( 24 avril, 2016 )

La voix de la raison

Oh, comme je la déteste, cette petite voix sournoise

Qui se glisse, insidieuse, au cœur de mes plaisirs,

Qui, au milieu d’un rire, vient me chercher des noises,

Qui perturbe mes rêves, qui éteint mes sourires !

 

Elle est là, elle s’incruste dans tous mes rêves fous,

Elle glace sans concession toutes mes espérances,

Elle calcule, argumente, d’un mot, elle détruit tout,

Me pousse à renoncer, à n’pas croire en ma chance !

 

Mère de tous mes regrets et de mes renoncements,

Elle m’arrache à mes rêves, dévore mes ambitions !

Elle retient mes audaces et freine mes élans,

Murmure que mes désirs, ne sont qu’des illusions…

 

Des bonheurs que je vis, elle me montre l’après,

De mes projets en marche, elle dévoile les écueils !

Elle ronge ma confiance, me condamne au secret,

Et de bien des voyages, m’oblige à faire le deuil !

 

Sœur ainée d’la prudence, elle tient mes rêves en cage,

M’enchaîne au quotidien, réprime mes folies,

Elle me rappelle mon rang, mes moyens et mon âge

Et se moque cruellement de toutes mes envies !

 

Elle dresse autour de moi d’infranchissables murs,

Affiche sur grand écran les risques et les dangers,

Elle raconte mes échecs, dans un sinistre murmure,

Se sert de mon orgueil pour me faire renoncer !

 

Je lui échappe, parfois, la pousse dans un recoin,

Je refuse d’écouter, je joue l’indifférence,

Je l’étouffe sous mes rires, l’envoie grincer plus loin,

Et laisse chanter mes rêves, s’épanouir toutes mes danses !

 

Je peux alors m’offrir, sans regret, sans remord,

Une parenthèse de vie, sans limite, sans barrière !

Je peux, pour quelques heures, remplacer mon décor,

Et vivre passionnément mes rêves dans la lumière !

 

Je peux même, parfois, prolonger mes voyages,

Rester bien à l’abri dans ma bulle, hors du temps,

Revivre chaque seconde de souvenir en partage,

Oublier le réel, la vraie vie, le présent !

 

Mais elle revient toujours, la voix de la raison,

Me tirer par la manche, me ramener au port,

M’obliger à reprendre le cours de mes saisons

Et forcer ma sagesse à retrouver le nord !!

 

« Ta vie n’est par là, arrête de rêver !

Ne prends pas ce chemin, pour toi, c’est une impasse !

Reste donc à ta place, tu vas encore pleurer,

Mais non, ça n’fait pas mal, attends juste que ça passe ! »

 

…Je hais cette petite voix qui me ramène à moi,

Me ramène à ma vie, à toutes ses vérités,

Je hais cette petite voix, lucide, froide et sans joie

Qui me ramène au monde, à sa réalité…

 

Impossible d’oublier, le monde et ses horreurs,

Quand la voix d’la raison nous ouvre grand les yeux !

Impossible de croire à ses rêves de bonheur,

Quand la voix d’la raison fixe les règles du jeu !

 

 

Herrlisheim – 24 avril 2016

( 17 avril, 2016 )

Le mal des profondeurs,

Comme le plongeur, douc’ment, glisse vers le fond des mers,

Enivrée d’émotion, j’ai perdu mes repères,

Jour après jour, de ville en ville, de train en train,

J’ai laissé derrière moi les chaînes du quotidien…

 

Emportée par mes rêves, portée par la magie,

J’ai oublié le monde, j’ai oublié ma vie !

J’ai laissé la musique me montrer le chemin

De mes douleurs secrètes, de mes rêves sans lendemain !

 

J’ai croisé des regards, des sourires et des larmes,

J’ai vu l’émotion pure de ceux qui rendent les armes,

J’ai vu mon âme en paix glisser dans la lumière,

Se fondre au cœur des mots, exploser dans les airs !

 

J’ai plongé si profond au cœur de mes silences,

Et voyagé si loin de toutes mes impatiences,

Qu’aujourd’hui je m’égare, je n’trouve plus le chemin

Qui me mène à ma vie, au monde, à mon destin !

 

Je n’aurais pas pensé croiser dans ce voyage,

Cette petite part de moi que j’garde toujours en cage…

Ces émotions trop fortes, ces chagrins refoulés,

Par ta voix sur ses mots, tu les as exhumés !

 

…Et j’ai pleuré mon père, et toutes mes amours mortes,

Et j’ai laissé mes peines franchir enfin ma porte…

Douloureuse expérience, délicieuse violence,

Qui, peut-être, ont guéri mon cœur de ces absences !

