( 23 août, 2017 )

Au bord de la barrière

Au bord de la barrière se concentrent nos rêves

Comme autant de pétales déposés par le vent,

Un vent de fin d’été, comme une brise sur la grève,

Un vent de liberté, fou, doux et apaisant…

 

Alors que je suis là, bloquée par cette frontière,

Sur une poussière d’étoile ils glissent tout en douceur,

Comme parfois les bouteilles ramenées par la mer,

Les rêves viennent s’échouer tout au bord de ton cœur…

 

Au bord de la barrière renaissent tous les sourires,

Le feu de nos regards, la pluie des émotions,

Il y a tant de bonheur qui n’demande qu’à fleurir,

Tant d’énergie joyeuse, de folie, de passion…

 

Elle arrête mes pas, mais sûr’ment pas mes danses,

Elle bloque mes élans, mais pas les sentiments,

Elle se dresse face à moi, à mes mots, mes silences,

Mais offre au quotidien un souffle, un bercement…

 

Au bord de la barrière s’accrochent nos souvenirs

D’amitiés retrouvées, d’émotions sans partage,

C’est l’ultime chemin des rêves en devenir,

Le but de nos cavales, de nos jolis voyages…

 

J’y tutoie l’infini des possibilités,

J’y rencontre l’imprévu des grandes aventures,

J’y croise quelquefois un regard amusé

Quand tu sais que je sais qu’on n’brisera pas ce mur…

 

Au bord de la barrière, je m’enferme quelquefois

Dans une bulle d’émotion et de mélancolie…

Et je baisse la tête pour ne pas que tu voies

Une larme échappée à mes douces rêveries…

 

Car c’est là plus qu’ailleurs que frappent les émotions,

Les tiennes et puis les nôtres y dansent une sarabande,

Quand nos folles espérances et nos désillusions

Se perdent quelque part dans c’drôle de no man’s land…

 

Au bord de la barrière, je reste parfois longtemps

Après la dernière note et le dernier refrain,

De l’ivresse du moment, je ressens les tourments,

Dans ma tête, c’est tout flou, j’en oublie mon chemin…

 

Du bord de la barrière, j’ai du mal à partir,

Mes rêves et mes espoirs y restent suspendus,

Le temps s’est envolé au fil de nos sourires,

Et là, sous les étoiles, on reste un peu perdu…

 

 

Herrlisheim – 23 Août 2017

( 22 août, 2017 )

Le ciel de l’avenir

De nos rires à nos larmes le temps nous porte, nous emporte,

Ca ne me fait pas peur…ça m’rassure pas vraiment…

Une ride à mon miroir, c’est l’âge derrière la porte,

Mais l’âge n’est qu’un nombre, je n’y pense pas souvent…

 

Il arrive pourtant au détour d’un matin

Qu’il me frappe en plein cœur, me harcèle, me torture,

Et qu’il m’oblige à voir ce qui reste du chemin

Avant qu’à mon oreille la vieillesse murmure…

 

Il me montre le temps où mon pas sera lent,

Où les journées de pluie étir’ront leur tristesse,

Loin de nos insouciances, de nos fêtes, de nos chants,

Loin du feu des étés où brûlait ma jeunesse…

 

Combien de rendez-vous, combien de temps encore

Avant que vienne l’heure de vivre de souvenirs ?

Combien de rêves fous, de voyages loin des ports

Avant qu’un vent mauvais renverse mon navire ?

 

Lorsque le temps s’étire entre deux rendez-vous,

Que je compte les jours et décompte les heures,

Je redoute l’instant où tu r’nonceras à nous,

Parce que le temps aura, aussi marqué ton cœur…

 

Le temps passe si vite, défilent les années,

Qui ouvrent d’autres voies, montrent d’autres chemins…

Et qui en ferment d’autres, nous claquent la porte au nez

Des folies passagères, des rêves sans lendemain…

 

J’aimerais ne pas penser à cet av’nir lointain,

Je veux que durent encore nos étés de lumière,

Je ne veux pas connaître ces tristes lendemains,

Quand nos soirées de fête ne s’ront plus que poussière…

 

Quand sur tous nos sourires se fermera le ciel,

Quand il ne restera que des photos jaunies,

Où trouverais-je la flamme à nulle autre pareille

Qui réchauffait mon cœur et allumait ma vie ?

