( 7 novembre, 2018 )

Le baratineur,

Il est là chaque jour, du matin jusqu’au soir,

Casquette sur la tête et bouteille à la main,

De la gare il fait, son royaume, son territoire,

Dès la première minute où il descend du train !

 

Au tout premier regard, on devine son humeur,

Le pas lourd et traînant, la tête dans les épaules,

Le voilà qui s’isole, au moins pour quelques heures,

Loin de la vie qui bruit sur les quais, dans les halls…

 

Il s’affale sur un banc, son sac à ses côtés,

Il bougonne, il ronchonne, mais ne parle à personne !

Le regard noir, la bouche amère, les poings serrés,

Et dans la tête, sans doute, sa colère qui résonne !

 

Inutile, ces jours-là, de chercher à l’atteindre,

Un seul regard suffit pour qu’explose sa violence,

L’esprit rongé d’un feu impossible à éteindre,

Le monde n’est plus qu’une ombre qui réveille sa méfiance !

 

A l’inverse, certains jours, le voilà guilleret,

La tête et le dos droit, il roule des épaules,

Il sautille, il musarde, véritable feu-follet

Qui passe de l’un à l’autre, la colère sous contrôle…

 

Il aborde les passants, en mode baratineur,

Demande si tout va bien, vous offre son sourire,

Galant, poli, et même un brin charmeur,

Il raconte sa vie…et ment comme il respire !

 

Il « cherche du travail », vous offre ses services,

Vous demande conseil, se prétend volontaire,

N’entend pas vos réponses, parce que sur lui, tout glisse,

Rien de c’que vous direz, jamais, ne l’fera taire…

 

Il passe d’un quai à l’autre en quête d’une proie,

Une jeune femme, un ado, ou un gentil grand père…

Les soûle de paroles, embobine, louvoie,

Pour obtenir trois sous, l’argent du prochain verre !

 

Et à ce petit jeu, il est très bon joueur,

En bon bonimenteur, il choisit son client,

Accroche son regard, répand sa bonne humeur,

Et en quelques minutes, il ferre l’innocent…

 

Puis il repart, content, à l’assaut du suivant,

Les poches un peu plus pleines, le rire au fond des yeux,

Esquivant subtilement la police, les agents

Qu’il saluera de loin, d’un clin-d ’œil malicieux !

 

C’est un petit futé, qui sait nous éviter,

Et sait quand disparaître, quand passer son chemin,

En d’autres temps, qui sait, il aurait pu trouver

Un sol plus fertile où inscrire son destin…

 

Qu’attend-il de la vie, du monde, de l’avenir,

Quand les bancs et les quais sont ses seuls horizons,

Ses dernières bouteilles, ses uniques souvenirs,

Et sa seule ambition, éviter la prison ?

 

Herrlisheim – 6 Novembre 2018

( 5 novembre, 2018 )

Et pourtant j’ai douté

Il y a tant de saisons qu’tu fais écho à mon histoire,

Et tant de nuits sans lune que tes notes bercent mes rêves,

Il y a tant de hasards que tes mots comme un miroir

Offrent à mes pages trop blanches la douceur une trêve…

 

De mes saisons d’aimer, tu as dit les remords,

Au fil de nos années, raconté mes colères,

Derrière ton poing levé, j’ai crié haut et fort

Quand tes mots quelquefois dénonçaient toutes mes guerres !

 

Et pourtant j’ai douté !

 

Quelques notes de piano ont libéré mes larmes,

Trois accords de guitare, et c’est la vie qui danse !

Ta voix dans le silence m’a fait rendre les armes

Pour offrir à mon cœur une nouvelle chance…

 

J’ai trouvé du bonheur à suivre ton étoile,

J’ai consolé mes peines, guéri quelques chagrins,

Sur toutes mes émotions, tu as levé le voile

Et j’ai croisé parfois l’ombre de mon destin…

 

Et pourtant j’ai douté !

