( 14 octobre, 2015 )

Rouge

Rouge, comme une fleur de sang en plein cœur de la biche

Nait d’un coup de fusil, s’étale douc’ment et pleure !

Rouge, comme les feuilles en automne font chanter les couleurs

Pour offrir à l’été des funérailles joyeuses et riches.

Rouge, comme un soleil levant sur un monde en détresse

Nous rappelle sa splendeur et sa fragilité.

Rouge, comme la colère d’un homme qui voit s’évaporer

Ses rêves de grandeur, l’espoir de ses promesses.

Rouge, comme les joues d’une femme troublée par un sourire

Et dont le cœur s’emballe, dont le ventre se serre.

Rouge, comme la couleur de l’eau quand le soleil s’y perd

Et que la nuit allume les étoiles du désir.

Rouge, comme les yeux d’un enfant quand il a trop pleuré

Et que sur votre épaule il trouve du réconfort.

Rouge, comme un phare dans la nuit vous ramènera au port

Quand la brume qui se lève pourrait vous égarer.

Rouge, comme ma passion de toi qui dévore mon cœur

Et me garde éveillée jusqu’au petit matin.

Rouge, comme mon visage en feu quand tu effleures ma main,

Quand pendant une seconde j’entrevois le bonheur.

Rouge, comme le front du menteur qui trahit sa parole

Pour un espoir de trop, pour un rêve trop loin.

Rouge, comme le vin où je tente de noyer mon chagrin

Quand, au cœur de la fête, loin de toi tu m’isoles.

Rouge, comme le feu qui consume mon âme vagabonde

Quand, au hasard d’une nuit je croise ton regard.

Rouge, comme mes lèvres entrouvertes quand dans la nuit, tu pars

Et que tu me laisses seule au milieu de la ronde.

Rouge, comme mon cœur qui bat au rythme de ta voix

Et que pour quelques heures j’oublie mes nuits de veille.

Rouge, comme le fruit du péché, au parfum sans pareil,

La pomme que je rêve de croquer avec toi…

Rouge, comme cette guitare qui chante chaque soir entre tes mains

Herrlisheim - 14 octobre 2015

( 11 octobre, 2015 )

Lucidité

Ce soir j’ai le cœur lourd et l’esprit en cavale.

Comme un reflet d’ailleurs, lumières d’un autre bal,

Il y a dans mon regard comme une mélancolie…

Ce soir j’ai dans mes rêves l’ombre de la nostalgie !

Comme un nuage qui voile le soleil en été,

Il y a dans mon sourire l’empreinte de tes baisers…

Ce soir j’ai sur les lèvres tout le poids des regrets !

Comme une madeleine de Proust, un souvenir parfait,

Il y a dans mon fantasme des vagues de douceur…

Ce soir j’ai l’âme en peine, l’espérance qui se meurt !

Comme la flamme d’une bougie vacille quand vient le jour,

Il y a dans ma mémoire les cendres d’un amour…

Ce soir j’entends en moi la musique des amants !

Comme nous perdons nos sens sur une valse à mille temps,

Il y a dans mes délires l’ivresse des souvenirs…

Ce soir j’ai sur la peau les frissons du désir !

Comme la fleur au printemps se tourne vers le soleil,

Il y a dans mes envies l’oubli des nuits de veille…

Ce soir mon optimisme a peur de ma mémoire !

Comme l’enfant qui se perd appelle dans le noir,

Il y a dans mes cauchemars l’angoisse des lendemains…

Ce soir dans mon miroir je recherche un destin !

Comme l’oiseau qui fuit l’hiver affronte tous les vents

Il y a dans mes passions un désespoir d’enfant…

Ce soir sur mon visage je vois le temps qui passe !

Comme les rêves trop grands finissent dans l’impasse,

Il y a dans mes amours l’illusion des fantasmes…

Ce soir dans mes pensées ne rôdent que des sarcasmes !

Comme l’orgueilleux défie le gentil, le rêveur,

Il n’y a dans mon jugement que des propos moqueurs…

Ce soir je réalise que mes rêves sont vains !