 

Je ne sais si le temps me donn’ra la sagesse,

Un peu plus de patience, une plus grande tolérance,

Mais il ne prendra pas ces vagues de tendresse

Nées un soir de printemps du temps de ma jeunesse…

 

Il me volera peut-être deux ou trois souvenirs,

Ridera mon visage, blanchira mes cheveux,

Mais demain comme hier, au ciel de mon av’nir

Restera une étoile tout au bord de mes yeux…

 

 

Herrlisheim – 22 août 2017

( 22 août, 2017 )

Rêveries,

Qui n’a jamais rêvé au bord d’une aube grise

D’être un jour reconnu de ceux que l’on admire ?

Par orgueil peut-être, ou bien par gourmandise,

Ou comme un phare lointain lorsque la vie chavire…

 

A l’heure des possibles, juste là, juste avant,

On laisse aller nos rêves au soleil de minuit,

Innocents jeux de rôles, comme en font les enfants,

« On dirait que… », « tu serais », « on dirait que je suis »…

 

Ils reviennent juste avant chacun d’nos rendez-vous,

Ces rêves de l’impossible qui troublent la raison,

D’une pensée un peu folle venue dont ne sait où,

Ils font un scénario aux couleurs rose bonbon…

 

Et si on se croisait au hasard d’une terrasse ?

Je pourrais engager une conversation…

En rêve, rien d’impossible, j’oserais cette audace,

Je vaincrais ma réserve et mes hésitations !

 

Si on avait par chance choisi le même hôtel ?

On partag’rait, c’est sûr, un verre ou un café !

Et si on s’baladait dans les mêmes ruelles ?

A mon geste amical tu pourrais t’arrêter !

 

Tu aurais pu aimer un d’mes petits messages,

Et me le faire savoir d’un mot ou d’un regard…

Un mot entraînant l’autre, on aurait fait l’voyage

Du bord de la barrière à une amitié rare…

 

Un coup d’fil inconnu, et ta voix qui résonne,

Tu veux me rencontrer pour parler de mes mots…

Ou là, au premier rang, tu viens m’voir en personne

Pour un encouragement, un soutien, un bravo…

 

Bien sûr on n’y croit pas, ou alors juste un peu,

Comme on croit aux étoiles, comme on croit à la chance,

A peine une étincelle, là, tout au fond des yeux,

Un plaisir défendu, un bonheur en avance…

 

Ce sont des rêves trop grands, fantasques rêveries

Où je me perds parfois pour fuir le quotidien,

Fantasmes innocents pour les dimanches de pluie,

Je n’y crois pas vraiment, mais ils me font du bien…

 

Et comme on me l’a dit avec un grand sourire,

On n’est pas à l’abri un jour, d’une bonne surprise,

Alors je garde au cœur tous mes petits délires,

Et dans un éclat d’rire j’oublie mes aubes grises…

 

 

Herrlisheim – 21 août 2017

( 12 août, 2017 )

Chacune selon son cœur,

C’est une foule impatiente, bruyante, parfois rebelle

Qui se presse, souriante à tous tes rendez-vous…

Dans les rues, sur les places, on se croise, s’interpelle,

De joyeuses retrouvailles en plaisirs un peu fous…

 

D’ici ou bien d’ailleurs, on arrive en avance,

Heureuses de s’retrouver, on papote et on rit,

On investit la ville, on trompe nos impatiences,

Dans un joyeux désordre, drôle de charivari…

 

Pendant qu’au fil des heures, s’allonge la file d’attente,

Les passants nous observent avec curiosité,

Un peu moqueurs sans doute de la ferveur ambiante,

Un peu jaloux peut-être de c’bonheur affiché !

