( 17 juin, 2015 )

Savoir pleurer

Comme j’aimerais ce soir savoir encore pleurer,

Trouver du réconfort dans les larmes salvatrices,

Laisser sortir ma rage, casser, crier, hurler,

Chercher dans la colère une paix réparatrice !

Les laisser déborder de mon regard brumeux,

Les sentir sur mes joues tracer un long sillon,

Ne pas les arrêter, les cacher à vos yeux,

Les laisser emporter mes regrets à la con !

Pleurer comme autrefois, assise dans le noir,

Pleurer des nuits entières jusqu’au lever du jour,

Pour finir épuisée, ivre de désespoir

Par céder au sommeil, agité, sombre et lourd !

Oui j’aim’rais bien encore savoir m’émouvoir,

Sentir quelquefois mon cœur battre à tout va

Ou bien sentir monter en moi une colère noire,

Une peine sincère, un fou rire, un éclat !

Ressentir quelque chose, ne pas être de glace

Ou comme au cinéma, juste jouer un rôle !

J’aimerais bien un soir pouvoir trouver la trace

De celle que j’étais, joyeuse, sensible et drôle !

Mais à montrer toujours ce qu’on attend de moi,

Une maman attentive, une petite fille modèle

Et la seconde d’après la maîtresse en émois,

La copine de soirée ou bien l’amie fidèle,

Planquée derrière mes masques, je me suis égarée…

Et depuis ma cuirasse,  je n’offre qu’indifférence,

Un sourire de façade, des sentiments grimés,

Une attitude convenue qui sauve les apparences !

Pourquoi les émotions glissent-elles sur mon cœur ?

Pourquoi ai-je ce réflexe de nier mes sentiments ?

Pourquoi cette distance, ce blocage, cet air froid ?

Peut-être, finalement, suis-je morte à présent ???

 

 

Herrlisheim – 18 janvier 2015

( 17 juin, 2015 )

Vieillir

Lorsque la vie sur moi aura signé sa toile,

Que le passage du temps sur mon corps sera peint,

Que mes yeux fatigués n’trouveront plus les étoiles

Et que les chants d’oiseaux me paraîtront lointains,

Serais je encore capable de faire face au miroir ?

Quand le poids des années courbera ma silhouette

Et qu’un simple escalier affolera mon cœur,

Quand mon souffle regrettera toutes mes cigarettes

Et qu’à tout petits pas j’apprendrai la lenteur,

Serais je encore capable de rire et m’émouvoir ?

Quand mes mains déformées ne sauront plus écrire,

Que mes cheveux blanchis ne voleront plus au vent,

Quand mes vieux souvenirs seront mon seul avenir,

Ou qu’auront disparu tous mes amis d’antan,

Serais je encore capable de rêver et d’y croire ?

Si je devais ce soir faire un vœu pour demain,

Je voudrais que les rides tout autour de mes yeux

Soient celles du sourire dans un visage serein !

Je souhaiterais que mon cœur apaisé et joyeux

Me permette d’offrir réconfort et espoir

A ceux pour qui vieillir est une malédiction !

Et j’aim’rais qu’on puisse lire dans mon sourire en coin

L’histoire d’une vie remplie de milliers d’émotions.

 

 

 

Herrlisheim 03/01/2015

( 17 juin, 2015 )

Partir

Partir, est ce une fuite ou un nouveau départ ?

Se défaire de sa vie comme d’un jean’ trop étroit,

Laisser toutes les questions, les blessures derrière soi,

Embarquer sans regret avant qu’il soit trop tard

Et sans r’garder derrière atteindre l’horizon !

Partir, est ce un rêve ou un désir profond ?

Imaginer sa vie comme toujours en vacances,

Voguer le nez au ciel et les cheveux au vent,

Oublier les contraintes, les chaînes et les tourments,

Et chercher dans les vagues l’espoir d’une autre chance

Partir, est ce un défi ou un caprice mutin ?

Poursuivre les étoiles vers un autre destin !

Vaincre ses réticences, ses angoisses et ses peurs,

Pour quitter sa famille, sa ville et ses amis

Et pour, sur d’autres rives, bâtir une nouvelle vie !

Appareiller un soir, en faisant taire son cœur

Partir, est ce un voilier, un avion ou un train ?

Faut-il donc tout quitter pour changer de chemin ?

Ne peut-on pas écrire une nouvelle page

Sans larguer les amarres, sans perdre la mémoire ?

Ne peut-on espérer vivre d’autres histoires

Sans brûler nos souv’nirs, sans partir en voyage ?

SI ! Car nous ne pouvons partir vers d’autres lendemains,

Si nous perdons en route tous nos autres matins.

 

 

Herrlisheim – 28/12/2014

( 17 juin, 2015 )

Terrasses

J’ai gardé au cœur depuis l’adolescence

Le goût des pauses café et des clopes en terrasse !

Que ce soit chaque été au cours de mes vacances

Ou bien chaque dimanche, dans mes errances fugaces.

Après avoir flâné au milieu des vieilles pierres

De quelque vieux hameau aux maisons d’un autre âge,

Ou avoir musardé sur les rives d’une rivière,

J’aime poser mes souvenirs au café du village !

Je m’assieds, solitaire, je commande un grand crème

Et regarde, un à un, chacun de mes clichés

Cherchant la perle rare, celle des photos que j’aime.

J’écris des cartes postales, j’écoute les habitués

En regardant jouer les enfants et les chiens

Et les moineaux mutins picorer du vieux pain !

Et puis, sans crier gare, soudain, je me souviens,

Du dernier rendez-vous, de ce dernier matin,

Quand j’ai lu dans le bleu de ton regard fuyant

Qu’aux terrasses des cafés, je s’rais seule désormais…

Alors, si par hasard, tout en vous baladant,

Vous croisez une fille assise seule, à jamais,

Ce sera sans doute moi qui espère et attend !!

 

 

Herrlisheim – 30/12/2014

 

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