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( 26 octobre, 2015 )

Trouver les mots,

Comme j’aimerais d’un seul mot traduire mes émotions,

Savoir en quelques phrases faire jaillir tes larmes,

Te toucher en plein cœur au fil de ma passion,

Et d’un bouquet de rimes, te faire rendre les armes !

En mariant quelques mots, composer une musique,

Une petite ritournelle que tu n’oublierais pas,

Fusionner les contraires dans une union magique,

Pour habiter tes rêves d’images de cinéma !

Quelle couleur pour le mot qui sait traduire

Ce feu d’artifice sous ton regard si doux ?

Et lorsque dans la nuit, je vole ton sourire,

Quelle ronde de mots peindra cette chaleur sur mes joues ?

Comment peindre les batt’ments de mon cœur ?

Comment dire  mes jambes en coton ?

Et comment exprimer cette joie mêlée de peur ?

Qui, pour un rendez-vous, m’affole et trouble ma raison ?

A quoi ressemblent mes espoirs et mon impatience ?

Comment te les montrer ? Avec quel langage ?

Comment dessiner l’intensité de mes silences ?

Quels horizons trouver ? Quel tableau ? Quel paysage ?

Sentiras-tu toute la douceur de ma tendresse

Si je te montre un enfant au creux de ton épaule ?

Comprendras-tu la folie de mes nuits d’ivresse

Si je t’explique un carnaval, ses masques, ses jeux de rôle ?

Verras-tu dans la flamboyance des couleurs de l’automne

L’explosion de plaisir quand je sais qu’on va s’revoir ?

Entendras-tu dans le claquement sec de l’orage qui tonne,

Toutes mes colères quand tes silences brisent mes espoirs ?

Le soleil couchant qui embrase le ciel

Est-il aussi puissant que le feu qui me consume ?

Et le froid qui me glace à chaque nuit sans sommeil

N’est-il pas plus perçant que le vent et la brume ?

La soie des coquelicots qui dansent dans le vent

N’auront jamais l’éclat de mon regard sur toi !

Et les milliers de chants des oiseaux au printemps

Ne voleront jamais plus haut que mon rêve de toi !

La beauté d’une aube sur une plage de sable fin

N’a pas la douceur que j’imagine dans tes bras,

Et la danse sensuelle sur ma peau de tes mains,

Ferait pétiller mon corps plus fort qu’un feu de joie !

Mais quand au fil des pages, j’aurai usé mes mots,

Quand il ne restera qu’un très profond silence,

Saurais-je encore te dire combien l’amour est beau,

Saurais-je encore d’un geste, t’entraîner dans mes danses ?

Quand j’aurai tout écrit, en vers et en couleurs,

Quand les verbes manqueront, quand blanches seront mes pages,

Saurais-je d’un seul regard, et la main sur le cœur,

Te dire combien je t’aime, une larme pour seul bagage !

 

Herrlisheim – 26 Octobre 2015

( 24 octobre, 2015 )

Il y a

En lettres de feu sur les murs de ma vie,

Il y a tout cet amour dont je ne sais que faire,

Il y a tous mes échecs, mes rêves en charpie,

Il y a les ambitions d’une vie toute entière !

Comme gravés au fer rouge sur les murs de mon cœur,

Il y a tout c’que j’efface, tout c’que j’crois oublier,

Il y a mes nuits de honte et mes envies d’ailleurs,

Il y a tous les cauchemars de mes nuits angoissées !

Comme écrits à la craie sur chacun d’mes sourires,

Il y a c’que j’ai aimé, les bonheurs engloutis,

Il y a toutes les caresses, les baisers, les souvenirs,

Il y a toutes les étoiles frôlées et à jamais parties !

Au crayon de papier sur une page blanche,

Il y a les mots d’amour que je n’dirai jamais,

Il y a toutes mes colères, la pluie de mes dimanches,

Il y a toutes les guerres que jamais je n’mènerai !

A l’encre indélébile au cœur de ma mémoire,

Il y a tous tes sourires, tes gestes, tes regards,

Il y a ta main tendue que je cherche dans le noir,

Il y a nos rendez-vous ratés et ceux dus au hasard !