 

Mais au-delà des rires, des chants et des partages,

Chacune garde son rêve niché au fond du cœur,

Chacune a sa manière de faire ce beau voyage,

Chacune a sa façon de vivre ce bonheur…

 

Il y a les discrètes qui taisent leurs émotions,

Toujours à la lisière des foules et des lumières,

Elles misent sur le destin et sur leur discrétion

Pour attirer sur elles le regard qu’elles espèrent…

 

A l’autre bout du rêve, dansent les exubérantes,

Qui affichent haut et fort leur joyeuse addiction,

Toujours prêtes à chanter en tête des files d’attente,

Sous leur pimpante bannière, elles vivent fort leur passion !

 

Puis viennent les généreuses, fidèles, tout en partage,

Qui savent offrir leur aide, leur épaule ou leur cœur,

Elles consolent les chagrins, partagent leur voyage

D’une image, d’un coup d’fil à celles qui sont ailleurs…

 

A chaque grande occasion renaissent les inspirées,

Celles qui trouveront l’idée qui nous rassemblera

Autour d’un scénario, d’une chanson détournée

Pour un clin-d’œil surprise dont tu te souviendras…

 

N’oublions pas bien sûr, les fidèles, les premières,

Présentes aux premiers jours, qui n’ont jamais lâché,

Elles seront là demain comme elles l’étaient hier,

Elles sont les fondations où tu peux t’appuyer…

 

Et y’a les p’tites nouvelles, venues là par hasard

Qui découvrent étonnées, ce qu’elles n’attendaient guère…

Elles repartent souriantes, prêtes pour de nouveaux soirs,

Et grossiront demain, le flot de nos rivières…

 

Restent les entêtées, qui rusent soir après soir

Pour contourner tes murs et entrouvrir ta porte,

Pour un mot, une photo, elles patientent, pleines d’espoir,

Et battent le pavé jusqu’à c’qu’enfin, tu sortes…

 

On croise aussi parfois, hélas, c’est désolant,

Deux ou trois excessives que rien jamais n’arrête,

Hystériques souvent, un peu perdues sûr’ment,

Je n’ose imaginer à quoi elles seraient prêtes…

 

Et puis, il y a moi et mes contradictions,

Tour à tour audacieuse, réservée ou rebelle,

A mi-ch’min de mes rêves et de mes ambitions,

Je suis l’une et puis l’autre, et chacune d’entre elles…

 

Chacune à sa manière, chacune selon son cœur,

Nous sommes mille, nous sommes une à porter tes couleurs,

Chacune à sa manière, chacune selon son cœur,

Nous serons là demain pour porter tes valeurs…

 

Herrlisheim – 11 Août 2017

( 12 août, 2017 )

Derrière le rideau,

Comme le glas dans la nuit, la dernière note résonne,

Elle pénètre mon cœur comme une lame effilée,

La scène plonge dans le noir et mon âme frissonne,

La lumière dans la salle viole mon intimité !

 

Tu es là quelque part, derrière le rideau rouge,

A reprendre ton souffle, à retrouver ta vie

Pendant qu’au pied des planches, on s’agite et on bouge,

Un peu perdus peut-être, les yeux noyés de pluie…

 

T’arrive-t-il quelquefois de glisser un regard

Au-delà du rideau, vers nos voix qui murmurent,

Quand la magie s’envole, que nos rêves s’égarent,

Et construisent des souv’nirs au parfum d’aventure…

 

Vois-tu nos yeux rougis d’un trop-plein d’émotion ?

Nos sourires un peu tristes d’avoir à se quitter ?

Entends-tu de nos cœurs toutes les hésitations ?

Et nos rires un peu faux, nos soupirs désolés ?

