( 26 juin, 2015 )

Les larmes d’un homme

Connaissez-vous plus triste que les larmes d’un homme 

Quand il a tout perdu, quand il est dépassé,

Quand, au nom du progrès, de la productivité

On lui vole son métier, son art, sa fierté d’homme ?

Comment trouver les gestes, comment trouver les mots

Qui l’empêcheront de lâcher, de glisser vers le bas ?

Quand tout son univers a volé en éclats,

Qui saura le comprendre, le maintenir à flots ?

Il dit qu’il n’en peut plus, qu’il n’a plus le courage,

Qu’il ne dort plus la nuit, qu’il n’a plus d’appétit !

Il dit que quoi qu’il fasse, y n’contrôle plus sa vie,

Qu’il se noie dans ses larmes, que ses forces le lâchent !

Sa vie d’avant lui manque, hante son quotidien,

La nouvelle le meurtrit, lui fait perdre la raison !

Il doute de tous ses gestes, n’est plus au diapason

D’un univers sans vie, virtuel et sans parfum !

Il connaissait le stress des journées de galères,

Tout n’était pas parfait, c’était pas le paradis !

Il y a eu des colères, des soucis, des conflits,

Mais aussi l’unité d’une équipe solidaire !

Et puis, y’avait les rires, les relations humaines,

Les discussions sans fin, les débats passionnés,

Les échanges d’émotions, les cafés partagés…

Et son job aujourd’hui, l’enferme, le blesse, l’enchaîne !

Il a le sentiment qu’on a volé sa vie,

Et ne sait pas quoi faire pour la reprendre en mains.

Il ne trouve plus sa place dans ce monde inhumain

Géré par les machines et la technologie.

Il se sent inutile, lui qui maîtrisait tout,

Il a beau s’accrocher, tenter de t’nir encore,

Il sent qu’il va glisser, et finir dans l’décors ,

Et croit qu’il a perdu, qu’il va devenir fou !

Sa femme est attentive, ses enfants sont présents !

Ses amis lui répètent qu’au fond, c’n’est qu’un travail,

Qu’il y a plus important, qu’il y a d’autres batailles,

Qu’il doit garder confiance, y croire obstinément,

Que la vie c’est pas ça, que la vie est ailleurs

Et que c’n’est pas sa faute, qu’il n’est coupable en rien,

Que le courage n’est pas de s’obstiner en vain,

Mais de savoir connaître ses limites et ses peurs !

On lui dit qu’il vaincra, qu’il remontera la pente,

Qu’il doit juste laisser un peu de temps au temps,

Que le soleil brillera avant le prochain printemps

Et qu’il verra renaître d’autres aubes impatientes !

On lui dit qu’un beau jour, il trouvera le chemin

Vers une vie nouvelle où son âme sourira,

Et qu’après le brouillard, un été fleurira

Qui le verra grandi, plus fort et plus serein !

Mais quels que soient les mots qu’on murmure à son cœur,

Quels que soient les lendemains qu’on dessine pour lui,

Quels que soient les sourires qu’on oppose à ses cris,

Il reste un homme perdu au milieu de ses pleurs !

 

Herrlisheim – 26 juin 2015

( 21 juin, 2015 )

Où es-tu ?

Ça commence doucement, un peu comme un cauchemar

Comme une bête hideuse qui se glisse dans le noir,

Qui se love peu à peu au creux de la mémoire

Et qui attend son heure pour frapper au hasard !

Au début, c’est un geste, ou un mot qu’on oublie,

Un petit blanc brutal qu’on cache dans un rire,

Un savoir-faire banal qu’on regarde s’enfuir

Qui échappe soudain au fil de notre vie.

On accuse la fatigue, ou bien le surmenage,

On rit avec les autres, on détourne l’attention…

Voilà, c’est revenu, c’était quoi la question ?

Mais non, ce n’est pas grave, c’est normal à mon âge !

Mais la bête est bien là et qui prend tout son temps,

Elle grandit et elle rôde, colonise ton esprit,

Voile ta réalité d’un épais brouillard gris

Et s’nourrit des souvenirs, étouffe ton présent !

Pas question de céder, de montrer tes faiblesses,

Tu camoufles comme tu peux les oublis, les erreurs,

Tu changes tes habitudes et tu masques ta peur,

Mais derrière ton humeur se tapit ta détresse !

