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( 31 décembre, 2015 )

Lâcher prise,

Lorsque la nuit m’enveloppe de son manteau d’étoiles,

Que je ferme ma porte sur la fureur du monde,

Quand, d’une lumière dorée, mon univers se voile,

J’oublie pour quelques heures ma place dans la ronde !

A l’abri du tumulte, protégée par mes murs,

Je laisse tomber le masque comme une pelisse pesante,

Loin du monde qui me juge, me défie, me censure,

Je libère mon cœur de ses chaînes de convenances !

Libérée de ses fards, de tout son camouflage,

Mon âme retrouve enfin sa liberté de rêver,

Débarrassée du poids si lourd de mon image,

Je retrouve pour la nuit ma liberté de penser !

Je peux laisser en moi surgir toutes mes passions,

Je peux laisser mon cœur revivre ses souvenirs,

Je peux laisser mes larmes noyer mes émotions,

Ou laisser libre-cours à mes rêves, mes désirs !

A l’abri de la nuit et de ma solitude,

Je peux, à l’infini, repeindre mon destin !

Je peux vaincre le sort, gommer mes certitudes,

Pour retrouver mon âme jusqu’au petit matin !

Plus besoin de jouer, de tricher, d’être forte !

Plus besoin d’être celle qui peut tout affronter !

Plus besoin de tenir, de fermer toutes les portes,

Ou de serrer les poings pour pouvoir encaisser !

Quand seule une petite flamme éclaire mon visage,

Qu’elle se reflète douc’ment dans l’éclat d’mon regard,

Je peux laisser fleurir les idées de passage,

Et mes rêves d’ailleurs, mes envies de départ !

Je peux aussi, c’est doux, sans crainte d’être jugée,

Murmurer des « je t’aime » aux fantômes de mon cœur !

Il arrive même parfois que j’les voie s’installer

Dans les ombres mouvantes d’une douce lueur …

Loin des yeux de tous ceux qui, toujours, comptent sur moi,

Je ne suis plus le roc sur qui se reposer !

Je laisse fondre la glace qui gèle mes émois,

Et j’n’ai plus à faire face, plus besoin d’assumer !

Je peux vivre, quelques heures, mes colères, mes chagrins,

Je peux oublier la raison, crier à l’injustice,

Maudire tous les obstacles qui obstruent mon chemin

Et parfois même haïr, de ma vie, les caprices !

Je peux aussi, sans honte, sans regret, sans remord,

En vouloir à tous ceux qui ignorent ma détresse !

Même si de moi, je n’offre qu’une image, un décor,

Leur manque d’intuition me fâche, m’attriste, me blesse !

Oui, dans le clair-obscur de mes soirées d’hiver,

Dépouillée des mensonges, renaît ma vraie nature,

Et je retrouve la femme, tendre, sensible et fière

Qui se cache par pudeur derrière sa lourde armure !

Oui, de chaque soir qui tombe, jusqu’à chaque aube grise,

Qu’il est doux, chaque jour, de pouvoir lâcher prise…

 

 

Colmar – 31 décembre 2015

( 27 décembre, 2015 )

Enfin te trouver,

Lorsque l’aube venue, la nuit s’efface douc’ment,

Que s’éveille ma raison, que sur mon cœur elle prend le pas,

Quand mes rêves s’enfuient, se fondent dans le néant,

Je sais, sans doute aucun, que tu ne viendras pas !

Naïve, un peu rêveuse, au cœur de l’âge tendre,

Je ne t’espérais pas, je m’attendais à toi !

Tu étais l’avenir à cueillir sans attendre,

L’aventure d’une vie, une destinée de roi !

De mes premiers émois à mes passions brûlantes,

J’ai cru te reconnaître dans chaque nouveau sourire.

J’ai espéré l’amour dans chaque nuit impatiente,

Et dans chaque murmure, vu un monde à bâtir !

Je t’ai cherché sans fin, dans chaque nouveau visage,

J’ai laissé au destin, le choix du jour, de l’heure…

Quel que soit le moment, quel que soit le rivage,

J’ai laissé grande ouverte la porte de mon cœur !

Des frimas de l’automne aux longues nuits d’été,

J’ai offert une chance à bien des voyageurs…

Pour une caresse tendre, pour un baiser volé,

Je me suis enflammée, oubliant ma pudeur !

Combien d’amours sans goût, combien de feux de paille

Ont consumé mon cœur  et desséché  mon âme ?

