( 17 juin, 2019 )

L’attente

Deux minutes à attendre le départ du train,

Deux minutes à attendre que montent les voyageurs,

Deux minutes c’est court pour un signe de la main

Ou le tendre baiser, soufflé du bout du cœur !

 

Etrange, qu’en ces temples de la mobilité,

Une gare ne vive que d’attente, de patience,

Pour une minute à peine, ou une éternité,

Le temps de l’au revoir qui marquera l’absence…

 

Mais attendre est un art, chacun a sa manière

De n’pas laisser filer ce temps volé au temps,

Petite pause contrainte au bord du quai de pierre,

Petite bulle hors du monde, impatience de l’instant !

 

Le nez en l’air, la tête dans ses rêves,

Il y a l’infatigable marcheur

Qui enchaîne les pas dans le jour qui se lève,

Et arpente le quai sur toute sa longueur !

 

Pendu au téléphone, l’œil rivé à l’écran,

Il marche au bord du quai, inconscient du danger,

Concentré, à l’écoute, mais tellement imprudent,

L’équilibriste oublie qu’un train peut l’emporter…

 

Eclats d’rires, embrassades et papotage.

Pour les collègues qui s’retrouvent chaque matin,

La journée commence bien, entre échanges et partages,

Un sourire sur les lèvres, un café à la main.

 

Sourd et aveugle au monde qui l’entoure,

Le lecteur s’évade loin des réalités,

Matin et soir, jour après jour,

Il esquive, monte et descend sans jamais lever le nez !

 

Nostalgique, solitaire ou juste un peu rêveur,

Celui-là reste sourd au cœur de foule qui bat,

Le regard lointain, tout seul, il attend l’heure

Indifférent au monde qui bruit à quelques pas.

 

Cravate, pinces à vélo, beau costume et baskets,

Leur allure, disons-le, n’est pas très élégante…

Repliant leur vélo et autre trottinette,

Groupés en bout de quai, les sportifs patientent.

 

Une fois, deux fois, dix fois, il contrôle l’écran

Le touriste étranger un peu perdu, bien sûr,

Il ne tient pas en place, interpelle les agents,

En attente du mot, du sourire qui rassure !

 

Un cliché par ici, un selfie sur un banc,

Il publie chaque détail de son quotidien,

Reporter de l’instant le plus insignifiant,

Il met sa vie en scène, pour un oui, pour un rien…

 

Et puis, plein d’énergie, il y a les enfants

Qui trouvent toujours matière à inventer un jeu,

Qu’on rattrape d’un mot, ou d’un geste prudent

Quand l’insouciance les pousse à des jeux dangereux !

 

Celui-là n’attend pas, il est toujours en r’tard,

Il monte dans le train au tout dernier instant,

Mais parfois c’est trop tard, on a sifflé l’départ,

Essoufflé sur un banc, il attendra l’suivant…

 

 

Herrlisheim – 16 juin 2019

Pas de commentaires à “ L’attente ” »

Fil RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

|