( 16 septembre, 2018 )

La jeune fille au chien

Une silhouette élancée, un regard droit et fier,

Elle attire sur elle presque tous les regards,

Elle avance d’un pas vif, aérienne et légère,

Sylphide décalée qui traverse la gare…

 

A deux pas devant elle avance un animal,

Est-ce un chien, est-ce un loup ? La question est permise…

Une attaque on le sent pourrait être fatale,

Mais la bête à la belle tendrement est soumise !

 

Son regard attentif nous observe à distance,

Un geste, un pas de trop et il gronde doucement,

Mais d’un geste la belle apaise sa méfiance,

Et la bête reprend sa marche calmement !

 

Elle mendie quelquefois aux abords de la gare,

En toute discrétion, sans agressivité,

Elle salue et nous rend nos sourires, nos regards,

Sans crainte apparemment que nous puissions juger…

 

Errants et marginaux l’abordent avec respect,

Nul ne lui cherche noise, ne conteste sa présence,

Grâce au chien, sans nul doute, mais aussi parce qu’elle sait

Accepter leurs colères, leurs peurs, leurs différences !

 

Qui est-elle, d’où vient-elle ? J’ai cherché à savoir,

Mais la belle est discrète, ne répond qu’d’un sourire,

Ou parle de son chien, occultant son histoire,

Et d’un geste de la main, balayant l’avenir !

 

 

Mais de son chien elle parle, elle raconte, elle bavarde,

Presque comme une maman, si fière de sa noblesse,

Elle raconte ses exploits, ses jeux et ses bravades,

Toutes ses bêtises aussi et ses marques de tendresse !

 

Son regard s’illumine quand elle raconte son chien,

Ses gestes se font plus doux, plus sereins et plus tendres,

Mais nul ne s’y trompe, mine de rien, elle prévient,

Notre chair à ses crocs pourrait bien être tendre…

 

Silhouettes à contre-jour dans le soir qui tombe,

La jeune fille et son chien s’éloignent d’un pas tranquille,

Avalés par la nuit, ombres parmi les ombres,

Vers quels rêves étoilés leurs pas les mènent-ils ?

 

Princesse de la rue éprise de liberté,

Ou gamine perdue d’une société prison,

Elle se livre trop peu pour qu’on puisse en juger,

Mais je l’espère heureuse et libre au gré de ses saisons…

 

Herrlisheim – 13 septembre 2018 

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