 

Si tu t’attardes un peu, juste là, à l’arrière,

Tu nous verras attendre un p’tit peu trop longtemps

Avant de s’arracher du bord de la barrière,

Pour quitter d’un pas lourd le bal des sentiments…

 

Tu verras j’en suis sûre, une main sur une épaule

Pour apaiser d’un geste une âme trop fragile…

Ca et là dans la foule qui s’éloigne en silence,

Tu percevras sans doute, un aveu malhabile…

 

Tu surprendras aussi, des regards, des silences,

Qui disent plus que les mots, le bonheur et la peine,

Et si tu y prends garde, au-delà d’l’insouciance,

Tu verras les partages d’une nostalgie sereine !

 

Si lorsque tout s’arrête, qu’on se disperse sans bruit,

Tu prolonges l’instant qui nous a rassemblés,

Tu verras certainement s’élever dans la nuit

Les étoiles dans nos yeux que tu y as posées…

 

Tu entendras, c’est sûr, tous les mots qu’on n’dit pas,

Qu’on échange d’un regard, d’un clin-d’œil, d’un sourire,

Tu verras des amies se prendre dans les bras,

Et tous ces inconnus unis dans l’même plaisir…

 

Nos folies innocentes feront sourire ton cœur,

Nos plans pour te croiser t’amuseront à coup sûr,

Nos délires pas sérieux sauront faire ton bonheur,

Et tu trouv’ras d’l’amour jusque dans nos murmures…

 

Oui, si tu regardes un jour au-delà du rideau,

Quand les lumières reviennent, que la vie nous reprend,

Tu sauras nos sourires, tu devin’ras nos mots,

Et toute notre tendresse, née il y a si longtemps…

 

Mais tu sauras surtout le bonheur que tu offres,

Le plaisir que l’on prend à tous tes rendez-vous,

L’admiration sincère qu’on revendique en force,

La joie de t’voir peut-être, aussi heureux que nous…

 

Avenches – 9/10 Août 2017

( 12 août, 2017 )

Coup d’blues,

Il surgit sans prév’nir et sans qu’on sache pourquoi,

Il vous broie l’estomac, il vous mord le cœur,

Pour un soleil levant, pour la lune sur un toit,

Ou, et c’est plus étrange, pour un trop grand bonheur…

 

Dans les ruelles en fête, ou au milieu des rires,

Il plane sur mes pensées, traque mes émotions,

Il gonfle mes yeux de larmes que je n’peux retenir,

M’enferme dans une bulle d’étranges sensations…

 

Il se nourrit d’un rien, d’un rire qui s’envole,

D’une espérance déçue, d’un fantasme perdu…

D’une pensée inconsciente, d’un coup, il prend l’contrôle,

Et m’entraine avec lui sur des chemins sans but…

 

De la beauté de l’aube, il perturbe le cours,

D’un crépuscule d’été, il fait pâlir le feu,

D’une passion qui me porte il noircit les atours,

Et me laisse seule au monde, le cœur malheureux…

 

Il me tombe dessus au milieu de mes danses,

De mes éclats de joie, ternit toutes les couleurs,

Il dérobe mes rêves et jusqu’à mes silences,

Voile mon univers d’une spectrale lueur !

 

Il surgit sans prév’nir, je n’saurais dire pourquoi,

Il brise mes élans et me coupe les ailes,

Je lutte et me débats, le chasse loin de moi,

Mais il rôde et s’impose, implacable et cruel !

 

D’un regard qui me frôle mais qui ne me voit pas,

Il me pince le cœur, nourrit ma frustration,

D’un sourire qui passe mais qui ne s’arrête pas,

Il réveille la douleur d’une trop vieille émotion…

 

Comme le vent mauvais fait gonfler la rivière,

Comme le ciel d’orage vole la lumière du jour,

Il assombrit mon ciel pourtant si pur, si clair,

Me met les larmes aux yeux plus souvent qu’à mon tour…

 

Il fond sur mon cœur comme l’aigle sur sa proie,

Le griffe et le déchire de ses serres puissantes,

Il m’emporte loin du monde, là où le ciel rougeoie,

Et me lâche dans un gouffre de lave bouillonnante !

