( 28 mars, 2016 )

Une autre vie

Enfant, lorsque mon regard s’égarait du côté du miroir,

L’éclat mordoré que j’y croisais me semblait étranger…

Enfant, se promenait au cœur de ma mémoire,

Un autre regard, un autre visage, une autre réalité !

 

Lorsque je fermais la porte au monde pour m’endormir,

Bien au-delà des rêves, la nuit me ram’nait chez moi…

Et lorsque le soleil chassait les étoiles, les faisait pâlir,

Le cœur en feu, l’âme égarée, j’ouvrais les yeux sur mon désarroi !

 

Je n’ai jamais rien dit des doutes qui me rongeaient,

Je n’ai rien demandé, posé aucune question !

Même au cœur de l’enfance, sans comprendre, je savais,

Que le silence était pour moi la seule option !

 

J’ai lutté pas à pas contre ces certitudes,

Refoulé les « souv’nirs » qui me hantaient chaque soir…

Je me suis réfugiée dans une vie d’habitudes

Pour plus voir les images de cette étrange histoire !

 

On me disait distraite, étourdie ou rêveuse,

Quand je cherchais seul’ment une place dans ce monde-là !

On me disait sauvage, solitaire et menteuse

Quand j’étais juste perdue au cœur de cette vie-là !

 

Petite fille trompée par son imaginaire,

Qui ne savait que faire de ses rêves trop grands,

Ou petite âme perdue au fond de l’univers

Qui cherchait son étoile au cœur du firmament… ?

 

Combien de colères froides, de larmes inexpliquées

Ont troublé ma famille tout au long de l’enfance ?

Combien de mots ret’nus, combien de poings serrés

Pour ne pas leur montrer toute ma désespérance ?

 

Le temps a fait son œuvre, m’a ramené sur les rails,

Et j’ai construit ma vie sur les ruines de mes rêves !

Pas à pas, en silence, peu à peu, vaille que vaille,

J’ai chassé l’indocile, ram’né la bonne élève…

 

Dans cette vie sans surprise, sans imagination,

J’ai  masqué mon regard, déguisé mes pensées !

J’ai menti à mes rêves, trahi mes convictions

Pour ressembler aux autres dans leur réalité…

 

J’ai croisé des bonheurs, j’ai aimé sans retour…

J’ai espéré mille fois avoir trouvé ma place !

J’ai forcé mon destin, avancé sans détour,

Et de l’enfant d’ailleurs, effacé toutes les traces !

 

Il arrive pourtant, qu’au détour d’un miroir,

Je croise son regard empreint de nostalgie…

J’y vois tant de reproches, parfois du désespoir,

La certitude sourde que j’me suis trompée d’vie…

 

 

Herrlisheim – 28 mars 2016

 

( 27 mars, 2016 )

La couleur des émotions,

Il est de ces moments si chargés d’émotion

Où les mots ne savent pas, où les mots parlent trop…

Il est de ces moments, qu’importe la partition,

Où les mots sont trop pâles, où les mots sonnent faux !

 

Ce soir, tu as choisi, de nous faire confiance

En nous retrouvant là où on n’t’attendait pas !

Ce soir, tu as choisi, d’ignorer la prudence,

Et trouvé un écho que t’attendais p’t’être pas !!

 

Tu as ouvert pour nous ta boite à souvenirs,

En as fait un bouquet d’audace et de passion

Que tu nous as tendu, entre larmes et sourires,

Offrant cette part de toi à toutes nos émotions !

 

Les mots sont là, profonds, qui semblent t’habiter,

Et les notes qui s’envolent, te portent dans leur danse,

Tu cueilles les chansons en douceur, intimidé,

Et leur offres un écrin d’amour et d’innocence!

 

L’élégance du voyage, la pudeur de l’hommage,

Il faudrait un poète pour vous les expliquer !

Le respect des silences, les larmes sur les visages,

Il faudrait un artiste pour vous les dessiner…

 

La passion dans la voix, la douceur du regard,

Il n’y a que l’amour qui se mesure à ça !

Des étoiles dans les yeux, les tiens comme les miens,

Il n’y a que le bonheur, pour les allumer là !

