( 17 novembre, 2015 )

Une minute…et le reste de ma vie !

Je ne connaissais ni tes rêves, ni tes désirs,

Mais je sais ton sourire, ton prénom, ton visage !

Je n’ai pas le pouvoir de te faire revenir,

Mais peut-être celui d’préserver ton image…

Je ne te connais pas, je ne sais rien de toi,

Mais tu es aujourd’hui de ma vie, de mon clan

Parce qu’on a pris ta vie, qu’on a fait taire ta voix !

Et c’est mon cœur qui saigne quand se glace ton sang !

Toi qui aimais comme moi te poser en terrasse

Pour partager un verre, raconter ta journée,

Te plaindre de ta vie, évoquer tes angoisses,

Consoler un chagrin ou des passants, gentiment te moquer !

Toi qui ouvrais ton bar de l’aube au bout d’la nuit,

Qui en plus d’un café, offrais tant de chaleur,

Qui voyais défiler les rêves, les succès, les soucis

Et donnais à ta rue sa vie et ses couleurs !

Toi qui passais par là, la tête dans les nuages,

Heureux de profiter d’un peu de liberté,

Pressé de t’préparer pour un petit voyage,

Ou de te réfugier au fond d’ton canapé…

Toi qui depuis des jours, attendais ce moment,

Cette soirée entre amis au cœur de la musique,

Toi qui te déchaînais dans la fosse en chantant,

Dont le cœur battait fort, en cette nuit magique !

Tu étais brune ou blonde, et tu aimais la vie,

Tu étais une maman, un frère ou un papa !

Tu étais un sourire, un regard qui pétille,

Tu étais l’avenir que tu ne vivras pas !

Toi qu’une rafale de haine a fauché en plein vol,

Toi qui a eu l’horreur pour dernière vision,

Et vécu la terreur pour ton dernier envol,

Avec quelques regrets pour ultime émotion !

Et toi qui es tombé, mais qui t’es relevé !

Toi qui à tout jamais devra vivre avec ça,

Toi qui devras combattre cette culpabilité

Qui te ronge malgré toi, qui ne recule pas !

Toi qui presseras le pas au milieu de la foule,

Toi dont le cœur s’arrête pour une porte qui claque !

Toi qui craindras peut-être jusqu’à l’orage qui roule

Qui  nourriras tes doutes dans tes nuits d’insomniaque !

Toi qui auras du mal à t’asseoir en terrasse,

Ou à pousser la porte d’une salle de concert,

Toi qui verras souvent dans l’autre une menace

Et qui bien trop souvent regard’ra en arrière !

Vos sourires à jamais resteront dans nos cœurs,

Vos regards pétillants éclaireront nos chemins,

Vos portraits resteront un symbole du bonheur,

Le souv’nir de vos vies tiendra le doute au loin !

Je ne te dirai pas que j’n’ai pas de colère,

Je n’ai pas cette bravoure, je n’ai pas cette raison !

Je n’vais pas te promettre de vivre comme hier

De ne pas avoir peur, d’accorder mon pardon…

Mais comme je t’ai offert une flamme qui danse

Pour guider ton voyage vers un monde plus serein,

Je t’offre une minute de mon existence

Pour que tu entendes mieux la force de l’émotion !

Mais je te donne aussi, à compter de ce jour,

Chaque petit bonheur et chaque éclat de rire !

Je t’offre chaque note, chaque chanson d’amour

Et chaque aube naissante ouverte sur l’avenir !

Et je danserai plus haut, et je chanterai plus fort,

J’opposerai la vie, le soleil et les fleurs

Aux idéaux de guerre, aux étoiles de mort,

Et par delà la haine j’ laisserai battre mon coeur

 

Herrlisheim – 17 novembre 2015

1 Commentaire à “ Une minute…et le reste de ma vie ! ” »

  1. A-M dit :

    Encore des mots doux et forts qui résonnent et sonnent sur ce chemin d’incertitude qu’est l’avenir…..

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