Comme le parieur se berce de l’illusion du gain,

Il y a dans mes désirs l’espoir de l’impossible…

Ce soir dans un éclair j’ai vu l’inaccessible !

Comme la brume qui se lève révèle le paysage,

Il y a dans ton silence comme la fin d’un voyage…

Ce soir dans un songe j’ai compris mes erreurs !

Comme le Père Noël final’ment n’est qu’un leurre,

Il n’y a dans ma vie que mirages et naïveté…

Ce soir j’ai vu ma vie avec lucidité !

Comme au sortir des rêves vient la réalité,

Il y a dans mes saisons plus d’hivers que d’étés…

Ce soir j’ai bien compris qu’il n’y aura pas de « nous » !

Comme la rage n’est parfois qu’un désespoir de fous,

Il y a dans mes colères les reflets d’ma tristesse…

Ce soir je suis brisée et je pleure ma détresse !

Comme certains en chantant crient leur indignation,

Il y a dans mon crayon toutes mes désillusions…

 

Herrlisheim – 11 octobre 2015

( 6 octobre, 2015 )

La photo volée

Est-ce la mélancolie de mon cœur fatigué,

Ou l’imagination d’un esprit embrumé

Qui, au premier coup d’œil sur ce mauvais cliché

M’a montré la détresse dans ton regard voilé ?!

Autour de toi, pourtant, des visages souriants

S’éclairent dans la fête comme des visages d’enfants.

Sur cette joyeuse image, ce reflet d’un instant,

On s’amuse et on rit, on chante dans le vent !

Seul au milieu de tous, tu me parais ailleurs,

Isolé dans une bulle, retranché dans ton cœur !

Ton tout petit sourire est triste à me faire peur

Et dans ton regard lourd, pas l’ombre d’une lueur !

Où es-tu donc parti ? Qu’est-ce-qui te trouble ainsi ?

Est-ce le monde qui déraille, les hommes et leur folie ?

Ne sais-tu plus très bien où se trouvent tes amis ?

Ou bien, as-tu perdu le fil de ta vie ?

Je te regarde encore, sur cette photo volée,

Seconde d’éternité sur du papier glacé…

Je ressens ta tristesse au cœur de tes pensées

Et mon cœur se gonfle de tendresse envolée…

Cet abîme dans tes yeux me blesse et me fait mal,

Ton image me hante et brise mon moral !

J’aimerais prendre ta main, là, au milieu du bal

Te faire tout oublier dans une ronde infernale…

J’aimerais d’un baiser, sur le bout de mes doigts

Souffler du réconfort, de la tendresse vers toi…

J’aimerais t’envoyer tout ce que j’ai en moi

De rêves, d’émotions, de sourires et de joie !

J’aim’rais en quelques mots faire voler en éclats

Toutes ces sombres pensées de ton sourire si las,

Attraper les étoiles, les poser dans tes bras

Pour faire briller tes yeux de leur plus bel éclat !

J’aimerais récolter dans le creux de mes mains

Ces larmes que j’imagine au bord de ton chagrin…

J’en ferais des rivières, des rubans de satin,

Des perles de lumière, pour tous tes lendemains !

 

 

Colmar – 06 octobre 2015

( 6 octobre, 2015 )

Le coq flamboyant

Dans un pays de rêves et d’imagination,

Vivait un joli coq au cœur de sa basse-cour.

Gentil, plein d’égards et de douces attentions,

Il était adulé un peu plus chaque jour.

Il chantait haut et clair, attirant les regards,

Et on venait de loin pour entendre son chant…

Pas un jour de sa vie où il fut en retard

Pour repousser la nuit loin des rêves des enfants !

Dans tout le poulailler, on était forts et fiers

D’être de sa famille, de sa vie, de son clan,

Et fidèle à son chant, la volière tout entière

Vivait en harmonie un rêve de chaque instant !

Il y eu bien au début, quelques paons orgueilleux

Pour critiquer son art et son joli plumage,

Mais toutes les poules en chœur firent face aux impétueux

Et volèrent dans les plumes des jaloux sans courage !

