( 21 juillet, 2015 )

La carte postale

Quelle que soit l’occasion, quel que soit le message,

Réfléchir,  prendre le temps de bien choisir,

Chercher au fond de soi, l’éclat d’un souvenir

Et mettre tout son cœur dans le choix d’une image.

Souvenir de vacances ou clin d’œil amical,

Pour un anniversaire ou déclarer sa flamme,

Juste pour dire merci ou sécher quelques larmes,

On peut mettre toute son âme dans une carte postale !

Magie d’un paysage, poésie des couleurs,

Le choix est décisif, il n’y a pas de hasard !

Détail d’une œuvre d’art, émotion d’un regard,

D’une carte à trois sous, vous toucherez bien des cœurs !

Prenez quelques minutes, choisissez avec soin,

Ne pensez pas à vous, mais au destinataire,

Rappelez-vous ses goûts, d’aujourd’hui ou d’hier

Et offrez-lui du rêve dans le creux de ses mains !

Quand enfin vous aurez le support idéal,

De la pointe de la plume, tracez-y vos pensées,

Faites chanter les mots et danser les idées

Pour offrir autre chose qu’un message banal !

Aucun mot n’est commun agencé avec art,

Osez la métaphore et la ponctuation,

De trois mots dessinés, créez une émotion

Et d’une formule banale, faites une perle rare !

Ne soyez pas timide, mettez-y votre cœur !

Un joli mot écrit vaut toutes les paroles,

Il se grave dans nos âmes quand les discours s’envolent

Et sauront revenir apaiser nos douleurs !

Puis d’un grand trait de plume, signez votre message,

D’un paraphe, d’un prénom, d’un gribouilli bizarre

Qu’on saura reconnaître au tout premier regard

Comme la promesse, déjà, d’un voyage sans bagage !

Il ne vous reste plus qu’à choisir un écrin,

Joyeux et coloré ou d’un blanc éclatant

Qu’on distinguera sans mal des courriers déprimants

Et qui, de l’amitié aura le doux parfum !

Laissez alors partir cette part de votre cœur,

Confiez là au facteur, qu’il l’amène à bon port…

Imaginez ensuite le sourire du lecteur

Quand de votre enveloppe, il devinera le bord !

La voyez-vous briller au milieu des factures ?

Voyez-vous le sourire qui éclaire un visage ?

Voyez-vous l’impatience de lire votre message

Et la douce émotion d’un souvenir qui dure ?

D’ici ou bien d’ailleurs, qu’y-a-t-il de plus doux

Que quelques mots tracés au dos d’une belle image,

Qu’une jolie photo qui vous mène en voyage

Et vous montre tout l’amour que l’on ressent pour vous ?!

N’est-ce pas mieux qu’un E-mail au tout dernier moment,

Ou qu’un coup de téléphone, un tweet, un SMS ?

Gardez ça, s’il vous plait pour les jours de détresse,

Quand il faudra faire vite, pour un triste moment !

Offrez à vos amis, offrez à vos amants,

En quelques mots choisis, le bonheur de vous lire.

Laissez-les profiter, retarder le moment,

Et dans une douce attente, faire durer le plaisir…

D’une jolie carte postale choisie avec tendresse,

Vous ferez deux heureux, aujourd’hui et demain !

Allez ! Décidez-vous ! Oubliez la paresse,

Et faites nous le plaisir d’une rose dans nos jardins !

 

Herrlisheim – 21 juillet 2015

 

( 20 juillet, 2015 )

J’aurais pu vous dire

J’aurais pu vous parler de l’attente sous un soleil de plomb,

J’aurais pu vous dire l’herbe brûlée, la poussière et le vent,

Ou ma peine, ma révolte face à l’évident manque de raison,

Evoquer ma colère devant certains comportements…

Mais je préfère vous dire la solidarité,

Le partage, les sourires, le bonheur d’être ensemble !

Je préfère vous montrer la convivialité

Et dessiner pour vous tout ce qui nous rassemble !

De la pointe du stylo, vous dire mon émotion

Quand il a embrassé la fosse d’un seul regard,

Vous décrire toute la force d’une unique passion

Quand la salle s’enflammait au son de sa guitare !

Je vous peindrai mes larmes tout au bord de mes yeux,

Je vous pointerai mes rires et mes bonheurs aussi

Et je n’oublierai pas son beau sourire radieux,

Ni son regard parfois amusé ou surpris !

