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( 25 juillet, 2016 )

Insupportable solitude

Elle est une chaise vide aux terrasses des cafés,

Et le dernier chapitre de toutes mes histoires,

Elle est ces paysages que je n’peux partager,

L’absence sur la photo, pathétique et sans gloire…

 

Elle est mes rêves bleus qui se teintent de gris,

Toutes mes nuits sans étoiles, tous mes hivers glacés,

Elle est toute ma tendresse qui peu à peu s’enfuit,

Les chagrins que personne ne viendra consoler !

 

Elle est la coupe amère de toutes mes ivresses,

Et toutes mes folies quand j’veux forcer ma cage,

Elle est tous mes excès, fruits de toutes mes détresses,

Mes coups d’cœur pathétiques, improbables rivages…

 

Elle est la vie qui coule, inutile et sans goût,

Toutes ces heures qui défilent, sans surprise sucrées,

Elle est dans tous mes masques, dans les rôles que je joue,

Dans mon âme qui se fane, mes ambitions brisées…

 

Elle est dans ces sourires où s’accroche ma mémoire

Quand mon cœur malgré moi, bâtit une romance,

Elle est dans tous mes mots, SOS illusoire,

Elle empoisonne ma vie de fausses espérances…

 

Mère de toutes mes rages, sœur de mes impatiences,

Elle se tapit dans l’ombre de mes dimanches d’été,

Elle est une larme qui roule au cœur de mes silences,

Et de tous mes voyages, elle est le passager !

 

Compagne infatigable de mes journées sans fin,

Perchée sur mon épaule jusqu’au milieu du bal,

Elle veille et interdit l’accès à mon jardin,

A mes envies d’ailleurs, de douceur et d’étoiles !

 

J’ai du mal quelquefois à dompter sa violence,

Quand, cruelle, possessive, elle me griffe le cœur…

Quand elle sème dans ma tête le doute et la méfiance,

Et fait germer des graines de colère, de rancœur !

 

Sournoise et sans pitié, elle me tient prisonnière,

Pervertit mes pensées, distille mes chagrins…

Elle détruit tous mes rêves en terrible geôlière

Qui fait de mes souv’nirs, des pierres sur mes chemins…

 

Insupportable solitude qui glisse, rampe et se faufile,

Qui colonise mon âme et enchaine mon cœur,

Qui noie mes rires sous des larmes de crocodile,

Eteint ma joie de vivre et tous mes p’tits bonheurs !

 

Serais-je capable un jour de vaincre ce mauvais sort

Qui me tient prisonnière de mes amours d’antan,

Saurais-je, un jour prochain, rêver, aimer encore,

Oublier mes hivers pour de nouveaux printemps ?

 

Herrlisheim – 24 juillet 2016

( 18 juillet, 2016 )

Aimer sans retour

T’offrir mes rêves bleus, en faire un avenir,

Retrouver dans tes bras, la chaleur, la tendresse,

Me perdre quelques heures au fil de ton sourire

Et me sentir vivante, libre de mes ivresses !

 

Comme j’aimerais un soir, capturer ton regard,

Y lire les reflets de toutes mes impatiences,

Comme j’aimerais, avant qu’il n’soit trop tard,

Y trouver l’onde claire où noyer mes silences !

 

Entendras-tu un jour, mes silencieuses prières ?

Partageras-tu mes rêves et mes envies d’ailleurs ?

Oseras-tu un jour, franchir toutes les barrières,

Habiter mon jardin comme tu habites mon cœur ?

 

Quand ton sourire me frôle d’une caresse mutine,

Que ton regard m’env’loppe et affole mes sens,

Quand ta voix me chavire d’une musique assassine,

Je perds la raison, je retrouve mes violences…

 

Tu es si loin pourtant de mes jardins fleuris,

Chaque chemin vers toi ressemble à une impasse !

Je me griffe et me blesse aux épines de la vie,

Mais sans jamais trouver de ton amour la trace…

 

Le nez dans les étoiles, j’ai construit notre histoire,

J’ai bâti une romance au gré de mes chimères,

J’y ai mis toute mon âme, je voulais tant y croire…

Mais l’illusion se meurt quand pointe l’aube légère…

 

J’ai voulu oublier, tourner enfin la page,

De tes lointains rivages, rompre toutes les amarres,

J’ai tourné mon regard vers d’autres paysages,

Mais d’un rire tu m’enchaînes, rattrapes tous mes départs…

 

On ne peut je le sais, forcer les sentiments,

Ni contrôler son cœur, quand il bat par amour…

On ne peut que subir, de l’absence les tourments,

Et de l’indifférence, souffrir jour après jour !