Délavés par mes larmes jusqu’au fond de mes yeux,

Il y a  ce « je t’aime » que j’n’ai jamais su dire,

Il y a tous les clin-d’œil et tous nos petits jeux,

Il y a cette peur de moi quand j’t’ai pas vu venir !

Jaunis par les années, sur du très vieux papier,

Il y a tous ces poèmes que tu m’as inspirés,

Il y a toutes ces lettres que j’n’ai pas envoyées,

Il y a ces petits cœurs par une flèche percés !

En lettres d’imprimerie, brillants sur mon écran,

Il y a tous ces messages que j’ai écrits pour toi,

Il y a mes sentiments, et p’t’être même des serments,

Il y a mon cœur à nu jusqu’au bout de mes doigts !

Comme tracés sur le sable, effacés par la mer,

Il y a ton prénom que je griffonne partout,

Il y a tous les mots qu’en vain je t’ai offerts,

Il y a des contes de fées, d’elfes et de gentils loups !

Comme un disque rayé par la pointe du diamant,

Il y a dans notre histoire un peu d’éternité,

Il y a l’usure des rêves sous le passage du temps

Il y a mon rire qui pleure quand je te vois aimer !

Comme on lit une histoire sur les rides d’un visage

Il y a tout un avenir dans un seul mot de toi,

Il y a une autre chance et d’autres paysages

Il y a ma confiance plus puissante qu’une foi !

Comme tatoués sur ma peau par une nuit d’ivresse,

Il y a dans ton regard, l’éclat de la passion,

Il y a dans ton absence, tout un monde de promesses,

Il y a dans ton sourire, plus qu’une déclaration !

 

Colmar – 24 octobre 2015

 

( 22 octobre, 2015 )

Je veux !

Lorsque le vent d’automne rugit dans les ruelles

Et que sur mes fenêtres roulent des larmes de pluie,

Comme la feuille au vent virevolte et se rebelle,

Mon cœur en mal de toi résiste et me défie !

Alors que ma vie comme un fétu de paille

Tangue et se cogne aux rives de l’existence,

Mon esprit bohême se cabre, lutte et bataille

Pour garder hors de l’eau mes rêves en partance !

S’il faut pour te séduire bousculer le hasard,

Faire taire ma raison, bâillonner ma sagesse,

Si pour que tu me voies j’dois briser tes remparts,

Je saurai me montrer plus féline qu’une tigresse !

Trop longtemps j’ai laissé la vie choisir pour moi,

Trop longtemps j’ai laissé la part belle à la chance,

A attendre du destin qu’il te pousse vers moi,

J’ai perdu ma jeunesse dans d’improbables danses !

Trop souvent j’ai perdu ma confiance en chemin,

Trop souvent j’ai douté de moi, de mes talents !

Planquée derrière l’excuse des caprices du destin,

J’ai vu dans mes défaites l’abîme des sentiments !

Plantée là, sans bouger, à attendre pour voir,

J’ai laissé échapper des possibilités…

Et la course du temps a volé mes espoirs

Quand ton cœur a cédé à une jeunesse dorée !

A toujours espérer de la vie des sourires,

Comme une récompense à mes tendres attitudes,

A seulement souhaiter voir briller mon avenir,

Je n’ai gagné que l’ombre de ma solitude !

Je ne veux plus pleurer, je ne veux plus attendre,

Je veux dire JE VEUX, et plus « j’aimerais tant … » !

Je veux ma part de vie, de rires, de rêves tendres,

Je veux que le bonheur soit plus qu’un sentiment !

Je veux que tu me voies quand tu regardes vers moi,

Je veux que tu comprennes que nos âmes sont sœurs !

Je veux que tu m’entendes au-delà de ma voix,

Et que tu me ressentes jusqu’au cœur de ton cœur !

Je veux me promener dans ta vie, dans tes rêves,

Et ouvrir pour toi les grilles de mes jardins.

Je veux qu’au bout d’tes nuits, quand le soleil se lève,

Je manque à ton regard, à tes mots, à tes mains !

Je veux que ce sourire qui n’appartient qu’à toi

Se pose comme une caresse sur mes nuits sans sommeil !