 

Comme la tentation qui saisit le plongeur

De laisser les grands fonds faire exploser son cœur,

J’hésite à revenir dans ma réalité,

Un peu peur de souffrir, de n’pas le supporter !

 

Je ne veux pas de bruit, aucune distraction,

Rien qui puisse m’arracher à mes belles émotions…

Pas d’aiguille acérée sur ma bulle de douceur

Qui la fasse exploser dans une gerbe de pleurs…

 

…Mais je suis là pourtant, je remonte lentement,

Attirée par la vie, irrémédiablement…

Un sourire, un clin d’œil, ou la main d’une amie,

Je laisse là mon rêve, mais jamais je n’oublie…

 

Un rayon de soleil perce enfin les nuages,

Il est temps, je le sais, d’accoster mes rivages…

Il me faut regagner la surface en douceur,

Si je n’veux pas souffrir du mal des profondeurs…

 

Mais je garde à jamais, gravée dans ma mémoire,

Cette étrange cavale, parenthèse illusoire…

Qui m’a menée plus loin que je l’aurais pensé,

Qui m’a laissée sereine, malgré les larmes versées !

 

Herrlisheim – 17 avril 2016

( 15 avril, 2016 )

Je voulais simplement te dire

Je voulais simplement te dire,

Qu’une photo pour moi, est plus qu’un souvenir,

C’est un rêve endormi sur du papier glacé

Qu’on éveille d’un regard, d’une larme, d’un soupir

Quand l’absence est trop lourde, parfois, à supporter !

 

Je voulais simplement te dire,

Qu’immortaliser tes gestes, tes sourires, tes émois

Est sans doute, parfois, illusoire protection…

A mettre un objectif entre la scène et moi,

Maladroite, je tente, d´masquer mes émotions !

 

Je voulais simplement te dire,

Que ce geste répété tant de fois chaque soir,

Ce paraphe souriant que tu traces d’un seul trait,

Est plus qu’une arabesque signée au feutre noir,

C’est un chemin que suit, parfois, ma liberté…

 

Je voulais simplement te dire,

Qu’une photo avec toi, que trois mots échangés

Sont bien plus que caprices d’admiratrice transie,

Ils sont l’instant unique que j’n'oublierai jamais,

Un petit arc-en-ciel posé là, sur ma vie !

 

Je voulais simplement te dire,

Que si j’insiste parfois, si j’suis pas toujours sage,

C’est pas pour te fâcher, j’voudrais pas te décevoir !

Mais si je m’impatiente au bord de tes rivages,

C’est qu’je veux ajouter une page à mon histoire…

 

Je voulais simplement te dire,

Que si je cherche d’un geste à capter ton regard,

C’est pas pour te voler une once d’intimité !

C’est juste pour t’offrir un sourire sans fard,

Un « merci », un « bravo » en toute sincérité !

 

Je voulais simplement te dire,

Que si un jour l’audace me pousse à des folies,

Qu’à trop courir mon rêve, je pêche par maladresse,

C’est qu’il y a si longtemps qu’tu embellis ma vie,

Qu’j'aurai oublié, un temps, d’enchaîner ma tendresse !

 

Mais je voulais aussi te dire,

Que les plus beaux souv’nirs, c’est vrai, sont dans mon cœur,

Je les retrouve intacts, quand je ferme les yeux,

Et j’emmène plus loin tous mes petits bonheurs

Qui trouveront leur place parmi mes rêves bleus…

 

Mais je voulais aussi te dire,

Que toutes les frustrations, tous les petits revers

Se fondent dans la nuit quand s’allume ton regard,

Que je chasse loin de moi, mes rancœurs, mes colères,

Pour garder le meilleur au creux de la mémoire !

 

Oui, ce soir, il faut que je te dise,

Que je n’mets pas mes rêves dans une photo volée,

Que je préfère les mots pour graver mes souvenirs,

Pour leur donner, peut-être, un peu d’éternité…

…Mais tu sais, une photo, ça les fait ressurgir…

 

Oui, ce soir, il faut que je te dise,

Que ces poses maladroites, aux airs un peu crispés,

Comme des photos d’famille, d’amitié, de vacances

Participent au souv’nir, quand le temps l’a usé,

Petites Mad’leines de Proust au cœur de tes silences..

 

Voilà, ce soir, tu voulais que l’on te dise,

Ce qu’un mauvais cliché pouvait nous apporter,

J’ai essayé d’répondre, en toute humilité,

Comprenant tes raisons et ton hostilité,

Mais  espérant, tu t’en doutes, une possibilité…..

