( 17 juin, 2015 )

Le manque

C’est juste une petite gêne, comme un jean trop serré,

Des petits grains de sable au fond de mes souliers,

Ça irrite, ça agace, ça fait un peu boiter,

Mais on avance quand même, ça nous fait pas plier !

Parfois, c’est un mal-être, une infinie tristesse

Ça nous tombe dessus quand on ne s’y attend pas,

En plein milieu d’un rire, d’une fête, d’une caressse,

C’est troublant, perturbant, mais on vit malgré ça !

C’est une surprise ratée qui gâche un peu la fête,

Une pincée de sel qui manque dans un plat,

Le moustique qui oblige à s’cacher sous la couette,

C’est crispant, énervant, mais on n’pleure pas pour ça !

C’est les clés, les lunettes, le portefeuille perdu,

Le café renversé juste au moment d’partir,

C’est la voiture qui cale et qui ne démarre plus,

Ça complique la vie, ça gâche un peu l’plaisir !

C’est un voile, un brouillard qui altère le présent,

Une brume légère qui floute le paysage

Ou la pluie qui te vole un dimanche de printemps,

C’est contrariant bien sûr, mais t’annules pas l’voyage !

C’est ton cœur qui bondit pour la une d’un journal,

Quelques secondes d’absence quand tu entends sa voix,

C’est sourire, s’émouvoir pour une info banale,

Ça fait rire les copains, et nous aussi, parfois !

C’est le manque bien sûr, celui qui pince un peu,

Qui rend la vie plus fade, plus grise, moins palpitante !

Ça ternit les projets, ça mouille un peu les yeux,

Ça crispe les sourires, ça fait peser l’attente !

Y’a 6 mois, un trou noir nous a toutes emportées,

Nous laissant vides de tout, face au noir d’une scène,

Nous laissant orphelines, perdues, désemparées,

Mais le temps, on le sait, adoucit toutes les peines !

J’ai trimballé longtemps cette mélancolie,

Indifférente à tout ce qui n’était pas toi,

J’ai joué tous les rôles qui composent ma vie,

Sans m’impliquer vraiment, sans être tout à fait moi !

Et puis jour après jour, j’ai repris le contrôle,

Je garde le meilleur et me tourne vers demain.

Même s’il est toujours là, qui me suit, me survole,

Je saurai l’écarter, un jour, de mon chemin.

Et le cœur plus léger, le regard pétillant,

Je sourirai au monde, sereine et libérée,

Le manque ne sera plus, qu’un souv’nir vacillant…

…Mais le manque, ce jour là, ne me manquera t-il pas ??

 

Herrlisheim – 28 février 2015

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