 

De tes rires à mes larmes, il n’y a qu’un refrain,

De tes mots à mes drames, les facéties du ciel,

De tes mélancolies aux fleurs de mes chagrins,

Il y a tous les sunlights de mes nuits sans sommeil…

 

J’ai trouvé dans tes rimes, un peu de ma mémoire,

Et tu combles le vide de mes trop grands silences,

J’ai trouvé des courages que j’pensais pas avoir,

Des plaisirs renoués, des envies d’insouciance…

 

Et pourtant j’ai douté !

 

Tu m’as fait rire aux larmes et pleurer aux éclats,

Libéré tous mes mots, bâillonné mes pudeurs,

D’une musique vieille au Nantes de Barbara,

J’ai trouvé des réponses aux fêlures de mon cœur …

 

Et pourtant j’ai douté !

 

 

Le temps d’une chanson, d’une mélodie d’ailleurs,

J’ai eu peur une seconde que se brise le lien,

Pour une voix différente qui glisse et qui m’effleure,

Mon cœur ne comprend pas, et mon sourire s’éteint…

 

Tout à coup, j’ai douté…

 

Pas d’étoile dans les yeux, de frisson familier,

Pas de batt’ment de cœur un peu désordonné,

Pas d’émotion soudaine pour un rêve oublié

Que tes mots murmurés auraient ressuscité…

 

Et mon cœur a douté !

 

Et puis le vent d’automne, dans sa folle insouciance,

M’a amené d’autres mots et d’autres mélodies

Qui ont brisé mes murs, ébranlé mes silences,

Et serré un peu plus le destin qui nous lie…

 

Je n’pouvais plus douter !

 

Et j’ai aimé le temps qui passe et nous dépasse,

Adoré bousculer un père à la dérive,

J’ai pris la main de Louise pour danser sur les places

Et que dans nos regards, la Liberté survive !

 

Comment encore douter ?

 

A contre mesure, à contre-pied, à contre-temps,

Comment douter lorsque tu fais danser mes émotions,

Quand ta mélancolie cueille une larme doucement,

Et que chantent mes espoirs sur toutes tes partitions ?

 

Comment ai-je pu douter ?

 

Comment ai-je pu douter quand un p’tit air dansant

Ramène mes sourires, réveille mes souvenirs,

Quand tu me fais lever et aller de l’avant,

Au-delà des nuages d’un sinistre avenir ?

 

Il n’y a plus de doute !

 

Aujourd’hui comme hier, tu as trouvé la voie

Pour me toucher au cœur d’une douce violence,

Aujourd’hui comme hier, c’est au son de ta voix,

Que se rallume la flamme de mon cœur en errance !

 

Herrlisheim – 05 Novembre 2018

( 12 octobre, 2018 )

Nuits de veille,

Pour deux ou trois chansons qui m’ont surprise ce soir,

Et qui bousculent soudain mes amours endormies,

Le sommeil me fuit, et s’éveille ma mémoire,

Sur toutes mes nuits de veille et de mélancolie.

 

Et dansent les aiguilles leur ronde perpétuelle

Autour du vieux cadran de l’antique réveil,

Et glissent les heures noires, silencieuses sentinelles

Des souvenirs anciens de monts et de merveilles…

 

Les ombres glissent et se fondent au bord de ma mémoire,

Les fantômes de ma vie frôlent mes impatiences,

Pour une danse oubliée, l’étincelle d’un espoir,

Mes illusions se perdent à l’aulne de tes silences,

 

J’aime ces nuits sans sommeil quand le passé murmure,

Et me ramène au bord des bonheurs oubliés,

Soufflant la nostalgie sur mon âme en armure

Qui oublie trop souvent toutes ses nuits étoilées…

 

A l’abri de la vie et de ses vents contraires,

Dans la chaleur dorée d’une flamme qui danse,

J’oublie le quotidien, ses pluies et ses revers,

Et retrouve la douceur des nuits de mon enfance !

