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( 9 janvier, 2017 )

L’ivresse des sentiments

Il est dans chacun des mots que tu traces,

Dans chaque amour perdu, dans chaque rêve brisé,

Dans tes fantasmes, ses bras te soulèvent et t’enlacent,

Il est sur tes chemins, l’ombre de ta destinée…

 

Il est de ces passions qui naissent sans crier gare,

Comme l’orage qui éclate dans un ciel sans nuage,

Il a suffi d’un rien, d’un sourire, d’un regard

Pour changer à jamais le cours de ton voyage…

 

Son regard te bouleverse, et sa voix te chavire,

Son absence te blesse, ses silences te glacent…

Tu vaincrais ton orgueil pour un simple sourire,

Tu te brûlerais les ailes pour qu’il te fasse une place…

 

Ton espérance de lui voile tous tes soleils,

Chaque souv’nir avec lui éclipse tous tes étés,

Il est dans chaque batt’ment de ton cœur en sommeil,

Une promesse d’avenir et le poids du passé !

 

Je sais qu’il est partout, chaque heure de chaque nuit,

Et que c’est son visage qui hante tes souvenirs,

Je sais tes aubes grises et tes dimanches sans vie,

Et ce poids sur ton cœur quand tu le vois partir…

…/…

Ton regard qui s’égare sur une photo volée,

Qui cherche dans ses yeux l’ombre d’une promesse,

Ton sourire qui répond à une pensée sucrée,

Et ton corps qui frissonne, avide de sa tendresse…

 

Tes folles espérances, je les connais par cœur,

Tes romances légères, je peux les raconter…

Tous tes « si », tes « peut-être », ces infimes lueurs,

Ça t’enchaîne à tes rêves, ça t’empêche d’avancer…

 

Je te vois, immobile, tout au bord de sa vie,

Victime consentante d’un amour cannibale,

En lisière de la piste, tout en mélancolie,

Tu rêves d’être demain, la reine de son bal…

 

Tu sais que c’est folie que d’aimer à ce point,

Sans espoir, sans partage, sans l’ombre d’un retour,

Tu sais qu’il faut laisser tes rêves partir au loin

Si tu ne veux pas périr de ce trop grand amour…

 

Mais tu n’écoutes pas la voix de la raison,

Tu balaies nos conseils d’un revers de la main,

Le nez dans les étoiles, son ciel pour horizon,

Tu dérives loin du monde et de tes lendemains…

 

J’ai mal de la souffrance qui éteint ton regard,

De ce monde d’illusions où tu perds ta jeunesse,

J’ai peur de tes fantômes, de tes rires en retard,

De te voir disparaître au cœur de cette ivresse…

 

Herrlisheim – 09 janvier 2017

( 6 janvier, 2017 )

Mes rêves désenchantés

Quel est ce poids immense posé sur mes épaules ?

Cet abîme sans fond, juste là, à mes pieds ?

Pourquoi ce vide, cette terreur qui me frôle,

Quand, au bord de ma route, un instant, je m’assieds ?

 

Dans quelles griffes acérées s’est fourvoyé mon cœur ?

Dans quel labyrinthe ai-je égaré ma vie ?

Quel hiver me poursuit, fige et glace mes heures ?

Quel sort me tient captive au cœur de mes envies ?

 

La brume à l’horizon masque mon avenir,

La noirceur des ténèbres voile mes rêves enchantés,

Dans chaque miroir, je cherche l’éclat de mon sourire

Mais n’en trouve qu’une ombre, triste et désabusée…

 

Je rêvais d’un amour, unique et passionné,

L’aventure d’une vie, le monde pour seule frontière,

Je n’ai plus aujourd’hui qu’un cœur désenchanté

Perdu dans ses déserts arides et solitaires…

 

Je me suis consumée aux feux de mes passions,

J’ai misé tout mon cœur au jeu des sentiments,

J’ai donné sans compter, suivi mes émotions,

Trop faible était ma main, j’ai perdu, trop souvent !!

