j’entends leurs cris, j’entends leurs chants

Mais mon âme reste en hivers, immobile et silencieuse, j’attends !

Luttant dans le labyrinthe de mes idées noires,

Une petite voix s’obstine à raconter une autre histoire…

« Bouge, lâches toi, fais taire un instant ta mémoire ! »

Je ne l’écoute pas, je me complais dans mon désespoir…

De cafés en cigarettes, peu à peu le temps passe,

Au fil des heures, le froid me prend, me glace,

La petite voix insiste, me pousse, m’agace,

Mon corps refuse, volonté en berne, j’bouge pas d’ma place !

Tic tac, les aiguilles tournent, je les vois me narguer

De tic en tac les heures défilent sans s’arrêter

J’ai perdu en chemin le fil de mes pensées,

Ma vie, mes rêves et mes amours, je les ai oubliés !

Le soleil rougit, le ciel d’un coup, se ferme et s’assombrit,

Dans ma tasse, le café, bien sûr, a refroidi,

Le cendrier déborde, le silence, tout entière m’envahit…

La nuit m’enveloppe, je m’éveille, petit à petit,

L’esprit encore brumeux et le corps si lourd !

Mes sens, un à un, pas à pas, sont de retour,

Et je perçois à nouveau le monde qui m’entoure,

Je reviens dans ma vie, j’en reprends le cours !

Et déjà, je regrette toutes ces heures perdues,

Tout c’que j’aurais pu faire, tout ce que j’n’ai pas vu,

Cette petite page de vie, pas écrite, pas vécue,

Parce qu’il y a des jours où rien ne vaut de l’être….vécu !!!

 

Colmar – 11 mars 2015

( 17 juin, 2015 )

Celui qui n’est pas pour toi

Aimer celui qui n’est pas pour toi,

Ne penser qu’à celui qui ne te voit pas,

Désirer au point d’en perdre la voix

Celui dont le cœur pour toi ne bat pas !

Sentir ton cœur qui marque le pas puis s’affole,

Pour un regard ou pour un mot gentil,

Rougir, bégayer, sentir tes jambes qui flageolent,

Perdre ton humour, ton sens de la répartie !

Imaginer chaque soir, des scénarios, des histoires

Qui à la nuit, donneront vie à tes rêves.

Rêver les yeux ouverts, allongée dans le noir,

Et espérer secrètement que jamais la nuit n’s’achève !

Provoquer le hasard pour croiser son chemin,

Et dans la foule immense feindre l’indifférence.

Se damner à jamais juste pour frôler sa main,

Mais perdre jour après jour, ta force, ta confiance !

Aimer celui qui à jamais t’échappera

Parce qu’il est trop tôt, ou peut-être trop tard,

Parce qu’il est trop jeune à ce qu’on te dira,

Parce que tu es trop vieille, un peu trop en retard,

Ou bien d’un autre monde ou d’un autre univers,

Et que, quoiqu’on en dise, quoiqu’en pense Cendrillon,

Les princes n’ont jamais épousé les bergères,

Et que toi, tu n’as rien, d’une princesse en haillons !

Aimer un souvenir, le rêve d’un grand amour,

Se bercer d’illusions, continuer à y croire

Malgré les déceptions qui viennent avec le jour,

Et à chaque coin de rue, penser l’apercevoir !

Mais à aimer ainsi celui qui ne t’aime pas,

Tu traverses le temps en oubliant de vivre !

A espérer en vain, qu’enfin, il te verra,

A noyer ton chagrin sans jamais être ivre,

A courir les chimères, à embrasser le vent,

Tu dessèches ton âme, tu fendilles ton cœur.

Et si jamais pour toi, n’arrive le printemps,

C’est qu’à aimer un rêve, tu fais fuir le bonheur !

Peut-on mourir d’aimer ? je ne saurais le dire !

Mais arrêter de vivre pour avoir, un beau jour,

Croisé une âme sœur qui vola ton sourire,

Est une malédiction qui te jette pour toujours,

Aux confins des Enfers sans espoir de retour…                    

 

(Herrlisheim 27/01/2015)

( 17 juin, 2015 )

Nostalgie mon amie

Comme le refrain de la mélodie de ma vie,

Elle revient m’habiter au gré de ses envies,

Elle m’empêche d’avancer, dans ses méandres je m’égare

Quand j’la croise certains soirs au fond de mon miroir !

