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( 8 février, 2021 )

Et demain

Réveillée ce matin au bord d’une aube grise,

Je cherche dans les nuages, un signe, une promesse,

Un vent de renouveau que soufflerait la brise,

Un horizon plus clair, un soupçon de sagesse !

 

On s’est souhaité beaucoup, on a espéré tant,

Pour cette année nouvelle, on rêvait liberté !

On pensait soirs de fêtes joyeux et insouciants,

Fantasmant embrassades et plaisirs retrouvés !

 

On voulait nos amis, à midi, à minuit,

Retourner au resto, rêver au cinéma

Ou pleurer un absent dans les bras d’un ami,

Marcher le long des plages et chanter à tout va !

 

On rêvait de musique, ailleurs qu’à la radio,

De retourner danser jusqu’au lever du jour,

On aspirait à suivre notre propre tempo,

Et du cœur de nos vies retrouver les atours !

 

Pour cette année nouvelle, nous voulions le meilleur,

Dans un monde nouveau, l’harmonie retrouvée !

Optimisme effréné, naïveté de rêveurs ?

Mais y croire coûte que coûte, juste pour ne pas sombrer !

 

Mais l’aube s’est levée, sans tambour ni trompette

Au bout d’une nuit sans fête et sans charivari,

Sans la moindre lueur au cœur de la tempête,

A peine une petite flamme, vacillante sous la pluie…

 

Chaque petite victoire voit son lot de revers

Abattre l’espérance, éloigner l’horizon,

A chaque jour son cortège de nouvelles amères,

Et l’impression troublante d’aller à reculons !

 

On résiste, on se bat contre les idées noires,

On veut y croire encore, envers et contre tout !

On combat les angoisses qui s’éveillent chaque soir,

Pour que chaque matin, on soit encore debout !

 

On cherche dans nos colères la force d’avancer,

Dans les mots d’un ami, une raison de sourire.

On lit entre les lignes des raisons d’espérer,

Et dans nos souvenirs, l’illusion d’un av’nir !

 

On tiendra bon, c’est sûr, c’est dans notre nature,

Mais saurons-nous changer c’qui nous a menés là ?

Saurons-nous rebâtir un monde à la mesure

D’une Humanité sage, consciente de ses faux-pas ?

 

Saurons-nous humblement tirer toutes les leçons

De notre inconséquence et de nos égoïsmes ?

Saurons-nous à l’avenir parler à l’unisson

Pour protéger le monde des abus, des outrances ?

 

J’en doute bien souvent quand se lève l’aube grise,

Je crains un monde sans fin d’angoisses et de contraintes,

Parce qu’on n’aura pas su en dépit de la crise

Modifier sur la Terre notre sinistre empreinte…

 

Herrlisheim – 08 février 2021

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