( 17 décembre, 2015 )

L’année qui va, l’année qui vient,

Elle est née dans le sang et dans la barbarie,

A volé notre innocence un matin de janvier,

Fait vaciller un temps notre monde et nos vies,

… Mais nous a réunis dans les rues par milliers !

L’année qui s’en va.

Elle a nourri de fiel la haine et l’intolérance,

A concentré les peurs dans un vote sans honneur,

A répandu le rejet de l’autre et la méfiance,

… Mais a permis aussi d’afficher nos valeurs !

L’année qui s’en va.

Elle a brisé l’élan de milliers d’innocences,

Voilé bien des visages, permis bien des outrages !

Elle a violé sans honte les rêves de l’enfance,

… Mais nous a rassemblés autour d’un même message !

L’année qui s’en va.

Elle a voulu marquer l’amour du sceau de l’infamie,

Lui a dénié le droit d’avoir plusieurs couleurs,

Les croyances d’un autre âge, soudain, ont refleuri,

… Mais un unique baiser a fait taire les censeurs !

L’année qui s’en va.

En plein cœur de l’été, elle m’a volé d’un père,

A fait taire bien des voix, éteint bien des regards,

Elle a privé le monde de talents, de repères,

… Mais bien d’autres ont jailli par-delà les miroirs !

L’année qui s’en va.

Elle a vu les frontières des saisons se brouiller,

Et la terre en colère hurler son désespoir !

Elle a vu les glaciers, les forêts reculer,

… Mais aussi tout un monde qui veut changer l’Histoire !

L’année qui s’en va.

Elle a jeté des peuples tout entiers sur les routes,

Et au fond des abysses, noyé d’ultimes espoirs,

Elle a, sur une plage, balayé tous nos doutes,

… Le sommeil éternel d’un enfant pour mémoire !

L’année qui s’en va.

Elle a meurtri le monde par une nuit de novembre,

Remplacé la musique par les cris et la peur,

Elle a gâché la fête, massacré l’âge tendre,

… Mais fait flotter plus haut et plus loin nos couleurs !

L’année qui s’en va.

Elle a lâché sur nous le vol noir des corbeaux,

A fait trembler le peuple des Arts et des Lumières,

Voulu donner l’pouvoir au front de tous les maux,

… Mais la France a dit non à la haine pour bannière !

L’année qui s’en va.

Elle ne m’a pas offert tout c’que j’en espérais,

M’a fermé bien des portes, privée de quelques rêves,

Elle m’a trouvée plus seule, plus triste que jamais,

… Mais m’a ouvert aussi, des horizons de trêves !

L’année qui s’en va.

Elle n’est pas encore née, mais on l’attend déjà,

Elle n’est que rêves fous, espérances et promesses !

Elle est la page blanche et tout c’qu’on y peindra,

… Elle est aussi nos doutes et toutes nos maladresses !

L’année qui nous vient.

Bien naïf qui peut croire qu’elle changera le monde,

Fou sans doute est celui qui en attend la paix…

Dès son premier matin, entraînée par sa ronde,

… Elle peut nous emporter, au gré du vent mauvais !

L’année qui nous vient.

Quand nous traverserons le miroir des années,

Nul doute que nous suivront tous les maux de la Terre !

Elle ne peut pas offrir à notre humanité

… La sagesse qu’il lui faut pour vaincre la misère !

L’année qui nous vient.

De l’année qui s’en va, je n’emporterai rien,

Et de celle qui nous vient, je n’espère aucune trêve !

Mais demain comme hier, avec ou sans soutien,

… Je lui offre une chance, je lui dédie mes rêves,

A l’année qui nous vient !

 

Herrlisheim – 17 décembre 2015

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