 

Il est de ces moments si chargés d’émotion

Où les mots ne savent pas, où les mots parlent trop…

Il est de ces moments, qu’importe la partition,

Où les mots sont trop pâles, où les mots sonnent faux !

 

Dix fois déjà j’ai saisi mon crayon,

Dix fois déjà j’ai cherché à traduire

Les batt’ments de mon cœur, les sourires, l’attention,

Et tout ce que mon âme essayait de me dire !

 

Mais comment décrire l’intensité d’un sentiment ?

Comment exprimer la profondeur d’une émotion ?

Quel parfum traduira la magie d’un instant ?

Quelle couleur pour cette troublante sensation ?

 

Quelle image saura peindre cette seconde d’éternité,

Celle où tout bascule, celle où l’âme s’envole ?

Quelle musique chantera ces minutes de volupté,

Quand les sens s’éveillent pour une note, un regard, une parole ?

 

Même la flamboyance d’un soleil au couchant

N’aura jamais l’éclat de nos regards, de nos sourires !

L’ouragan lui-même, quand il libère la force des vents

Ne saurait emporter la puissance du souvenir !

 

Il est de ces moments si chargés d’émotion

Où les mots ne savent pas, où les mots parlent trop…

Il est de ces moments, qu’importe la partition,

Où les mots sont trop pâles, où les mots sonnent faux !

 

Je tourne et je retourne, tous les mots dans ma tête,

« Bravo » n’est pas assez, « Merci », encore trop peu…

Je t’offrirais mille pages, ou une phrase muette

Si elles savaient te dire de mon cœur les aveux…

 

Herrlisheim – 22/27 mars 2016

 

( 25 mars, 2016 )

Autographe,

Minuit ! Le sombre ruban d’asphalte défile sous mes roues,

Le moteur qui ronronne anesthésie mon cœur,

La lune et les nuages se coursent, se cachent et jouent…

Et les pinceaux des phares deviennent projecteurs…

 

Flashback ! Je rembobine, je fais la route à rebours…

Je me souviens du vent qui m’a fait frissonner,

De la chaleur complice des sourires qui m’entourent,

De l’éclat des regards, des rêves partagés !

 

Les portes s’ouvrent sur mes rêves, mon cœur se serre un peu,

En silence je me glisse dans l’ombre d’une étoile,

Je retiens mon souffle, libère mes rêves bleus,

Et dans une petite larme, l’émotion se dévoile…

 

Et soudain, il est là, à quelques pas de moi !

Silhouette familière que je n’reconnais pas !

J’avance puis je recule, impressionnée je crois,

Mais on me pousse douc’ment, alors, j’avance d’un pas…

 

Le temps suspend son vol, un paraphe, une photo…

Une voix sans micro qui me paraît plus douce,

Je n’sais plus qui je suis, je ne trouve pas mes mots

…J’oublie de dire merci, mais déjà, on me pousse…

 

Quelques secondes seul’ment pour une éternité,

Quelques secondes seul’ment, pour capter un sourire !

Je sais, c’est irréel, ça fait un peu cliché !

Quelques secondes, c’est peu, pour construire un souv’nir !

 

Sur la route qui défile, je remonte le temps,

Je trouve enfin les mots que j’aurais pu lui dire,

Sur la route qui défile, je revis chaque instant,

Comment aurais-je pu faire, pour mieux le retenir ?

 

J’aurais dû lui sourire, lui offrir un regard,

Lui dire en quelques mots, combien il compte pour moi !

J’aurais dû, j’aurais dû…mais maint’nant, c’est trop tard…

L’état de grâce s’enfuit, me reste le désespoir…

 

Je coupe le moteur, le silence me cueille,

Je ne sais pas comment je suis arrivée là !

Au cœur de la nuit claire, une petite larme à l’œil,

La nostalgie me gagne, le manque aussi…déjà !

 

Epuisée d’émotion, ivre de sensations,

Le sommeil pourtant, me fuit, heure après heure !

Je réécris l’histoire, à l’aulne de la passion,

Et berce ma tristesse de ce petit bonheur !

 

Ce soir, à mon histoire, j’ai ajouté une page,

Une perle précieuse, un tout petit trésor!

Ce soir, dans un prénom tracé sur une image,

J’ai croisé un d’mes rêves, et ça, ça vaut de l’or !

