( 24 juin, 2016 )

Et puis tu es parti

C’est un coup de téléphone au cœur d’une nuit d’été

Qui résonne dans mon cœur comme un coup de tonnerre,

C’est une voix inconnue empreinte de gravité,

Et mon cœur qui s’emballe, qui s’affole, manque d’air…

 

Et puis dans la nuit claire, soudain, c’est le silence,

Le temps s’est arrêté sur quelques mots qui pleurent…

Mon esprit s’est figé au bord d’un vide immense

Quand du fond de mon âme, sourde et implacable germe la douleur !

 

C’est une brume sinistre qui tout à coup m’enlace,

Ce sont mes mains qui tremblent et mes jambes en coton,

C’est un vent de tempête qui me prend, qui me glace,

Des milliers de souv’nirs qui hurlent à l’unisson…

 

En une seconde seul’ment, j’ai perdu mes repères,

Mes pensées se bousculent et se fondent dans la nuit,

Je n’sais plus qui je suis, je ne sais plus quoi faire,

Je ne veux pas faire face à cette vie qui s’enfuit !

 

Le temps poursuit sa ronde, dehors un chien aboie,

Me ramène au présent, éloigne les souvenirs…

Une seule pensée, fragile, murmure d’une petite voix :

« S’il te plait, ne lâche pas, attends avant d’partir ! »

 

La route qui défile avale mes souvenirs,

Mes pensées volent vers toi, illusoires éclaireurs

Qui aimeraient tant t’atteindre, un peu te retenir,

Pour qu’au bord de ta vie, vienne se poser mon cœur !

 

Tu es là qui repose, à quelques pas de moi,

Juste derrière la porte d’une chambre aux murs blancs…

Quelques pas à franchir, quelques pas jusqu’à toi,

…Mais un chemin de peine pour mon cœur hésitant !

 

A la seconde même où je passe le seuil,

Insolente et sans fard, la vérité me frappe !

Ce n’est pas l’espérance qui m’attend, qui m’accueille,

C’est une part de ma vie qui a jamais m’échappe…

 

Une grande inspiration et je m’approche enfin,

Je m’assieds près de toi, caresse ton visage,

J’oublie toutes nos pudeurs et je te prends la main,

Je cherche un signe de vie pour un ultime partage !

 

Tu sembles si loin déjà, je te parle pourtant,

Malgré les mots qui butent sur ma gorge nouée,

Je parle sans savoir si encore tu m’entends,

Ou si déjà tu erres dans les limbes du néant…

 

Et puis tu es parti sur un dernier soupir,

Laissant là toute une vie pour rejoindre un ailleurs,

Sans un bruit, dignement, sans un dernier sourire,

Comme la flamme qui s’éteint sur une dernière lueur !

 

Il me reste les souv’nirs, il me reste l’absence,

Il me reste les larmes que je n’ai pas versées,

Quelques regrets bien sûr qui percent le silence,

Et l’étrange sentiment d’une page tournée…

 

C’était un soir d’été, il y a un an déjà,

Les yeux noyés de larmes tournés vers les étoiles,

Pour la dernière fois j’ai pu dire « papa »

Avant que vers le large tu  hisses ta grand voile…

 

Herrlisheim – 24 juin 2016

( 18 juin, 2016 )

Résister, pas haïr !

Pas une semaine sans que les barbares nous frappent en plein cœur,

Pas un jour sans qu’ils changent nos vies pour toujours,

Ici ou ailleurs, ils répandent le feu et la peur,

Sans courage, sans honneur, sans même un peu de bravoure !

 

D’une tuerie à l’autre, ils ébranlent nos valeurs,

D’une vie volée à l’autre, ils bousculent nos émotions,

Ils repeignent le monde de sinistres couleurs

Et piétinent nos jardins, nos rêves, nos illusions…

 

A chaque coup porté recule notre innocence,

Pour chaque enfant qui pleure se voilent nos regards,

A chaque sourire qui meurt s’éloigne notre espérance…

Et grondent nos colères quand le monde s’égare…

 

Quand chaque nouvel outrage franchit une frontière,

Quand explosent les barrières de notre humanité,

A quoi servent encore les paroles, les prières ?

