( 29 août, 2016 )

La trace des sentiments,

Lorsque le temps sur moi aura laissé sa trace,

Brouillant mes souvenirs, glaçant mes émotions,

Restera-t-il encore dans mon cœur une place,

Pour un sourire d’enfant, un rêve, une passion ?

 

Dans quelle rivière tarie, quel océan salé,

Les larmes de ma vie auront-elles disparu ?

Dans quel sombre néant, quel infini glacé,

Mes fêtes et mes bonheurs se seront-ils perdus ?

 

Restera-t-il alors, au creux de ma mémoire

La chaleur du plaisir, la douceur de l’amour ?

Et trouverais-je encore au fond de mon miroir,

L’éclat de mes colères, mes révoltes de toujours ?

 

Quand le temps dans sa course aura tout emporté

De mes éclats de rire, de mes profonds chagrins,

Trouv’rais-je de quoi sourire dans l’écho du passé ?

Trouv’rais-je encore la trace de tous mes chemins ?

 

Une breloque, une chanson, une photo fanée

Réveilleront-elles en moi la force d’une émotion ?

Un rêve qui se glisse dans une nuit étoilée

Fera-t-il battre mon cœur d’une ancienne passion ?

 

Et quand de mon passé, surgira un visage,

Saurais-je lui redonner une place dans mes souv’nirs ?

Un regard, une voix, le flou d’un paysage,

Rallumeront-ils la flamme de mes lointains désirs ?

 

Restera-t-il encore un peu de cette vie,

Quand mes pas seront lents, mes sourires en retard ?

Quand au fil des années, j’aurai perdu l’envie,

Pour laisser une trace, ne sera-t-il pas trop tard ?

 

Quand longs s’ront mes hivers, bien trop courts mes printemps,

De mes amours passées, entendrais-je le murmure ?

Retrouverais-je dans mon cœur, la trace des sentiments

Qui ont construit ma vie, abattu tous mes murs ?

 

……

 

Comme la poussière d’étoile rappelle un astre éteint,

Tous ces mots que je trace, réveilleront-ils mon cœur ?

Mes émotions blotties, au creux de mes quatrains,

Rallumeront-elles, intacts, tous mes petits bonheurs ?

 

Chanteront-ils la complainte de mes rêves brisés ?

Me diront-ils la force, de mes amours d’antan ?

Tous ces mots jetés là, tous ceux jamais osés,

Sauront-ils me conter, de ma vie les tourments ?

 

Et que restera-t-il demain dans vos mémoires,

Quand, au cœur des étoiles j’aurai trouvé ma place ?

Garderez-vous au cœur, un peu de mon histoire,

Lorsque le temps qui court aura brouillé sa trace ?

 

Lorsque viendra le temps de mon dernier voyage,

Et que s’envoleront les secrets de mon cœur,

Peut-être trouverez-vous, réfugiés dans mes pages,

L’éclat de mes tempêtes, mes sourires et mes pleurs ?

 

Peut-être même un soir, au détour d’une page,

Vos cœurs entendront-ils la musique de mon âme ?

Peut-être, en abordant, une nuit mes rivages,

Y trouverez-vous des mots qui sècheront vos larmes ?

 

Car si ces mots sont miens, et miennes ces émotions,

Ils sont devenus vôtres, en touchant votre cœur !

Nés de toutes mes guerres, mes amours, mes passions,

Qu’ils soient aussi vos rêves et vos envies d’ailleurs…

 

Et si mes mots un jour, rencontrent vos orages,

J’aimerais qu’ils soient l’étoile vers un ciel plus calme,

Le phare qui vous guidera vers de plus doux rivages,

Un baume qui apaisera les blessures de votre âme…

 

 

Herrlisheim – 29 août

( 29 août, 2016 )

A ta porte,

Il y a si longtemps que je frappe à ta porte,

Qu’à petits coups discrets je cherche ton attention…

Un sourire, un regard, un signe qui apporte

Du soleil à ma vie et à mes émotions…

 

Je cherche des occasions, t’offre mes plus beaux vers,

Libère mes impatiences et piétine mon orgueil…

A chaque aube nouvelle, malgré moi, je t’espère,

Mais ta porte reste close, je reste sur son seuil !

 

Chacun de tes silences use mes espérances,

Toutes tes indifférences meurtrissent mon cœur blessé,

Chaque mot que tu n’dis pas est une nouvelle violence

Qui nourrit ma colère et détruit ma fierté !

