( 5 décembre, 2016 )

Le regret de tes yeux,

Quel est ce vide étrange qui s’étire devant moi,

Ce sentiment troublant qui ternit toutes mes joies ?

Comme si la vie, d’un coup, avait perdu son sel,

N’offrant plus qu’un désert de silences cruels…

 

La vie était si belle quand j’m’attendais à toi,

Quand j’accrochais mes rêves aux étoiles sur les toits,

Quand d’une petite audace, j’espérais conquérir

Un regard sur mon cœur, un geste ou un sourire…

 

J’espérais te toucher quand tu n’m’attendais pas,

T’émouvoir de mes mots, jetés de-ci de-là,

Je croyais que la chance croiserait mon chemin,

Et de mes rêves trop grands, j’voulais faire un destin !!

 

On est naïf, parfois, quand on rêve trop fort,

Quand on s’égare trop loin des lumières du port,

On se perd au hasard de dangereux rivages,

On oublie même parfois, les raisons du voyage…

 

J’ai fait taire ma raison, j’ai mus’lé ma méfiance,

Parce qu’elles étaient, croyais-je, des obstacles à ma chance,

J’ai brisé mes défenses, j’ai oublié ma place,

Et laissé libre cours à deux ou trois audaces…

 

J’ai attendu mille fois, le cœur tremblant, l’âme impatiente

Que d’un signe tu captures mon offrande hésitante,

J’ai attendu un mot contre toute évidence,

J’ai maudit mon étoile de toutes ses violences…

 

Je suis tombée cent fois, j’ai heurté bien des murs,

Mon orgueil s’est brisé aux sanglots qui murmurent,

Je t’ai tourné le dos pour camoufler mes larmes,

J’ai haï mon reflet quand je rendais les armes…

 

J’ai brisé bien des rêves à ton indifférence,

J’ai perdu des sourires, égaré ma confiance,

Mais je me suis rel’vée, pour revenir, toujours,

Chercher dans ton regard, l’aube d’un nouveau jour…

 

D’espérances un peu folles en rêveries incertaines,

J’ai écouté les voix de perfides sirènes,

J’ai allumé des feux de passions dévorantes,

J’ai souri aux chimères de mes nuits enivrantes…

 

Je n’ai plus aujourd’hui, même l’ombre d’un chemin

Où diriger mes pas, où inscrire mon destin,

J’ai raté mon envol, je tombe comme une pierre,

Je retrouve mon désert, aride et solitaire…

 

Je trouverai d’autres routes, bien sûr, au fil des jours,

J’accroch’rai d’autres rêves à d’autres nuits velours,

Je trouverai des soleils, je dans’rai sous la pluie,

J’offrirai des voyages aux étés de ma vie…

 

Mais il y aura toujours, au bal de l’existence,

Une ombre sur la fête qui planera en silence,

Quels que soient mes plaisirs, mes jeux, mes rêves bleus,

Il y aura dans mon cœur, le regret de tes yeux…

 

 

Herrlisheim – 05 décembre 2016

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