Comment trouver la voie vers la sérénité ?

 

Quelles excuses allons-nous leur trouver ?

Où allons-nous chercher les raisons de leur rage ?

Pouvons-nous encore comprendre ou expliquer

Ou ne voyons-nous plus que des monstres, des sauvages ?

 

Comment ne pas céder au désir de vengeance ?

Comment ne pas haïr, comment rester debout ?

Comment ne pas tomber plus bas que cette engeance ?

Comment vaincre à jamais la fureur de ces fous ?

 

Je ne veux pas qu’ils volent mon humanité,

Je ne veux pas qu’en moi, le loup brise ses chaînes,

Je n’veux pas voir en l’autre tous les risques, les dangers,

Ni me perdre au hasard des chemins de la haine…

 

Mais je n’veux pas non plus, me cacher, me terrer,

Avoir peur de mon ombre, là, au milieu du bal,

Je veux encore chanter, sourire, rire et danser

Sans craindre pour ma vie un horizon fatal…

 

Pas question que demain, mon beau pays de France

Oublie toutes ses valeurs en bâtissant des murs,

Pas question qu’il oublie, l’accueil, la tolérance,

L’art de la liberté au-delà des blessures !

 

Même s’il est plus facile de libérer la haine,

De nous laisser guider par nos cœurs en colère,

J’aimerais, au-delà de ma rage et de ma peine,

Trouver les clés pour vaincre à jamais ce cancer…

 

Ils sont quelques milliers, nous sommes des millions,

Comment pourraient-ils longtemps nous mettre à genoux ?

Comment pourraient-ils nous vaincre, nous faire plier 

Si le monde se lève quand tombe l’un d’entre nous ?

 

Au fil de l’Histoire, sur chaque continent,

Jamais la Liberté ne fût longtemps vaincue,

Il est toujours un temps pour chasser les tyrans,

Et célébrer la paix et la joie revenues…

 

Je ne veux pas céder à toutes ces violences,

Celles du rejet de l’autre, celles des mots et des armes,

Je n’veux pas que mes peurs détruisent ma conscience,

Je veux entrer en résistance sans y perdre mon âme !

 

Alors malgré la haine, la colère et les peurs,

J’aim’rais savoir lutter sans perdre mes valeurs,

J’aim’rais unir ma voix à celle des gens de cœur,

Qui refusent l’oppression sans perdre leur honneur !!

 

Herrlisheim – 18 juin 2016

( 14 juin, 2016 )

Eh toi !

Eh toi !

Oui, toi, là-bas, qui d’un foulard caches ton visage,

Qui d’un pavé, d’une barre de fer armes ton bras

Et qui de toute la puissance de ta rage

Brises des vitrines, frappes à tout va…

Oui, toi,

Qu’est-ce-qui te pousse à tout casser, à tout détruire,

Qu’attends-tu de ta haine et de toutes ces violences ?

Espères-tu sur les ruines construire ton avenir ?

Penses-tu que ta colère t’offrira d’autres chances ?

 

Eh toi !

Oui, toi, qui tournes le dos à ta vie, tes amis, tes parents

Pour suivre un roi barbare au cœur de ses déserts

Et revenir vers nous dans le feu et le sang

Pour te faire exploser au milieu de tes frères…

Oui toi,

Crois-tu vraiment qu’un Dieu intraitable et vengeur

T’as choisi pour accomplir son œuvre, ses desseins ?

Crois-tu qu’en brisant nos vies, en semant le malheur

Tu verras se lever de meilleurs lendemains ?

 

Eh toi !

Oui, toi, qui achètes un fusil comme d’autres des douceurs,

Qui parce qu’il te dérange, vas massacrer l’amour,

Faire taire la musique et semer la terreur,

Et voiler de ténèbres des cœurs de mères, pour toujours !

Oui toi,

Que crois-tu avoir tué dans ta cavale mortelle ?

Quel héros crois-tu être, couché là, sur l’asphalte ?