Combien de mots d’amour, combien de vaines batailles

Ont durci mon regard et fait couler mes larmes ?

Dois-je parcourir le monde ? Elargir mon regard,

Pour enfin te trouver, toi qui m’es destiné ?

Suis-je encore en avance, ou bien très en retard ?

Es-tu déjà passé ? Nous sommes nous croisés ?

Suis-je passée à côté ? Ne t’ai-je pas reconnu,

Ou t’ai-je laissé partir, ne t-ai-je pas vu venir ?

Avec le temps qui courre, j’avoue, je ne sais plus

Où poser mes valises pour croiser ton sourire !

L’automne de ma vie a blanchi mes cheveux,

Et mon âme d’enfant doit lutter chaque jour

Pour ne pas remarquer mes rides aux coins des yeux,

Et continuer à croire qu’elle trouv’ra ton amour !

…J’ai aimé bien souvent, et j’ai été aimée,

J’ai connu des bonheurs, vécu des jours de joie…

Bercée par la douceur d’amours attentionnées,

J’ai même cru mon voyage terminé, quelquefois…

Mais c’n’était pas l’amour que mon cœur attendait,

Ce n’était ni tes bras, ni ton regard sur moi !

Ce n’était pas tes lèvres que les miennes effleuraient,

C’n’était pas notre histoire, parce que c’n’était pas toi !

Mais malgré les défaites, et malgré les erreurs,

Je te cherche toujours, tu es là, quelque part…

Un jour viendra peut-être où je trouverai ton cœur,

Malgré l’aube qui point et les rêves qui s’égarent !!!

 

Herrlisheim – 27 décembre 2015

( 26 décembre, 2015 )

Magie de Noël,

Depuis bien des années est morte mon enfance,

Depuis longtemps aussi est fanée ma jeunesse…

Oubliée pour toujours, la naïve confiance,

Envolés à jamais, mes chemins de traverse !

Mais où sont donc passés ces matins de Noël,

Quand, à l’aube venue, en silence, les pieds nus,

Nous tombions à genoux, les yeux plein d’étincelles,

En cherchant à savoir « s’il » était bien venu !!

Effacées peu à peu, les longues nuits de veille,

Blottie au fond des draps à écouter la nuit

Le cœur battant d’attendre dix mille et une merveilles,

Et l’âme vagabonde qui à mes rêves, sourit !

Gommées avec le temps, toutes les jolies histoires,

Assombri par la vie, le beau ciel étoilé !

Plus de clochettes claires qui résonnent dans le soir,

Plus de traineau magique sur les sentiers glacés !

Noël, peu à peu, a perdu sa magie,

Vaincu par la misère d’un monde sans valeurs,

Noël s’est effondré sous le poids de la vie,

Son charme s’est éteint par manque de chaleur !

J’ai cherché sa magie, année après année,

J’ai respecté les règles, j’ai relevé le défi,

Honnêtement, sincèrement, je me suis impliquée,

J’y ai mis tout mon cœur, tout mon amour aussi !

Mais de veillées sinistres en sourires convenus,

Je me suis enferrée dans une farce cynique !

De déceptions amères en tristesse contenue,

J’ai renoncé à croire à une nuit magique !

Il reste cependant, les couleurs, les parfums,

Et les lumières vives dont la ville se pare !

Il reste les chansons autour des grands sapins,

Et des sourires d’enfants, quand leurs rêves s’égarent !

Il reste autour de moi, une joyeuse euphorie,

Des courses aux cadeaux, des envies de partage…

Il reste des guirlandes, des étoiles qui brillent,

Des couronnes sur les portes, des songes d’enfants sages !

Et malgré mes réserves, je ne peux m’empêcher,

A chaque nouveau Noël, d’attendre une surprise,

Je ne peux m’empêcher, de croire et d’espérer,

Malgré les déceptions, malgré les aubes grises !

Et il arrive parfois, au cœur de la nuit noire,

Qu’une étincelle d’amour vienne réchauffer mon cœur,

Inattendue souvent, comme les plus belles histoires !

Involontaire sûr’ment, mais non pas sans valeur,

Elle chasse pour un instant mes larmes et ma tristesse,

Offre une douce trêve à ma mélancolie…

Elle éclaire mon chemin, apaise ma détresse,

Et des Noëls d’antan, fait renaître la magie !