Je vous dirai encore, son éclat d’rire complice

Quand, d’une seule voix, on corrige une erreur,

Et toutes ses petites piques lancées avec malice

Pour provoquer nos rires, ceux qui font son bonheur !

Entendez-vous nos cœurs chanter à l’unisson ?

Entendez-vous nos voix reprendre les vieux refrains ?

Ecoutez le silence ! Ressentez les frissons

Qui traversent la salle quand se lèvent nos mains…

Je peux vous dire aussi, comment un soir d’été

J’ai retrouvé un peu de mon âme d’enfant,

Comment, sur une plaine, désolée et brûlée,

J’ai cru avoir 15 ans, une seconde, juste avant…

Et je vous chuchoterai cette vague d’émotion

Qui m’a prise par surprise au premier mot chanté,

Ou ce mirage soudain, cette douce illusion

Que son regard, sur moi, un instant s’est posé !

Vous parlerais-je aussi, de ce moment précieux,

Cette unique seconde, ce souffle d’éternité,

Où à force de croire à nos rêves, à nos vœux,

Ils pourraient basculer vers une réalité…

Partagerais-je avec vous, cette impression tenace

De le croire, ce soir-là, aussi heureux que nous ?

Ou encore, sur un mot, ce sentiment fugace

D’une infinie tristesse dans son regard si flou ?

J’aurais aimé trouver, des mots à lui offrir,

Un bouquet poétique qu’il aurait pu chanter

J’aimerais tant qu’il garde au cœur le souvenir

D’une soirée de rêve et de sincérité,

Comme j’aimerais vous dire que ce fut un honneur

De partager ce rêve, cette soirée mémorable

Avec vous, qui, comme moi, gardez au fond du cœur

Une âme d’enfant capable de croire à l’incroyable…

 

Herrlisheim – 20 juillet 2015

( 20 juillet, 2015 )

Le Jardin de mon coeur

Comme les étoiles flamboyantes d’un feu d’artifice

Scintillent en retombant puis s’éteignent une à une,

Les pierres étincelantes de mon cœur à vif

Nimbent mes émotions d’un doux halo de lune

Et rendent douce à mon âme cette belle mélancolie !

Les perles de mes larmes qui, au cœur de la nuit

Pudiquement sont restées accrochées à mes cils

Roulent en plein soleil, en douceur et sans bruit

Quand d’un pas triste et lourd je traverse la ville,

Incapable de masquer mon étrange nostalgie !

Pourquoi faut-il toujours, après un grand bonheur

Qu’on ait le cœur si lourd, le chagrin si pesant ?

Pourquoi y-a-t-il toujours, des peines et des pleurs

Aussi lourds et profonds que le plaisir fut grand ?

Pourquoi mon âme vit-elle bien plus haut que ma vie ?

Mon cœur est un jardin où poussent au hasard,

Des fleurs de passion, de rêve et d’émotion

Mais sans son jardinier qui l’agence avec art,

Il périt peu à peu, s’égare en illusions

Comme la rose du jardin flétrit sans eau de pluie !

Et le jardinier passe parfois, si près de moi,

Bohème et émouvant, rieur, parfois moqueur,

Qu’il fait renaître intact, chaque rêve, chaque émoi

Qui, comme fleur au désert fleurira quelques heures

Et puis s’endormira jusqu’à la prochaine pluie !

L’jardinier est parti vers ses jardins d’hiver,

Mais au fil des saisons, pour qu’il pense à rev’nir,

J’enverrai sur ses traces mes papillons de rêves

Qui sauront, pourquoi pas, l’attirer, le séduire

Et à mon cœur en friche redonner ses envies…

En attendant, je ferme les grilles de mon jardin

Qui n’appartient qu’à lui, où il règne sans partage !

Doucement je reprends, le cours de mon destin,

Accrochant des sourires aux rides de mon visage,

Des rêves et des fantasmes jusqu’au cœur de mes nuits !!

( 26 juin, 2015 )

Les larmes d’un homme

Connaissez-vous plus triste que les larmes d’un homme 

Quand il a tout perdu, quand il est dépassé,

Quand, au nom du progrès, de la productivité

On lui vole son métier, son art, sa fierté d’homme ?

Comment trouver les gestes, comment trouver les mots

Qui l’empêcheront de lâcher, de glisser vers le bas ?

