( 21 juin, 2015 )

Où es-tu ?

Ça commence doucement, un peu comme un cauchemar

Comme une bête hideuse qui se glisse dans le noir,

Qui se love peu à peu au creux de la mémoire

Et qui attend son heure pour frapper au hasard !

Au début, c’est un geste, ou un mot qu’on oublie,

Un petit blanc brutal qu’on cache dans un rire,

Un savoir-faire banal qu’on regarde s’enfuir

Qui échappe soudain au fil de notre vie.

On accuse la fatigue, ou bien le surmenage,

On rit avec les autres, on détourne l’attention…

Voilà, c’est revenu, c’était quoi la question ?

Mais non, ce n’est pas grave, c’est normal à mon âge !

Mais la bête est bien là et qui prend tout son temps,

Elle grandit et elle rôde, colonise ton esprit,

Voile ta réalité d’un épais brouillard gris

Et s’nourrit des souvenirs, étouffe ton présent !

Pas question de céder, de montrer tes faiblesses,

Tu camoufles comme tu peux les oublis, les erreurs,

Tu changes tes habitudes et tu masques ta peur,

Mais derrière ton humeur se tapit ta détresse !

Et puis, un beau matin, la bête frappe soudain,

Plus un mot, plus un geste qui ne soit un effort,

Tu ne contrôles plus rien, pas même ton propre corps,

…Un éclair de panique, et ton regard s’éteint !

Mais où es-tu parti ? Dans quel monde éloigné

Que je ne puisse atteindre la bête t’a-t-elle emmené ?

Où sont donc ces rivages où tu parais bloqué ?

Et quel est cet enfer qui te tient prisonnier ?

Quel est cet univers où tu pars si souvent,

Nous laissant impuissants, démunis et perdus ?

Je crains tellement le jour où tu ne reviendras plus,

Où ton âme à jamais errera dans le néant !

Je te parle, te raconte les choses de nos vies,

Je cherche dans ton regard, l’ombre de ta présence

Mais je n’y trouve souvent que le vide et l’absence

Pour répondre à mes rires, mes rêves ou mes envies !

Mais parfois, je perçois, dans ton regard éteint,

Un éclat de conscience, une lumière, un sourire…

J’essaie de toutes mes forces de l’empêcher d’partir,

Mais il s’enfuit quand même, mes efforts restent vains !

Qu’en est-il de ce monde où tu vis désormais ?

Est-il doux et léger, et frais comme un jardin ?

Ou est-il noir et sombre, un labyrinthe sans fin

Où tu erres sans repère, perdu à tout jamais ?

Et quand de temps en temps, tu reviens parmi nous,

Comprends-tu ton absence ? As-tu des souvenirs ?

As-tu conscience du temps que t’as laissé s’enfuir ?

Sais-tu ce qui se passe ou est-ce déjà si flou ?

Je vois que tu hésites, que tu choisis tes mots,

Je lis dans ton regard, un millier de questions

Et tu mets dans tes phrases tant d’interrogations…

Comme si t’étais pas sûr d’être là où il faut !

Mais où es-tu papa ? Dans quelle réalité ?

Au moins es-tu heureux dans cette dimension-là ?

As-tu le cœur léger quand tu t’envoles là-bas ?

J’aimerais tellement croire à ta sérénité !

Mais ta vie désormais est comme une rose fanée,

Pas morte tout à fait, il en reste le parfum

Qui te rappelle qu’hier était déjà demain

Qu’les couleurs de la vie, douc’ment s’en sont allées !

 

Herrlisheim – 21 juin 2015 – Fête des Pères

4 Commentaires à “ Où es-tu ? ” »

  1. villaseurat dit :

    J aime. C est vraiment un très très beau texte. C est bouleversant. Ce qu¨n dit de toi être elles ses mains sont également de beaux textes. Je vais continuer à te lire. J aime ce que tu fais. Continue …

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  2. villaseurat dit :

    J ai lu aussi les enfants perdus. Je vois ça comme un poème et une nouvelle en même temps. C est super …. lu aussi j ai fait un rêve et dansmes reves c est vraiment bien ….ta très bien fait de poster ces quelques lignes …

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    • jipsie dit :

      merci pour ces commentaires…c’est vrai que mes textes sont un peu longs pour être classées comme des poèmes, des nouvelles? je n’y avais pas pensé, mais oui, pourquoi pas!

  3. villaseurat dit :

    En fait je pense que tes textes sont des poèmes ( qu’ils soient longs ne change rien ) Je parlais juste de ce que j ai ressenti à la lecture des enfants perdus qui me faisait penser à un mélange de poème et de nouvelle. J ai lu je voulais te dire et solitude et liberté et je les aime aussi. Le deuxième je me reconnais plus dans la première partie. Excuse moi je lis petit a petit.

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