Je veux que ton regard soit tendre quand il me voit,

Et que j’y trouve un ciel aux quatorze mille soleils !

Je briserai pour t’atteindre la pudeur qui m’enchaîne,

Je renierai mes peurs, j’oublierai mes remords !

J’apprendrai s’il le faut le pouvoir de la haine,

Et si le temps me manque, je vaincrai même la mort !

Je ne veux plus qu’en moi, on voie la modestie,

Je ne veux plus qu’on sente toutes mes hésitations,

Je n’veux plus comme une ombre, effleurer mes envies,

Je veux que l’on me voie à travers mes passions !

Je ne veux plus n’être qu’une parmi  des milliers,

Je ne veux plus pour toi frôler la transparence !

Je n’veux plus être une perle d’un seul et même collier,

Je veux que tu me cherches jusque dans mes silences !

Je veux que ton miroir te renvoie mon image,

Que tu cherches mon sourire comme un phare dans tes nuits !

Je veux qu’on se découvre au détour d’un visage,

Et qu’au premier regard, tu saches qui je suis !

Je n’veux plus me soumettre à ces règles du jeu,

Je défierai ton monde et toutes nos certitudes !

Je relèverai la tête, je n’baisserai plus les yeux,

Et j’accrocherai tes rêves à un rayon de lune !…

 

Colmar – 22 Octobre 2015

 

( 18 octobre, 2015 )

Croiser nos vies

Lorsque je me retourne et regarde mon passé,

Déjà, ton existence chemine à mes côtés !

Comme deux files de rails de la même voie ferrée,

Nos vies sont parallèles, depuis bien des années !

Et si mon regard plonge très loin vers l’horizon,

Côte à côte toujours vers demain nous marchons !

Pour le savant, jamais nous ne nous rencontrerons,

Mais le poète, bien sûr, fait fi de la raison !

Le poète vous dira qu’en regardant au loin,

Vous verrez les deux rails se rejoindre en un point…

Il vous dira aussi qu’une voie l’autre rejoint

A chaque carrefour, à chaque nœud du destin !

Vous lui direz peut-être qu’à trop dévier d’sa voie,

On peut quitter les rails, se faire mal quelquefois…

Et que si, dans chaque gare, on se croise, on se voit,

Chacun reprend sa route, quand repartent les convois !

La voix de la raison hurlera que jamais

Deux lignes parallèles ne pourront s’rencontrer,

Que quelle que soit la force de votre volonté,

Il n’y a que dans les rêves que vous les rapprocherez !

Mais qu’importe les lois à l’âme du rêveur !

Qu’importe la physique quand on écoute son cœur,

Qu’importe le défi dans la main du joueur

Quand la mise n’est rien d’autre que croiser son âme sœur !

A trop laisser ma vie glisser le long des rails,

A trop laisser la vague m’emporter où qu’elle aille

A ne jamais laisser de place pour la pagaille,

J’ai consumé mes rêves comme des feux  de paille !

Au diable la sagesse qui guide mes décisions,

Au diable la raison qui étrangle mes passions !

Je veux sortir des rails, suivre mes émotions

Et trouver le chemin pour que nous nous croisions !

Je prendrai s’il le faut, des chemins de traverse

Je prendrai tous les risques pour gagner ta tendresse,

Avant qu’à tout jamais ne s’envole ma jeunesse,

J’irai à ta rencontre, balaierai mes faiblesses !

J’ai pas grand’chose à perdre, et beaucoup à gagner,

Et tant pis si je tombe, si mon cœur doit saigner,

Et tant pis si mes mots te poussent à t’éloigner,

Pour un mot, un sourire, je pourrais tout renier !

Et même si c’est folie d’emprunter cette voie,

Même si je perds mon âme à toujours suivre ta voix,

Je suis prête à me perdre, pour un regard vers moi,

Peut-être même à TE perdre pour un rêve avec toi !

