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( 19 janvier, 2018 )

Je me souviens d’un temps,

Je me souviens d’un temps, celui de ma jeunesse,

Celui de mes débuts, de mes premières armes,

En ce temps où les gares étaient la seule adresse

Où les errances trouvaient un havre pour leurs larmes…

 

Leurs portes jamais fermées, leurs bancs et leurs lumières

Offraient pour les heures noires un abri bienvenu,

Juste un peu de chaleur contre les vents d’hiver,

Un coin où retrouver, peut-être, leurs rêves déchus !

 

Nous qui passions nos vies à arpenter ces lieux,

Nous les connaissions bien, ces oubliés du monde,

Jeunesse révoltée ou gentils petits vieux,

Ils nous confiaient, parfois, leur histoire vagabonde…

 

Il y avait Fernand, avec son sac à dos,

Sa grosse barbe grise, l’éclat de son œil noir,

Il ne quittait jamais son énorme radio,

Qui le sauvait, peut-être, de l’ultime désespoir !

 

Y’avait aussi André, plus frêle qu’un roseau

Dans son imper usé par ses saisons d’errance,

Si discret, si timide, mais au regard si beau

Quand notre protection le gardait des violences…

 

Je me souviens aussi, de ce vieux philosophe

Qui contre un verre ou deux, rédigeait les devoirs

De jeunes lycéens, ravis d’berner leur prof,

Mais qui, de ses questions, apprenaient sans l’savoir…

 

Que dire de Bachir, ivre du matin au soir,

Qui tanguait sur les quais, insultant les clients,

Et qu’il fallait souvent faire mettre à l’isoloir

Pour sa sécurité et celle des passants !

 

Certaines nuits d’hiver, fleurissaient d’étranges fleurs,

Qui battaient le pavé pour y vendre leurs charmes,

Le verbe et le front haut, l’allure haute en couleur,

Mais qui chez nous, souvent, savaient rendre les armes…

 

Fantômes de la vie, résidents de la nuit,

On les appelait cloches, clochards, ou bien clodos,

Cette vie sans attache, certains l’avaient choisie,

Mais d’autres la portaient comme un pesant fardeau !

 

Mais où sont-ils passés nos naufragés du cœur

Quand une nuit d’été, les portes se sont fermées ?

Que sont-ils devenus, eux, leur barda, leurs malheurs,

Lorsque se sont éteints le grand hall et les quais ?

 

Disparus dans la nuit, et jamais revenus,

Disparus sans un bruit, en toute indifférence…

Envolées leurs silhouettes, leurs ombres sur les murs nus,

Mais leur absence en nous hurle tous leurs silences…

 

Colmar – 17 janvier 2018

( 19 janvier, 2018 )

Au-delà des étoiles,

Nous ne connaissons rien des secrets de vos âmes,

Vous vous glissez pourtant dans nos ciels, dans nos danses,

De trois accords qui sonnent, vous allumez la flamme

Qui grav’ra pour longtemps vos noms sur nos silences…

 

D’une rengaine, d’un regard par-delà les écrans,

Vous entrez dans nos vies pour ne plus en partir,

D’une larme sur la joue pour des mots qui disent tant,

Vous ancrez dans nos cœurs l’amour en devenir…

 

Bien au-delà des notes, bien au-delà des mots,

Vos chants sont le parfum de tous nos souvenirs,

Ils musardent sur nos lèvres, gardent nos rêves au chaud,

Et donne au temps qui passe le goût de refleurir !

 

Quand s’enfuit la jeunesse, que le monde devient froid,

Ils réchauffent nos saisons de plaisirs oubliés,

Ils consolent nos peines, ils nous sauvent, quelquefois,

Et offrent à nos souv’nirs un goût d’éternité

 

Alors, lorsque pour vous vient la fin du voyage,

C’est une part de nous qui s’éteint avec vous,

C’est un peu de lumière glissée dans vos bagages

Et qui n’allumera plus nos regards un peu flous…

 

On pleure comme des enfants, sans aucune retenue,

On s’enivre d’images pour vous r’tenir encore,

On feuillète nos souv’nirs, l’âme et le cœur à nu,

Furieux contre la vie, ses ombres, ses coups du sort !