Et puis, un beau matin, la bête frappe soudain,

Plus un mot, plus un geste qui ne soit un effort,

Tu ne contrôles plus rien, pas même ton propre corps,

…Un éclair de panique, et ton regard s’éteint !

Mais où es-tu parti ? Dans quel monde éloigné

Que je ne puisse atteindre la bête t’a-t-elle emmené ?

Où sont donc ces rivages où tu parais bloqué ?

Et quel est cet enfer qui te tient prisonnier ?

Quel est cet univers où tu pars si souvent,

Nous laissant impuissants, démunis et perdus ?

Je crains tellement le jour où tu ne reviendras plus,

Où ton âme à jamais errera dans le néant !

Je te parle, te raconte les choses de nos vies,

Je cherche dans ton regard, l’ombre de ta présence

Mais je n’y trouve souvent que le vide et l’absence

Pour répondre à mes rires, mes rêves ou mes envies !

Mais parfois, je perçois, dans ton regard éteint,

Un éclat de conscience, une lumière, un sourire…

J’essaie de toutes mes forces de l’empêcher d’partir,

Mais il s’enfuit quand même, mes efforts restent vains !

Qu’en est-il de ce monde où tu vis désormais ?

Est-il doux et léger, et frais comme un jardin ?

Ou est-il noir et sombre, un labyrinthe sans fin

Où tu erres sans repère, perdu à tout jamais ?

Et quand de temps en temps, tu reviens parmi nous,

Comprends-tu ton absence ? As-tu des souvenirs ?

As-tu conscience du temps que t’as laissé s’enfuir ?

Sais-tu ce qui se passe ou est-ce déjà si flou ?

Je vois que tu hésites, que tu choisis tes mots,

Je lis dans ton regard, un millier de questions

Et tu mets dans tes phrases tant d’interrogations…

Comme si t’étais pas sûr d’être là où il faut !

Mais où es-tu papa ? Dans quelle réalité ?

Au moins es-tu heureux dans cette dimension-là ?

As-tu le cœur léger quand tu t’envoles là-bas ?

J’aimerais tellement croire à ta sérénité !

Mais ta vie désormais est comme une rose fanée,

Pas morte tout à fait, il en reste le parfum

Qui te rappelle qu’hier était déjà demain

Qu’les couleurs de la vie, douc’ment s’en sont allées !

 

Herrlisheim – 21 juin 2015 – Fête des Pères

( 17 juin, 2015 )

Les enfants perdus

Fin de matinée à l’entrée du grand hall,

Il entre en conquérant, roule un peu des épaules,

Il s’arrête au milieu, fixe la caméra,

Et d’un sourire narquois, il nous dit « je suis là » !

Puis d’un grand coup de pied, capuche sur la tête,

Il ouvre avec fracas la porte des toilettes…

Un cou d’œil lui suffit, trop tôt pour les copains,

Plus la peine de frimer, c’est comme ça chaque matin !

Il s’étale sur un banc, regarde autour de lui

Et fixe les passants dont les regards le fuient !

Il fait peur, c’est certain, c’est du moins ce qu’il croit,

Du haut de ses 16 ans, il se prend pour un roi,

Un caïd, un cador, une terreur que l’on craint

Et qu’on n’attrapera pas, c’est lui le plus malin…

C’est ce que disent ses yeux, son sourire provocant,

Au milieu du grand hall….il règne sur son banc !

Et puis il se détend, son visage s’adoucit,

Il se penche en avant, fixe un point devant lui,

Un horizon lointain, les cauchemars de ses nuits,

Du hall il oublie, et le froid et le bruit !

Où l’emmènent ses pensées ? vers quels rêves d’enfants ?

Se revoit-il petit auprès de ses parents ?

Repense t-il à l’école, aux récrés, aux copains,

Aux sapins de Noël ou à son petit chien ?

Car il fut un enfant, un fils ou même un frère

Avant d’aller errer sur les routes de l’Enfer !

Mais peut-être n’a-t-il, jamais eu cette chance,

Pas de rêves, de chaleur, de rire ou d’innocence ?

 

…L’arrivée de la horde le ramène au présent,

Il s’étire comme un chat, se lève de son banc.

Salutations d’usage, un peu comme un rituel,

Des mots connus d’eux seuls, des gestes habituels.