Espères-tu dans leur sang devenir immortel ?

Crois-tu que sur ta tombe, un jour, nous ferons halte ?

 

Eh, toi !

Oui, toi, qui d’une fête populaire fais un champ de bataille,

Qui affiches ton mépris, ta laideur, ta violence,

Qui fais peur aux enfants, grotesque épouvantail

Qui donnes de ton pays l’image d’une décadence,

Oui toi,

Qu’espères-tu donc gagner de cette sauvagerie ?

Crois-tu qu’on va t’aimer, t’admirer, t’encenser ?

Quelle valeur défends-tu dans cette barbarie ?

Sais-tu qu’on te méprise pour tous nos rêves brisés ?

 

Eh toi !

Oui, toi, qui dans l’urne vas glisser un blanc-seing pour la haine,

Qui juges, qui exclus, sans chercher à comprendre,

Toi qui nourris les peurs de tes chants de sirènes,

Qui vois toujours en l’autre le coupable qu’il faut pendre !

Oui toi,

Crois-tu trouver la paix dans le déni de l’autre ?

Espères-tu vivre mieux, planqué derrière tes murs,

Dans ce repli sur soi dont tu te fais l’apôtre,

Ne s’ras-tu pas demain celui dont on murmure…

 

Eh vous !

Oui, vous, religieux de tous poils et de toutes confessions,

Qui pleurez en direct les morts et les blessés,

Mais qui jamais n’osez vous remettre en question,

Qui laissez vos dogmes pervertir l’humanité,

Oui vous,

Ne comprenez-vous pas que vous êtes dans l’erreur ?

Que votre voix n’est pas celle d’un Dieu sans âge,

Que si Dieu il y a, il n’est que dans nos cœurs,

Dans nos actes d’amour, dans nos rêves, nos partages !

 

Eh vous !

Oui, vous, puissants du monde entier dans vos tours d’ivoire

Qui jouez de nos vies comme sur un échiquier,

Qui sacrifiez vos pions pour garder le pouvoir

Sans voir derrière vos pièces les visages oubliés…

Oui vous,

Dormez-vous l’âme en paix et le cœur serein

Quand vos décisions brisent le sourire d’un enfant

Qui voit son père pleurer sur tous ses lendemains

Pour faire étinceler  vos destins triomphants ?

 

Eh toi !

Oui, toi, qui pleures, qui gémis en lisant ton journal,

Mais qui n’oses pas te battre pour un meilleur avenir,

Qui dénonces l’injustice mais restes au cœur du bal

Et qui perds la mémoire au tout premier sourire…

Oui, toi,

Crois-tu qu’il te suffit de détourner les yeux,

De te fermer au monde, à ses aberrations

Pour que n’existent pas tous ces massacres odieux,

Que le monde soit tel que l’rêvent tes  illusions…

 

Et moi !

Oui, moi, qui affûte mon crayon à chaque nouvelle violence,

Mais qui, comme tous les autres n’ose pas monter au front !

Qui cherche dans les mots les rêves de mon enfance

Pour vaincre les cauchemars d’un monde sans pardon…

Oui, moi,

Révoltée, en colère, triste pour notre monde,

Honteuse quelquefois de mes petits bonheurs

Quand j’oublie un instant que rôde la bête immonde

Qui cherche à nous changer, à détruire nos valeurs !

 

Oh, moi,

Oui moi, qui dans chaque aube nouvelle voit l’ombre d’une promesse

Qui dans chaque sourire voit toute l’humanité,

Qui dans un mot d’amour, dans un peu de tendresse

Espère un renouveau pour un monde endeuillé…

Oui, moi,

Qui dans mes souvenirs cherche une raison d’y croire,

Qui dans toutes les chansons espère un avenir,

Qui cherche le meilleur au cœur de chaque histoire

Et veux croire que la paix, un jour saura rev’nir !

 

Oui moi,

Qui vous dédie ces mots pour plus d’humanité,

Qui cherche dans vos regards la force de n’pas haïr

Qui trouve dans vos messages le courage d’avancer

Qui pour rester debout, s’accroche à vos sourires !