 

Nos larmes en rivières coulent sur les pavés,

Mais leur sel nourrira l’aube d’un nouveau printemps,

Quand nos sourires éteints renaîtront à l’été,

Et que tous nos chagrins auront fui dans le vent…

 

Et nous dans’rons encor’ au rythme des guitares,

Et nous chant’rons plus fort sous le ciel étoilé,

Certains de deviner l’éclat de vos regards

Dans le feu des étoiles qui scintillent par milliers…

 

Dans nos cœurs endeuillés, les chansons, les refrains

Refleuriront souvent au gré de nos passions,

Ils accompagneront nos bonheurs, nos chagrins,

Musique originale de toutes nos émotions…

 

Bien sûr, il n’y aura plus de folles aventures

Sur les chemins d’été où nous nous retrouvions,

Mais au creux de nos rêves chuchotera le murmure

De vos voix qui racontent nos plus belles saisons !

 

Oui, les étoiles s’éteignent, ici, tout comme ailleurs,

Comme s’éteint la flamme sous les assauts du vent,

Mais leur chaleur longtemps env’loppera de douceur

Ceux qui les ont aimées de leurs cœurs innocents !

 

Vous étiez des chanteurs que les foules portaient,

Vous étiez des artistes aimés et acclamés…

Au-delà de l’absence, nous n’oublierons jamais

Ces étranges compagnons qui nous ont fait rêver !

 

Herrlisheim – 8 janvier 2018

( 19 janvier, 2018 )

La course du temps,

Et s’enchaînent les semaines, et défilent les heures,

Quand la vie nous entraîne dans sa course sans fin,

Entre un éclat de rire et un batt’ment de cœur,

Reste t-il une seconde pour choisir un destin ?

 

De l’aube au crépuscule, on court après le temps,

Les idées prisonnières des chaînes que l’on s’impose,

Pour ressembler un peu, à celle que l’on attend,

Pour une reconnaissance au doux parfum de rose…

 

On se perd dans une vie, pas tout à fait choisie,

Et on s’éloigne trop vite des rêves d’adolescence,

Un peu lâche peut-être, peu à peu on oublie

Les promesses qu’on s’est faites aux portes de l’enfance…

 

Comme l’hiver venu, on reste au coin du feu,

On se contente trop vite d’un confort illusoire,

On surjoue le bonheur, on triche, on crâne un peu,

Mais les regrets s’affichent au bord de nos miroirs !

 

Pour avoir l’illusion de vivre selon son cœur,

On étouffe nos désirs sous des succès sans gloire,

On voile le quotidien de trop vives couleurs,

On maquille nos sourires, on trafique nos victoires…

 

Combien de belles idées, de rêves, de désirs,

Que, prisonniers du temps, on remet à plus tard…

Combien de coups de chance, d’occasions de sourire

Laisse-t-on s’échapper sur un dernier regard ?

 

Et tous ces mots qui dansent au cœur de nos pensées

Qu’on ne retrouvera pas, le calme revenu,

Ces projets oubliés, ces ambitions volées

Que le temps assassin ne nous redonnera plus…

 

Dans cette course en avant, sans plus se retourner,

On égare nos valeurs, on oublie d’être heureux,

Et on oublie de vivre, et on oublie d’aimer,

Et tous ces petits gestes qui nous coûteraient si peu !

 

Du premier jour de l’an à la toute dernière heure,

On évite trop souvent la vague des émotions,

On fait taire d’un soupir les batt’ments de nos cœurs,

Et on claque la porte au nez de nos passions…

 

Dans cet étrange monde qui nous pousse sans cesse,

Où nous sommes moins vivants, parfois, qu’un logiciel,

Nous reste-t-il une âme pour un peu de tendresse,

Ou l’audace d’une pause pour admirer un ciel ?

 

Alors puisqu’aujourd’hui sur le monde qui s’éveille

Se lève la première aube d’une nouvelle année,

Puissions-nous retrouver, entre veille et sommeil,

L’essence de nos vies, de notre humanité !

 

Sans rejeter le monde et sa course sans fin,

Prendre le temps de vivre au-delà des contraintes,

Le temps de cultiver des roses à nos jardins,

Ou de tendre une main, sans regret et sans crainte…

 

Herrlisheim 31 décembre 2017/1er janvier 2018

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