Quand tout son univers a volé en éclats,

Qui saura le comprendre, le maintenir à flots ?

Il dit qu’il n’en peut plus, qu’il n’a plus le courage,

Qu’il ne dort plus la nuit, qu’il n’a plus d’appétit !

Il dit que quoi qu’il fasse, y n’contrôle plus sa vie,

Qu’il se noie dans ses larmes, que ses forces le lâchent !

Sa vie d’avant lui manque, hante son quotidien,

La nouvelle le meurtrit, lui fait perdre la raison !

Il doute de tous ses gestes, n’est plus au diapason

D’un univers sans vie, virtuel et sans parfum !

Il connaissait le stress des journées de galères,

Tout n’était pas parfait, c’était pas le paradis !

Il y a eu des colères, des soucis, des conflits,

Mais aussi l’unité d’une équipe solidaire !

Et puis, y’avait les rires, les relations humaines,

Les discussions sans fin, les débats passionnés,

Les échanges d’émotions, les cafés partagés…

Et son job aujourd’hui, l’enferme, le blesse, l’enchaîne !

Il a le sentiment qu’on a volé sa vie,

Et ne sait pas quoi faire pour la reprendre en mains.

Il ne trouve plus sa place dans ce monde inhumain

Géré par les machines et la technologie.

Il se sent inutile, lui qui maîtrisait tout,

Il a beau s’accrocher, tenter de t’nir encore,

Il sent qu’il va glisser, et finir dans l’décors ,

Et croit qu’il a perdu, qu’il va devenir fou !

Sa femme est attentive, ses enfants sont présents !

Ses amis lui répètent qu’au fond, c’n’est qu’un travail,

Qu’il y a plus important, qu’il y a d’autres batailles,

Qu’il doit garder confiance, y croire obstinément,

Que la vie c’est pas ça, que la vie est ailleurs

Et que c’n’est pas sa faute, qu’il n’est coupable en rien,

Que le courage n’est pas de s’obstiner en vain,

Mais de savoir connaître ses limites et ses peurs !

On lui dit qu’il vaincra, qu’il remontera la pente,

Qu’il doit juste laisser un peu de temps au temps,

Que le soleil brillera avant le prochain printemps

Et qu’il verra renaître d’autres aubes impatientes !

On lui dit qu’un beau jour, il trouvera le chemin

Vers une vie nouvelle où son âme sourira,

Et qu’après le brouillard, un été fleurira

Qui le verra grandi, plus fort et plus serein !

Mais quels que soient les mots qu’on murmure à son cœur,

Quels que soient les lendemains qu’on dessine pour lui,

Quels que soient les sourires qu’on oppose à ses cris,

Il reste un homme perdu au milieu de ses pleurs !

 

Herrlisheim – 26 juin 2015

( 21 juin, 2015 )

Où es-tu ?

Ça commence doucement, un peu comme un cauchemar

Comme une bête hideuse qui se glisse dans le noir,

Qui se love peu à peu au creux de la mémoire

Et qui attend son heure pour frapper au hasard !

Au début, c’est un geste, ou un mot qu’on oublie,

Un petit blanc brutal qu’on cache dans un rire,

Un savoir-faire banal qu’on regarde s’enfuir

Qui échappe soudain au fil de notre vie.

On accuse la fatigue, ou bien le surmenage,

On rit avec les autres, on détourne l’attention…

Voilà, c’est revenu, c’était quoi la question ?

Mais non, ce n’est pas grave, c’est normal à mon âge !

Mais la bête est bien là et qui prend tout son temps,

Elle grandit et elle rôde, colonise ton esprit,

Voile ta réalité d’un épais brouillard gris

Et s’nourrit des souvenirs, étouffe ton présent !

Pas question de céder, de montrer tes faiblesses,

Tu camoufles comme tu peux les oublis, les erreurs,

Tu changes tes habitudes et tu masques ta peur,

Mais derrière ton humeur se tapit ta détresse !

Et puis, un beau matin, la bête frappe soudain,

Plus un mot, plus un geste qui ne soit un effort,

Tu ne contrôles plus rien, pas même ton propre corps,

…Un éclair de panique, et ton regard s’éteint !

Mais où es-tu parti ? Dans quel monde éloigné

Que je ne puisse atteindre la bête t’a-t-elle emmené ?

Où sont donc ces rivages où tu parais bloqué ?

Et quel est cet enfer qui te tient prisonnier ?

