( 17 juin, 2015 )

Fidélité

15 décembre 90, la France s’est parée d’un manteau blanc,

Les pieds dans la neige, avec tant d’autres, j’attends !

Dans ma poche, je contrôle mon billet pour la 100ème fois

Et pour tromper l’attente, j’observe les autres autour de moi…

 

Je pense à la lettre écrite une heure plus tôt,

As-tu reçu les fleurs qui protégeaient mes mots ?

Tes chansons me portent si bien, tes mots parlent pour moi,

Et « je me casse la voix » « quand l’sommeil veut pas d’moi » !

 

Mais ce soir, enfin, pour moi aussi tu vas chanter

Et mon âme, au rythme de ta voix va vibrer !

Noir dans la salle, noir sur la scène,

5000 cœurs s’emballent, 5000 souffles se retiennent !

 

Puis vient la plainte douloureuse d’une guitare,

Une lumière blanche troue la nuit, comme un phare,

Une silhouette paraît et grandit peu à peu

Quand les basses et la batterie une à une entrent en jeu !

 

Alors, du fond des âges s’élève une clameur

Qui libère d’un coup la tension et les cœurs !

« Le sommeil veut pas d’moi » et 10 000 mains se lèvent

« Tu dors depuis longtemps »  5000 cœurs vivent un rêve

 

« Alors regarde » et 5000 voix à l’unisson

Chantent avec toi en un chœur plein d’émotion…

Les rythmes, les paroles et les chansons s’enchaînent

Et tombent mes réserves quand les mots se déchaînent !

 

« Un mur est tombé », c’est 5000 poings levés,

« Mais j’te l’dis quand même » 5000 cœurs sont serrés

Et sur « qui a le droit », 5000 petites flammes

S’envolent dans la nuit et font briller nos larmes !

 

Dernier accord et dernier signe de la main,

Autour de moi, des voix s’élèvent, te rappellent en vain.

Lumière dans la salle, on cligne un peu des yeux,

On s’regarde, on sourit, perdus, on traîne un peu !

 

Y’a 25 ans déjà, « j’m’attendais pas à ça »,

J’suis sonnée, immobile, dans cette foule qui s’en va !

La musique et les mots, j’ai tout pris, tout gardé

Les sourires, les silences, je m’en suis imprégnée !

 

A travers les rues vides, je promène ma tristesse,

« Tout à l’heure » est si loin, tout juste une promesse…

J’ai froid, je monte mon col, pas un bar n’est ouvert

Pour accueillir ma peine, pour noyer ma colère !

 

Comment vais-je retrouver le cours de ma vie,

Quand mon âme un instant, a vu le paradis ?

De cette nuit d’hiver, je me souviens de tout,

De l’ambiance, des lumières, et du bonheur, surtout !

 

Ce soir là, un chanteur est dev’nu une idole

Pour la vie, c’est certain et je n’ai qu’une parole !

Au fil des années, contre vent et tempêtes,

Je suis restée fidèle, mais parfois plus discrète…

 

Quand je glissais trop loin dans le noir de mes nuits,

Quand je tombais sans fin, dans le vide de ma vie,

Quand la vie m’a blessée ou meurtrie quelquefois,

Toujours une chanson semblait écrite pour moi,

 

Ce ne fut pas facile, toujours de te soutenir

Quand fusaient les critiques, les moqueries, les satyres !

Et j’ai sorti les griffes, et j’ai montré les dents

Pour répondre aux attaques d’un humour bien méchant !

… /…

12 août 2014, chaude soirée d’été

Te dirais-je ce soir combien j’ai hésité ?

De quoi avais-je donc peur ? Je ne saurais l’écrire,

De moi-même sans doute, d’être déçue faut bien l’dire !

 

J’avais tant attendu ce nouveau rendez vous,

Saurons nous nous r’trouver, nous reconnaîtrons nous ?

Tant de temps a passé….passé ? Mais passé où ?

Mon cœur et ma mémoire se souviennent de tout…

 

Et comme dans la chanson, j’hésite longtemps je crois…

Et d’un coup, je m’élance, eh ! oh ! Attendez-moi !…

Dans la salle tout à coup, le doute me reprend,

Le public est si jeune, qu’est ce que je fous là, bon sang !?

 

A mon 1er concert, elles n’étaient même pas nées,

Et elles sont là ce soir….d’adresse, me suis je trompée ?

Et puis le jour s’en va, le théâtre s’éteint…

« Vous »…un seul mot, un seul, et mon cœur qui s’étreint…

 

Oui je suis là ce soir, tout comme au premier soir,

Mon cœur se souvient, je souris dans le noir !

Le passé, le présent mêlent leurs émotions,

Je retrouve la ferveur, l’ambiance, la communion

 

Dans  la complicité d’un clin d’œil au passé,

Je retrouve un plaisir que j’croyais oublié,

Les refrains d’autrefois, les mélodies nouvelles

S’envolent dans la nuit, nous entrouvrent le ciel…

 

Et je retrouve intacte ma jeunesse fanée,

La magie du moment, le plaisir partagé…

Immense est le silence quand les mélodies pleurent,

Explosive l’énergie quand elles prennent des couleurs !

 

5000 cœurs battants, 5000 voix unies

Sauront-ils simplement assez te dire merci ?

Merci pour ces soirées, ces parenthèses de vie

Qui font nos nuits plus belles, qui rallument nos envies !

 

Merci pour tous ces mots qui disent si bien pour nous

Nos passions, nos colères et nos rêves un peu fous !

Merci tout simplement, Merci du fond du cœur,

Merci d’être encore là, Merci, à tout à l’heure !

 

 

Herrlisheim – 27 février 2015

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