Puis commencent les chahuts, insultes, provocations.

Ils cherchent la bagarre et la confrontation.

Ils dégradent et ils cassent et signent leurs forfaits

D’un graffiti rageur, d’un crachat, d’un grand trait !

Comme les fauves et les loups, l’effet de meute agit,

Ils rackettent, ils bousculent, jamais pris, impunis…

Ils défient toutes les règles, poussent le volume à fond,

Unis sous la bannière d’un nouveau peuple sans nom !

 

Puis arrivent les filles déployant leurs jeunes charmes,

Petites filles pas modèles qui se déguisent en femmes !

Et les fauves tout à coup, en coqs se transforment

Perchés sur leurs ergots, ils croient faire comme des hommes !

Ils se cherchent, se provoquent, comme des paons se pavanent

Se battent même parfois pour le cœur de ces dames…

Et les belles sans orgueil, sans fierté, sans pudeur

Se soumettent sans mot dire au regard des vainqueurs !!!

Provocantes quand elles entrent, pour leur âge, trop sensuelles,

Face au manque de respect, pas une ne se rebelle !

Même les plus farouches, grossières ou insolentes

Acceptent les remarques, les insultes cinglantes !

 

Mais qui sont ces enfants errant là à toute heure ?

Qui les garde captifs de cette vie de rancœur ?

N’y a-t-il donc personne qui s’inquiète pour eux ?

Personne pour les guider, pour leur ouvrir les yeux ?

Comme les enfants perdus d’un nouveau Peter Pan,

Ont-ils peur de grandir ? Veulent-ils rester enfants ?

Ou comme le gentil cancre que nous contait Prévert,

Suffirait-il d’un geste pour voir leur cœur ouvert ?

Ils ont mille visages, mais n’ont qu’un seul regard,

Celui de la défiance, d’une haine barbare,

Et de la peur aussi, quand seuls sur un banc,

Ils cherchent sans trouver, un avenir, un printemps…

Ne vous y trompez pas, pas la peine de chercher,

Car ils sont NOS enfants, nous les avons créés !

Quoiqu’on dise, nous sommes tous, responsables et coupables

D’avoir laissé le monde entre les mains des Diables !

Nous voulions toujours plus, facilités, confort,

Nous voulions vivre bien sans faire le moindre effort,

Nous voulions nous offrir, le monde et ses douceurs

Et nous avons perdu nos richesses, nos valeurs !

Qu’avons-nous aujourd’hui à transmettre aux enfants,

Qu’une Terre perdue, des souvenirs chantants ?

Et si nous n’voulons pas qu’ils soient nos pires cauchemars,

Il est temps d’réagir, d’entrer dans la bagarre

Pour offrir un destin à toute une jeunesse

Qui ne croit plus en rien, surtout pas aux promesses !

Car si nous n’faisons rien, d’autres prendront la place,

Et avec des slogans, de l’or ou des menaces

Conduiront ces enfants vers une vie incertaine

Faite de chaînes et de mort, de violence et de haine.

 

 

16 février 2015

( 17 juin, 2015 )

J’ai fait un rêve

Tapi depuis longtemps tout au fond de mon cœur,

Un petit rêve grandit, me promet du bonheur.

Assoupi tout le jour au cœur de mes pensées,

Il s’éveille chaque soir pour venir me hanter.

Il se nourrit d’un rien, d’un mot, d’une photo

Et envahit mes nuits de mille scénarios !

Différent chaque fois qu’il envahit ma vie,

Il m’entraîne malgré moi au cœur de mes folies.

Un jour, c’est au hasard d’une balade solitaire

Que je croise son regard rieur, plein de lumière.

Je me vois hésiter à m’avancer vers lui,

Un clin d’œil m’encourage, un pas, il me sourit !

C’est parfois dans un train, un théâtre, une terrasse

Que mon rêve nous rapproche, nous assied face à face.

Entremetteur mutin de mes désirs cachés,

Il m’offre toute une palette de possibilités !

Parfois il se déchaîne, pousse très loin la fiction,

Irréel, mais puissant, il vole mes émotions.

Il invente un coup de fil, une lettre, un message

Qui me donne rendez-vous pour une heure de partage !

Rencontre imaginaire, mille fois organisée

Par mon cœur solitaire, mon esprit embrumé,

Il est le bienvenu quand ma vie fait naufrage,

Et tant pis si, au fond, ce n’est plus de mon âge !