 

Je revois la fillette aux rêves bien trop grands

Qui s’inventait une vie de frisson, d’aventure,

Qui laissait s’envoler au gré de tous les vents,

Ses espoirs, ses prières et ses amours futures…

 

 

J’aime retrouver l’écho des souvenirs heureux,

Des grands chagrins parfois, des moments de tendresse,

J’aime quand un vieux refrain me met les larmes aux yeux

Et rappelle à mon cœur ses élans de jeunesse…

 

Enveloppée de nuit, de calme et de silence,

Je voyage, sereine, sur les ailes du temps,

Les questions d’autrefois sont dev’nues évidences,

Et de mes émotions je retrouve le chant !

 

Je retrouve le goût des rêveries éphémères,

Les chemins de traverse que je ne suivrai pas,

Tout au bout de la nuit, je cherche la lumière

Qui baignera ma vie d’un indicible éclat…

 

Jusqu’à l’aube qui point, j’explore chaque chemin

Qui d’envol en naufrage m’ont menée jusqu’ici,

De toutes mes certitudes aux clins-d ’œil du destin,

Je feuillète une à une les pages de ma vie…

 

Pour deux ou trois chansons tatouées là, sur mon cœur,

L’insomnie me ramène à mes plus beaux rivages,

Pour deux ou trois chansons qui ont séché mes pleurs,

Sur l’écran de la nuit, je repars en voyage…

( 24 septembre, 2018 )

On a beau dire,

On a beau dire, on a beau faire,

Le temps qui passe, parfois nous désespère,

Il suffit d’une photo, d’un éclat dans l’miroir

Pour briser dans un souffle nos rêves illusoires…

 

A chaque anniversaire, à chaque année qui passe,

C’est quelques rides de plus, un rêve qui s’efface,

C’est l’envie qui se heurte à la réalité,

L’ambition qu’on enterre un peu plus chaque été…

 

On n’échappe pas au temps, nous le savons bien sûr,

Il est là, chaque jour, qui insiste, qui murmure,

Il ternit notre éclat et vole notre jeunesse,

Et voile quelquefois nos regards de tristesse !

 

On en perçoit les signes dans quelques fils d’argent,

On en saisit le sens dans un regard d’enfant,

Dans un jupon sexy qu’on ne portera plus,

Ou une danse endiablée qu’on n’osera même plus…

 

C’est le cœur qui s’emballe, qui cogne, qui s’affole

Quand on se lance parfois dans une course folle,

C’est les kilos qui gagnent pour chaque gourmandise,

Et les heures qui s’allongent pour chaque lâcher-prise…

 

C’est l’angoisse sombre et sourde de voir disparaitre

Ceux qui nous ont aimés, ceux qui nous ont vus naître,

Qui se mêle au plaisir de voir s’envoler

Ceux qu’on a fait grandir tout au long des années…

 

On a beau dire, on a beau faire,

Le temps qui passe souvent reste un mystère,

Paradoxe éternel de deux réalités,

Celle qui marque les visages et celle de nos pensées…

 

Parce qu’au-delà des signes, des regrets, des blessures,

Il y a toujours l’amour à nos cœurs qui murmure,

Celui qu’on vit chaque jour ou celui qu’on attend,

Celui que l’on espère comme un nouveau printemps…

 

Dans nos têtes et nos cœurs on garde notre jeunesse,

Tant qu’on sait ressentir la passion, la tendresse,

Tant que chaque matin nous cueille dans un sourire,

Et dans la certitude que tout reste à venir !

 

Car le temps a beau dire, car le temps a beau faire,

Jusqu’au tout dernier souffle, on aspire, on espère,

Le vivre ou le revivre, cet amour légendaire

Qui embrasera nos vies de passion incendiaire…

 

Herrlisheim – 24 septembre 2018

( 24 septembre, 2018 )

J’ai parfois dans la tête,

J’ai dans la tête certains soirs un peu de nostalgie,

Pour mes rêves d’enfant, pour une photo jaunie,

J’ai pour de vieux souv’nirs, un peu d’mélancolie,

Pour mes amours perdues une tristesse infinie…

 

D’un vieux rêve envolé, je compose un quatrain,

D’une ambition perdue, j’imagine un refrain,

Mes pensées vagabondent vers d’autres lendemains,

Et parent l’avenir de soie et de satin…

 

J’ai dans la tête certains soirs trop d’imagination

Pour des rêves trop grands, de nouvelles émotions,

Mon âme s’affranchit de ses hésitations,

S’échappe de sa cage et retrouve ses passions !