Quelques renards aussi tentèrent de le détruire

Moquant les chants d’amour qu’il lançait de tout cœur,

Mais aucune des poules ne se laissa séduire,

Aucune ne finit dans les griffes des chasseurs !

Aux quatre coins du pays, brillait sa renommée,

Et de toutes les basses-cours, de jeunes poules affluaient !

Accueillies avec joie par leurs dignes ainées,

Elles vinrent grossir les rangs d’un chœur joyeux et gai !

Ces nouvelles venues, plus jeunes et bien plus vives

Caquetaient bien plus fort, voletaient bien plus haut,

Leurs jeunes becs en avant, les plumes agressives,

Elles se hissèrent bien vite au plus près du héros…

D’abord désarçonnées par une telle impudence,

Blessées, un peu perdues, les anciennes, peu à peu

Perdirent leur place de choix, leurs rêves, leur confiance

Mais refusèrent d’un bloc les nouvelles règles du jeu !

Bien sûr, elles lui gardèrent toute cette admiration

Teintée de bonne humeur et d’un peu de tendresse…

Jamais elles ne renièrent cette singulière passion

Qui les rendaient meilleures depuis leur prime jeunesse !

Le coq au beau plumage et magnifique ramage

Ne semblait pas conscient de cette lutte intestine

Qui opposait parfois avec force, avec rage,

Ses fidèles à jamais et les jeunes mutines !

Coups de bec sournois, plumes ébouriffées

Pour approcher un temps au plus près du perchoir…

Démarche dandinante, caquetage débridé,

Les nouvelles osaient tout pour une faveur d’un soir !

Mais la jeunesse, on le sait, brille par son inconstance,

Et au cœur de l’hiver, quand les chants furent plus rares,

Les poulettes s’ennuyèrent, finirent par perdre patience

Et cherchèrent d’autres bals pour encore veiller tard…

Elles croisèrent d’autres coqs à la voix envoûtante

Qui affola d’emblée leurs jeunes et tendres cœurs,

Et réveilla en elles une folie enivrante…

Qui les mena bien loin du coq aux yeux charmeurs !

Mais celles qui étaient là quand le coq flamboyant

Sortait tout juste de l’œuf vers son brillant destin

Restèrent à ses côtés, dans un respect patient

Dans l’attente sereine d’un nouveau matin !

La morale bien sûr de cette fable d’un soir

Est qu’il ne faut jamais préjuger du destin !

On peut perdre un instant toute forme d’espoir,

Croire ses rêves brisés, saisis par d’autres mains,

Et les voir le lendemain renaître avec le jour

Parce qu’on a su rester fidèle à ses valeurs,

Fidèle à ses passions, fidèle à ses amours,

Et qu’on a su oser laisser parler son cœur !

 

Herrlisheim – 05 octobre 2015

( 1 octobre, 2015 )

L’amie égarée

C’est d’abord une ombre qui voile ton regard,

Si légère, éphémère, qu’on la laisse passer…

Et puis c’est ton sourire, décalé, en retard,

Un sourire de façade, triste et désabusé !

A nos éclats de rire, tu opposes tes soupirs,

Et ton silence lourd répond à nos chansons !

Plus on cherche ton regard, plus il semble s’enfuir

Comme si tu avais peur qu’on le mette en prison.

Quand on cherche d’un mot à te ramener au port,

D’une remarque cinglante, tu nous chasses loin de toi !

Agressive, provocante, tu méprises nos efforts

Et tu t’éloignes de toi, un peu plus, chaque fois !

Que cherches-tu à cacher, derrière ce masque dur ?

Que cherches-tu à prouver par ton intransigeance ?

Quels orages ont troublé ainsi ton ciel d’azur ?

Quels démons te harcèlent ? Te poussent à la violence ?

De tes propos blessants, tu souilles nos émotions,

D’un revers de mots, tu rabaisses nos idées,

D’un regard assassin, tu toises nos passions

Et désenchantes nos rêves d’un soupir agacé !

Que l’on t’offre du vin, du rêve ou des douceurs,

Rien, ni personne, ne trouve grâce à tes yeux !

