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( 22 novembre, 2016 )

Silences,

Il en est de légers, confortables, apaisants,

Quand, assise face au monde, je laisse glisser les heures,

Quand je nourris mes rêves d’un souffle de printemps,

Quand une nuit étoilée chasse au loin mes terreurs…

 

Il en est de profonds, intenses et passionnés

Quand je lis la tendresse au fond de ton regard,

Quand un sourire suffit à fleurir mes pensées,

Quand ils soufflent sur mes doutes, mes peurs et mes hasards…

 

Sensuel, peut-être un peu coquin,

Quand les yeux dans les yeux nous glissons sur la piste

Quand nous dansons sans fin jusqu’au petit matin,

Oublieux de nos guerres, de nos corps qui insistent…

 

Il peut, et j’aime bien ça, devenir complice

Quand un regard suffit pour comprendre nos cœurs,

Quand l’éclat d’un sourire naît, éclot et se glisse

Entre nos âmes qui brillent d’une même lueur…

 

Il en est de plus lourds, solennels, douloureux,

Quand ils sont de l’absence un signe, une évidence,

Quand ils crient à l’oreille le manque des jours heureux,

Qu’ils bâtissent des murs autour de nos souffrances…

 

Glacial sera celui qui hurle la colère,

Qui nous jette au visage reproches et déception,

Pétrifiant comme le froid en plein cœur de l’hiver

Quand sans bruit il accuse sans aucune compassion

 

Rougissant et gêné, un peu honteux parfois

Pour celui qui, un jour a trahi sa parole,

Hésitant, agaçant lorsqu’entre toi et moi,

Les non-dits s’accumulent, la confiance s’envole…

 

Tendu, inquiet, perdu et angoissant

Lorsqu’au cœur de la nuit on attend un retour,

Quand les tics-tacs défilent imperturbablement,

Et que seul il répond à mon cœur bien trop lourd…

 

Les soirs de solitude, ils sont assourdissants

Quand ils sont si profonds qu’on entend son cœur battre,

Quand on hurle à la nuit pour les rompre un instant,

Quand d’une porte qui claque on aimerait les abattre…

 

Mais de tous les silences, un seul peut me briser,

C’est celui qui me dit toute ton indifférence,

Il me vole tous mes rêves, assombrit mes étés,

Ebranle mon assurance, fissure ma confiance !

 

Plus cruels que les mots il me met au supplice,

Me piège dans mes doutes, m’égare dans mes questions,

Joue de mes espérances…dans ses méandres, je glisse,

Je sombre et je me noie dans toutes mes émotions…

 

Alors, je te le dis, plutôt que de silence,

Abreuve-moi de paroles, quitte à me faire souffrir,

Dis-moi de renoncer, prononce ta sentence,

Et des fausses espérances, libère mon avenir…

 

Herrlisheim – 21 novembre 2016

( 11 novembre, 2016 )

Souvenir d’une fille en rouge,

Quand, au hasard d’une aube frissonnante,

D’un amas chatoyant d’étoffes froufroutantes,

Je tire un long jupon, une dentelle, un foulard,

La fille en rouge, soudain, revient à ma mémoire…

 

Dans la robe en dentelle endormie dans l’armoire,

Je devine sa silhouette, immobile dans le noir,

Dans un foulard noué autour de mon poignet,

Je jette une passerelle entre elle et mes regrets…

 

Je la croyais partie avec les vents d’automne,

Disparue à jamais, loin des guitares qui sonnent,

Je la croyais perdue, quelque part dans l’histoire,

Mais elle revient encore fur’ter dans ma mémoire…

 

Je croise son regard dans un coin du miroir,

Je perçois sa détresse, reconnais ses espoirs,

Je la revois, rêveuse, perdue dans ses pensées,

L’âme et le cœur sereins, les chagrins apaisés…

 

Je la revois, émue, perdue parmi la foule,

Je revois ses sourires, et ses larmes qui roulent,

Je ressens avec elle l’émotion des souvenirs,

Et retrouve l’impatience de ses rêves, ses soupirs !

 

Elle souffle sur mon cœur une douce mélancolie,

Murmure à mon oreille, l’air de la nostalgie,

Elle danse aussi parfois, quand son cœur est trop lourd,

Et m’entraîne avec elle au fil des rêves qui courent !

 

Je la revois tremblante, dans l’attente d’un sourire,

En colère quelquefois, de n’pas oser agir,

Je refais avec elle, le voyage à rebours,

Je retrouve le plaisir des balades au long cours…

 

Avec elle, je retourne sous les ors discrets

De quelque intime écrin où mon âme s’envolait,

Et dans l’aube grisâtre d’un matin ordinaire,

La fille en rouge rappelle toute la magie d’hier…

 

Les rêves au creux des mains, des étoiles dans les yeux,

Comme moi, la fille en rouge, avait le cœur heureux,

A chaque nouvelle escale de ce joli voyage,

Elle chassait de nos vies, la pluie de nos orages…

 

Je n’imaginais pas, y’a presqu’un an déjà,

Quand pour la première fois, je feuilletais ces pages-là,

Qu’elles me mèneraient si loin dans mon jardin secret,

Auprès d’une fille en rouge, un peu rêveuse, c’est vrai…

 

Née un soir de printemps au bout de mon crayon,

Pour protéger mon cœur de ses désillusions,

Je l’ai trouvée souvent, au bord de mes chemins,

De mes rêves trop grands, de mes petits chagrins…

 

Elle revient me chercher quand mon cœur se languit,

Quand trop longs sont mes jours, trop pesantes mes nuits,

Elle me sourit de loin, rallume mes souvenirs,

Jusqu’à c’que dans mes rêves, elle retourne dormir…

 

 

Herrlisheim – 11 novembre 2016

( 6 novembre, 2016 )

Mes âmes amies,

Quand la lumière d’hiver nimbe d’or la montagne,

Ou qu’un rayon de lune chasse les ombres furtives,

Quand la brume de dentelle habille la campagne,

Je sais votre présence, bienveillante, attentive !