 

Herrlisheim – 18 Octobre 2015

( 16 octobre, 2015 )

Au cœur du même rêve

Tu cherches ton chemin sous le soleil du Sud,

Ou sur une plage du Nord tu laisses aller tes rêves…

Sur les falaises bretonnes tu trouves la plénitude,

Ou le ciel de Provence  t’offre un instant de trêve…

 

Au cœur d’une grande ville de France ou de Navarre,

Ou dans un p’tit village perdu dans nos campagnes,

Tu fais danser ta vie sur le fil du hasard

Ou rêves du meilleur au sommet des montagnes !

 

En mode célibataire ou au sein d’une famille,

Tu sais mener ta barque en toute indépendance.

Funambule quelquefois au-dessus de ta vie,

Tu ne tomb’ras jamais, sauras garder confiance.

 

Jamais aussi heureuse que du bonheur des tiens,

Tes sourires sont sincères, ta main tendue franch’ment !

Jamais avare d’amour, tu donnes tout, sinon rien…

Jamais tu ne craindras d’montrer tes sentiments !

 

Tes colères n’ont d’égales que tes indignations,

Et tu donnes beaucoup pour tous tes idéaux !

Tu assumes fièrement tes amours et tes passions

Sans jamais te renier, la tête et le front haut !

 

Tu portes en toi la force de tes fragilités,

L’éclat de tes désirs et l’cœur en bandoulière !

Toutes tes inspirations naissent de tes amitiés

Partage et honnêteté s’inscrivent sur tes bannières !

 

Tu cèdes quelquefois à la mélancolie,

Quand un ami te manque, quand un rêve s’enfuit

Mais tu puiseras alors dans toutes tes nostalgies

Une lumière d’étoile pour éloigner la nuit !

 

Tu as su garder des rêves de ton enfance

Le pouvoir d’espérer, de croire en l’avenir,

Et tu mises sur l’audace plutôt que sur la chance

Pour repeindre ta vie aux couleurs du désir !

 

Quel que soit ton royaume, quelles que soient tes richesses,

Le bonheur est une rose au cœur de ton jardin,

Pour l’éclat d’un sourire, d’un regard de tendresse

Tu oseras faire danser les lignes de ton destin !

 

Jeune ou vieille, brune ou blonde,

Nous sommes du même rêve et des mêmes valeurs !

Nos pas de danse s’accordent dans la même ronde

Nos voix montent et s’unissent dans le même chœur !

 

Emues par une même voix, un même sourire troublant,

Nous nous levons ensembles pour trois notes de guitare !

Différentes sur tout, si semblables pourtant,

Pour le même troubadour, on ose tous les hasards…

 

Herrlisheim – 16 Octobre 2015

( 14 octobre, 2015 )

Rouge

Rouge, comme une fleur de sang en plein cœur de la biche

Nait d’un coup de fusil, s’étale douc’ment et pleure !

Rouge, comme les feuilles en automne font chanter les couleurs

Pour offrir à l’été des funérailles joyeuses et riches.

Rouge, comme un soleil levant sur un monde en détresse

Nous rappelle sa splendeur et sa fragilité.

Rouge, comme la colère d’un homme qui voit s’évaporer

Ses rêves de grandeur, l’espoir de ses promesses.

Rouge, comme les joues d’une femme troublée par un sourire

Et dont le cœur s’emballe, dont le ventre se serre.

Rouge, comme la couleur de l’eau quand le soleil s’y perd

Et que la nuit allume les étoiles du désir.

Rouge, comme les yeux d’un enfant quand il a trop pleuré

Et que sur votre épaule il trouve du réconfort.

Rouge, comme un phare dans la nuit vous ramènera au port

Quand la brume qui se lève pourrait vous égarer.

Rouge, comme ma passion de toi qui dévore mon cœur

Et me garde éveillée jusqu’au petit matin.

Rouge, comme mon visage en feu quand tu effleures ma main,

Quand pendant une seconde j’entrevois le bonheur.

Rouge, comme le front du menteur qui trahit sa parole

Pour un espoir de trop, pour un rêve trop loin.

Rouge, comme le vin où je tente de noyer mon chagrin

Quand, au cœur de la fête, loin de toi tu m’isoles.

Rouge, comme le feu qui consume mon âme vagabonde

Quand, au hasard d’une nuit je croise ton regard.

Rouge, comme mes lèvres entrouvertes quand dans la nuit, tu pars

Et que tu me laisses seule au milieu de la ronde.