Tes refus sont cinglants et nous giflent le cœur,

Ta colère contre nous ternit un peu nos jeux…

Tu assassines tes rêves, tes plaisirs, tes désirs,

Comme si tu avais peur de ne pas les exaucer…

Ton mépris apparent insulte nos souvenirs,

Ton manque de confiance blesse notre amitié !

Mais où est-elle passée l’amie aux mille passions ?

Où es-tu donc partie, toi qui ne lâchais rien ?

Toi qui as tant donné pour vivre tes ambitions,

Pourquoi as-tu, ce soir, perdu tous tes moyens ?

Je te regarde de loin, je n’te reconnais plus !

Ton regard est éteint, ton sourire fatigué,

Tu es à fleur de peau, parais tell’ment perdue,

Et tes gestes sont si las, ton cœur désabusé…

La vie a-t-elle été si cruelle avec toi ?

T’a-t-elle tant déçue et blessée à ce point ?

Quelles sont ces frustrations qui t’ont fait perdre la foi ?

Quels combats perdus t’ont emmenée si loin ?

Je cherche toujours tes yeux, et ton regard s’enfuit

Je cherch’encore ton sourire et ton visage se ferme !

Quel fardeau portes-tu ? Qu’est-ce-qui te trouble ainsi ?

N’y a-t-il donc plus rien en cette vie que tu aimes ?

Sur quels chemins de peine t’es-tu donc égarée,

Toi, notre amie d’hier, d’aujourd’hui et demain ?

Quel  serpent a perverti ton cœur et tes pensées,

Et t’a fait bâtir des murs entre tes rêves et les miens ?

Toi qui préférais, et de loin danser sous la pluie

Au lieu d’attendre en pleurant que revienne le soleil,

Dis-nous quoi inventer pour qu’encore, tu souries,

Et comment éteindre tes rancoeurs et toutes tes nuits de veille ! 

Herrlisheim – 12 Septembre 2015

( 18 septembre, 2015 )

J’y croyais si fort, j’y crois encore

Une fois n’est pas coutume, je me suis réveillée

Un grand sourire aux lèvres, le regard pétillant…

J’avais le cœur en fête, d’la joie dans les pensées

Comme une veille de Noël lorsque j’étais enfant !

Je sentais naître en moi, un sentiment étrange,

Une forme de certitude, une sereine assurance

Comme ces instants précieux, où le souffle des anges

Efface tous nos doutes, nous fait croire à la chance !

D’où vient cette impression qui nous trouble l’esprit ?

Est-ce un rêve trop puissant qui nous trompe et nous leurre,

Est-ce un désir trop fort, un soupçon de folie,

Ou l’imagination qui aveuglent nos cœurs ?

Pourquoi sommes-nous parfois si sûrs de l’avenir,

Pourquoi croire si fort qu’on va être exaucés,

Que la chance cette fois, va vraiment nous sourire

Et que l’rêve caressé, enfin va arriver ?

Comment, sans raison, en dépit du bon sens

Pouvons-nous ressentir une telle confiance ?

Comment, malgré la vie et toute notre expérience,

Jetons-nous dans le vent toute notre clairvoyance ?

Rêveuse impénitente, mais lucide malgré tout,

Je savais bien, pourtant, que tu n’me verrais pas,

Vraiment, j’n’espérais rien, mais j’m’attendais à tout

Tant tu nous fais penser que l’audace paiera !

Je m’étais préparée, j’avais tout planifié,

J’avais bien réfléchi, trouvé l’angle idéal…

Pas de questions « ordinaires » qui pourraient te lasser,

J’me voulais plus maligne, bien plus originale…

Je voulais tant offrir un écrin à mon rêve,

Je voulais tant avoir les bonnes cartes en mains…

Plus d’hésitation, plus d’abandon, plus de trêve,

Je voulais, d’un p’tit clic, colorer mon destin !

Comme une bouteille à la mer, j’ai lancé mon message !

