( 12 mars, 2018 )

L’absence

Ça vient sans crier gare, comme ça, un soir d’hiver,

Ça vous tombe dessus sans signe avant-coureur,

Juste un petit pincement dans la région du cœur,

Un voile qui se pose, cache un peu la lumière…

 

C’est juste un vieux refrain qui réveille la mémoire,

Une photo, un parfum, qu’on avait oubliés,

C’est un sourire charmeur sur du papier glacé,

Une impatience sourde à poursuivre l’histoire…

 

On y pense une seconde, et la vie nous rattrape,

Le boulot, les copains, les plaisirs quotidiens…

La petite bulle de spleen éclate au jour qui vient,

Comme un rêve lointain, au matin nous échappe !

 

Elle est bien là pourtant, au cœur de nos silences,

Qui se nourrit d’un rien, d’un rêve sans lendemain,

D’un rendez-vous manqué parce qu’on rate le train,

D’un regret qui grandit quand se creusent les distances…

 

On bâillonne les pensées qui hurlent dans nos têtes,

On cherche du bonheur au creux de chaque chemin,

On met nos espérances dans chaque nouveau matin,

Mais l’absence, sournoise, ternit toutes nos fêtes…

 

Elle puise toute sa force dans l’ombre d’un regret,

Se nourrit à la table de tout le temps qu’on perd,

S’abreuve de nos larmes, se rit de nos colères

Et pose sur nos printemps un reproche muet…

 

Pour pas laisser la place à la mélancolie,

On étouffe nos souv’nirs, on verrouille nos mémoires,

Aux bals de la vie, on s’enivre chaque soir

Pour mieux barrer la route à toutes nos nostalgies…

 

Dans chaque bon moment, on la fait reculer,

Et chaque nouveau sourire voit refleurir l’espoir,

Dans chaque seconde d’oubli, on vit une victoire,

Une cage où retenir les rendez-vous manqués…

 

Parce qu’il y aura un jour, une nouvelle occasion,

Que s’ouvrira bien sûr, la trace d’un chemin,

Que se lèvera bientôt, l’étoile du matin

Qui nous ramènera vers nos belles émotions…

 

L’absence ne sera plus alors qu’un souvenir,

Disparue dans l’éclat du sourire retrouvé,

Les regrets s’effaceront avec le vent d’été,

Les colères s’envoleront dans l’éclat de nos rires !!

 

Mais quand ça vient comme ça, que ça pince, que ça mord,

Que ça vous tombe dessus comme une pluie d’orage,

Qu’on n’voit plus dans la nuit, même l’ombre d’un rivage,

Bien long est le chemin qui vous ramène au port…

 

Herrlisheim – 03 Mars 2018

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