 

D’un mot ou d’un regard, je fais une aventure,

D’un sourire, d’un silence, je repeins le futur,

Demain sera plus beau, je le sais, j’en suis sûre,

Mais plus loin va l’envol, plus la chute sera dure…

 

D’un échange de regards à mes nuits sans sommeil,

J’ai parfois dans le corps un désir qui s’éveille,

D’un sourire innocent jusqu’à l’aube qui m’éveille,

Mes rêves feraient rougir, certains soirs, mille soleils…

 

J’ai dans le cœur certains soirs, comme des envies d’ailleurs,

De suivre l’arc-en-ciel et toutes ses couleurs,

Sur les ailes du vent, enfin sécher mes pleurs,

Et découvrir des îles de jardins et de fleurs…

 

 

D’une balade je fais un voyage au long cours,

D’un chemin de traverse, un aller sans retour,

Dans une ruelle pavée où s’égarent mes détours,

Je réécris l’histoire de mon plus bel amour…

 

J’ai parfois dans la tête des mélodies qui dansent,

Des étoiles qui murmurent à l’aulne de mes silences,

Et aux mots qui s’enlacent et marquent la cadence,

J’offre une plume noire et mon cœur qui balance…

 

Herrlisheim – 22 septembre 2018

( 21 septembre, 2018 )

Il y a des mots

Il y a des notes, il y a des mots

Qui vous prennent, vous emportent à la première seconde

Et résonnent dans les cœurs, comme l’image, comme l’écho

De toutes nos douleurs, nos émotions profondes…

 

Ils se glissent dans nos têtes, colonisent nos pensées,

Obsédants, enivrants comme un nouvel amour,

Ils nous volent quelques larmes au détour de l’été,

Et un sourire aussi, quand la voix est velours…

 

Qu’ils claquent comme l’onde furieuse d’un torrent

Qu’ils caressent nos âmes comme une brise d’été,

Ou réchauffent nos rêves comme une aube au printemps,

Ils deviennent un repère, un roc où s’amarrer !

 

Ils disent mieux que nous la force de nos colères,

Expriment plus fort que nous le feu de nos passions,

Ils apaisent nos chagrins, d’aujourd’hui comme d’hier,

Et offrent à nos amours l’audace des émotions…

 

Il y a des notes, il y a des mots

Qui, à nos sentiments sont comme une évidence,

Qui en sont le reflet, le double, l’alter ego,

Et s’accordent à nos vies jusque dans ses silences !

 

Et puis il en est d’autres, discrets, confidentiels

Qui peinent à se frayer un chemin vers nos cœurs !

Pas de grande émotion, d’étoiles ou d’arc-en-ciel,

De souv’nirs réveillés, de sourires rêveurs…

 

 

On entend tous les mots, puissants, tendres ou sensuels,

Mais qui ne bousculent pas nos doutes, nos certitudes,

On sait la mélodie, piquante, douce ou rebelle,

Mais qui n’allège pas nos longues solitudes…

 

On a saisi l’idée, on a compris le sens,

On devine l’émotion au fil des mots qui pleurent,

Mais ils sont loin, trop loin du chant de nos silences,

Trop éloignés de nous, du cri de nos douleurs…

 

Ils ne nous touchent pas, ils ne nous parlent pas,

N’interpellent pas en nous, nos sensibilités,

Ils glissent sans s’arrêter, sans nous donner le la

Pour qu’à nos sentiments on puisse les accorder !

 

Peut-être reviendront-ils, un soir, sans crier gare,

Raconter un chapitre, une page de notre vie,

Peut-être deviendront-ils, par amour, par hasard,

Le refrain d’notre histoire et de nos nostalgies ?