 

Je sens votre tendresse dans la caresse du vent,

Le murmure d’un ruisseau, ce sont vos voix qui chantent,

Vous êtes cet’flamme qui danse et apaise mes tourments,

Vous êtes une part de moi, éternelle et vivante !

 

Vous me montrez la route dans la course d’un nuage,

Et vous chassez mes doutes dans l’envol d’un oiseau,

Vous êtes de tous mes mots et de tous mes voyages,

Vous êtes un arc-en-ciel dans un coin du tableau…

 

Vous glissez dans mes rêves pour les rendre plus doux,

Vous êtes dans ce souv’nir qui me revient soudain,

Dans mes inspirations, mes défis un peu fous,

Dans mes remords, parfois, quand je trahis les miens…

 

Vous habitez mon cœur, mon esprit, ma mémoire,

Vous êtes comme une lumière au cœur de mes hivers,

L’indestructible lien avec mon histoire,

Vous êtes dans mes tempêtes, la force d’un repère !

 

Je vous dois des sourires le long de mes chemins,

Des victoires peut-être, des bonheurs, certainement,

Je vous dois toutes les chances qui habitent mon destin,

Mes rêves apaisants et mes matins souriants…

 

Je vous dois mes courages dans mes hésitations,

La force de me rel’ver de mes incertitudes,

Je vous dois l’espérance qui habite mes passions,

Du réconfort, parfois, dans toutes mes solitudes…

 

Même s’il est vain, je sais, de s’asseoir et d’attendre,

Que de moi seule, un jour, jaillira la lumière,

Je vous en veux parfois de ne pas vous entendre,

Quand mes rêves sont trop loin, mes prières trop grandes !

 

Nées de ma solitude ou des peurs de l’enfance,

Ou réelle présence, toujours à mes côtés,

Je puise en vous souvent, mes forces et ma confiance,

Une tranquille assurance, une douce sérénité…

 

Sans chaînes et sans contraintes, libres du temps qui passe,

Fantômes familiers de mes dimanches de pluie,

Délicate présence au cœur de mes angoisses,

Vous veillez sur ma vie, vous, mes âmes amies…

 

En hommage, en tendresse et en reconnaissance,

J’envoie vers vous ces mots dans le ciel étoilé,

En prière, humblement, le cœur plein de confiance,

Je vous dédie ces mots, en toute sincérité…

 

Herrlisheim – 6 novembre 2016

( 1 novembre, 2016 )

Nos chemins enlacés

A la pointe des mots, doucement, en silence,

Je cherche le chemin qui me mènera à toi…

Maladroite quelquefois à force d’impatience,

Un peu perdue souvent, au cœur de mes émois…

 

Installée, presqu’heureuse dans un bonheur serein,

Je n’cherchais pas l’amour, je croyais le connaître,

Je vivais chaque jour sans crainte du lendemain,

Jusqu’à c’que sur ma route, je te voie apparaître…

 

Tu n’as pas fait un geste, tu n’as rien demandé,

Alors, pourquoi mon cœur a-t-il battu si fort ?

Je n’ai rien calculé, je n’ai rien espéré,

Alors pourquoi mes rêves ont-ils perdu le nord ?

 

Souriant aux étoiles, les yeux plein de lumière,

Tu flânais, cœur au vent, au bord de mon chemin,

Il a suffi d’un souffle, d’un batt’ment de paupières

Pour voiler mes soleils, pour brouiller mon destin…

 

Ton regard dans le mien, si éloigné pourtant,

Ton sourire qui m’embrase, fait fondre mes défenses,

Ta fragilité même, que tu caches si souvent,

Et c’est mon cœur qui bat, répond à tes silences !

 

Evanescent mirage au cœur de mes déserts,

Tu musardes, tu me frôles, tu retiens nos hasards,

Tu m’attends quelquefois…un sourire, je te perds,

Tu t’éloignes et je sombre au gré de nos retards…

 

Nos chemins enlacés, se rejoignent un instant,

Suivent le même cours, partagent quelques saisons,

Puis ta route s’envole, loin de moi, loin devant,

Quand la mienne s’enfonce vers des gouffres sans fond !

 

Je crois t’avoir perdu, j’avance dans le noir,

Je reconstruis une vie loin de tes yeux rieurs,

J’enferme ton souvenir très loin dans ma mémoire,

Je verrouille mes désirs, je cad’nasse mon cœur !

 

Mais tu reviens toujours butiner mon jardin,

Tu apparais soudain, au milieu de ma route,

Tu souris tendrement, puis tu me tends la main,

Et mon cœur se libère et balaie tous les doutes…

 

Dans le tourbillon fou d’une valse endiablée,

Nos cœurs se retrouvent, nos corps se répondent,

Dévorant les barrières de nos chemins tracés,

Le feu qui nous consume nous emporte hors du monde…

 

Et puis tu me laisses là, jetée sur le rivage,

Perdue, le cœur en miettes, presque morte, déjà…

Et je reprends ma route, sans soleil, sans bagage,

L’âme désabusée, j’avance, pas-à-pas…

 

A la pointe du cœur, douc’ment, sans faire de bruit,

Je reprends le chemin qui me mènera à toi…

 

Herrlisheim – 1er Novembre 2016

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