Alors, quand quelquefois, une porte s’entrouvre,

Sans une hésitation mon rêve s’y engouffre !

Qu’importe que la chance soit faible et incertaine,

Mon rêve veut prendre vie, faire de moi une reine…

Qu’importe qu’il m’abuse, se joue de moi, me mente,

Il est là, me harcèle, me bouscule et me tente !

Je cède évidemment devant son insistance,

Et me laisse emporter jusqu’au cœur de ses danses.

Je vibre, j’anticipe, j’imagine l’histoire,

Je nourris d’illusions une étincelle d’espoir…

Dans ma tête, je choisis, ma robe, ma coiffure,

Dans mon cœur, j’écris la passion du futur…

C’est un rêve agréable, pour les dimanches de pluie,

Un moment d’évasion, quand je n’aime plus ma vie !

Mais la vie est ailleurs qu’au doux pays des songes,

Le rêve n’est qu’illusion, tromperie et mensonge !

Pas question de céder aux reflets du miroir,

De répondre aux sirènes, à leur chant illusoire !

Gardons les pieds ancrés dans la réalité,

Elle saura nous offrir plus qu’un monde éthéré !!!

 

Herrlisheim – 16 juin 2015

 

( 17 juin, 2015 )

Dans mes rêves

Ca y est, c’est reparti, mes rêves partent en cavale,

Plus fougueux et plus libres qu’un galop de cheval,

Plus indomptables même qu’une mer en furie

Et bien plus excitants que le cours de ma vie !

Quelques lignes postées, un orgueil qui se perd,

Message dans une bouteille que je lance à la mer,

Ou peut-être est-ce un jeu, un clin d’œil, un défi,

L’impulsion d’une seconde de mon cœur qui blêmit…

Et me voilà partie à la suite de mon rêve,

Chevauchant mes chimères, je m’éloigne de la grève….

Parmi toutes les bouteilles, parmi tous les messages

Qui arriveront ce soir tout près de ses rivages,

C’est de mon enveloppe rose dont sa main s’empare,

C’est sur mes mots que se pose son regard !

…Un sourire, et au bord de ses yeux, un soupçon d’émotion !

A ses côtés, ma silhouette onirique sent son hésitation…

Serait-il raisonnable de répondre à mes troubles paroles ?

L’idée fait son chemin mais lui paraît si folle !

Répondre, même d’un seul mot, serait créer un lien

Susciter un espoir, provoquer un chagrin…

Mais les rêves, on le sait, n’ont aucune barrière,

Ils vagabondent au gré de notre imaginaire,

Ils ne s’embarrassent pas de raison, de sagesse,

Mais nous offrent tout un monde de douceur, de tendresse !

Dans mon rêve, il écrit trois mots sur le papier,

Sa main hésite encore, effleure le clavier…

Il sait que s’il envoie, ça peut faire des dégâts,

Faire renaître un espoir, le mettre dans l’embarras.

La distance, entre nous, est une nécessité,

Et le silence, le gage de ma sérénité !

Nous savons tous les deux que le danger menace,

Si l’un de nous, un jour, oublie où est sa place !

L’attirance est certaine, elle nous pousse l’un vers l’un vers l’autre,

Mais on brûlerait nos ailes en cédant l’un à l’autre !

Le feu de la passion consumerait nos âmes,

Ne laissant que des cendres, du malheur et des larmes !

Mais mon rêve s’en fout, il veut y croire encore

« En vers et contre moi », il plante le décors !

J’imagine la réponse à mon petit message,

Ce n’est jamais la même, mais ce n’est jamais très sage !

Mais quelle que soit l’histoire qu’imagine mon cœur,

Elle me révèle un ciel de fleurs et de couleurs

Elle détruit tout le gris qui domine ma vie

Et m’ouvre des horizons sans peine ni mélancolie !

Elle balaie mes échecs, elle m’offre un avenir,

Un tourbillon d’amour, d’aventures et de rire…

Je m’endors souvent au chœur de mon rêve

Et m’éveille au matin, un grand sourire aux lèvres !

Mais oui, ce n’est qu’un rêve, un délire innocent

Né de ma solitude et de mon inconscient.