Quel est cet univers où tu pars si souvent,

Nous laissant impuissants, démunis et perdus ?

Je crains tellement le jour où tu ne reviendras plus,

Où ton âme à jamais errera dans le néant !

Je te parle, te raconte les choses de nos vies,

Je cherche dans ton regard, l’ombre de ta présence

Mais je n’y trouve souvent que le vide et l’absence

Pour répondre à mes rires, mes rêves ou mes envies !

Mais parfois, je perçois, dans ton regard éteint,

Un éclat de conscience, une lumière, un sourire…

J’essaie de toutes mes forces de l’empêcher d’partir,

Mais il s’enfuit quand même, mes efforts restent vains !

Qu’en est-il de ce monde où tu vis désormais ?

Est-il doux et léger, et frais comme un jardin ?

Ou est-il noir et sombre, un labyrinthe sans fin

Où tu erres sans repère, perdu à tout jamais ?

Et quand de temps en temps, tu reviens parmi nous,

Comprends-tu ton absence ? As-tu des souvenirs ?

As-tu conscience du temps que t’as laissé s’enfuir ?

Sais-tu ce qui se passe ou est-ce déjà si flou ?

Je vois que tu hésites, que tu choisis tes mots,

Je lis dans ton regard, un millier de questions

Et tu mets dans tes phrases tant d’interrogations…

Comme si t’étais pas sûr d’être là où il faut !

Mais où es-tu papa ? Dans quelle réalité ?

Au moins es-tu heureux dans cette dimension-là ?

As-tu le cœur léger quand tu t’envoles là-bas ?

J’aimerais tellement croire à ta sérénité !

Mais ta vie désormais est comme une rose fanée,

Pas morte tout à fait, il en reste le parfum

Qui te rappelle qu’hier était déjà demain

Qu’les couleurs de la vie, douc’ment s’en sont allées !

 

Herrlisheim – 21 juin 2015 – Fête des Pères

( 17 juin, 2015 )

Les enfants perdus

Fin de matinée à l’entrée du grand hall,

Il entre en conquérant, roule un peu des épaules,

Il s’arrête au milieu, fixe la caméra,

Et d’un sourire narquois, il nous dit « je suis là » !

Puis d’un grand coup de pied, capuche sur la tête,

Il ouvre avec fracas la porte des toilettes…

Un cou d’œil lui suffit, trop tôt pour les copains,

Plus la peine de frimer, c’est comme ça chaque matin !

Il s’étale sur un banc, regarde autour de lui

Et fixe les passants dont les regards le fuient !

Il fait peur, c’est certain, c’est du moins ce qu’il croit,

Du haut de ses 16 ans, il se prend pour un roi,

Un caïd, un cador, une terreur que l’on craint

Et qu’on n’attrapera pas, c’est lui le plus malin…

C’est ce que disent ses yeux, son sourire provocant,

Au milieu du grand hall….il règne sur son banc !

Et puis il se détend, son visage s’adoucit,

Il se penche en avant, fixe un point devant lui,

Un horizon lointain, les cauchemars de ses nuits,

Du hall il oublie, et le froid et le bruit !

Où l’emmènent ses pensées ? vers quels rêves d’enfants ?

Se revoit-il petit auprès de ses parents ?

Repense t-il à l’école, aux récrés, aux copains,

Aux sapins de Noël ou à son petit chien ?

Car il fut un enfant, un fils ou même un frère

Avant d’aller errer sur les routes de l’Enfer !

Mais peut-être n’a-t-il, jamais eu cette chance,

Pas de rêves, de chaleur, de rire ou d’innocence ?

 

…L’arrivée de la horde le ramène au présent,

Il s’étire comme un chat, se lève de son banc.

Salutations d’usage, un peu comme un rituel,

Des mots connus d’eux seuls, des gestes habituels.

Puis commencent les chahuts, insultes, provocations.

Ils cherchent la bagarre et la confrontation.

Ils dégradent et ils cassent et signent leurs forfaits

D’un graffiti rageur, d’un crachat, d’un grand trait !

Comme les fauves et les loups, l’effet de meute agit,

Ils rackettent, ils bousculent, jamais pris, impunis…

Ils défient toutes les règles, poussent le volume à fond,

Unis sous la bannière d’un nouveau peuple sans nom !