 

Car il y a des notes, car il y a des mots

Dont on attend beaucoup, dont on attend bien trop,

Des notes qui nous portent, des mots à demi-mots

Pour toutes nos nuits de larmes, pour des rêves plus hauts…

 

 

Herrlisheim – 21 septembre 2018

( 16 septembre, 2018 )

Jour de rentrée,

Le ciel au diapason pleure la fin de l’été,

Sur les cartables neufs et sur les parapluies,

Quand, aux yeux des mamans, une perle salée

Se cache dans un sourire, se mêle à l’eau de pluie…

 

C’est jour de rentrée au pays de Voltaire,

Ados dégingandés et tout petits Poulbots

Reprennent les chemins qu’avaient suivis leurs pères,

Sur les pas de Verlaine, La Fontaine ou Hugo…

 

Après le long été sur les quais alanguis

Qui ont vus défiler valises et sacs à dos,

Toute une génération, le regard endormi

Se rassemble peu à peu à l’abri de la pluie…

 

D’abord les p’tits nouveaux, timides, un peu perdus

Qui cherchent dans la foule un visage familier,

A deux on est plus fort pour vaincre l’inconnu,

Et affronter le monde, si grand et sans pitié…

 

Ils débarquent des bus, des trains ou des voitures,

Téléphone dans une main, ils cherchent leur chemin…

Quelle rue prendre, quel train…ils ne sont plus si sûrs…

Ils tournent et ils hésitent…ça ira mieux demain !

 

Puis arrivent à grand bruit, les grands, les habitués,

Qui connaissent les lieux, les us et les coutumes…

Ils retrouvent leurs copains oubliés tout l’été,

Et comme si c’était hier, leur petit coin d’bitume…

 

 

Sous un porche, sur un quai ou dans une salle d’attente,

Ils marquent pour une année, leur coin, leur territoire…

C’est là que chaque jour, qu’il pleuve ou bien qu’il vente,

Ils se retrouveront chaque matin et chaque soir…

 

Arrivent les internes, remorquant leurs bagages,

Certains à contre cœur, d’autres dans l’allégresse,

Cette petite aventure, ce chang’ment d’paysage,

C’est un tout premier pas dans leur rêve de jeunesse !

 

Ils partent ou bien arrivent pour une semaine au moins,

Premier apprentissage d’un peu d’indépendance,

Septembre leur est pénible, mais quand arriv’ra juin,

Ils auront su trouver une nouvelle assurance !

 

Ah ! les voilà enfin, les caïds, les meneurs,

En retard comme toujours sur les quais de la gare,

Qui rateront leur train ou de la cloche l’heure,

Sans la moindre inquiétude au fond de leur regard…

 

Ils pass’ront bien des heures à errer dans la gare,

Et des journées entières à tromper leur ennui,

Affalés sur les bancs ou flânant au hasard,

Passant d’un quai à l’autre, jouant avec leur vie…

 

Et, bien évidemment nous arrivent les distraits,

Qui ont laissé leur sac, leur veste ou leur casquette

Poursuivre le voyage bien au-delà d’l’arrêt,

Et ont les yeux qui brillent d’une inquiétude muette !

 

 

Ils réclament notre aide avec appréhension,

Appellent père et mère des sanglots dans la voix,

Cherchant dans nos regards un peu d’compréhension,

Evitant de leurs pairs les p’tits sourires narquois…

 

Sentinelles attentives sur les quais, dans les trains,

Nous veillons patiemment du matin jusqu’au soir,

Pour faire de ce jour, un souvenir serein,

Car c’est jour de rentrée sur nos quais, dans nos gares…

 

Herrlisheim – 16 Septembre 2018

( 16 septembre, 2018 )

La jeune fille au chien

Une silhouette élancée, un regard droit et fier,

Elle attire sur elle presque tous les regards,

Elle avance d’un pas vif, aérienne et légère,

Sylphide décalée qui traverse la gare…

 

A deux pas devant elle avance un animal,

Est-ce un chien, est-ce un loup ? La question est permise…

Une attaque on le sent pourrait être fatale,

Mais la bête à la belle tendrement est soumise !