 

Herrlisheim – 13 juin 2016

 

( 12 juin, 2016 )

Et si on pensait à dire…merci,

Quand un rayon de soleil, enfin s’pose sur ma vie,

Quand un éclat de chance soudain éclaire l’avenir,

Je lève le regard vers l’azur infini,

Silencieuse prière nichée dans un sourire !

 

Quand on pose sur moi un regard bienveillant,

Quand d’un geste, d’un mot, on apaise mes angoisses,

Le cœur plus léger, libre et reconnaissant,

D’un sourire, d’une fleur, je pense à rendre grâce !

 

C’est ma main que je pose, juste là, sur mon cœur,

Quand nos regards se croisent au milieu de la foule,

C’est l’eau qui noie mes yeux, en trouble la couleur

Quand on m’reprend la barre, qu’on me guide dans la houle…

 

C’est un mot, c’est un geste qu’on apprend dès l’enfance

Mais qu’on oublie souvent dans la course du temps,

Cinq lettres pour exprimer notre reconnaissance,

Qu’on dit sans y penser, mais qui disent tant, pourtant !

 

Mais dans cette vie qui court, dans ce monde pressé,

Bien rares sommes-nous encore à nous en souvenir,

Lorsque tout semble dû, qu’on ne sait qu’exiger,

Qui prend encore la peine, d’un merci, d’un sourire…

 

C’est pourtant si facile, et ça ne coûte rien

D’remercier l’inconnu qui nous cède sa place

Ou d’remercier le ciel, la vie, son ange gardien,

Pour un rêve qui prend vie, une larme qu’on efface…

 

Trois petits mots choisis pour un service rendu,

Pour un peu de soutien, un beau bouquet de fleurs…

Un élan de tendresse quand tout paraît perdu

Et que tu mets ta foi au service de mes pleurs…

 

Il n’est pas de partage qui n’mérite un sourire,

Et pas de main tendue sans émotion sincère,

Pas de peine consolée sans petit mot pour dire

Tout le bien que ça fait à une âme solitaire…

 

Quand quelqu’un prend la peine de sécher une larme,

Partageons le plaisir quand revient le bonheur,

Quand une épaule amie offre un port à nos drames,

Offrons-lui un regard, un peu de notre cœur,

 

Qu’on nous aide à lutter, à abattre des murs,

Qu’on nous offre un soutien, d’un mot, d’une présence,

Ou qu’on nous encourage douc’ment, dans un murmure,

Exprimons sincèrement notre reconnaissance !

 

Pour chaque fleur semée le long de nos chemins,

Pour chaque sourire offert, chaque nuage écarté,

Pensons à dire merci, d’un mot, d’un petit rien,

D’un sourire rendu pour une peine partagée…

 

Pour chaque main dans la mienne au cœur de mes orages,

Pour chaque voix qui apaise mes doutes et mes chagrins,

Pour chaque porte ouverte au cours de mes voyages,

Je dédie en tendresse, une fleur de mon jardin…

 

 

Herrlisheim – 12 juin 2016

( 7 juin, 2016 )

La dernière page,

Comme une dernière valse, un dernier tour de piste,

Comme la dernière danse au bal des sentiments,

C’est la fin du voyage, nos cœurs sont un peu tristes,

Un peu perdus aussi, peut-être un peu trop grands…

 

Faut dire que t’as fait fort, que tu nous as bien eues,

L’air de pas y toucher, tu nous as bien cueillies…

D’une petite balade dans tes souv’nirs heureux,

Tu nous as embarquées jusqu’au cœur de nos vies…

 

Chaque note, chaque parole a frappé en plein cœur !