 

Puis arrivent les filles déployant leurs jeunes charmes,

Petites filles pas modèles qui se déguisent en femmes !

Et les fauves tout à coup, en coqs se transforment

Perchés sur leurs ergots, ils croient faire comme des hommes !

Ils se cherchent, se provoquent, comme des paons se pavanent

Se battent même parfois pour le cœur de ces dames…

Et les belles sans orgueil, sans fierté, sans pudeur

Se soumettent sans mot dire au regard des vainqueurs !!!

Provocantes quand elles entrent, pour leur âge, trop sensuelles,

Face au manque de respect, pas une ne se rebelle !

Même les plus farouches, grossières ou insolentes

Acceptent les remarques, les insultes cinglantes !

 

Mais qui sont ces enfants errant là à toute heure ?

Qui les garde captifs de cette vie de rancœur ?

N’y a-t-il donc personne qui s’inquiète pour eux ?

Personne pour les guider, pour leur ouvrir les yeux ?

Comme les enfants perdus d’un nouveau Peter Pan,

Ont-ils peur de grandir ? Veulent-ils rester enfants ?

Ou comme le gentil cancre que nous contait Prévert,

Suffirait-il d’un geste pour voir leur cœur ouvert ?

Ils ont mille visages, mais n’ont qu’un seul regard,

Celui de la défiance, d’une haine barbare,

Et de la peur aussi, quand seuls sur un banc,

Ils cherchent sans trouver, un avenir, un printemps…

Ne vous y trompez pas, pas la peine de chercher,

Car ils sont NOS enfants, nous les avons créés !

Quoiqu’on dise, nous sommes tous, responsables et coupables

D’avoir laissé le monde entre les mains des Diables !

Nous voulions toujours plus, facilités, confort,

Nous voulions vivre bien sans faire le moindre effort,

Nous voulions nous offrir, le monde et ses douceurs

Et nous avons perdu nos richesses, nos valeurs !

Qu’avons-nous aujourd’hui à transmettre aux enfants,

Qu’une Terre perdue, des souvenirs chantants ?

Et si nous n’voulons pas qu’ils soient nos pires cauchemars,

Il est temps d’réagir, d’entrer dans la bagarre

Pour offrir un destin à toute une jeunesse

Qui ne croit plus en rien, surtout pas aux promesses !

Car si nous n’faisons rien, d’autres prendront la place,

Et avec des slogans, de l’or ou des menaces

Conduiront ces enfants vers une vie incertaine

Faite de chaînes et de mort, de violence et de haine.

 

 

16 février 2015

( 17 juin, 2015 )

J’ai fait un rêve

Tapi depuis longtemps tout au fond de mon cœur,

Un petit rêve grandit, me promet du bonheur.

Assoupi tout le jour au cœur de mes pensées,

Il s’éveille chaque soir pour venir me hanter.

Il se nourrit d’un rien, d’un mot, d’une photo

Et envahit mes nuits de mille scénarios !

Différent chaque fois qu’il envahit ma vie,

Il m’entraîne malgré moi au cœur de mes folies.

Un jour, c’est au hasard d’une balade solitaire

Que je croise son regard rieur, plein de lumière.

Je me vois hésiter à m’avancer vers lui,

Un clin d’œil m’encourage, un pas, il me sourit !

C’est parfois dans un train, un théâtre, une terrasse

Que mon rêve nous rapproche, nous assied face à face.

Entremetteur mutin de mes désirs cachés,

Il m’offre toute une palette de possibilités !

Parfois il se déchaîne, pousse très loin la fiction,

Irréel, mais puissant, il vole mes émotions.

Il invente un coup de fil, une lettre, un message

Qui me donne rendez-vous pour une heure de partage !

Rencontre imaginaire, mille fois organisée

Par mon cœur solitaire, mon esprit embrumé,

Il est le bienvenu quand ma vie fait naufrage,

Et tant pis si, au fond, ce n’est plus de mon âge !

Alors, quand quelquefois, une porte s’entrouvre,

Sans une hésitation mon rêve s’y engouffre !

Qu’importe que la chance soit faible et incertaine,

Mon rêve veut prendre vie, faire de moi une reine…

Qu’importe qu’il m’abuse, se joue de moi, me mente,

Il est là, me harcèle, me bouscule et me tente !

Je cède évidemment devant son insistance,

Et me laisse emporter jusqu’au cœur de ses danses.

