( 12 mars, 2018 )

Indifférence

S’il en est qui ne sont que des contrariétés,

Des fins d’non-recevoir, de simples égratignures,

D’autres, plus dangereuses, nient le droit d’exister

A notre humanité planquée derrière ses murs !

 

Ça m’agace, ça m’énerve et me met en colère,

C’est vexant, c’est frustrant, blessant et humiliant !

C’est une pointe de doute qui d’un coup se libère,

C’est un chagrin aussi, profond, lourd et troublant…

 

Ce sont des mots lancés que personne ne rattrape,

C’est un regard qui glisse et qui ne me voit pas,

C’est la pire des violences, une griffure, une chausse-trappe,

C’est une gifle qui claque comme une porte qui bat…

 

C’est la confiance qui fuit, l’orgueil que l’on blesse,

C’est pour chaque nouveau pas, comme une hésitation,

C’est l’armure qu’un beau jour, autour de soi on dresse,

Un regard qui vacille, une désillusion…

 

Plus blessante qu’un refus, un regret, une moquerie,

Plus sournoise que la haine et son cortège de peurs,

C’est une chappe de plomb qui écrase les vies,

Une geôle, une oubliette pour nos rêves et nos pleurs…

 

C’est un mot qu’on n’dit plus, un geste qu’on n’fait pas,

Un coup d’pouce refusé qui n’coûterait pourtant rien,

Une minute de ton temps, c’est tout c’que ça coûtera,

Précieux cadeau pourtant, une force, un soutien…

 

C’est l’amour que l’on offre et froidement rejeté,

Un conseil espéré qui n’rencontre qu’un mur,

Un soutien demandé et mille fois ignoré,

Un espoir abattu sans même un seul murmure !

 

C’est le p’tit chien errant qu’on refuse de voir,

La terreur, la détresse qui hurlent pourtant si fort,

C’est le mendiant tremblant, couché sur un trottoir

Qu’on enjambe sans un geste, un mot de réconfort…

 

C’est l’ami qu’on oublie sur le bord du chemin,

Ou l’inconnu perdu qu’on chasse d’un regard,

C’est chaque pas vers toi qui m’égare plus loin,

C’est ton mur de silence qui m’interdit d’y croire !

 

C’est l’écart, le détour, qu’on fait d’un pas pressé,

Le soupir étouffé qui dit plus que des mots,

C’est tout c’que je ressens quand tu me tournes le dos,

C’est cette moue agacée et ma main ignorée…

 

C’est regarder au loin, c’est regarder ailleurs,

C’est faire taire son cœur et mus’ler sa conscience,

C’n’est même pas d’l’égoïsme, du cynisme, de la peur,

C’est juste du mépris, juste de l’indifférence…

 

Herrlisheim – 03 Mars 2018

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