( 2 septembre, 2016 )

Je sais,

L’éclat de ton regard qui s’éteint un instant,

Ton sourire en retard, ton pas un peu plus lent,

Un silence trop loin et ta voix qui frémit,

Et je sais ta tristesse du bonheur qui s’enfuit…

 

Je reconnais le mal jusque dans tes absences,

Tes poings serrés me disent l’ampleur de ta souffrance !

Les mots que tu n’dis pas hurlent ta solitude,

Comme ceux chantés trop fort pleurent tes servitudes…

 

Je connais ces dérives, je connais ce voyage,

J’en sais toutes les impasses et les sombres rivages,

Je sais du désespoir, toute la profondeur,

Et l’étau qui le soir, vient étouffer ton cœur !

 

Je connais les histoires, je connais les mensonges,

Et ce rêve d’amour que tu revis en songes…

Je sais l’orgueil blessé, les regrets, les remords,

Et la rancœur aussi, quand l’orage est trop fort !

 

Je sais les compromis, et toutes les promesses

Que tu te fais chaque soir pour retrouver l’ivresse,

Je sais ton cœur qui saigne, les larmes que tu retiens,

Et toutes tes colères, à chaque aube qui revient !

 

Je sais ton mal de vivre et tes rêves brisés,

Et même tes nuits d’ivresse sous un ciel étoilé,

Je sais les feux de paille, les amours éphémères

Qui voilent ta détresse de souvenirs amers…

 

Je sais les jours sans fin et toutes les nuits de veille,

Je sais ta peur des rêves, quand te prend le sommeil,

Et ta haine de la vie, si injuste, si cruelle,

Et le dégoût de toi, quand ton corps se rebelle !

 

Je sais ta joue posée, là, sur son oreiller,

Son parfum qui te hante, qui te tient éveillé,

C’est encore un peu d’elle, le fantôme de son âme,

Présence dont tu ne peux encore rompre le charme…

 

Et je sais sa photo, posée sur le bureau

Qui semble te défier et te traiter de sot

Que d’un geste rageur, tu fracasses sur le mur

Pour ne plus percevoir son moqueur murmure…

 

Oh oui, je sais tout ça, je connais ce chemin,

Comme je sais que le jour, se lèvera demain…

Pas la peine de parler, j’ai bien compris tu sais,

Je sais bien que tu souffres autant que tu l’aimais…

 

Oui, je sais tes combats pour remonter la pente,

Tes sourires de façade, tes pensées déchirantes,

Je n’ai pas les réponses, mais je sais les questions,

Les doutes et les angoisses qui brisent tes émotions…

 

Je sais, mais je n’sais pas, adoucir tes tourments,

Je ne trouve ni les mots, ni les gestes apaisants…

Je sais que seul le temps, guérira tes blessures,

Quand le cri de ta peine, redeviendra murmure…

 

En attendant, je sais, que je n’peux rien t’offrir,

Que mes bras pour ta peine, mon cœur pour tes soupirs…

Une main tendue vers toi, ma voix au téléphone,

Jusqu’à ce qu’un printemps à ton cœur fredonne…

 

 

Herrlisheim – 02 septembre 2016

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