Un désir contrarié qui ressurgit parfois,

Le regret d’un amour égaré malgré moi,

Ou la perte d’un autre, imaginé un soir

Dans un geste troublant ou le feu d’un regard…

 

Herrlisheim – 14 mai 2015

( 17 juin, 2015 )

Ce qu’on dit de toi

On dit,

Que tu as vraiment tout pour être heureux,

Et qu’aujourd’hui tu as réussi ta vie.

On dit,

Que ton cœur est toujours amoureux

Et qu’en amour aussi, tout te sourit !

On dit,

Que tu réalises les plus fous de tes rêves

Et que tu peux tout faire, tout tenter, tout oser !

On dit,

Qu’aux quatre coins du monde y’a des foules qui se lèvent

Quand pour elles chaque soir, tu te mets à chanter…

On dit,

Que partout on t’aime, que parfois on te désire,

Que souvent on t’adule et que toujours on t’applaudit !

On dit,

Que tu allumes le feu d’un regard, d’un sourire

Et que coulent les larmes quand tu pars dans la nuit !

On dit,

Que ton public te suit, quelles que soient tes audaces,

Et qu’il est prêt à tout pour un sourire de toi !

On dit,

Qu’il paraît que parfois il fredonne à ta place

Même quand tu joues un air pour la toute première fois !

On dit,

Qu’elles seraient des milliers à te donner leur cœur,

Que depuis 25 ans, elles sont restées fidèles !

On dit,

Qu’à chaque nouveau concert, augmente la ferveur,

Qu’à chaque rendez-vous, elles répondent à l’appel !

On dit…

Elles disent,

Que vos cœurs se ressemblent dans leurs émotions,

Que tu es dans leurs vies, comme un frère, un ami !

Elles disent,

Que tu leur donnes la force de vivre leurs passions,

Que grâce à toi, elles osent, relever tous leurs défis !

Elles disent,

Qu’elles retrouvent dans tes mots, leurs colères et leurs peurs,

Et que dans tes silences, elles noient leurs souvenirs…

Elles disent,

Parfois avec candeur, toujours avec pudeur,

Qu’elles t’aiment sans calcul, sans même y réfléchir…

Elles disent

Que leurs chagrins s’apaisent en écoutant ta voix,

Et que leurs larmes s’assèchent quand tu chantes pour elles.

Elles disent

Qu’elles attendent ton retour, que tu leur manques parfois

Mais qu’elles sauront attendre que tu rallumes leur ciel !

 

 

Herrlisheim – 09 mai 2015

( 17 juin, 2015 )

Solitude et liberté

C’est la petite table ronde au coin de la terrasse

Qu’on vous désigne avec hésitation et mauvaise grâce !

C’est le couvert à votre nom tout au bout de la tablée

Sans vis-à-vis, sans personne avec qui partager !

Ce sont des regards incrédules et surpris

Quand on annonce partir seule à Rome ou à Capri,

C’est la surprise dans la voix au téléphone

Quand on confirme une réservation pour une personne !

C’est un fauteuil solo dans un théâtre, au ciné ou un train

Ou celui qu’on vous demande de céder à quelqu’un !

C’est la beauté d’un site, d’un monument, d’un paysage

Dont le souvenir ne sera qu’une photo, une image,

C’est un commentaire sur un film, une chanson, une info

Qu’on garde pour soi ou pour les réseaux sociaux !

C’est un samedi soir avec un plateau télé

A écouter la pluie frapper les toits et les pavés.

C’est un succès, une victoire ou un anniversaire

Qu’on célèbre face à soi-même, en solitaire,

Ce sont des larmes, des fou-rires, des chagrins

Qui ne trouvent pas de bras, de tendresse, de câlins !

C’est un lit trop large où les draps, d’un côté,

Ne seront jamais ouverts, jamais froissés !

Ce sont les mots que l’on ne dit pas,

Les pensées qu’on garde pour soi,

Les danses qu’on ne dansera pas,

Les soirées auxquelles on renoncera…

C’est, c’est, c’est…

Ce sont aussi des concessions inutiles,

Ce sont des choix, des décisions plus faciles !

Ce sont aussi des guerres, des conflits évités

Pour une destination vacances ou un programme télé !

C’est une vie d’aventures et de possibilités,

De rencontres possibles, de rêves à inventer !