 

Colmar – 22 mars 2016

 

( 13 mars, 2016 )

La fille en rouge,

Toute de rouge vêtue, elle avance dans le noir,

Un peu déçue, c’est vrai, de n’avoir pu le voir…

Elle espérait un mot, une photo, un sourire

A ranger précieusement parmi les beaux souv’nirs…

 

Elle se glisse à sa place…un peu trop de côté…

Sourit à ses voisines, sent son cœur se serrer !

Un regard vers la scène, où tout est sombre encore,

Un micro, un piano, une guitare qui dort…

 

Puis c’est l’instant magique, la salle plonge dans le noir,

Et s’élève des cœurs, une longue clameur d’espoir…

Sur la scène, une lueur, brillante et solitaire,

Puis paraît une silhouette, unique et familière…

 

Trois accords de guitare, dans un murmure, trois mots d’amour,

Et la salle fait silence, respire les mots velours…

Sur scène, l’émotion, douc’ment déploie ses ailes,

Puis s’élance, s’élève, effleure même les rebelles !

 

Sur sa chaise, toute de rouge vêtue, une fille ferme les yeux !

La musique la soulève, l’enveloppe de merveilleux !

Elle la laisse emporter, ses bleus à l’âme, ses rêves brisés,

Et elle libère son cœur de ses amours fanées…

 

Quand la voix du chanteur, si profonde, si tendre,

Cueille son âme blessée, flétrie de trop attendre,

De tous ces mots qui rêvent, de tous ces mots qui pleurent,

Toute de rouge vêtue, une fille abreuve son cœur…

 

Elle ne r’tient pas les larmes qui perlent à son regard,

Elle les laisse rouler, petites perles illusoires…

Témoignages éphémères d’une émotion intense

Qui tracent leurs sillons, en douceur, en silence !

 

Quand les mots sont trop justes, quand la voix est trop pure,

Elle sent saigner son cœur de mille et une griffures

Elle aperçoit son âme qui se pose en douceur,

Papillon d’émotion, sur l’épaule du chanteur…

 

Quand la dernière note résonne dans le silence,

Toute de rouge vêtue, une fille retrouve ses sens !

Quand la dernière note s’éteint dans un soupir,

Toute de rouge vêtue, elle esquisse un sourire !

 

Dans la salle qui se vide, elle rattrape son cœur,

Le range, bien à sa place, entre rêves et douleur…

Dans la salle qui se vide, elle frissonne un instant,

Quel est ce froid qui glace, soudain ses sentiments ?

 

Ce fut un beau voyage, tout en délicatesse,

Un bouquet d’émotions, du rire à la tendresse !

Ce fut un beau rivage où poser ses bagages,

Une oasis d’amour, une escale de partage…

 

Et dans la nuit glacée où les secrets se voilent,

Toute de rouge vêtue, une fille fixe les étoiles…

Et dans la nuit glacée, où les rêves paraissent vains,

Toute de rouge vêtue, une fille retrouve les siens…

 

 

Châlons en Champagne – 12 mars 2016 (minuit)

( 13 mars, 2016 )

Ce soir, j’ai rendez-vous,

Des mauvais vents d’automne aux frimas de l’hiver,

Deux saisons que j’espère ce nouveau rendez-vous !

Deux saisons pour une chance d’exaucer mes prières,

Deux saisons d’impatience, d’espoirs fragiles, de rêves fous !

 

Pas à pas, jour à jour, j’ai construit vers ce moment,

Peu à peu, rêve après rêve, tu nourris ce bonheur !

Et ce soir, enfin, à un souffle du printemps,

Tu vas glisser douc’ment, des étoiles à mon cœur !

 

De train en train, aujourd’hui, je reviens vers toi !

A l’aube qui pointe, je reprends mon joli voyage !

De gare en gare, aujourd’hui, je rentre un peu chez moi,

Là où mon cœur s’apaise, au bord de tes rivages !

 

Je sens l’émotion poindre, primaire, presqu’animale !

Elle revient du néant où je l’avais laissée,

Elle se glisse, se faufile, m’entraîne dans ses dédales,

Elle m’enveloppe tout entière comme une brise d’été !

 

Et la campagne file, derrière les vitres du train,

Les clochers se succèdent, le ciel prend ses couleurs !