 

Je surprends des clins-d’ œil et des sourires complices,

Mais sur moi ton regard, se pose sans me voir…

S’arrêtera-t-il un soir ? Non ! Il passe et il glisse,

La déception me brise, je sombre en désespoir…

 

Que je reste discrète aux frontières de ta vie,

Ou, qu’impatiente je cherche à forcer le destin,

Je n’suis même pas une ombre au cœur de tes envies,

Pas même un souffle d’air, au creux de tes chemins…

 

Tant de fois j’ai cherché à fuir ce désir fou,

Pour donner à mes rêves une chance d’avenir,

Tant de fois j’ai voulu me perdre loin de tout,

Mais ta voix me rattrape dans un éclat de rire…

 

J’aurais dû, c’est certain, ne pas quitter ma place,

Très loin de tes chemins et de cette illusion !

Je n’aurais jamais dû glisser dans cette impasse,

Mais ta flamme me piège comme l’aube le papillon…

 

Alors je reste là, au bord de ton chemin,

Ne sachant plus très bien où diriger mes pas,

Et si j’espère encore vivre un autre destin,

J’ai bien peur de comprendre que tu n’en seras pas !

 

Malgré tous mes efforts, ta porte reste close,

Et je ne sais même pas si parfois tu m’entends…

Puis-je y croire malgré tout ? Espérer quelque chose ?

Ou dois-je laisser mes rêves se perdre dans le vent ?

 

Partir ou bien rester ? Renoncer ou attendre ?

Oser d’autres chemins pour capter ton regard ?

Espérer en ma chance pour que tu veuilles m’entendre ?

Ou laisser faire le sort, m’en remettre au hasard ?

 

Permettras-tu un jour que j’aborde tes rivages ?

Que j’y pose en tendresse une fleur d’amitié ?

Ou dois-je prendre le large, reprendre mes bagages ?

Trouver un autre port ? Chercher à t’oublier ?…

 

Colmar – 11 Août 2016

( 9 août, 2016 )

L’émotion retrouvée

Comme les photos d’vacances à la fin de l’été,

J’ai mis nos rendez-vous au cœur de mes souv’nirs,

J’ai rangé précieusement au chaud de mes pensées

Les émotions d’un soir, les frissons, les sourires…

 

Sur une page blanche, j’ai couché des espoirs

Que j’ai cachés sag’ment dans ma boite à bonheur,

Et entre un rêve fané et un chagrin sans gloire,

J’ai glissé le printemps qui fit battre mon cœur !

 

Forte de mes souvenirs, j’ai repris mon chemin,

Laissant le temps douc’ment en gommer les contours,

Et j’en cueille parfois comme une rose au jardin,

Une poussière d’étoile quand mon ciel est trop lourd…

 

Etonantes petites perles de bonheur éphémère

Qui pansent les blessures de mes mélancolies,

Petites bulles de plaisir pétillantes et légères,

Juste à portée de cœur, se lovent mes nostalgies…

 

Et passent les saisons et s’écoulent les heures,

Et paraissent étouffés les feux de ma passion…

Dans sa course le temps fait pâlir les couleurs,

Et les souv’nirs, soudain, me paraissent illusion !

 

A l’horloge de la vie, le manque se fait plus rare,

Il arrive même parfois qu’un instant je l’oublie,

Et s’il revient la nuit pour hanter mes cauch’mars,

Il n’est plus qu’un nuage dans un dimanche de pluie !

 

Et puis, un soir d’été, comme tant d’autres avec moi,

Je réponds à l’appel, je repars en voyage…

Je pars l’âme légère et le cœur en émoi,

Prête à toutes les rencontres, les surprises, les partages…

 

L’impatience me gagne, mon cœur sourit déjà,

J’ai le regard qui brille, les idées qui fredonnent,

Je roule vers le bonheur tout simple d’unir nos voix

Et d’en faire des souv’nirs pour les matins d’automne…

 

Je retrouve des sourires, des amitiés complices,

Des rires qui explosent sous un ciel d’azur,

Je lis dans les regards des rêves pleins de malice,

La joyeuse certitude d’une nouvelle aventure…

 

Premier mot, première note, mon cœur marque le pas,

Cueillie encore une fois sous un ciel étoilé…

Je me pensais sauvée de ces émotions-là,

Un seconde a suffi pour toutes les réveiller !

 

Qu’elle est douce cette folie mâtinée de tendresse,

Qu’elles sont belles ces mains qui cueillent des étoiles,

Enivrantes ces voix qui voilent ma tristesse,

M’entraînent dans leurs sillages jusqu’ au milieu du bal

 

Il a suffi d’un mot pour réveiller mon cœur,

Plaisir décuplé d’un bonheur partagé,

Un regard, un sourire, ma nuit prend des couleurs

A mesure que renaît l’émotion retrouvée…

 

Herrlisheim – 09 Août 2016

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