Je vibre, j’anticipe, j’imagine l’histoire,

Je nourris d’illusions une étincelle d’espoir…

Dans ma tête, je choisis, ma robe, ma coiffure,

Dans mon cœur, j’écris la passion du futur…

C’est un rêve agréable, pour les dimanches de pluie,

Un moment d’évasion, quand je n’aime plus ma vie !

Mais la vie est ailleurs qu’au doux pays des songes,

Le rêve n’est qu’illusion, tromperie et mensonge !

Pas question de céder aux reflets du miroir,

De répondre aux sirènes, à leur chant illusoire !

Gardons les pieds ancrés dans la réalité,

Elle saura nous offrir plus qu’un monde éthéré !!!

 

Herrlisheim – 16 juin 2015

 

( 17 juin, 2015 )

Dans mes rêves

Ca y est, c’est reparti, mes rêves partent en cavale,

Plus fougueux et plus libres qu’un galop de cheval,

Plus indomptables même qu’une mer en furie

Et bien plus excitants que le cours de ma vie !

Quelques lignes postées, un orgueil qui se perd,

Message dans une bouteille que je lance à la mer,

Ou peut-être est-ce un jeu, un clin d’œil, un défi,

L’impulsion d’une seconde de mon cœur qui blêmit…

Et me voilà partie à la suite de mon rêve,

Chevauchant mes chimères, je m’éloigne de la grève….

Parmi toutes les bouteilles, parmi tous les messages

Qui arriveront ce soir tout près de ses rivages,

C’est de mon enveloppe rose dont sa main s’empare,

C’est sur mes mots que se pose son regard !

…Un sourire, et au bord de ses yeux, un soupçon d’émotion !

A ses côtés, ma silhouette onirique sent son hésitation…

Serait-il raisonnable de répondre à mes troubles paroles ?

L’idée fait son chemin mais lui paraît si folle !

Répondre, même d’un seul mot, serait créer un lien

Susciter un espoir, provoquer un chagrin…

Mais les rêves, on le sait, n’ont aucune barrière,

Ils vagabondent au gré de notre imaginaire,

Ils ne s’embarrassent pas de raison, de sagesse,

Mais nous offrent tout un monde de douceur, de tendresse !

Dans mon rêve, il écrit trois mots sur le papier,

Sa main hésite encore, effleure le clavier…

Il sait que s’il envoie, ça peut faire des dégâts,

Faire renaître un espoir, le mettre dans l’embarras.

La distance, entre nous, est une nécessité,

Et le silence, le gage de ma sérénité !

Nous savons tous les deux que le danger menace,

Si l’un de nous, un jour, oublie où est sa place !

L’attirance est certaine, elle nous pousse l’un vers l’un vers l’autre,

Mais on brûlerait nos ailes en cédant l’un à l’autre !

Le feu de la passion consumerait nos âmes,

Ne laissant que des cendres, du malheur et des larmes !

Mais mon rêve s’en fout, il veut y croire encore

« En vers et contre moi », il plante le décors !

J’imagine la réponse à mon petit message,

Ce n’est jamais la même, mais ce n’est jamais très sage !

Mais quelle que soit l’histoire qu’imagine mon cœur,

Elle me révèle un ciel de fleurs et de couleurs

Elle détruit tout le gris qui domine ma vie

Et m’ouvre des horizons sans peine ni mélancolie !

Elle balaie mes échecs, elle m’offre un avenir,

Un tourbillon d’amour, d’aventures et de rire…

Je m’endors souvent au chœur de mon rêve

Et m’éveille au matin, un grand sourire aux lèvres !

Mais oui, ce n’est qu’un rêve, un délire innocent

Né de ma solitude et de mon inconscient.

Un désir contrarié qui ressurgit parfois,

Le regret d’un amour égaré malgré moi,

Ou la perte d’un autre, imaginé un soir

Dans un geste troublant ou le feu d’un regard…

 

Herrlisheim – 14 mai 2015

( 17 juin, 2015 )

Ce qu’on dit de toi

On dit,

Que tu as vraiment tout pour être heureux,

Et qu’aujourd’hui tu as réussi ta vie.

On dit,

Que ton cœur est toujours amoureux

Et qu’en amour aussi, tout te sourit !

On dit,

Que tu réalises les plus fous de tes rêves

Et que tu peux tout faire, tout tenter, tout oser !

