( 12 mars, 2018 )

Les maîtres du temps,

Ils arrivent avant l’aube, les yeux plein de sommeil,

Endossent leur tenue, un peu comme une armure,

Et avant qu’à l’Orient ne pointe le soleil,

Ils auront, une à une, fait jouer les serrures…

 

L’œil professionnel et le geste assuré,

Ils passent en revue les coins et les recoins,

Ils cherchent le détail qu’ils auraient oublié,

La fausse note qui aurait échappé à leurs soins…

 

Et lorsque sonne l’heure à l’horloge centenaire,

Le sourire satisfait, ils éveillent la gare…

Un quai, et puis un autre retrouve ses lumières,

Et pour finir, bien sûr, le grand tableau départ !

 

Commence alors pour eux, une course contre le temps !

Le temps qui file trop vite quand il faut siffler l’heure,

Ou le temps qui se traîne quand survient l’incident

Et qu’il faut rassurer mille et un voyageurs !

 

Deux minutes d’arrêt ! Allez ! Faut se presser !

Non monsieur, on n’monte plus, toutes les portes sont closes,

C’est pas pour vous gêner, c’est par sécurité,

C’est embêtant, je sais, mais vos vies sont en cause !

 

Bonjour mad’moiselle, que puis-je faire pour vous ?

Dans le train qui s’éloigne, est resté un bagage ?

Ne vous inquiétez pas, on va chercher pour vous,

Peut-être pourrez-vous vite poursuivre votre voyage…

 

Tiens, voilà Béatrice qui repart au long cours…

Son éternel sourire, et son œil pétillant…

Calée dans son fauteuil, bien sûr, comme toujours,

Un mot gentil pour nous, aussi, comme souvent !

 

Et puis voilà Fernand qui retrouve son banc,

Qui marmonne dans sa barbe au gré de ses tourments,

Le monde autour de lui, il s’en moque totalement,

Le dernier train pour lui, est passé y’a longtemps…

 

Une volée de moineaux, hauts comme trois pommes assises

Envahit le grand hall, des étoiles plein les yeux,

C’est leur premier voyage, ils croulent sous les valises,

Allez ! Tout l’monde s’y met, on les aide un p’tit peu !

 

Attention messieurs-dames, voilà les p’tites voleuses !

Diablesses au visage d’ange, prêtes à vous faire les poches !

Gardez bien vos bagages loin d’ces ensorceleuses,

Sous peine d’être victimes de ces drôles de gavroches !

 

Et tournent les aiguilles, et défilent les heures,

Un train, et puis un autre, dans une ronde sans fin…

Et passent les minutes, et s’enchaînent les heures,

Un client, puis un autre, à chacun son refrain…

 

De l’aube jusqu’à mi-nuit, courent les maîtres du temps,

Qui portent à bout de bras, les rêves des voyageurs,

Du lundi au dimanche, peu importe le temps,

Ils sont l’âme des gares, sa vie et ses couleurs !

 

 

Herrlisheim – 12 Mars 2018

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