Rouge, comme mon cœur qui bat au rythme de ta voix

Et que pour quelques heures j’oublie mes nuits de veille.

Rouge, comme le fruit du péché, au parfum sans pareil,

La pomme que je rêve de croquer avec toi…

Rouge, comme cette guitare qui chante chaque soir entre tes mains

Herrlisheim - 14 octobre 2015

( 11 octobre, 2015 )

Lucidité

Ce soir j’ai le cœur lourd et l’esprit en cavale.

Comme un reflet d’ailleurs, lumières d’un autre bal,

Il y a dans mon regard comme une mélancolie…

Ce soir j’ai dans mes rêves l’ombre de la nostalgie !

Comme un nuage qui voile le soleil en été,

Il y a dans mon sourire l’empreinte de tes baisers…

Ce soir j’ai sur les lèvres tout le poids des regrets !

Comme une madeleine de Proust, un souvenir parfait,

Il y a dans mon fantasme des vagues de douceur…

Ce soir j’ai l’âme en peine, l’espérance qui se meurt !

Comme la flamme d’une bougie vacille quand vient le jour,

Il y a dans ma mémoire les cendres d’un amour…

Ce soir j’entends en moi la musique des amants !

Comme nous perdons nos sens sur une valse à mille temps,

Il y a dans mes délires l’ivresse des souvenirs…

Ce soir j’ai sur la peau les frissons du désir !

Comme la fleur au printemps se tourne vers le soleil,

Il y a dans mes envies l’oubli des nuits de veille…

Ce soir mon optimisme a peur de ma mémoire !

Comme l’enfant qui se perd appelle dans le noir,

Il y a dans mes cauchemars l’angoisse des lendemains…

Ce soir dans mon miroir je recherche un destin !

Comme l’oiseau qui fuit l’hiver affronte tous les vents

Il y a dans mes passions un désespoir d’enfant…

Ce soir sur mon visage je vois le temps qui passe !

Comme les rêves trop grands finissent dans l’impasse,

Il y a dans mes amours l’illusion des fantasmes…

Ce soir dans mes pensées ne rôdent que des sarcasmes !

Comme l’orgueilleux défie le gentil, le rêveur,

Il n’y a dans mon jugement que des propos moqueurs…

Ce soir je réalise que mes rêves sont vains !

Comme le parieur se berce de l’illusion du gain,

Il y a dans mes désirs l’espoir de l’impossible…

Ce soir dans un éclair j’ai vu l’inaccessible !

Comme la brume qui se lève révèle le paysage,

Il y a dans ton silence comme la fin d’un voyage…

Ce soir dans un songe j’ai compris mes erreurs !

Comme le Père Noël final’ment n’est qu’un leurre,

Il n’y a dans ma vie que mirages et naïveté…

Ce soir j’ai vu ma vie avec lucidité !

Comme au sortir des rêves vient la réalité,

Il y a dans mes saisons plus d’hivers que d’étés…

Ce soir j’ai bien compris qu’il n’y aura pas de « nous » !

Comme la rage n’est parfois qu’un désespoir de fous,

Il y a dans mes colères les reflets d’ma tristesse…

Ce soir je suis brisée et je pleure ma détresse !

Comme certains en chantant crient leur indignation,

Il y a dans mon crayon toutes mes désillusions…

 

Herrlisheim – 11 octobre 2015

( 6 octobre, 2015 )

La photo volée

Est-ce la mélancolie de mon cœur fatigué,

Ou l’imagination d’un esprit embrumé

Qui, au premier coup d’œil sur ce mauvais cliché

M’a montré la détresse dans ton regard voilé ?!

Autour de toi, pourtant, des visages souriants

S’éclairent dans la fête comme des visages d’enfants.

Sur cette joyeuse image, ce reflet d’un instant,

On s’amuse et on rit, on chante dans le vent !

Seul au milieu de tous, tu me parais ailleurs,

Isolé dans une bulle, retranché dans ton cœur !

Ton tout petit sourire est triste à me faire peur

Et dans ton regard lourd, pas l’ombre d’une lueur !

