( 16 mars, 2017 )

Demain,

Demain c’est tout à l’heure quand c’est là que tu pars,

Juste un souffle, un soupir avant que vienne l’absence,

Demain c’est bien trop tôt pour lire dans ton regard

Tes horizons lointains, tes rêves, tes impatiences…

 

C’est l’angoisse de l’aube après une nuit de veille,

C’est le manque déjà, qui me glace, qui me mord

Quand demain est le jour où tu voiles mes soleils,

Ne laissant dans mes draps que l’empreinte de ton corps…

 

Demain, c’est ton sourire qui manque à mes élans,

L’absence de ton regard pour éclairer mes nuits,

Demain, quand tu m’oublies, c’est là, tout d’suite, maintenant…

C’est le jour redouté du bonheur qui s’enfuit !

 

Demain, c’est toute une vie, quand j’attends, quand j’espère,

C’est la course du temps qui paraît ralentir,

Les aiguilles de l’horloge qui tournent à l’envers

Et mes heures qui languissent de te voir revenir…

 

Quand c’est demain que peut basculer mon destin,

Que je l’appelle autant que mon cœur le redoute,

Demain, c’est quelquefois si vague, si lointain,

Les heures qui m’en séparent ouvertes à tous les doutes….

 

Demain c’est une page blanche, un nouvel horizon,

C’est un printemps peut-être, ou une journée de pluie,

Demain c’est l’inconnu, c’est des rêves à foison,

Ou le tout premier jour d’une toute nouvelle vie…

 

C’est le flot tumultueux de toutes mes pensées

Qui trouvera ses réponses quelque part en ces heures,

C’est le juste épilogue des romans fantasmés,

Dénouement de l’attente, la fin de toutes les peurs !

 

Demain c’est l’espérance, demain c’est une chance,

C’est un nouveau défi, une nouvelle aventure,

C’est une porte ouverte à une belle insolence,

Une possibilité d’abattre tous nos murs !

 

Demain sera peut-être, toi et moi réunis,

Une victoire, un succès, les ravages d’un chagrin,

Une journée toute simple, sans hoquet, sans souci,

Ou la dernière page, l’ultime bout du chemin…

 

Mais tant qu’au bout des nuits se lèv’ra un lend’main,

Jusqu’à mon dernier souffle et mon dernier regard,

Je vivrai pour mes rêves, pour l’ombre d’un destin,

J’offrirai une chance à chacun d’mes hasards…

 

Herrlisheim – 14 mars 2017

( 8 mars, 2017 )

Perfide mélancolie,

Perfide mélancolie qui m’enchaîne, qui m’emmure,

Qui me tient si souvent sous sa chape de plomb,

Sournoise mélancolie qui chuchote, qui murmure

Qui m’entraîne avec elle vers des gouffres sans fond…

 

Elle frappe à ma fenêtre chaque dimanche de pluie,

Elle s’invite dans mon cœur à grands coups de souv’nirs,

Elle insiste, elle s’incruste, colonise ma vie,

Elle voile mon regard et fausse mes sourires…

 

Posée sur mon épaule du matin jusqu’au soir,

Elle freine mes élans et mes éclats de rire,

Elle me pousse quelquefois à m’asseoir dans le noir

Pour revivre en pensées, mes voyages, mes plaisirs…

 

Elle est sur mes talons dans toutes mes promenades,

Attire mon attention sur un mot, un détail

Qui me ramène au cœur d’autres jolies balades

Qui m’entraîne malgré moi vers d’anciennes batailles…

 

Elle m’attend au détour de chaque aube nouvelle,

Elle masque mes soleils d’un voile de tristesse,

Elle déroule le film des fantasmes éternels

Et creuse, de rêves en manques, le puits de ma détresse !

 

Il suffit quelquefois d’un parfum qui m’effleure,

D’une photo retrouvée ou d’une petite chanson

Pour qu’elle attise l’absence, ternisse mes bonheurs,

Et noie mes espérances sous son perfide poison…

 

En projetant sur mes nuits, l’ombre de mes désirs,

Elle fissure mes audaces, enlaidit mon décor,

Elle m’enchaîne en son cœur, noircit mon avenir,

M’assassine de regrets, de colère, de remords !

 

Elle plante un paysage romanesque, enchanté

D’une vie plus glamour, plus douce, plus facile,

A faire pâlir d’envie toutes mes réalités,

A abattre en plein vol mes illusions fragiles…

 

Avec ses « si seulement », ses « si », ses « pourquoi pas »,

Elle distille le doute, elle sape ma confiance…

Ses mirages m’égarent, je soupire tout bas,

J’en oublie mes succès et mes rêves qui dansent !

 

Elle plante dans mon cœur, des désirs, des secrets,

Délave les couleurs de tous mes arcs-en-ciel,

Son poids coupe les ailes de mes jolis projets,

Sa voix à mon oreille se fait souvent cruelle…

 

Elle vit à mes crochets, m’habite trop souvent,

Mais lorsque de mes rêves, j’aurai fait l’avenir,

Je saurai la chasser et vaincre ses tourments

Pour hisser ma grand’voile, sans peine et sans faillir !!