Il est là, c’est certain, le miracle de Noël,

Dans un mot, dans un geste que l’on n’attendait pas,

Il est cette attention qui rend la nuit plus belle,

Toute petite, impromptue, mais qu’on n’oubliera pas !

Il est cette main tendue, ce message dans la nuit,

Ce signe du destin qui rallume l’espérance !

 

Herrlisheim – 25 décembre 2015

( 17 décembre, 2015 )

L’année qui va, l’année qui vient,

Elle est née dans le sang et dans la barbarie,

A volé notre innocence un matin de janvier,

Fait vaciller un temps notre monde et nos vies,

… Mais nous a réunis dans les rues par milliers !

L’année qui s’en va.

Elle a nourri de fiel la haine et l’intolérance,

A concentré les peurs dans un vote sans honneur,

A répandu le rejet de l’autre et la méfiance,

… Mais a permis aussi d’afficher nos valeurs !

L’année qui s’en va.

Elle a brisé l’élan de milliers d’innocences,

Voilé bien des visages, permis bien des outrages !

Elle a violé sans honte les rêves de l’enfance,

… Mais nous a rassemblés autour d’un même message !

L’année qui s’en va.

Elle a voulu marquer l’amour du sceau de l’infamie,

Lui a dénié le droit d’avoir plusieurs couleurs,

Les croyances d’un autre âge, soudain, ont refleuri,

… Mais un unique baiser a fait taire les censeurs !

L’année qui s’en va.

En plein cœur de l’été, elle m’a volé d’un père,

A fait taire bien des voix, éteint bien des regards,

Elle a privé le monde de talents, de repères,

… Mais bien d’autres ont jailli par-delà les miroirs !

L’année qui s’en va.

Elle a vu les frontières des saisons se brouiller,

Et la terre en colère hurler son désespoir !

Elle a vu les glaciers, les forêts reculer,

… Mais aussi tout un monde qui veut changer l’Histoire !

L’année qui s’en va.

Elle a jeté des peuples tout entiers sur les routes,

Et au fond des abysses, noyé d’ultimes espoirs,

Elle a, sur une plage, balayé tous nos doutes,

… Le sommeil éternel d’un enfant pour mémoire !

L’année qui s’en va.

Elle a meurtri le monde par une nuit de novembre,

Remplacé la musique par les cris et la peur,

Elle a gâché la fête, massacré l’âge tendre,

… Mais fait flotter plus haut et plus loin nos couleurs !

L’année qui s’en va.

Elle a lâché sur nous le vol noir des corbeaux,

A fait trembler le peuple des Arts et des Lumières,

Voulu donner l’pouvoir au front de tous les maux,

… Mais la France a dit non à la haine pour bannière !

L’année qui s’en va.

Elle ne m’a pas offert tout c’que j’en espérais,

M’a fermé bien des portes, privée de quelques rêves,

Elle m’a trouvée plus seule, plus triste que jamais,

… Mais m’a ouvert aussi, des horizons de trêves !

L’année qui s’en va.

Elle n’est pas encore née, mais on l’attend déjà,

Elle n’est que rêves fous, espérances et promesses !

Elle est la page blanche et tout c’qu’on y peindra,

… Elle est aussi nos doutes et toutes nos maladresses !

L’année qui nous vient.

Bien naïf qui peut croire qu’elle changera le monde,

Fou sans doute est celui qui en attend la paix…

Dès son premier matin, entraînée par sa ronde,

… Elle peut nous emporter, au gré du vent mauvais !

L’année qui nous vient.

Quand nous traverserons le miroir des années,

Nul doute que nous suivront tous les maux de la Terre !

Elle ne peut pas offrir à notre humanité

… La sagesse qu’il lui faut pour vaincre la misère !

L’année qui nous vient.

De l’année qui s’en va, je n’emporterai rien,

Et de celle qui nous vient, je n’espère aucune trêve !

Mais demain comme hier, avec ou sans soutien,

… Je lui offre une chance, je lui dédie mes rêves,

A l’année qui nous vient !

 

Herrlisheim – 17 décembre 2015

( 14 décembre, 2015 )

Le murmure des souvenirs

Oublié et cassé tout au fond d’un tiroir,

Un vieux bijou terni ravive ma mémoire,

Froissée, délavée, couchée entre deux pages,

Une lettre mille fois relue fait revivre un visage !

Cornée, pliée, coincée derrière un vieux miroir,

Une carte fanée m’offre la douceur d’un soir !