Au fond de nos mémoires, tu es venu chercher

Nos émotions d’hier, nos chagrins, nos bonheurs

Pour leur redonner vie, ou pour les apaiser…

 

On n’a pas tout compris, on n’t’a pas vu venir,

On n’imaginait pas qu’on partirait si loin…

Pourtant, au fil des nuits, de nos larmes à nos rires,

On a suivi ta route jusqu’à nos lendemains…

 

J’ai croisé des sourires, j’ai croisé des regards

Emplis d’émotion pure, de lumière d’étoiles

J’ai vu couler des larmes quand pleurait ta guitare,

J’ai vu fleurir des rêves, j’ai vu tomber des voiles…

 

J’ai vu des mains s’unir pour se réconforter,

J’ai vu des poings serrés pour vaincre la tristesse,

Mais aussi des sourires, des fous-rires partagés,

Et j’ai lu des mots bleus, d’amour et de tendresse !

 

Et toi ? Que voyais-tu de là-haut, face à nous ?

As-tu reçu au cœur ce bouquet d’émotion ?

As-tu compris nos gestes, nos regards un peu flous ?

Sais-tu tous nos chemins, nos étranges sensations ?

 

Mais hier fut peut-être, notre dernière escale,

…Tout voyage a une fin, il fallait s’y attendre…

Alors, on a tout mis dans cette dernière cavale,

Nos espoirs, nos plaisirs, et nos mots les plus tendres…

 

Si tu nous avais vues, investir les terrasses,

Si tu avais pu voir nos rires et nos bonheurs,

Nos paillettes, nos dentelles, nos soies et tous nos strass…

Hier, pour quelques heures, nous battions d’un seul cœur !

 

Bien sûr on a pleuré, gémi et soupiré !

Bien sûr on a voulu, cent fois r’monter le temps…

Bien sûr, pendant des heures, on a battu l’pavé

Pour un dernier échange dans cette nuit de printemps…

 

Mais derrière la tristesse de ce dernier voyage,

Il y a tant de souv’nirs pour réchauffer nos cœurs,

Que s’il faut bien ce soir, tourner la dernière page,

On en garde le sourire, l’émotion, la douceur !

 

Et si les mots nous manquent pour dire nos sentiments,

Regarde dans nos cœurs, ils te parleront mieux,

Si nos mots sont trop courts pour dire « merci, vraiment »,

Regarde la lumière, tout au fond de nos yeux…

 

Herrlisheim – 07 juin 2016

( 7 juin, 2016 )

Quand s’efface la fille en rouge,

Toute de rouge vêtue pour la dernière fois,

La fille en rouge se glisse dans la salle endormie,

Le cœur en bandoulière, l’émotion dans la voix,

Elle attend, immobile, que le rêve prenne vie…

 

Pour la huitième fois, elle retrouve sa place,

Une parmi tant d’autres, elle largue les amarres

Et laisse sur le rivage sa vie et ses angoisses

Pour trouver l’apaisement aux accords d’une guitare.

 

Elle connait chaque escale de ce drôle de voyage

Qui l’a menée plus loin qu’elle en avait rêvé,

Elle sait tous les sourires, les larmes sur son visage,

Son cœur qui s’affole, les regards échangés…

 

Mais ce soir entre tous, la fille en rouge a peur…

C’est sa dernière chance de capter un sourire,

…Elle en a tant rêvé, de ce petit bonheur,

Tant espéré un geste qui réveille son av’nir !

 

Tout au bord de l’allée, bien loin du premier rang,

Le rêve dans les yeux, le cœur tout en tendresse,

Entre espoir et déni, la fille en rouge attend,

Que d’un geste ou d’un mot, lui revienne l’ivresse !

 

Verra-t-il son regard noyé par l’émotion ?

Verra-t-il le poème dans la dentelle rouge sang ?

Lui accordera-t-il une seconde d’attention ?

Lui dira-t-il qu’il aime ses mots qui disent tell’ment ?

 

Mais la musique l’emporte au fil des souvenirs,

Au gré des amours mortes et des rêves oubliés…

De la naissance d’un fils, au père laissé partir,

Elle pleure son histoire, laisse ses larmes rouler…

 

Sous les ors qui scintillent, elle ne voit plus personne,

Que l’ombre de ses rêves, les fantômes de sa vie…

Dans les notes qui s’envolent, dans un cri qui résonne,

La fille en rouge se voile dans sa mélancolie !

