( 12 août, 2017 )

Coup d’blues,

Il surgit sans prév’nir et sans qu’on sache pourquoi,

Il vous broie l’estomac, il vous mord le cœur,

Pour un soleil levant, pour la lune sur un toit,

Ou, et c’est plus étrange, pour un trop grand bonheur…

 

Dans les ruelles en fête, ou au milieu des rires,

Il plane sur mes pensées, traque mes émotions,

Il gonfle mes yeux de larmes que je n’peux retenir,

M’enferme dans une bulle d’étranges sensations…

 

Il se nourrit d’un rien, d’un rire qui s’envole,

D’une espérance déçue, d’un fantasme perdu…

D’une pensée inconsciente, d’un coup, il prend l’contrôle,

Et m’entraine avec lui sur des chemins sans but…

 

De la beauté de l’aube, il perturbe le cours,

D’un crépuscule d’été, il fait pâlir le feu,

D’une passion qui me porte il noircit les atours,

Et me laisse seule au monde, le cœur malheureux…

 

Il me tombe dessus au milieu de mes danses,

De mes éclats de joie, ternit toutes les couleurs,

Il dérobe mes rêves et jusqu’à mes silences,

Voile mon univers d’une spectrale lueur !

 

Il surgit sans prév’nir, je n’saurais dire pourquoi,

Il brise mes élans et me coupe les ailes,

Je lutte et me débats, le chasse loin de moi,

Mais il rôde et s’impose, implacable et cruel !

 

D’un regard qui me frôle mais qui ne me voit pas,

Il me pince le cœur, nourrit ma frustration,

D’un sourire qui passe mais qui ne s’arrête pas,

Il réveille la douleur d’une trop vieille émotion…

 

Comme le vent mauvais fait gonfler la rivière,

Comme le ciel d’orage vole la lumière du jour,

Il assombrit mon ciel pourtant si pur, si clair,

Me met les larmes aux yeux plus souvent qu’à mon tour…

 

Il fond sur mon cœur comme l’aigle sur sa proie,

Le griffe et le déchire de ses serres puissantes,

Il m’emporte loin du monde, là où le ciel rougeoie,

Et me lâche dans un gouffre de lave bouillonnante !

 

C’est un tout petit mal dont on revient toujours,

Un caillou dans l’eau vive, une ombre sur le tableau,

C’est ce regard lointain, ce sourire un peu court,

Ces bonheurs qu’on vit mal, un frisson sur la peau…

 

C’est juste un p’tit coup d’blues qui flirte avec mon cœur,

A peine une éraflure, une pierre sur mon chemin,

Une ondée capricieuse qui noie un champ de fleurs,

Une larme sur ma joue quand se moque le destin…

 

Avenches – 9 Août 2017

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