( 17 juin, 2015 )

Les chaînes des souvenirs

Rattrapée malgré moi au détour d’un chemin

Par une lumière, une musique, un parfum,

Me voilà transportée au cœur de ma jeunesse

A mi-chemin entre nostalgie et tristesse !

Que deviennent nos bonheurs et nos éclats de rire

Quand tournent les aiguilles de l’horloge de l’avenir ?

Où sont passés nos larmes, nos cris et nos douleurs

Quand la vie peu à peu les voile de pudeur ?

Reste t-il quelque chose des passions, des étreintes

Quand le temps les maltraite, les polit, les éreinte ?

Et puis tous les regrets, les hontes, les remords ?

Disparus à jamais ? ou bien vivants, encore ?

Comment croire oubliées les pages du passé

Quand les mots d’une chanson peuvent les ressusciter ?

Comment trouver la force ou l’envie de sourire

Quand on traîne derrière soi le poids des souvenirs ?

Comment aimer encore, comment briser nos chaînes

Quand un geste, un sourire fait renaître nos peines ?

Puis je me laisser séduire ? accorder ma confiance

Quand les voix du passé m’intiment la prudence ?

Comment être sincère, droite, honnête et franche ?

Quand toutes mes amours mortes me tirent par la manche,

Me ramènent en arrière, me racontent l’histoire,

Et me révèlent la fin dans l’reflet du miroir ?

Et puis tout au contraire, comment pleurer encore

La perte d’un être cher, les peines, les coups du sort

Quand les mois, les années, volent jusqu’à nos chagrins

Les noyant sans pitié sous tous nos lendemains !?

Comment vivre au présent, avancer, s’émouvoir

Quand on sait qu’un « après » nous attend, un beau soir ?

Comment ne pas laisser glisser les sentiments,

Quand on sait qu’en cédant, ils nous blesseront sûrement ?

De toutes mes libertés, celle d’aimer est la pire,

Puisque quoiqu’il arrive, elle me fera souffrir !

Alors c’est dans le rêve, le fantasme, l’illusion

Que je cherche parfois l’impossible passion

Si brûlante qu’elle chasserait les regrets et les larmes,

Si puissante qu’elle briserait mes chaînes de son charme !

Mais comme les reflets dans l’eau d’une rivière,

Il suffit d’y lancer un caillou, une pierre,

Ou d’une simple caresse d’un Zéphyr malicieux,

Pour que le rêve meurt à jamais dans mes yeux !

Prisonnière de ma vie, de tous mes souvenirs,

Saurais je un jour encore me tourner vers l’avenir ?

Pourrais je, comme une fleur, sur l’onde vagabonde

Voyager dans ma vie comme elle parcourt le monde ?

Ou, comme le lotus dans la vase et le noir,

Resterais-je enchaînée à mon cœur, mon histoire ?

 

Herrlisheim – 4 février 2015

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