Elle peut naître d’une voix, d’une note, d’un refrain,

D’un sourire, d’une lumière, d’un rêve au p’tit matin !

Et dans une silhouette floue perçue dans le lointain,

Elle peut, sans crier gare, me submerger soudain !

Nostalgie, mon amie, vas-tu me laisser vivre ?

Vas-tu cesser enfin chaque jour de me poursuivre ?

Pourquoi, pour t’échapper, faut-il que je m’enivre

D’alcool et de fumée, ou qu’j’me perde dans les livres ?

Tu teintes mes promenades des couleurs du passé,

Interromps tous mes rires d’un souvenir oublié,

Contraries mes plaisirs, m’interdis de rêver,

Et dans ma vie d’hier, tu me tiens enchaînée !

Tu me rappelles sans cesse tout ce que j’ai perdu,

Tu marques de ton sceau tout ce que j’ai vécu,

Mes bonheurs envolés à jamais disparus,

Comme mes petits chagrins, de l’enfance revenus…

Avec toi le bonheur devient mélancolie,

Les souvenirs heureux perdent toute leur magie,

Pendant que les malheurs deviennent tragédies !

Tu fausses, mon amie, les couleurs de ma vie !!!

 

Colmar – 12 mars 2015

( 17 juin, 2015 )

L’amour

Y a-t-il quelqu’un en ce monde qui sache ce qu’est l’amour ?

L’amour filial, l’amour pour ses enfants, ça, je sais bien !

L’amour des mots, de la nature, des belles histoires, je vois toujours !

Mais l’A – Mour, celui avec un grand A, romanesque, Hollywoodien ?

C’est la question…

A 15 ans, je le rêvais unique, éternel et passionné,

J’étais Scarlett, Angélique ou Mariane,

J’imaginais des rendez-vous secrets et des baisers volés

Sur l’envol endiablé d’une guitare tzigane !

Illusion….

A 16 ans, il était pour moi, un despote, un tyran,

Un roi cruel qui balaie tout sur son passage,

Qui nous laisse à genoux, meurtris et vides dedans

Et qui noircit nos vies et nos cœurs comme un ciel d’orage !

Déception…

A 20 ans, j’ai cru que douceur, humour et complicité

Seraient les clés d’un amour solide, durable,

Que loin du feu des étreintes passionnées,

L’amour grandirait, vieillirait, sincère et véritable !

Réclusion….

A 25, je l’ai compris, pas d’Amour sans Liberté !

Ce n’est qu’un jeu, cache-cache ou poker, mais juste un jeu !

Un pas en avant, deux en arrière, s’attendre, se chercher,

Se trouver et puis se perdre…et puis se noyer dans ses yeux !

Perversion…

A 30, c’est dans une famille, une tribu, un clan

Que j’ai pensé, enfin, construire une belle histoire !

Trouver dans la tendresse d’un amour confiant,

Le reflet de mes rêves, les rêves de ma mémoire !

Diversion….

Aujourd’hui, j’ai vieilli et le temps a passé,

Et peut-être, oui, peut-être ai-je finalement compris

Qu’au fond, jamais, je ne me suis trompée,

Que l’Amour n’est pas « un », prévisible, défini

Mais qu’il est la somme de nos rêves,  nos espoirs,

Qu’il est toutes tes musiques, qu’il est toutes mes danses,

Qu’il est exactement ce que l’on veut y voir,

Un jardin ordonné ou une jungle sombre et noire…

Et qu’il soit feu de paille ou passion dévorante,

Ou bien sage et tranquille, serein et sans surprise,

Qu’il soit jour de tempête ou lumière éclatante,

Sur une plage au soleil ou au cœur de Venise,

C’est la même destination…

Et qu’on le veuille ou non, qu’on y croie ou bien pas,

Qu’on s’y accroche, qu’on s’en défende,

Qu’on le cherche sans fin, qu’on le fuie à chaque pas,

Qu’on le vive, qu’on le rêve, qu’on le pleure ou l’attende,

On n’y échappe jamais,

       On n’y renonce jamais,

             On ne l’oublie jamais

                    Ce n’est plus la question….

 

Colmar – 4 mars 2015

 

 

 

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