( 17 octobre, 2016 )

Et se brise la fille en rouge…

Avec le vent d’automne qui bouscule les nuages,

Et la pluie impatiente qui fait luire les pavés,

L’espoir en bandoulière pour un ultime voyage,

La fille en rouge revient dans ses rêves se glisser…

 

Dans son cœur l’émotion doucement prend sa place,

Dans sa tête y’a les mots qu’elle aimerait tant te dire,

Dans ses yeux, une étoile, dont elle retrouve la trace,

Et là, dans son miroir, le soupçon d’un sourire…

 

Parenthèse d’émotion, d’amitiés partagées,

Comme une pause, une escale, le souffle d’un soupir,

Avant que vienne l’hiver, ses longues heures glacées,

La fille en rouge se perd au cœur des souvenirs !

 

Elle vole au temps qui court, une page, quelques heures,

Elle laisse là sa vie, le monde et ses colères,

S’abandonne, lâche prise pour un étrange bonheur,

Où les rires et les larmes roulent, chantent et espèrent…

 

Silencieuse elle se glisse dans la foule qui frémit,

Elle libère son âme des souvenirs trop lourds,

Elle accueille ses larmes comme une trêve, un répit,

Et laisse ses émotions l’emporter au long cours !

 

Lutter est inutile, résister serait vain,

Ses mains se nouent pourtant quand les mots sont trop forts !

Et quand cette voix là, en plein cœur l’atteint,

La fille en rouge vacille, se perd plus loin encore…

 

Comme l’oiseau pris au piège d’une lumière dans le soir,

Elle se laisse emporter par la force d’un regard,

Dans l’ombre d’un sourire, elle accroche ses espoirs,

Dans l’illusion d’un geste, elle retient un hasard…

 

Les minutes, une à une, implacables, s’égrènent,

Dehors, la nuit s’installe, la ville change de visage,

Perdue dans les silences d’une tristesse sereine,

La fille en rouge s’échoue sur un dernier rivage.

 

Heureuse de ses partages, malheureuse à s’enfuir,

Elle ne peut totalement s’arracher à son rêve…

Elle sort dans la nuit claire, croise de tristes sourires,

Et dans une longue attente, retient encore la trêve…

 

Mais le temps suspendu la rattrape brusquement,

Perdue, le cœur en vrac, les pensées à l’envers,

Seule au coin de cette rue, bousculée par le vent,

La fille en rouge se brise comme les arbres en hiver !

 

C’était l’ultime escale, elle le comprend soudain,

D’un voyage qui s’achève loin des premiers rivages,

Elle y a trouvé la force d’affronter ses chagrins,

Perdu des illusions, quelques rêves sans partage…

 

Alors au cœur des rues où la vie chante et danse

Comme un ultime défi, une dernière espérance,

La fille en rouge s’éloigne, disparait en silence

Et laisse derrière elle toutes ses impatiences…

 

Elle garde au fond du cœur la douceur des silences

La force des émotions, la beauté du voyage

Je garde ses sourires, ses rêves en partance,

Et laisse la fille en rouge se perdre dans les nuages…

 

Herrlisheim – 17 octobre 2016

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