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( 31 décembre, 2020 )

2020,

Elle est venue pimpante, porteuse d’espérances,

Plus encore que ses sœurs perdues au temps qui passe,

Parce qu’elle était unique, on y voyait une chance,

Dans ses chiffres miroirs l’audace d’une grâce !

 

Mais d’Orient est venue l’indicible menace,

Passant de toi à moi dans un souffle, un baiser,

Et l’air devint poison, invisible, efficace,

Epargnant par ici quand là il pouvait tuer !

 

Avec le monde entier, un matin de printemps,

Nous nous sommes cloîtrés, prisonniers volontaires,

Regardant au dehors, frustrés et impuissants

La nature se réjouir de notre absence sur terre.

 

On a fait front ensemble face à l’adversité,

Acceptant de masquer l’éclat de nos sourires.

Aux  rêves et aux plaisirs nous avons renoncé

Certains de vivre mieux dans un proche avenir !

 

Des yeux se sont ouverts et des héros sont nés

Dans les rangs des petits, des sans grade, des sans rien,

On a vu des élans de solidarité,

Et pourtant, loin de nous, se mouraient nos anciens !

 

D’une contrainte à l’autre, les saisons ont passé

Sans que s’éloigne pourtant le virus assassin

Qui au fil des jours a su nous diviser,

Eteindre l’espérance de sereins lendemains.

 

Cette année sera celle qui a pillé nos vies,

Fait taire la musique et les guitares qui sonnent,

Fait tomber le rideau sur les artistes maudits

Et soufflé tous les feux des Chefs qui mitonnent !

 

Elle a privé Noël de sa trêve légendaire,

Interdit aux enfants les bras de leur grand-mère,

Et sous les grands sapins décorés de lumière,

Les cadeaux semblaient tristes et les joies bien amères…

 

Pire encore peut-être, elle nous a enchaînés

A l’univers virtuel de nos ordinateurs

Qui grignotent toujours plus nos libertés d’penser,

Qui volent nos vies privées et exploitent nos valeurs…

 

Cette année sera celle de la mort silencieuse

Du p’tit resto du coin où nous avons tant ri

Du ciné de quartier de notre enfance heureuse,

Et des milliers de livres qu’on n’aura pas écrits !

 

Plus d’artistes de rue, de peintres ou de poètes

Pour éclairer nos vies, animer nos silences,

Plus de choix véritables, plus de soirées de fête,

Mais une pensée unique, un seul chant, une seule danse !

 

Alors dans mon errance le long des rues désertes,

J’imagine la fuite de l’année qui s’achève,

Emportant à sa suite l’angoisse de nos défaites,

Mais nous laissant la chance d’une aube qui se lève…

 

Ce sera sans regret que j’la laisserai partir,

Ses angoisses, ses contraintes au bord de ma mémoire,

Chérissant le meilleur sans oublier le pire,

Pour qu’on en tire un jour, des leçons pour l’Histoire !

 

Herrlisheim – 31 décembre 2020

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