 

 

Herrlisheim – 8 Mars 2017

( 5 mars, 2017 )

Le temps….

Le temps qui court, le temps qui passe

C’est tous les jours, ça nous agace…

Le temps perdu et regretté,

Le temps vécu et oublié…

 

Un temps pour tout, un temps pour rien,

Celui d’aimer, c’est pour demain…

Le temps des fleurs ou du bonheur,

Celui des rêves ou bien des pleurs…

 

Le temps de vivre, le temps d’agir,

Celui qu’il faut pour bien grandir,

Temps pour l’oubli ou la mémoire

Temps partagé ou temps pour voir….

 

Un temps de chien, on n’y peut rien,

Le temps d’avant, c’était si bien…

Le temps qui dure et qui s’étire,

Celui qui fuit, nous fait courir…

 

Un temps d’arrêt et de silence,

De réflexion ou d’insouscience,

Le temps qui pèse, celui qui compte,

Celui qui blesse et qu’on affronte !

 

Un temps de paix en temps de guerre,

Temps suspendu, on n’y croit guère,

Le temps rêvé de l’innocence,

Le temps qu’on dit sans importance…

 

Le temps d’un souffle ou un soupir,

Le temps d’une vie, celui d’partir…

Le temps joyeux de la jeunesse,

Le temps serein de la sagesse…

 

Du temps pour moi ou pour autrui,

Le temps des choix ou du déni,

Le temps qui manque, celui qu’on prend,

Celui qu’on joue, qui nous surprend !

 

Le temps qu’on voudrait abolir,

Celui qu’on aimerait retenir…

Le temps sans fin, le temps d’attendre,

Celui qu’on donne sans reprendre…

 

Le temps d’un mot ou d’un regard,

Le temps volé à nos hasards,

Le temps, c’est tout ce qui me reste

Quand tu me blesses le temps d’un geste !!!

 

Herrlisheim – 5 Mars 2017

 

( 4 mars, 2017 )

Mon rêve échappé

Il est là, insolent, au bord de ma mémoire,

Qui rôde et se pavane à fleur de souvenirs,

Un visage, un parfum, un flash dans mon miroir,

Je l’attrape, il m’échappe dans un éclat de rire…

 

Il est là, je le sens, il suffirait d’un rien

Pour revivre un instant ce délicieux voyage,

J’en ressens l’émotion, le plaisir m’en revient,

Mais impossible pourtant d’en revoir les images !!

 

Pour trouver le chemin qui saura me ram’ner

Au plus loin de mes nuits où scintillent ses lueurs,

Je chasse loin de moi les images, les pensées,

Efface le monde autour, ses chants et ses couleurs…

 

Derrière mes paupières closes, un visage familier,

Un sourire éclatant et un regard rieur…

Des mots que j’n’entends pas, des gestes d’amitié,

Mais le songe m’échappe, mais le rêve se meurt…

 

Il est bien là pourtant, je plonge plus loin encore

Dans les méandres brumeux des rêves et des pensées,

Je cherche l’étincelle qui éclairera plus fort

Mon chemin vers un monde que l’aube a effacé !

 

Comme l’éclair qui soudain, éclaire un ciel d’orage,

Le souv’nir me revient, il est là, je le tiens !

…Mais la seconde d’après, sur mon rêve, un nuage,

Le songe disparaît, il ne m’en reste rien…

 

Je lutte et me débats avec l’oubli qui gagne,

Je déchire le voile qui masque la lumière,

Mais il fuit loin de moi, petite bulle de champagne

Qui naît, glisse et explose à la surface du verre !

 

C’était doux et joyeux comme une soirée de fête,

C’était inattendu comme un soleil d’hiver,

Un havre où abriter mon cœur dans la tempête,

Quand la vie est trop grise ou qu’elle tourne à l’envers…

 

C’était une évidence, ça, je m’en souviens bien,

Aussi vrai qu’un printemps, sa douceur, ses promesses,

C’était tout en partages, en rires, en petits riens

C’était la vie plus belle, en sourires, en tendresse…

 

Mais il ne reste plus, à l’aube qui se lève

Qu’un sentiment étrange de paradis perdu,

Le goût tendre et sucré du plus joli des rêves,

Un délicieux parfum qui ne reviendra plus…

 

Alors, au jour qui fuit, je fermerai les yeux

Sur cette unique image qui affole mon cœur,

Et dans ma nuit profonde, un Morphée malicieux

Fera éclore mon rêve comme un bouquet de fleurs…

 

De ma nuit étoilée, je saurai retenir

Plus qu’une image floue, qu’un sentiment troublant,

Je saurai, cette fois, ce que voulait me dire

Ce songe qui me ronge, ce rêve qui m’attend…

 

Herrlisheim – 4 Mars 2017

 

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