( 5 février, 2018 )

Casseurs cassés ?

Sauvage chevauchée au milieu de la foule,

Slaloms endiablés parmi les voyageurs,

Sur leurs machines d’acier, ils s’élancent et ils roulent,

Au mépris des dangers, ils jouent à se faire peur !

 

Ils traversent le hall sans quitter leurs montures,

Debout sur les pédales, ils foncent vers la sortie…

Indifférents aux cris, aux regards, aux murmures,

Ils défient nos colères, ils jubilent et ils rient…

 

Ils sautent sur les bancs, jusqu’à c’qu’enfin ils cèdent,

Maculent les écrans de morve et de crachats,

Ils brisent quelques vitres au hasard de leurs raids,

Se soucient comme d’une guigne de l’œil des caméras…

 

A dix dans l’ascenseur, ils sautent et se bousculent

Jusqu’à l’arrêter net dans sa lente ascension…

Coincés, mais impatients de sortir de cette bulle,

Ils arrachent les commandes, de rage, de frustration…

 

Ils investissent la gare, matins, midis et soirs,

Monopolisent les bancs et les espaces d’attente,

En interdisent l’accès, comme de leur territoire,

Et chassent jusqu’aux mendiants par leur présence violente !

 

Conquérants sans bravoure, ils provoquent, ils menacent,

Ils s’éloignent chaque jour un peu plus du rivage,

Sans peur des représailles, ils trafiquent et ils cassent,

Et c’est un champs de ruines qu’ils laissent dans leur sillage !

 

Susceptibles, orgueilleux, ils se battent quelquefois,

Se cherchent, s’invectivent comme des coqs de basse-cour,

Enivrés de violence, ils traversent les voies,

Aux dangers, aux menaces, ils sont aveugles et sourds !

 

De plus en plus nombreux, plus jeunes de jour en jour,

Ils déferlent sur nous comme un étrange mal,

Juste le signe d’un monde qui n’a déjà plus cours ?

Ou funeste présage d’une décadence banale ?

 

Il faut, me direz-vous, que jeunesse se passe,

Et franchir les barrières, peut-être pour les comprendre…

Mais de barrières, ici, on ne trouve pas de traces,

Personne pour expliquer, personne pour leur apprendre…

 

La démarche chaloupée, ils roulent des épaules,

Comme les héros virtuels de leurs films, de leurs jeux…

Mais ce n’est plus un jeu, mais ce n’est pas un rôle,

C’est la vie qui, demain, pourrait noyer leurs yeux…

 

Ce ne sont que des enfants, désœuvrés, sans repère,

Qui, somme toute maîtrisent mal toutes les règles du jeu,

A qui il manque sans doute la main ferme d’un père

Pour leur montrer la route d’un avenir plus bleu…

 

 

Herrlisheim – 05 février 2018

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