Comme une coquille de noix sur l’océan glacé

Se bat contre les vagues, les courants et l’orage,

Mon message a lutté contre vents et marées,

S’est glissé, faufilé sur l’autoroute virtuelle

Pour se faire une place au milieu des questions,

Et venir éclater, bien visible, bien réel

Juste là, devant toi, cherchant ton attention

J’étais si fière de moi, si sûre de te toucher,

Que mes rêves furent doux, mon réveil euphorique !

Mon manque de confiance, d’un coup s’est envolé

Et la journée entière fut irréelle, magique !

Bien sûr, le soir venu, tu n’as pas répondu,

Parmi les mille questions, t’as pas choisi la mienne !

Bien sûr j’ai l’cœur serré, je suis un peu déçue,

Et en colère aussi d’avoir cru les sirènes !

L’appel de mes délires, le cri de mes urgences

M’ont fait croire aux histoires d’mon imagination,

J’ai fait taire ma raison, laissé là toute prudence

Pour me laisser tromper par une hallucination…

Mais je ne regrette rien, je veux y croire encore,

De c’rendez-vous étrange, je garde le meilleur,

Je résiste, je persiste, je lutte et m’améliore

Parce qu’on ne peut pas vivre sans rêve dans le cœur !

 

Herrlisheim – 18 septembre 2015

( 15 septembre, 2015 )

Mille questions pour toi

J’ai dans la tête mille questions pour toi,

Celles déjà posées et toutes celles à venir,

De la plus improbable à celle qui laisse sans voix,

De la plus poétique à celle qui fait sourire !

Les coquines, les charmantes et les plus pragmatiques,

Je les ai toutes pensées, composées, rédigées,

J’ai même imaginé les plus mélancoliques,

Mais je n’ai pas trouvé LA seule à te poser !

Je pourrais demander où en sont tes projets,

Si tu écris déjà d’autres mots pour demain,

Essayer de savoir ton plus joli secret,

Ou bien te demander quand est-ce-que tu reviens ?

Je pourrais, c’est certain, te demander conseil,

Te laisser m’expliquer comment écrire pour toi,

Te suggérer de lire ce que nos nuits de veille

Ont produit de meilleur pour un signe de toi !

Je pourrais t’inviter à voir les créations

Que certaines parmi nous partagent au quotidien,

Leurs photos, leurs montages, leurs mots plein d’émotion,

Et te montrer comment tu rassembles « les tiens » !

Je pourrais t’expliquer toutes ces amitiés

Nées au hasard des routes et dans les files d’attente,

Je pourrais, pourquoi pas, lancer quelques idées,

Pour une prochaine tournée, une fête extravagante !

Je pourrais même sans doute parler de mes colères,

Te demander pourquoi certaines ont tous les droits,

Quand d’autres pourtant fidèles depuis tant de concerts

Parviennent à peine à prendre une photo avec toi… :-/

Je pourrais demander si on te manque parfois,

Si l’partage et l’ambiance de nos soirées de fête

Restent chers à ton cœur, t’émeuvent, te mettent en joie,

Et si tu ne crains jamais que le rêve s’arrête ?

Je pourrais, je pourrais, mais je ne trouve pas

La question qui d’un mot me dirait tout de toi,

…alors, je laisse les mots que j’voulais poser là,

Et j’te d’mande…pas grand’chose, juste un sourire…pour moi ? 

 

Herrlisheim – 15 septembre 2015

( 15 septembre, 2015 )

Les fruits de la misère

Nés d’un monde sans valeur où seul le profit compte,

Où ils perdent leur boulot quand d’autres s’enrichissent,

Certains choisissent de suivre ceux qui affichent sans honte

Leur haine de l’étranger dans un sourire factice !

Ils crient avec les loups, ils le montrent du doigt

Ils l’accusent de tout, de rien, surtout du pire,

Ne lui laissant pas même le bénéfice du droit,

Ils se laissent embarquer dans n’importe quel délire !

Ne tenant aucun compte des leçons de l’Histoire,

Ils veulent bâtir des murs au pays des droits de l’Homme,

Ils vendent leur âme au diable, s’enfonce dans le noir

Et sur les ruines d’un peuple, croient bâtir leur royaume !