Un rayon de soleil, comme un signe du destin,

Nimbe d’or la rivière qui sait où va mon cœur…

 

A chaque tour de roue, j’abandonne derrière moi,

Celle que je ne suis pas, celle dont je joue le rôle…

Je brise enfin mes chaînes, dans l’écho de ta voix,

Dans l’espoir d’un regard, je m’évade, je m’envole !

 

Bercée par le roulis de ce train qui m’emporte,

Je laisse filer mes rêves, exploser mes désirs !

J’oublie, pour quelques heures, le monde derrière la porte,

Et d’un long trait de plume, je leur offre un av’nir…

 

Et le train ralentit, il arrive à bon port !

Sur mes lèvres, un sourire, un éclat dans l’regard !

Je laisse dans le train, mes regrets, mes remords,

Et c’est l’âme légère, que je quitte la gare !

 

Je vais flâner longtemps, dans les ruelles fleuries,

Avant que sonne l’heure, que s’ouvre le rideau !

Un café par ici, au soleil, une rêverie,

Avant que sonne l’heure de me perdre dans tes mots…

 

Ce soir, dites-le vous, ce soir, j’ai rendez-vous !

Un rendez-vous tendresse dans un monde en colère !

Ce soir, pas de promesse, ni de rêves un peu fous,

Mais la paix retrouvée, pour une âme solitaire…

 

 

Châlons en Champagne – 12 mars 2016

 

( 6 mars, 2016 )

Lassitude,

Lorsque la vie qui me poursuit me rattrape,

Lorsqu’elle me piège, me prend dans ses filets,

Quand sa brutale réalité me frappe,

J’aimerais baisser les bras, disparaître à jamais…

 

Lorsque je ne sais plus éviter les croche-pieds,

Lorsque dix fois par jour, je tombe sous les coups-bas,

Quand du matin au soir, je serre les poings pour pas plier,

J’aimerais tourner le dos, revenir sur mes pas…

 

Quand chaque jour est une lutte, une course contre le temps,

Lorsque mon univers bascule et devient fou,

Quand je me cogne aux murs des pourquoi, des comment,

J’aimerais claquer la porte, partir, oublier tout…

 

Quand pour un mur franchi, d’autres se dressent tout autour,

Quand on avance d’un pas, et qu’on recule de deux,

Quand le dialogue n’est plus que dialogue de sourds,

J’aimerais laisser tomber, me retirer du jeu…

 

Quand chaque matin qui sonne est un matin de pluie,

Quand chaque soleil couchant voit un rêve qui s’enfuit,

Quand dans cette course folle, c’est la vie qu’on oublie,

J’aimerais quitter la ronde, me rapp’ler qui je suis…

 

Quand chaque mot, chaque regard, exprime la méfiance,

Quand seul le profit compte et qu’on oublie l’humain,

Quand il faut toujours plus, d’efforts, de performances,

J’aimerais jeter l’éponge, reprendre ma vie en main…

 

Quand j’ai le sentiment de n’être qu’une marionnette,

Quand on me manipule comme un vulgaire pantin,

Quand on veut que je joue une pantomime muette,

J’aimerais rompre mes fils, prendre un autre chemin…

 

Avant qu’il soit trop tard, avant de perdre mon âme,

Avant d’être vaincue par cette ingratitude,

Avant que l’on m’abatte, que l’on éteigne ma flamme,

J’aimerais trouver la force, de vaincre ma lassitude…

 

Car je suis fatiguée qu’on m’écoute sans m’entendre,

J’n’ai plus envie d’lutter, d’aller contre le vent,

J’voudrais trouver une plage où partir et m’étendre,

Et oublier ce monde qui me pille, qui me ment…

 

Je suis au bord du gouffre, je le sais, je le sens,

Je sens monter en moi, les larmes de la colère,

Je sens gronder la haine, comme la force d’un torrent,

Et de mon impuissance, lentement, je désespère…

 

Il suffira de peu, d’un souffle, d’un mot de trop,

Pour qu’éclate l’orage de mon ressentiment,

Et pour un rêve brisé en mille et un morceaux

De mon âme en poussière, naîtra un ouragan…

 

Herrlisheim – 06 Mars 2016

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