Ce sont des sourires, du temps, des silences

Ou encore des retards, des avions en partance

Qu’on n’aura jamais à justifier,

Dont on ne devra jamais s’excuser !

Ce sont des rencontres et des coups de cœur

Qu’on n’aura pas à cacher comme un oiseau voleur,

C’est la jalousie qu’on ne subira pas

Pour un regard trop lourd, un sourire, un faux pas !

Pas de cris, de disputes, de silences boudeurs

Pour un geste oublié, pour un mot, une erreur…

C’est un art et un défi, pas une malédiction !

C’est une vie sans béquille, une remise en question !

Et si toutes les solitudes ne sont pas liberté,

Pensez-vous qu’il puisse y avoir liberté sans solitude avérée ??

 

Colmar – 19 Mai 2015

( 17 juin, 2015 )

Je voulais vous dire

Je voulais, avant de vous laisser partir,

Vous souhaiter le meilleur, dans un dernier sourire !

Mais j’ai perdu ma voix, et tous mes mots se planquent,

J’ai la gorge nouée, et soudain, le cœur me manque !

Alors, pourquoi ne pas vous écrire un poème,

Pour vous dire sans détour, combien tous je vous aime !

Travailler côte à côte, était plus qu’une habitude,

C’était une norme, une évidence pas si absurde !

C’était privilégier les relations humaines,

C’était être un maillon d’une seule et même chaîne !

Et puis, c’était aussi des moments partagés,

Des joyeux débats pendant la pause-café,

C’était des plaisanteries et quelques engueulades,

Des galères partagées, de la franche rigolade !

C’était des mariages, des naissances, petits et grands bonheurs

Que nous avons fêté avec entrain et bonne humeur,

Quand d’autres fois, nous avons pleuré, main dans la main

Le brutal et tragique départ de quelques-uns…

Des années durant, nous avons écrit l’histoire

D’une aventure humaine qui s’achève ce soir !

Coup du sort ou croche-pied du destin ?

Qu’importe, aller contre, se révolter ne sert à rien !

C’est juste la vie comme on dit,

La vie qui quelquefois nous meurtris,

Nous obligent à avancer, à aller de l’avant

Quand on voudrait rester assis sur notre banc !

Au moment redouté où il faut bien partir,

Il reste la nostalgie et tous nos souvenirs.

Et la petite larme qui roule sur le papier

Sera la cicatrice d’une vie que je ne veux oublier !

                             Amitié

Colmar – 20 Mai 2015

( 17 juin, 2015 )

Rêver l’amour

Ce soir mon cœur s’emballe, ma raison marque le pas,

Mes rêves et mes fantasmes prennent le pouvoir sur moi !

L’illusion est si forte, l’impression si puissante

Que je me sens soudain un p’tit peu plus vivante !

C’est une déferlante venue de l’intérieur,

Un sentiment puissant qui vient tromper mon cœur !

Ce soir, j’en suis certaine, il va passer ma porte

Cet amour de légende qui me rendra si forte !

D’aussi loin que remontent mes souvenirs d’enfant,

Je l’ai imaginé, désiré si souvent

Qu’il m’arrive parfois de croire qu’il est tout près,

Juste là à m’attendre, comme un joli secret !

C’est une certitude qui me prend au réveil,

Qui me suit tout le jour, me promet des merveilles.

Je scrute le téléphone, vérifie mes appels,

Je m’apprête de mon mieux, essaie de me faire belle.

Je répète dans ma tête tout ce que je vais lui dire,

Tous les mots, tous les gestes qui sauront le séduire !

J’imagine la romance, j’anticipe nos émois,

Sans relâche, je récris l’histoire encor’une fois !

Comme une adolescente au premier rendez-vous,

Je tourne et m’impatiente et mon cœur devient fou !

Dans mon imaginaire, la porte s’ouvre déjà,

Et nos regards se croisent, il m’ouvre enfin les bras.

Comme un feu, la passion nous emporte très loin,

C’est comme une évidence au cœur de nos destins !

Mais l’amour, on le sait, est un ange capricieux

Qui joue avec nos vies, par malice ou par jeu !

Regardez Cupidon ! Cet ange est un enfant !

Il décoche ses flèches sans penser un instant

Aux destins qu’il bouleverse, aux cœurs qu’il va briser,

Ou aux rêves qui s’envolent et aux larmes versées !