 

Quel est ce sort funeste qui me tient prisonnière ?

Je ne peux t’oublier, tu ne peux pas m’aimer…

Pourquoi suis-je condamnée à cette coupe amère

Qui empoisonne mon cœur meurtri et fatigué ?…

 

Herrlisheim – 15 juillet 2016

( 16 juillet, 2016 )

Laissons flotter nos étendards

Pourquoi, encore une fois mettre en berne nos bannières ?

Au mitan de leur mât ramener nos couleurs ?

Pourquoi ceindre de noir nos symboles de lumière ?

N’est-ce pas encore céder en face de la terreur?

 

Laissons le vent d’été gonfler nos étendards !

Laissons haut dans le ciel claquer tous nos drapeaux !

Et aussi loin peut-être que porte le regard,

Qu’ils affichent nos valeurs de plus en plus haut !

 

Pour chaque vie fauchée, sortons mille fanions,

Que leur chant dans le vent rende sourd les barbares !

Pour chaque sourire volé, lançons mille lumignons,

Que leur flamme dorée aveugle tous ces couards !

 

Que nos larmes versées deviennent des torrents,

Qui aillent noyer ces rats jusque dans leurs tanières !

Pour une voix qui se tait, que celles des vivants

Portent la liberté jusque dans leurs déserts !

 

Si nous sommes blessés, nous n’sommes pas à genoux !

Au-delà de nos peurs, nous ne plierons jamais !

Nous sommes toujours debouts, tant pis pour tous ces fous !

Aux armes de la terreur, nous ne cèderons jamais !

 

Nos larmes sècheront, en restera le sel

Qui nourrira nos rêves d’un meilleur avenir,

Et la mémoire intacte, et sans aide du ciel,

Nous retrouverons nos chants, nos amours et nos rires !

 

Assumons nos valeurs puisqu’elles leur font si peur,

Hissons la liberté plus haut que leurs drapeaux !

Même si c’est douloureux et malgré nos frayeurs,

Ne les laissons jamais avoir le dernier mot !

 

Ne prêtons pas l’oreille aux sinistres augures,

Et n’ouvrons pas la porte aux briseurs d’idéaux !

Pleurons les vies perdues, soignons toutes nos blessures,

Et de l’intolérance, montons tous à l’assaut !

 

Derrière notre art de vivre, restons dignes et unis,

Chassons de nos cités les pourvoyeurs de haine !

Claquons la porte au nez des fossoyeurs de vie,

N’écoutons pas le chant des funestes sirènes !

 

Laissons tous nos drapeaux flotter haut dans le vent,

Gardons nous des tyrans qui veulent nous diviser,

Ne souillons pas de haine la terre de nos enfants,

Apprenons leur l’amour de toutes les libertés !

 

La France est un jardin d’herbes folles et rebelles

Qui dansent au gré du vent et se tournent au soleil…

Elles se couchent parfois sous les pluies torrentielles,

Mais se redressent fièrement quand surgit l’arc-en-ciel !

 

Herrlisheim – 16 juillet 2016

 

 

 

 

 

 

( 15 juillet, 2016 )

Le jour maudit des anniversaires

Une année de plus, une année de moins, une année qui meurt….

Une date posée là, comme un rappel ou un repère,

Une journée qui rit, ou parfois qui pleure,

C’est le jour maudit des anniversaires !

 

Je hais cette journée qui rappelle notre âge,

Je déteste cette date qui vient nous gifler,

Nous oblige à voir la fin du voyage

Dans la nostalgie des années passées…

 

C’est le temps perdu et toutes nos erreurs,

Et toutes nos amours à jamais enfuies,

C’est la solitude qui dessèche nos cœurs,

Et nos espérances perdues dans la nuit !

 

C’est face au miroir, un nouveau visage,

Silhouette alourdie de nos ombres au mur,

Ce sont des ch’veux blancs et des rêves plus sages,

C’est le chant du temps, son glaçant murmure…

 

Ce sont les souv’nirs qui nous hantent souvent,

La mélancolie comme ultime richesse,

C’est aussi l’av’nir qu’on lit moins clairement

Et toutes nos urgences en quête de tendresse !

