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( 10 septembre, 2017 )

Et soudain la pluie…

Il arrive quelquefois, quand l’été tourne court,

Que la chance nous lâche, nous joue un de ses tours…

Malicieusement elle couvre notre ciel de nuages,

Et transforme nos plages en boueux marécages…

 

Tout à notre enthousiasme, on refuse de croire

A l’ombre qui sur nos têtes, s’allonge quand vient le soir…

On part le cœur en fête, le regard pétillant,

Tous nos rêves en bannières qui claquent sous le vent !

 

Des quatr’ coins du pays, au-delà des frontières,

On s’éveille, on s’active, on s’prépare, on espère,

On boucle les bagages, on investit les trains,

On reprend l’âme légère notre joli chemin !

 

On retrouve les amis, on échange des souv’nirs,

On oublie les soucis, le cœur tout en sourires…

Et malgré la menace d’un ciel toujours plus noir,

Dans la file d’attente, ensembles on va s’asseoir…

 

On s’amuse du vent qui vole les foulards,

D’un rayon de soleil, on fait un étendard,

On implore le ciel pour un peu de clémence,

On rit de nos folies et de notre insouciance…

 

Quand vient la première goutte, on espère toujours,

On conjure le sort de quelques traits d’humour,

Et quand le ciel sur nous, lâche sa pluie glacée,

C’est une belle envolée de capes colorées…

 

Etranges papillons qui surgissent dans la fête,

Arc-en-ciel qui danse un instant sur nos têtes

Et nous enveloppent ensembles d’une désuète protection

Contre l’eau qui ruisselle sur toutes nos émotions…

 

Et courent les nuages dans un ciel de plomb,

Et roulent les gouttes d’eau sur nos mains, sur nos fronts,

On rit de nos déboires, on crâne un peu faut l’dire,

Mais au fond de nos yeux, s’accrochent nos sourires…

 

Une heure et puis une autre dans ce triste décor,

Le maquillage pleure, mais on résiste encore,

Et si le ciel s’effondre, nous fait baisser la tête,

C’est à peine s’il perturbe le plaisir de la fête…

 

Et plus longue est l’attente, plus le froid s’insinue,

Perfide il se faufile, glisse jusqu’à la peau nue,

Et nos mains tremblent un peu, et on claque des dents,

Et l’eau sur nos chaussures montent immanquablement…

 

Plus rien ne nous protège depuis longtemps déjà,

A part le rêve fou qui nous a menés là,

Mais il est bien plus fort que la colère du ciel,

On s’y accroche ensembles comme à un grand soleil…

 

Puis vient la première note, le tout premier accord,

Et les cœurs se réveillent, cognent et battent plus fort,

Et on oublie la pluie qui trempe les visages,

On relève la tête, on reprend le voyage…

 

Ce sont des mains glacées qui se tendent vers toi

Pour danser dans la nuit au rythme de ta voix,

Et sur tous les visages trempés depuis des heures,

La pluie se mêle aux larmes de cet étrange bonheur…

 

Toute la pluie du ciel peut s’abattre sur nous,

La chaleur de nos cœurs nous gardera debout,

Les deux pieds dans la boue, on dans’ra, on saut’ra,

On ne recul’ra pas, on tient bon, on est là…

 

Jamais je n’ai été aussi trempée je crois,

Glacée, frissonnante et pétrifiée de froid,

Mais les rêves à l’abri dans leur bulle de bonheur,

Et dans le réconfort des amitiés du cœur…

 

Je garderai une place parmi tous mes souv’nirs

Pour cette soirée de pluie qui voila mon sourire,

Et chaque fois que le ciel pleurera sur mon cœur,

Je m’souviendrai qu’un soir, ce fut avec bonheur…

 

Herrlisheim – 10 Septembre 2017

 

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