Nés du mirage illusoire des vitrines étincelantes,

Des chromes rutilants d’une trop belle carrosserie,

Elevés à la lisière d’une vie plus éclatante,

Ils ont choisi de prendre c’que n’offrait pas leur vie !

Spectateurs impuissants d’un monde superficiel

Où tout semble facile, où l’argent coule à flot,

Mais confrontés très  vite à la vie bien réelle,

Ils laissent là les valeurs et sortent du troupeau…

Un langage, une tenue, ils savent se reconnaitre,

Ils se déplacent en bande, chapardent et vandalisent,

Ils jouent à nous faire peur et à défier leurs maîtres,

Ou dans la poudre blanche, ils fuient et se détruisent !

Nés de la plus sombre noirceur de l’âme humaine,

Des barbares sans honneur ont ouvert les enfers !

Trop lâches pour assumer leur soif de pouvoir et leur haine

Ils cachent leurs noirs désirs derrière un dieu en colère !

Comme les hordes sauvages déferlaient sur le monde,

Comme les sanguinaires pirates montaient à l’abordage,

En meutes comme les hyènes, ils avancent et ils grondent

Et trouvent leur plaisir dans les pires outrages !

Ils laissent derrière eux ruines et désolation,

Une nuée de sauterelles qui saccage et détruit,

Une plaie, un cauchemar ou une damnation

Dont personne en ce monde ne sortira grandi !

Celui qui cède aux sirènes et à leur chant trompeur

Et refuse le salut à ceux qu’on tue ou qu’on enchaine

Et celui qui défie les lois, qui ne respecte aucune valeur

Partagent la même misère, portent les mêmes chaînes !

Celui qui laisse gagner sa haine, son mépris et sa peur,

Qui fait taire sa conscience pour un peu de confort

Et celui qui massacre au nom d’un dieu vengeur

Sont nés du même monde, subissent un même sort !

Grandir dans un pays pillé par « l’étranger »,

Ou bien dans un ghetto sans espoir d’en sortir

Ou encore dans un monde privé d’humanité

Effacera tous les rêves, volera tous les sourires.

On a bâti un monde injuste et sans amour

On a creusé sans fin un abîme entre nous

 Et obtenu la guerre, la violence en retour

Dans un monde d’ignorance, de terreur et de fous !

On a fauché l’espoir dans les rêves et les cœurs,

On a semé des graines de peur et de misère,

On a pillé les âmes, ignoré les rancœurs,

Et on récolte les fruits amers des enfers !

Colmar – 15 septembre 2015

( 12 septembre, 2015 )

Les justes valeurs

On se plaint et on gémit pour une peine de cœur,

On perd le contrôle et la raison pour une blessure d’orgueil,

Qu’on nous égratigne l’âme et on crie notre douleur,

Et c’est le drame si on touche à notre portefeuille !

On se plaint du coût de la vie et des impôts,

On s’insurge pour un avion ou un train en retard,

On peste et on s’énerve contre la météo,

Et on crie au scandale au plus petit écart !…

Bien décidés à ne jamais perdre notre place,

Focalisés sur notre petite personne,

Mobilisés contre tout ce qui nous agace,

On n’entend plus les cris du monde qui résonnent !

Par égoïsme, par peur ou par lâcheté,

On a monté des murs et verrouillé des portes !

On s’est bâti un petit univers étriqué,

Dont on chasse l’autre comme un vulgaire cloporte !

Blottis au cœur d’un paradis artificiel,

On noie nos doutes dans notre bonne conscience,

Et quand un nuage de mort vient voiler notre ciel,

On retrouve la lumière dans l’oubli et la danse !

Les yeux ailleurs, le cœur blindé,

On ne voit plus la peur dans un regard d’enfant,

La bouche cousue, l’esprit fermé,

On n’dit plus nos révoltes, on musèle nos sentiments

Pendant qu’on se protège, pendant qu’on tourne le dos,

D’autres fuient la terreur et meurent sur nos plages !

Pendant qu’on réfléchit, qu’on tourne autour du pot,

D’autre prennent tous les risques pour fuir les carnages !