 

Je voulais sur ma vie la marque d’un destin,

Et au cœur des cités laisser comme une empreinte,

Il n’y a plus que mon ombre qui hante mes chemins,

Invisible aux regards comme une flamme éteinte…

 

J’ai frappé à des portes qui sont restées fermées,

Cent fois sur le métier, j’ai remis mon ouvrage,

J’ai cherché une étoile qui saurait me guider,

Et brisé tous mes rêves sur de sombres rivages…

 

J’imaginais ma vie comme une grande aventure,

D’improbables rencontres en bouleversant le cours…

Il n’y plus que le vent qui quelquefois murmure

Que tout reste possible, qu’il faut y croire toujours…

 

J’ai suivi des chimères, couru vers des mirages,

J’ai voulu croire l’augure qu’on me faisait enfant,

La confiance élimée au fil de mes orages,

J’hésite et je trébuche, au bal des sentiments…

 

J’ai trop voulu sans doute, au fil de mes saisons,

Trop écouté mon cœur, mon imagination,

Captive de mes désirs, mes rêves comme une prison,

J’ai oublié de vivre pour quelques illusions…

 

Pourtant, j’y crois encore, à chaque aube nouvelle,

Dans chaque main tendue, dans chaque infime sourire,

Chaque regard sur moi, chaque mot au goût de miel

Voit renaître l’espérance d’un plus bel avenir…

 

 

Herrlisheim – 5 janvier 2017

( 1 janvier, 2017 )

2017 moins quelques mots,

Assise au bas des marches, environnée de brume,

Je me perds dans la nuit, sans éclat, sans étoile,

Le silence me cueille, me frôle de sa plume,

Les souvenirs m’emportent, me prennent dans leur toile…

 

La violence et le bruit éclatent dans ma mémoire,

L’ombre de la barbarie se glisse dans mon cœur,

Je revois ces sourires effacés par l’Histoire,

Dans la nuit je devine, ces regards de terreur…

 

Et glisse mon âme en peine au-delà des nuages,

Sur ma joue une larme pour notre terre blessée,

De la faune qui meurt, je ressens toute la rage,

De la fleur disparue, je fleuris mes pensées…

 

De la terre qui gronde je partage la colère,

Des peuples qui se meurt je comprends la détresse,

De tous les rêves brisés, je bois la coup’amère,

De la folie des hommes, je redoute l’ivresse !!

 

Mais mon cœur me rappelle de plus douces images,

Des étoiles dans les yeux, des rencontres, des sourires,

Des rêves partagés, la magie d’un voyage,

Des perles d’émotion au cœur des souvenirs…

 

Sur l’écran de la nuit, explosent les couleurs

De folles soirées d’été, de musique et de danse,

La magie d’un printemps qui fit battre mon cœur,

La douceur d’un instant plus fort que les violences…

 

Et tous ces petits riens cueillis au fil des jours

Qui ont fleuri ma vie, réchauffé mes hivers,

Ces petits bouts de chance qu’on ne voit pas toujours,

Mais qui me tiennent debout au cœur de mes déserts…

 

Alors, à 2016, je laisse les rancœurs,

Les regrets et les peines et les chagrins aussi

Que s’envolent avec elle, les échecs, les erreurs,

Et tout ce qui enchaîne les rêves et les envies…

 

Je veux croire au meilleur pour affronter le pire,

Et sur cette page blanche, graver mes espérances !

Dans une ultime larme, j’glisse un dernier soupir,

Et tourne vers l’avenir mes rêves en partance !

 

Je prendrai chaque bonheur comme un cadeau du ciel,

Chaque minuscule chance comme un signe du destin,

Derrière chaque nuage, je verrai le soleil,

Et trouverai une clairière au bout de chaque chemin !

 

Et j’unirai ma voix à celles qui se lèvent

Pour refuser la peur qu’on nous jette au visage,

La tête haute je combattrai sans trêve

L’intolérance qui brise, nos rêves sur les rivages !

 

 

Herrlisheim – 1er janvier 2017

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