Précieus’ment conservé près d’une photo volée

Un billet de concert rallume une nuit d’été

Quand une écharpe usée, laissée à l’abandon

Fait chavirer mon cœur de son parfum citron…

Ici c’est un galet que la mer a poli,

Et là, une plume d’oiseau que le temps a terni !

C’est une fleur séchée que tu m’avais offerte

Et que j’avais gardée comme une porte entrouverte…

C’est le coin déchiré d’une nappe en papier

Où tu as mis d’un mot, ton cœur tout entier…

Ce sont de petites choses, des objets sans valeur

Mais qui réchauffent mon âme et font sourire mon cœur.

Chacun a son histoire et raconte la mienne,

Chacun est un chapitre de mes amours anciennes !

Chaque souv’nir est une pierre le long de mon chemin

Qui m’a menée ici, de mon passé lointain.

Un à un ils murmurent au creux de ma mémoire

Et distillent les regrets ou diffusent l’espoir !

Petites lucioles qui dansent tout au bord de mon cœur,

Petites perles précieuses qui sèchent parfois mes pleurs,

Ils font revivre en moi le rire des absents,

Ramènent mes fantômes dans le monde des vivants !

Quand un dimanche de pluie me guette la nostalgie

Ils racontent en douceur les bonheurs de ma vie,

Et quand dans ma nuit noire je n’vois plus d’avenir,

Ils me montrent qu’un jour, j’ai su vivre et sourire !

Si parfois ils me blessent, comme un rêve brisé

C’est pour mieux réveiller mes désirs oubliés !

Clin d’œil du passé, talismans ou grigris,

Ils mettent en musique les pages de ma vie !

Ils rallument le feu des premières ambitions,

Et rappellent à mon cœur ses plus belles émotions !

Le murmure des souvenirs est un philtre puissant,

Le témoin du passé qui nous pousse en avant !

 

Herrlisheim – 14 décembre 2015

( 13 décembre, 2015 )

Dire Non !

Comme un boxeur au bord du ring, je suis sonnée, je l’avoue !

Et je me demande aujourd’hui, si je dois hurler, ou bien pleurer !

Dois-je fuir pour échapper à cet insupportable torrent de boue,

Ou dois-je rester debout, faire face et résister ?

Quel est ce vent mauvais qui souffle sur la France ?

Quelle folie a saisi notre si beau pays ?

Pourquoi avoir choisi la haine, l’intolérance ?

Pourquoi tourner le dos à tout c’qu’on nous envie ?

Quelles que soient les colères ou bien les frustrations,

Ne les laissez pas vous leurrer et guider votre choix !

Quelles que soient les peurs, quelles que soient les tensions,

Ne les laissez pas vous mener vers le repli de soi !

N’oubliez pas votre passé, n’oubliez pas votre Histoire !

N’oubliez pas que c’est ici, qu’est née la démocratie !

N’oubliez pas ceux qui ont résisté quand y’avait plus d’espoir,

N’oubliez pas leurs combats pour notre liberté d’aujourd’hui !

Avant qu’un bulletin ne mette en danger tous vos droits,

Pensez aux femmes qui sont descendues dans la rue !

Pensez à leur courage pour faire entendre nos voix,

Pensez à ce qu’elles ont affronté, à ce qu’elles ont vaincu !

Le monde se lève quand la France est attaquée,

Le monde pleure pour le pays des arts et des lumières !

Allons-nous renier tout c’qui fait notre identité?

Allons-nous nous retrancher derrière nos murs et nos frontières ?

Allons ! Nous valons mieux, nous sommes plus dignes que ça !

Réveillons en nous l’humaniste et le révolté !

Ne laissons pas la haine et l’ignorance donner le la !

Ne laissons aucune place, aucune chance à l’obscurité !

Chassons de notre ciel ce vol de corbeaux

Qui assombrit nos plaines, pervertit l’avenir !

Quand dans le monde entier a flotté notre drapeau,

Soyons dignes de l’hommage au moment de choisir !

Nous sommes Emile Zola, nous sommes Jean Moulin,

Nous sommes ceux qui se battent pour la Liberté !

Nous ne sommes pas Vichy, nous ne sommes pas Pétain !

Nous sommes Liberté, Egalité, Fraternité !

Alors, à l’extrémisme et à l’intolérance,

Au moment de choisir, ensembles, sachons dire NON !

Et au rejet des autres et de la différence,

Opposons nos valeurs et d’une seule voix, OSONS !

 

Colmar – 6 et13 décembre 2015 – 10h00

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