Où es-tu donc parti ? Qu’est-ce-qui te trouble ainsi ?

Est-ce le monde qui déraille, les hommes et leur folie ?

Ne sais-tu plus très bien où se trouvent tes amis ?

Ou bien, as-tu perdu le fil de ta vie ?

Je te regarde encore, sur cette photo volée,

Seconde d’éternité sur du papier glacé…

Je ressens ta tristesse au cœur de tes pensées

Et mon cœur se gonfle de tendresse envolée…

Cet abîme dans tes yeux me blesse et me fait mal,

Ton image me hante et brise mon moral !

J’aimerais prendre ta main, là, au milieu du bal

Te faire tout oublier dans une ronde infernale…

J’aimerais d’un baiser, sur le bout de mes doigts

Souffler du réconfort, de la tendresse vers toi…

J’aimerais t’envoyer tout ce que j’ai en moi

De rêves, d’émotions, de sourires et de joie !

J’aim’rais en quelques mots faire voler en éclats

Toutes ces sombres pensées de ton sourire si las,

Attraper les étoiles, les poser dans tes bras

Pour faire briller tes yeux de leur plus bel éclat !

J’aimerais récolter dans le creux de mes mains

Ces larmes que j’imagine au bord de ton chagrin…

J’en ferais des rivières, des rubans de satin,

Des perles de lumière, pour tous tes lendemains !

 

 

Colmar – 06 octobre 2015

( 6 octobre, 2015 )

Le coq flamboyant

Dans un pays de rêves et d’imagination,

Vivait un joli coq au cœur de sa basse-cour.

Gentil, plein d’égards et de douces attentions,

Il était adulé un peu plus chaque jour.

Il chantait haut et clair, attirant les regards,

Et on venait de loin pour entendre son chant…

Pas un jour de sa vie où il fut en retard

Pour repousser la nuit loin des rêves des enfants !

Dans tout le poulailler, on était forts et fiers

D’être de sa famille, de sa vie, de son clan,

Et fidèle à son chant, la volière tout entière

Vivait en harmonie un rêve de chaque instant !

Il y eu bien au début, quelques paons orgueilleux

Pour critiquer son art et son joli plumage,

Mais toutes les poules en chœur firent face aux impétueux

Et volèrent dans les plumes des jaloux sans courage !

Quelques renards aussi tentèrent de le détruire

Moquant les chants d’amour qu’il lançait de tout cœur,

Mais aucune des poules ne se laissa séduire,

Aucune ne finit dans les griffes des chasseurs !

Aux quatre coins du pays, brillait sa renommée,

Et de toutes les basses-cours, de jeunes poules affluaient !

Accueillies avec joie par leurs dignes ainées,

Elles vinrent grossir les rangs d’un chœur joyeux et gai !

Ces nouvelles venues, plus jeunes et bien plus vives

Caquetaient bien plus fort, voletaient bien plus haut,

Leurs jeunes becs en avant, les plumes agressives,

Elles se hissèrent bien vite au plus près du héros…

D’abord désarçonnées par une telle impudence,

Blessées, un peu perdues, les anciennes, peu à peu

Perdirent leur place de choix, leurs rêves, leur confiance

Mais refusèrent d’un bloc les nouvelles règles du jeu !

Bien sûr, elles lui gardèrent toute cette admiration

Teintée de bonne humeur et d’un peu de tendresse…

Jamais elles ne renièrent cette singulière passion

Qui les rendaient meilleures depuis leur prime jeunesse !

Le coq au beau plumage et magnifique ramage

Ne semblait pas conscient de cette lutte intestine

Qui opposait parfois avec force, avec rage,

Ses fidèles à jamais et les jeunes mutines !

Coups de bec sournois, plumes ébouriffées

Pour approcher un temps au plus près du perchoir…

Démarche dandinante, caquetage débridé,

Les nouvelles osaient tout pour une faveur d’un soir !

Mais la jeunesse, on le sait, brille par son inconstance,

Et au cœur de l’hiver, quand les chants furent plus rares,

Les poulettes s’ennuyèrent, finirent par perdre patience

Et cherchèrent d’autres bals pour encore veiller tard…

Elles croisèrent d’autres coqs à la voix envoûtante

Qui affola d’emblée leurs jeunes et tendres cœurs,

Et réveilla en elles une folie enivrante…

Qui les mena bien loin du coq aux yeux charmeurs !