Pendant qu’on tergiverse, qu’on hésite, qu’on se plaint,

D’autres abandonnent leurs rêves, leurs vies, leur souvenirs !

Pendant qu’on se lamente, qu’on craint pour nos lendemains,

C’est aujourd’hui que d’autres voient mourir leur avenir !

Qu’est-il donc arrivé à notre humanité

Pour qu’on laisse nos semblables se perdre au fond des mers ?

Mais où sont nos valeurs, notre solidarité

Pour qu’on accepte la mort d’enfants et leurs mères ?

N’avons-nous plus en nous la moindre compassion

Pour ne voir du monde que notr’reflet dans l’miroir ?

Avons-nous renoncé à tous nos rêves, nos émotions

Pour perdre sans rougir notre avenir dans le noir ?

Mais un jour, le désespoir sera trop grand,

Un jour, les cris et les pleurs briseront tous nos murs,

Un jour, les regards désespérés des enfants

Troubleront nos rêves d’un assourdissant murmure !

Que dirons-nous aux futures générations

Si nous les laissons mourir aux portes de la vie ?

Brimerons-nous longtemps nos plus primaires émotions ?

Echangerons-nous sans honte notre confort pour leur  survie ?

Ne damnons-nous pas à jamais l’avenir de l’humanité

En refusant le salut  à ceux qui en ont besoin ?

Ne perdons nous pas l’essentiel de notre fierté

En leur refusant jusqu’au plus petit bout de pain ?

 

Herrlisheim – 12 septembre 2015

 

( 10 septembre, 2015 )

Elle et lui

Elle

C’est une bulle de champagne légère et pétillante

Prête à tous les défis, les envols, les folies,

Prompte à toutes les révoltes, les colères fulgurantes,

Bien décidée à mettre des couleurs dans sa vie

Lui,

Ses twitts le montre doux, sensible et plein d’humour

Et on dirait  qu’en plus, y’n’ craint pas les sentiments…

Il paraît vouloir tout donner et même plus par amour,

Et rien ne semble vouloir ralentir ses élans…

Elle,

Elle jette sur le papier ses rêves et ses désirs,

Et fait danser les mots pour guérir ses bobos,

Et puis d’un coup, d’un seul, un rien la fait sourire

Et de toutes ses envies, elle repart à l’assaut !

Lui,

De quelques mots sensés, il tempère ses colères,

De quelques mots choisis, soutient ses ambitions !

Il oppose des sourires à ses envies de guerre,

Et des encouragements à ses doutes profonds !

Eux,

Quand ils se sont croisés sur le quai d’une gare,

Ils se sont reconnus, ont mêlé leurs destins !

Ils n’ont pas eu besoin de plus que d’un regard

Pour décider de suivre, un temps, le même chemin…

Le « petit oiseau blanc », tout au long de l’été

Entre eux a fait le lien, a tissé l’avenir…

Sur la toile, devant nous, ils se sont dévoilés,

S’apprivoisant l’un l’autre au fil de leurs sourires !

Puis, un soir de septembre, sans qu’on s’attende à ça,

Deux petits mots lancés, peut-être un peu pour voir…

Que s’est-il donc passé pour en arriver là ?

Etait-il sûr de lui ou juste plein d’espoir ?

Elle,

Pas la moindre surprise quand il fait sa demande

Comme si, pour elle déjà, c’était une évidence !

Son cœur a-t-il dansé une joyeuse sarabande

Ou bien s’est-il serré d’une émotion intense ?

Lui,

Avait-il calculé ce grand pas en avant ?

Ce saut dans l’inconnu, en direct, devant nous…

Etait-il sûr de lui ou un peu inconscient

En postulant près d’elle au rôle de l’époux ?…

Eux,

Ils ont choisi l’amour dans un monde de mort,

Ils ont choisi de suivre les mêmes pas de danse,

Ils ont choisi de croire qu’à deux, on est plus fort,

Ils ont choisi d’offrir à l’avenir, une chance.

 

Colmar – 10 septembre 2015

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