 

C’est un tout petit mal dont on revient toujours,

Un caillou dans l’eau vive, une ombre sur le tableau,

C’est ce regard lointain, ce sourire un peu court,

Ces bonheurs qu’on vit mal, un frisson sur la peau…

 

C’est juste un p’tit coup d’blues qui flirte avec mon cœur,

A peine une éraflure, une pierre sur mon chemin,

Une ondée capricieuse qui noie un champ de fleurs,

Une larme sur ma joue quand se moque le destin…

 

Avenches – 9 Août 2017

( 6 août, 2017 )

Juste une p’tite chanson

C’est juste une p’tite chanson que le cœur connait bien,

Qu’il reconnait sans peine au tout premier accord,

Une seule note, un seul mot, et le corps se souvient

D’un bonheur d’autrefois, d’une peine qui pleure encore…

 

Nous avons tous les nôtres au fond de nos mémoires,

Dans le secret du cœur où dorment les prières,

Elles réveillent les souv’nirs d’un pan de notre histoire,

Redonnent des couleurs aux émotions d’hier…

 

Petite ritournelle de nos amours passées,

Ou ballade douce-amère d’une saison de larmes,

On les croit endormies, envolées, oubliées,

Mais il suffit d’une note pour qu’on rende les armes…

 

Que pleurent ses violons, que résonnent ses guitares,

Ou que sur le piano s’égrène sa partition,

Et le passé surgit du fond de nos nuits noires,

Et dans un tourbillon fait danser l’émotion…

 

On les enterre parfois, loin dans nos souvenirs

Avec tous les fantômes qu’elles traînent dans leur sillage,

Ou on les passe en boucle jusqu’à ce qu’on chavire,

Et qu’en mélancolie, nos cœurs fassent naufrage !

 

C’est juste une p’tite chanson qu’on aime et qu’on redoute,

Qui ravive un chagrin ou un parfum d’été,

Un peu de nostalgie quand on n’trouve plus sa route,

Une petite gourmandise qu’on savoure en secret…

 

C’est le slow de l’été du tout premier amour,

Ou les mots qui criaient nos premières révoltes,

C’est une lente mélopée que j’entendrai toujours,

Lorsque je pense à toi qui m’a fermé ta porte…

 

C’est les rires de l’enfance, les rêves de jeunesse,

Un air qui dit pour nous la peur du temps qui court,

C’est un air qui rappelle, le chagrin, la détresse

Pour un ami parti que le cœur pleure toujours…

 

C’est ce tube si connu que jouait la radio

Juste avant que la vie finalement m’offre un fils,

Ces mots qui tombaient juste sur mon cœur un peu lourd,

Ironie du destin, magie révélatrice…

 

C’est juste une p’tite chanson que mon âme fredonne

Quand je suis un peu triste, que je doute, que j’ai peur,

Des mots qui me reviennent, une musique qui résonne,

Et qui malgré les larmes, savent apaiser mon cœur…

 

Elles chantonnent dans ma tête, murmurent à mes silences,

Me rappellent mes valeurs, quand parfois je m’égare,

Elles m’offrent, et c’est précieux, un peu d’adolescence,

Quand le temps m’assassine, que je perds la mémoire…

 

Toutes ces petites chansons, témoins des sentiments

Qui font battre la vie et vivre les saisons,

Sont la musique qui rythme la vie et ses tourments,

Un pont vers le passé, un sourire, un frisson…

 

 

Herrlisheim – 06 Août 2017

( 6 août, 2017 )