On dit,

Qu’aux quatre coins du monde y’a des foules qui se lèvent

Quand pour elles chaque soir, tu te mets à chanter…

On dit,

Que partout on t’aime, que parfois on te désire,

Que souvent on t’adule et que toujours on t’applaudit !

On dit,

Que tu allumes le feu d’un regard, d’un sourire

Et que coulent les larmes quand tu pars dans la nuit !

On dit,

Que ton public te suit, quelles que soient tes audaces,

Et qu’il est prêt à tout pour un sourire de toi !

On dit,

Qu’il paraît que parfois il fredonne à ta place

Même quand tu joues un air pour la toute première fois !

On dit,

Qu’elles seraient des milliers à te donner leur cœur,

Que depuis 25 ans, elles sont restées fidèles !

On dit,

Qu’à chaque nouveau concert, augmente la ferveur,

Qu’à chaque rendez-vous, elles répondent à l’appel !

On dit…

Elles disent,

Que vos cœurs se ressemblent dans leurs émotions,

Que tu es dans leurs vies, comme un frère, un ami !

Elles disent,

Que tu leur donnes la force de vivre leurs passions,

Que grâce à toi, elles osent, relever tous leurs défis !

Elles disent,

Qu’elles retrouvent dans tes mots, leurs colères et leurs peurs,

Et que dans tes silences, elles noient leurs souvenirs…

Elles disent,

Parfois avec candeur, toujours avec pudeur,

Qu’elles t’aiment sans calcul, sans même y réfléchir…

Elles disent

Que leurs chagrins s’apaisent en écoutant ta voix,

Et que leurs larmes s’assèchent quand tu chantes pour elles.

Elles disent

Qu’elles attendent ton retour, que tu leur manques parfois

Mais qu’elles sauront attendre que tu rallumes leur ciel !

 

 

Herrlisheim – 09 mai 2015

( 17 juin, 2015 )

Solitude et liberté

C’est la petite table ronde au coin de la terrasse

Qu’on vous désigne avec hésitation et mauvaise grâce !

C’est le couvert à votre nom tout au bout de la tablée

Sans vis-à-vis, sans personne avec qui partager !

Ce sont des regards incrédules et surpris

Quand on annonce partir seule à Rome ou à Capri,

C’est la surprise dans la voix au téléphone

Quand on confirme une réservation pour une personne !

C’est un fauteuil solo dans un théâtre, au ciné ou un train

Ou celui qu’on vous demande de céder à quelqu’un !

C’est la beauté d’un site, d’un monument, d’un paysage

Dont le souvenir ne sera qu’une photo, une image,

C’est un commentaire sur un film, une chanson, une info

Qu’on garde pour soi ou pour les réseaux sociaux !

C’est un samedi soir avec un plateau télé

A écouter la pluie frapper les toits et les pavés.

C’est un succès, une victoire ou un anniversaire

Qu’on célèbre face à soi-même, en solitaire,

Ce sont des larmes, des fou-rires, des chagrins

Qui ne trouvent pas de bras, de tendresse, de câlins !

C’est un lit trop large où les draps, d’un côté,

Ne seront jamais ouverts, jamais froissés !

Ce sont les mots que l’on ne dit pas,

Les pensées qu’on garde pour soi,

Les danses qu’on ne dansera pas,

Les soirées auxquelles on renoncera…

C’est, c’est, c’est…

Ce sont aussi des concessions inutiles,

Ce sont des choix, des décisions plus faciles !

Ce sont aussi des guerres, des conflits évités

Pour une destination vacances ou un programme télé !

C’est une vie d’aventures et de possibilités,

De rencontres possibles, de rêves à inventer !

Ce sont des sourires, du temps, des silences

Ou encore des retards, des avions en partance

Qu’on n’aura jamais à justifier,

Dont on ne devra jamais s’excuser !

Ce sont des rencontres et des coups de cœur

Qu’on n’aura pas à cacher comme un oiseau voleur,

C’est la jalousie qu’on ne subira pas

Pour un regard trop lourd, un sourire, un faux pas !

Pas de cris, de disputes, de silences boudeurs

Pour un geste oublié, pour un mot, une erreur…

C’est un art et un défi, pas une malédiction !

C’est une vie sans béquille, une remise en question !

Et si toutes les solitudes ne sont pas liberté,

Pensez-vous qu’il puisse y avoir liberté sans solitude avérée ??

 

Colmar – 19 Mai 2015

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