 

Annecy – 14 avril 2016

( 13 avril, 2016 )

Ce soir encore,

Je suis partie confiante, je croyais tout savoir,
Je connaissais chaque note, chaque parole, chaque sourire !
Je savais l’émotion de cette belle histoire,
Et puis, ce soir encore, tu as su me cueillir !

Je savais cette seconde où gliss’rait une larme,
Et, quand, au cœur du bal, viendrait l’envie d’valser,
Je sais tes sourires tendres pour une longue dame,
Pourtant, ce soir encore, tu m’as désarçonnée !

Le hurlement tragique d’une guitare qui pleure
Ne pourrait me surprendre, ni me glacer le sang !
Je saurais apaiser les batt´ments de mon cœur,
…et puis, ce soir encore, j’ai glissé hors du temps !

Je croyais tout connaître de cet étrange voyage,
Chacune des étapes, chaque escale tendresse !
J’étais sûre de pouvoir nager loin du rivage,
Pourtant, ce soir encore, tu m’as eue en finesse !

Pudiques blessures d’enfance qu’on recouvre d’un voile,
Ou déceptions d’amours qui ne veulent pas mourir,
Chaque étape me mène plus haut vers les étoiles,
Chaque soir, tu me ramènes plus près d’mes souvenirs !

Quand s’allument les lumières, qu’il faut partir, déjà,
Je me sens vide soudain, triste, et un peu paumée !
J’aimerais te faire un signe, un geste, un…je n’sais pas….
Je n’en ai pas l’audace, je pars, le cœur serré !

Je marche dans la ville, là où mes pas me portent,
Je tourne et je me perds, les rêves dans les étoiles…
…Je croyais tout savoir, je pensais être forte,
Pourtant, ce soir encore, tu m’as prise dans ta toile…

Les lumières me rattrapent et font briller mes larmes
Comme des perles d’amour au fil de mes pensées,
Je croyais bien connaître les fêlures de mon âme,
Et puis, ce soir encore, tu les as apaisées !

Je joue avec le feu à revenir chaque soir
Brûler mes émotions au feu de ta passion !
Tu deviens, c’est certain, ma plus jolie histoire,
Lorsque chaque soir, tu frôles mes rêves papillons…

Je reviendrai encore pour me brûler les ailes
À ton rêve d’amour qui m’emmène si loin !
Et tant pis pour les larmes, la balade est trop belle
Quand chaque soir en douceur, tu berces mes chagrins…

Metz – 12 avril 2016

 

( 11 avril, 2016 )

Voyage en Emotion,

Dès demain, je fuis le monde et sa colère,

Demain, je tourne le dos à la folie humaine…

Pour quelques jours, j’oublie ma vie et mes rêves amers,

Je laisse là mes contraintes, mes passions incertaines !

 

Demain, la peur au ventre mais le cœur léger,

Demain, entre folle impatience et douce appréhension,

Je reprends la route, sans bagages, le sourire retrouvé 

Demain, je recommence mon voyage en émotion !

 

Pour la première fois, sans remord, je cède à mes envies,

Ma raison s’est soumise à la raison du cœur,

Et s’il est vrai, sans doute, que c’est un peu folie,

C’est une folie douce, au parfum de bonheur !

 

Six jours, quatre soirées, des rires, et puis des larmes,

Des souv’nirs à construire, des rêves à retrouver,

Un écrin d’émotion qui m’fait rendre les armes,

Parenthèse nostalgique de tendresse partagée !

 

Ce n’est que du bonheur, pourtant j’angoisse un peu !

Serais-je à la hauteur de ce vibrant hommage ?

Est-ce qu’à trop espérer, je n’augmente pas l’enjeu ?

Saurais-je rester sereine ? Saurais-je rester sage ?

 

C’est un drôle de voyage, un peu un pèlerinage,

De l’émerveillement tendre de tes années d’enfance

A l’hommage délicat d’un homme libre et sans cage,

Un hommage public, en notes, et en confiance !

 

Je connais les paroles, je connais la musique !

Et je sais les silences quand nous cueille l’émotion !

Je sais les larmes aux yeux, mon cœur mélancolique,

Et l’explosion d’amour des « standing-ovations » !

 

Et puis je sais aussi, la tentation intense

De chanter avec toi ces mots qui disent tant !

Je sais qu’il me faudra lutter, me faire violence

Pour ne pas me lever, emportée par l’élan…

 

J’y pense, et mes mains tremblent, et mon cœur s’emballe !

Dans ma tête, les pensées prennent la clé des rêves…

La lumière en musique m’entraîne dans sa spirale,

Et je quitte le monde, le temps que dure la trêve…

 

Herrlisheim – 09 avril 2016

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