Je t’aime à en mourir, mais tu en aimes une autre,

Ou tu ne me vois pas, tes rêves sont tout autres !

Nous sommes faits l’un pour l’autre, nous sommes deux âmes sœurs,

Nos vies se croisent en vain, on s’aime, mais c’est pas l’heure,

C’est pas le bon moment, p’t’être même pas la bonne vie,

Il faudrait trop de « si » pour combler nos envies !

On peut rêver bien sûr, voir des signes, des indices

Dans un geste banal, un mot, un rire complice.

On peut, d’un joli conte, tenter d’leurrer nos cœurs,

Se bercer d’illusions, y voir comme une lueur,

On peut, sur un regard, bâtir toute une histoire

Se convaincre sur un geste qu’on a raison d’y croire,

On peut revivre mille fois l’instant d’éternité

Qui a fait basculer la raison vers l’insensé !

Mais on sait qu’à ce jeu, on est toujours perdant,

C’est rare d’être gagnant, au bal des amants !

 

 

Herrlisheim – 8 mai 2015

( 17 juin, 2015 )

Ma gare

J’ai pour ma gare une tendresse particulière,

Je m’y sens chez moi, elle est mon univers.

Quand elle s’éveille à l’aube, ouvrant tout grand ses portes,

Comme un phare qui éclaire une ville encore morte,

Accueillant en son chœur les travailleurs pressés,

Elle offre tout un monde de possibilités !

J’aime m’y promener, arpenter ses couloirs,

L’avoir pour moi toute seule, y perdre la mémoire !

J’aime, sur les dalles du hall, faire claquer mes talons

Et en suivre l’écho jusque sous son plafond !

Les vitrines des boutiques, endormies elles aussi,

Laissent à peine entrevoir leurs trésors assoupis.

Ici et là, les tout petits yeux rouges des alarmes

M’accueillent en silence d’un clin d’œil sans âme,

Pendant que ceux, noirs et perçants des caméras

Me suivent et m’épient dans ma balade, pas à pas !

Clac, clac, clac, les portes se déverrouillent une à une,

Puis vient le bourdonnement des néons qui s’allument

Pendant que le cliquetis des très vieilles serrures

Ouvrent peu à peu les portes à toutes les aventures !

Sur les quais déserts, les bancs attendent les amoureux,

Sur l’acier brillant des voies, les rames ronronnent à qui mieux mieux !

Quelques minutes encore, et la vague quotidienne

Déferlant de toute part se bouscule et s’entraîne !

Pour la journée entière, la gare lui appartient,

Je lui cède les lieux, je l’observe de loin !

Est-ce le début ou la fin du voyage ?

Cruelle séparation ? Retrouvailles sans bagages ?

Qu’y a t-il dans ces étreintes furtives ou passionnées ?

Des promesses de retour ? une fin programmée ?

Combien d’amours naissantes, combien de déchirures 

Sont inscrites à jamais dans les briques des vieux murs ?

Combien d’ados, de ces quais sont partis vers l’avenir

Laissant là leur enfance dans un éclat de rire ?

Sur un banc, y’a Fernand, assis matin et soir,

Indifférent au bruit, aux sifflets, aux regards,

Qui r’garde passer les trains comme il regarde sa vie,

Sans arrêt, ou si courts, si loin de ses envies !

Il l’a raté, son train, il est resté à quai,

Perdu dans ses pensées, distillant ses regrets !

Et la journée s’achève, dans un dernier sursaut

De clients fatigués qui rentrent du boulot.

C’est l’heure de la laveuse qui efface les traces

D’une journée de labeur, de départs et d’angoisses.

Fernand quitte son banc, par affronter la nuit

En comptant la monnaie glanée petit à p’tit.

Dans la paix retrouvée, j’prends sa place un instant,

Savourant le silence, la magie du moment.

Pour quelques heures à peine, la gare ferme ses portes

Laissant la grande horloge veiller sur les rues mortes…

Un instant je m’arrête sur toutes les âmes en peine

Abandonnées ici, sans regrets et sans haine.

Puis je quitte à mon tour la vieille gare endormie,

Un peu comme Fernand, j’vais affronter ma vie !

Oui mais demain dès l’aube, sur les dalles et les quais,

Claqueront mes talons, s’envoleront mes regrets !

 

Colmar – 24 avril 2015

 

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