 

Son regard attentif nous observe à distance,

Un geste, un pas de trop et il gronde doucement,

Mais d’un geste la belle apaise sa méfiance,

Et la bête reprend sa marche calmement !

 

Elle mendie quelquefois aux abords de la gare,

En toute discrétion, sans agressivité,

Elle salue et nous rend nos sourires, nos regards,

Sans crainte apparemment que nous puissions juger…

 

Errants et marginaux l’abordent avec respect,

Nul ne lui cherche noise, ne conteste sa présence,

Grâce au chien, sans nul doute, mais aussi parce qu’elle sait

Accepter leurs colères, leurs peurs, leurs différences !

 

Qui est-elle, d’où vient-elle ? J’ai cherché à savoir,

Mais la belle est discrète, ne répond qu’d’un sourire,

Ou parle de son chien, occultant son histoire,

Et d’un geste de la main, balayant l’avenir !

 

 

Mais de son chien elle parle, elle raconte, elle bavarde,

Presque comme une maman, si fière de sa noblesse,

Elle raconte ses exploits, ses jeux et ses bravades,

Toutes ses bêtises aussi et ses marques de tendresse !

 

Son regard s’illumine quand elle raconte son chien,

Ses gestes se font plus doux, plus sereins et plus tendres,

Mais nul ne s’y trompe, mine de rien, elle prévient,

Notre chair à ses crocs pourrait bien être tendre…

 

Silhouettes à contre-jour dans le soir qui tombe,

La jeune fille et son chien s’éloignent d’un pas tranquille,

Avalés par la nuit, ombres parmi les ombres,

Vers quels rêves étoilés leurs pas les mènent-ils ?

 

Princesse de la rue éprise de liberté,

Ou gamine perdue d’une société prison,

Elle se livre trop peu pour qu’on puisse en juger,

Mais je l’espère heureuse et libre au gré de ses saisons…

 

Herrlisheim – 13 septembre 2018 

( 5 septembre, 2018 )

N’oublie jamais

Oublie, oublie le monde et ses colères,

La folie de l’Homme et ses absurdités,

Les fleurs que l’on piétine, les dieux que l’on vénère,

Oublie pour une heure, ou une seconde d’éternité !

 

Oublie les regards qui glissent sans te voir,

Oublie les silences de tes dimanches de pluie,

Oublie les envies et les rêves illusoires,

Et jusqu’à tes cauchemars et tes nuits d’insomnie…

 

Oublie toutes les questions qui n’ont pas de réponse,

Et oublie les réponses à tes cent mille questions,

Oublie le temps qui court et le monde qui renonce,

Oublie l’ombre qui passe sur ton cœur en fusion !

 

Oublie toutes tes peurs et toutes tes espérances,

Oublie celui qui part et qui ne revient pas,

Oublie même tes victoires, tes folies et tes danses,

Et oublie les regrets, les lâchetés, les faux-pas !

 

Oublie tes nuits d’ivresse sous un ciel étoilé,

Et ton cœur qui s’enflamme pour un souffle, un murmure,

Oublie la mer qui gronde et son immensité,

Les vagues sur les rochers comme tes rêves contre un mur…

 

Oublie ce qui fait mal comme ce qui fait plaisir,

Oublie ta moindre honte, tes combats, ton courage,

Occulte ta mémoire de tous ses souvenirs,

De tes envies d’ailleurs, d’espaces et de voyages !

 

 Au mitan de ta vie, oublie toutes tes douleurs,

 

Oublie le vent qui hurle les couleurs du remords,

Oublie la pluie qui bat tes larmes de rancœur,

Les chagrins qui demain pourraient t’abattre encor’ !

 

Oublie les rendez-vous, les ratés, les manqués,

Et tes amours perdues, enfuies à tout jamais,

Oublie les amitiés, flouées, pillées, gâchées,

Et toute la maladresse de tes aveux désuets…

 

Oublie le vent d’automne et tous les arcs-en-ciel,

Le ciel bleu du printemps, le vol des hirondelles,

Oublie toutes les douceurs, sucrées au goût de miel,

Et le parfum des roses, poivré, lourd et sensuel !

