( 16 septembre, 2018 )

Jour de rentrée,

Le ciel au diapason pleure la fin de l’été,

Sur les cartables neufs et sur les parapluies,

Quand, aux yeux des mamans, une perle salée

Se cache dans un sourire, se mêle à l’eau de pluie…

 

C’est jour de rentrée au pays de Voltaire,

Ados dégingandés et tout petits Poulbots

Reprennent les chemins qu’avaient suivis leurs pères,

Sur les pas de Verlaine, La Fontaine ou Hugo…

 

Après le long été sur les quais alanguis

Qui ont vus défiler valises et sacs à dos,

Toute une génération, le regard endormi

Se rassemble peu à peu à l’abri de la pluie…

 

D’abord les p’tits nouveaux, timides, un peu perdus

Qui cherchent dans la foule un visage familier,

A deux on est plus fort pour vaincre l’inconnu,

Et affronter le monde, si grand et sans pitié…

 

Ils débarquent des bus, des trains ou des voitures,

Téléphone dans une main, ils cherchent leur chemin…

Quelle rue prendre, quel train…ils ne sont plus si sûrs…

Ils tournent et ils hésitent…ça ira mieux demain !

 

Puis arrivent à grand bruit, les grands, les habitués,

Qui connaissent les lieux, les us et les coutumes…

Ils retrouvent leurs copains oubliés tout l’été,

Et comme si c’était hier, leur petit coin d’bitume…

 

 

Sous un porche, sur un quai ou dans une salle d’attente,

Ils marquent pour une année, leur coin, leur territoire…

C’est là que chaque jour, qu’il pleuve ou bien qu’il vente,

Ils se retrouveront chaque matin et chaque soir…

 

Arrivent les internes, remorquant leurs bagages,

Certains à contre cœur, d’autres dans l’allégresse,

Cette petite aventure, ce chang’ment d’paysage,

C’est un tout premier pas dans leur rêve de jeunesse !

 

Ils partent ou bien arrivent pour une semaine au moins,

Premier apprentissage d’un peu d’indépendance,

Septembre leur est pénible, mais quand arriv’ra juin,

Ils auront su trouver une nouvelle assurance !

 

Ah ! les voilà enfin, les caïds, les meneurs,

En retard comme toujours sur les quais de la gare,

Qui rateront leur train ou de la cloche l’heure,

Sans la moindre inquiétude au fond de leur regard…

 

Ils pass’ront bien des heures à errer dans la gare,

Et des journées entières à tromper leur ennui,

Affalés sur les bancs ou flânant au hasard,

Passant d’un quai à l’autre, jouant avec leur vie…

 

Et, bien évidemment nous arrivent les distraits,

Qui ont laissé leur sac, leur veste ou leur casquette

Poursuivre le voyage bien au-delà d’l’arrêt,

Et ont les yeux qui brillent d’une inquiétude muette !

 

 

Ils réclament notre aide avec appréhension,

Appellent père et mère des sanglots dans la voix,

Cherchant dans nos regards un peu d’compréhension,

Evitant de leurs pairs les p’tits sourires narquois…

 

Sentinelles attentives sur les quais, dans les trains,

Nous veillons patiemment du matin jusqu’au soir,

Pour faire de ce jour, un souvenir serein,

Car c’est jour de rentrée sur nos quais, dans nos gares…

 

Herrlisheim – 16 Septembre 2018

Pas de commentaires à “ Jour de rentrée, ” »

Fil RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

|