 

C’est une angoisse sourde qui étreint douc’ment,

Une terreur soudaine au cœur des plaisirs

Quand le corps fléchit, trahit nos élans,

C’est le temps qui gagne et voile les sourires…

 

C’est la vie qui prend ses couleurs d’automne,

L’éclat d’une étoile qui manque aux regards,

L’écho des regrets qui sonne et résonne

Quand de nos aînés, la mort nous sépare !!

 

C’est la conscience folle d’une vie éphémère,

La peur de mourir quand sonnera l’heure,

Notre insignifiance face à l’univers,

L’illusion perdue d’une vie meilleure…

 

On peut s’enivrer de vins et de danses,

Chercher l’espérance dans chaque sourire,

Se perdre dans les rires, meubler les silences,

Mais au bout d’la nuit, reviennent les souv’nirs…

 

Chaque anniversaire claque comme un rappel

De notre impuissance face au temps qui court,

Comme une évidence, brutale et cruelle

Qu’au jeu des saisons, l’hiver gagne toujours…

 

Une année de plus, une année de moins, une année soufflée

Comme les flammes graciles de toutes nos bougies,

Comme nos ambitions, nos rêves enterrés

Quand, au sablier, s’écoulent nos vies…

 

Herrlisheim – 9 juillet 2016

( 15 juillet, 2016 )

Quand se fissure le rêve,

Etaient-ils si naïfs, ou bien de doux rêveurs

Ceux qui voulaient s’unir pour protéger la Paix ?

Furent-ils influencés par quatre années d’horreurs ?

Etaient-ils en avance, ou n’étions-nous pas prêts ?

 

Ils ont posé les bases pour un monde plus sûr,

Ils ont choisi d’y croire malgré nos différences,

Pour pouvoir vaincre un jour les bâtisseurs de murs,

Dans la force d’une union ils ont mis leur confiance !

 

Au-delà de toute haine, de tout ressentiment,

Ils ont bâti des ponts et creusé des tunnels !

Ils ont franchi des mers, des cols, un continent

Pour vivre une ère nouvelle et bannir les querelles !

 

Ils ont ouvert l’espace, abattu des frontières,

Offrant à l’avenir, une nouvelle liberté !

Pour ne plus jamais vivre de folies meurtrières,

Sous un unique drapeau, ils nous ont rassemblés !

 

Sur l’azur d’une bannière, ils ont mis leurs espoirs,

Quelques étoiles dorées pour tracer un chemin,

Des réconciliations pour entrer dans l’Histoire

Et offrir un av’nir aux enfants de demain !

 

Sont-ils allés trop vite ? Ont-ils trop hésité ?

Leurs rêves pour l’Europe étaient-ils une erreur ?

N’ont-ils pas su convaincre nos peuples apeurés ?

Qu’est-ce qui a mal tourné ? Qu’est-ce qui nous a fait peur ?

 

Pourquoi craindre de perdre son esprit, son Histoire

En unissant nos forces, en joignant nos efforts ?

Le joueur d’une équipe connaît-il moins la gloire

Que l’athlète solitaire, quand tous deux décrochent l’or ?…

 

Mais à mettre en avant, l’argent et la finance,

A édicter des règles pour bâtir des empires

Au lieu de faire renaître l’envie et l’espérance,

Ils divisent les peuples au lieu de les unir !

 

A laisser des Etats s’engager à moitié,

A accepter la dot, mais pas le mariage,

La porte des envies, ils ont entrebâillée,

Et laissé les rancœurs atteindre nos rivages…

 

Une étoile est tombée, victime des vents mauvais,

Mensonges et populisme s’engouffrent dans la brèche,

De leurs armes perfides, ils menacent notre paix,

Et embraseront le monde d’une simple flamèche…

 

Ils voulaient renvoyer toutes les haines aux Enfers,

Bannir de nos contrées, rejet, peur et bêtise…

Mais ils ont réveillé, frustrations et colères,

Et revoilà la haine comme en terres conquises !

 

Les frontières se resserrent, les drapeaux claquent au vent,

Le rêve se fissure, quand s’oublient les serments….

A l’étroit dans ses rêves, notre vieux continent

Frémit d’antiques guerres et des folies d’antan…

 

 

Herrlisheim – 23 juin 2016

 

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