Mais celles qui étaient là quand le coq flamboyant

Sortait tout juste de l’œuf vers son brillant destin

Restèrent à ses côtés, dans un respect patient

Dans l’attente sereine d’un nouveau matin !

La morale bien sûr de cette fable d’un soir

Est qu’il ne faut jamais préjuger du destin !

On peut perdre un instant toute forme d’espoir,

Croire ses rêves brisés, saisis par d’autres mains,

Et les voir le lendemain renaître avec le jour

Parce qu’on a su rester fidèle à ses valeurs,

Fidèle à ses passions, fidèle à ses amours,

Et qu’on a su oser laisser parler son cœur !

 

Herrlisheim – 05 octobre 2015

( 1 octobre, 2015 )

L’amie égarée

C’est d’abord une ombre qui voile ton regard,

Si légère, éphémère, qu’on la laisse passer…

Et puis c’est ton sourire, décalé, en retard,

Un sourire de façade, triste et désabusé !

A nos éclats de rire, tu opposes tes soupirs,

Et ton silence lourd répond à nos chansons !

Plus on cherche ton regard, plus il semble s’enfuir

Comme si tu avais peur qu’on le mette en prison.

Quand on cherche d’un mot à te ramener au port,

D’une remarque cinglante, tu nous chasses loin de toi !

Agressive, provocante, tu méprises nos efforts

Et tu t’éloignes de toi, un peu plus, chaque fois !

Que cherches-tu à cacher, derrière ce masque dur ?

Que cherches-tu à prouver par ton intransigeance ?

Quels orages ont troublé ainsi ton ciel d’azur ?

Quels démons te harcèlent ? Te poussent à la violence ?

De tes propos blessants, tu souilles nos émotions,

D’un revers de mots, tu rabaisses nos idées,

D’un regard assassin, tu toises nos passions

Et désenchantes nos rêves d’un soupir agacé !

Que l’on t’offre du vin, du rêve ou des douceurs,

Rien, ni personne, ne trouve grâce à tes yeux !

Tes refus sont cinglants et nous giflent le cœur,

Ta colère contre nous ternit un peu nos jeux…

Tu assassines tes rêves, tes plaisirs, tes désirs,

Comme si tu avais peur de ne pas les exaucer…

Ton mépris apparent insulte nos souvenirs,

Ton manque de confiance blesse notre amitié !

Mais où est-elle passée l’amie aux mille passions ?

Où es-tu donc partie, toi qui ne lâchais rien ?

Toi qui as tant donné pour vivre tes ambitions,

Pourquoi as-tu, ce soir, perdu tous tes moyens ?

Je te regarde de loin, je n’te reconnais plus !

Ton regard est éteint, ton sourire fatigué,

Tu es à fleur de peau, parais tell’ment perdue,

Et tes gestes sont si las, ton cœur désabusé…

La vie a-t-elle été si cruelle avec toi ?

T’a-t-elle tant déçue et blessée à ce point ?

Quelles sont ces frustrations qui t’ont fait perdre la foi ?

Quels combats perdus t’ont emmenée si loin ?

Je cherche toujours tes yeux, et ton regard s’enfuit

Je cherch’encore ton sourire et ton visage se ferme !

Quel fardeau portes-tu ? Qu’est-ce-qui te trouble ainsi ?

N’y a-t-il donc plus rien en cette vie que tu aimes ?

Sur quels chemins de peine t’es-tu donc égarée,

Toi, notre amie d’hier, d’aujourd’hui et demain ?

Quel  serpent a perverti ton cœur et tes pensées,

Et t’a fait bâtir des murs entre tes rêves et les miens ?

Toi qui préférais, et de loin danser sous la pluie

Au lieu d’attendre en pleurant que revienne le soleil,

Dis-nous quoi inventer pour qu’encore, tu souries,

Et comment éteindre tes rancoeurs et toutes tes nuits de veille ! 

Herrlisheim – 12 Septembre 2015

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