 

Oublie la petite fille qui rêvait d’aventure,

De passions éternelles, de voyages au long-cour,

Oublie son regard fier quand d’elle elle fut si sûre,

Et jusqu’à son reflet dans les torrents qui courent !

 

Oublie les frustrations et les humiliations,

Oublie l’indifférence, les pointes de jalousie,

Tes incompréhensions et toutes tes déceptions,

Les portes qui se ferment, l’injustice de la vie…

 

Oublie, mais n’oublie pas la douceur d’un regard,

Un sourire, un coup d’fil ou une main tendue,

N’oublie pas les mots tendres, spontanés et sans fard

Qui guidaient tes pensées quand elles étaient perdues…

 

N’oublie pas la caresse qui a cueilli tes larmes,

Ni les bras grand-ouverts où pleurer tes chagrins,

N’oublie pas cette épaule où tu rendais les armes,

Ni l’écoute attentive jusqu’au petit matin…

 

N’oublie rien de l’Amour ni de tes émotions,

Aucun des mille batt’ments de ton cœur amoureux,

N’oublie jamais aucune de tes folles passions,

Ni la moindre étincelle qui alluma tes yeux…

 

N’oublie pas les audaces que ton cœur a voulues,

Ni aucune des chaînes dont tu t’es libérée,

N’oublie pas la tendresse offerte ou bien reçue,

Ni chaque jour de trouver, mille raisons d’aimer…

 

Herrlisheim – 4 Septembre 2018

( 2 septembre, 2018 )

Les visages du passé

Pris du matin au soir dans les filets du temps,

On a laissé filer quelques amitiés rares,

Au bord de nos chemins, sans y penser vraiment,

On a perdu la trace d’un sourire, d’un regard…

 

On y pense bien sûr, deux ou trois fois par an,

Pour un anniversaire ou pour l’année nouvelle,

Puis la vie, implacable, nous entraîne, nous reprend,

Et la pensée s’estompe comme une ombre au soleil…

 

Et passent les années, et glissent les saisons,

Et nos cœurs s’abandonnent à de nouveaux sourires

Pendant que le passé se met au diapason

De nos musiques anciennes qui berc’nt nos souvenirs !

 

Puis il arrive parfois que la vie, facétieuse,

Conjugue au présent des visages du passé,

Comme après la marée sur une mer houleuse,

On trouve sur les plages des vestiges oubliés…

 

On sourit au hasard d’une rencontre fortuite,

On échange quelques mots, rapides, entre deux trains,

Et on reprend sa route, souvent un peu trop vite,

Mais le cœur étrang’ment plus léger, plus serein…

 

Puis un autre visage ressurgit un matin,

Un brin d’adolescence, d’insouciance, de jeunesse,

Un ami d’autrefois, un amour sans lend’main,

Ou ce refrain d’hier qui soignait nos tristesses…

 

 

Et c’est la vie entière qui refleurit soudain,

Nous montrant les jardins du chemin parcouru,

Ce sont tous ces bonheurs oubliés un matin

Qui remettent dans nos yeux un éclat disparu !

 

C’est le temps qui nous rend ce qu’il nous a volé,

Apaisant les chagrins, les tourments, les blessures,

Mais qui nous rend intactes les émotions passées,

La douceur d’un regard, le secret d’un murmure !

 

…/…

 

J’ai croisé récemment ces sourires, ces visages,

Trouvé dans un regard une même reconnaissance,

Est-ce un signe, un hasard, un mirage,  un présage ?

Ou juste un joli rêve au cœur de nos silences ?

 

Quand j’accroche un sourire, un signe ou un regard,

Quand d’un mot on retrouve notre complicité,

Quand on se redécouvre en quelques mots sans fard,

J’ai pour le temps passé, une nostalgie sucrée…

 

Herrlisheim – 02 Septembre 2018

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