 

Tristesse douce-amère de ce dernier voyage,

Quand au cœur de la nuit, la fille en rouge s’enfuit…

Elle a fermé les yeux, oublié l’paysage,

Cherché dans les étoiles, les chemins de l’oubli !

 

Comme un dernier défi au fil de son destin,

Elle est restée longtemps, à battre le pavé !

Le cœur en espérance, les rêves dans le lointain,

Sa tête qui disait « rentre ! », mais son âme a cédé…

 

Mais depuis son nuage, son monde de lumière,

Le troubadour n’a pas, sur elle posé les yeux…

Il n’a pas vu son cœur, pas compris sa prière,

…Elle part le cœur en berne, le sourire malheureux !

 

Quand sur une nouvelle aube a paru le soleil,

La fille en rouge bouclait son voyage à l’envers.

De toutes ses émotions à toutes ses nuits de veille,

Elle a refait la route, recherché ses repères…

 

Mais les rêves s’envolent dans la lumière du jour,

Les illusions se fanent, elle en perd la trace…

Alors pour pas glisser trop loin du temps qui court,

Dans un ultime orgueil, la fille en rouge s’efface…

 

Elle reviendra peut-être, avec le vent d’automne,

Se glisser dans son rêve, s’offrir une autre chance…

Plus sereine peut-être face aux rêves qui résonnent,

Plus forte aux vents contraires et à tous les silences…

 

Paris – 6 et 7 Juin 2016

( 4 juin, 2016 )

Lorsque je pense à toi,

Tu as volé mon cœur par une froide nuit d’hiver,

Pour me montrer un ciel cent mille fois étoilé,

Et puis, tu m’as laissée, perdue et solitaire,

Au bord d’un chemin creux, obscur et désolé…

 

Nos deux cœurs côte-à-côte semblaient une évidence

Et ma main dans la tienne paraissait à sa place,

Mais ta main m’a lâchée, quand ton cœur, en silence

De tous nos souvenirs a effacé les traces !

 

Douceur d’un murmure lorsque je pense à toi,

Comme un bonbon sucré qui caresse mes lèvres,

Comme une chanson qui court, me bouscule malgré moi,

Une mélodie d’amour quelquefois un peu mièvre…

 

Abyssal vertige du manque qui me saisit

Quand mon regard te cherche et ne trouve que l’absence,

Comme la chute sans fin qui m’entraîne chaque nuit

Aux frontières incertaines de ton indifférence !

 

Troublante mélancolie quand mon cœur se souvient

De ton regard sur moi qui me rendait vivante,

Etrange nostalgie quand mon corps se souvient

De tes mains sur ma peau, possessives et brûlantes…

 

Violente désillusion à chaque aube nouvelle

Quand l’horizon recule comme mirage au désert,

Insondable tristesse, chagrin lourd et cruel

Quand la vie, insolente, ignore mes prières !

 

Ivresse pathétique dans des bras étrangers

Quand je cherche pour un soir l’oubli de ton sourire,

Improbable plaisir pour mon cœur fatigué

Quand on m’offre une trêve qui chasse ton souvenir…

 

Puériles espérances quand je croise ton regard

Comme un printemps qu’on rêve et qui ne fleurit pas

Ephémères émotions au cœur de mes brouillards

Quand ton sourire me frôle mais ne s’arrête pas…

 

Je la trouvais pourtant bien jolie notre histoire,

Nous aurions pu longtemps suivre le même chemin,

Mais ton cœur en colère n’a pas voulu y croire,

Et tu as, sans un mot pillé nos lendemains…

 

Depuis, dans ma mémoire se promènent des regrets

Un goût d’inachevé, le rêve d’une autre chance…

Lorsque je pense à toi, tu sais, c’est au présent,

Et je conjugue l’avenir en tendresse, en confiance…

 

C’est le regret amer de l’été qui s’enfuit,

Impatience pourtant parce que j’y crois encore,

Délire d’une âme en peine à l’automne de la vie,

Pour une dernière saison qui soit saison d’amour…

 

 

Herrlisheim – 05 juin 2016

 

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