Par tes yeux

Heureuse, le cœur en fête au bord de la barrière,

Ou perdue dans la foule qui vibre et qui frémit,

Il m’arrive quelquefois de r’garder en arrière

Pour voir comme tu le vois, le bonheur qui sourit…

 

Je croise des regards pétillants de plaisir,

Dans un sourire furtif, se noue une amitié,

Je surprends quelquefois une larme qu’on laisse courir

Et qui meurt en silence sous un ciel étoilé…

 

Quand dix mille mains ensembles, dansent sous les étoiles,

Quand dix mille petites flammes nimbent d’or les visages,

Qu’une nuée de foulards hisse haut ta grand’voile,

J’imagine ton cœur qui file vers les nuages…

 

Ressens-tu comme moi cette vague de tendresse ?

Ce tsunami d’amour qui gonfle et qui déferle ?

Entends-tu tous ces cœurs qui cognent d’allégresse

Et toutes nos impatiences quand d’un chant on t’appelle ?

 

De cette marée humaine qui ondule et qui danse,

Ressens-tu l’émotion, comprends-tu les silences ?

Et dans ce premier rang qui sourit à sa chance,

Vois-tu les yeux qui brillent de rêves en partance ?

 

Où s’en vont tes pensées lorsque nos voix s’unissent

Pour chanter avec toi un refrain d’autrefois ?

Vois-tu le temps passé qui défile et qui glisse ?

Le chemin parcouru de tes rêves jusqu’à…toi ?

 

As-tu peur quelquefois de cette étrange folie

Qui nous pousse par milliers sur les routes de France ?

Comprends-tu nos excès, ces parenthèses de vie

Qu’on prend comme un cadeau, un rêve, une chance ?

 

Qu’est-ce-qui provoque soudain l’émotion dans tes yeux ?

Qu’est-ce-qui te vole tes mots et trouble ton sourire ?

J’aimerais tant ressentir ce sentiment curieux

Qui semble te toucher comme un doux souvenir…

 

J’aimerais voir par tes yeux, la pluie dans un regard,

Et voir comme tu la vois la lumière d’un visage,

Surprendre une émotion, étonnée mais sans fard

Lorsqu’un de tes sourires aborde nos rivages…

 

Oui, j’aimerais quelquefois me glisser discrètement

Au cœur de tes pensées quand l’émotion t’étreint,

Ressentir une seconde de ton cœur les batt’ments,

Lorsque s’unissent nos voix, que se tendent nos mains !

 

J’aimerais voir par tes yeux, ressentir par ton cœur,

Quand une salle ou un stade se lève comme un seul homme

Pour t’offrir des bravos comme on offre des fleurs,

Et sous les ors centenaires une standing ovation…

 

Pour être un peu plus proche, pour te comprendre un peu,

J’aimerais trouver une place au creux de tes pensées,

Franchir la barrière, en prendre plein les yeux,

Et comprendre ce lien que nous avons noué…

 

 

Herrlisheim – 05 Août 2017

( 21 juillet, 2017 )

Les impatiences de la fille en rouge

Ce soir la fille en rouge glisse dans mon miroir,

Elle bouscule mes pensées, m’entraîne loin de mes ports,

S’agace de mes errances dans le flou d’ma mémoire,

De mes hésitations, de mes doutes, mes remords…

 

Elle tire sur ses chaînes, se glisse hors de sa cage,

Revient des souvenirs que j’avais endormis,

Toute à ses impatiences, elle trépigne, elle enrage

De nous voir assises loin du rêve qui s’enfuit…

 

Elle m’arrache un sourire d’une photo retrouvée,

Caresse mes émotions d’un souv’nir qui surgit,

Elle me dit que j’ai tort de n’pas avoir osé

Provoquer une chance de montrer qui je suis…

 

Elle glisse dans mes rêves des images insensées,

Construit des scénarii de rencontres (d)étonnantes !

Elle brouille ma raison, fausse ma réalité,

Trouble mes émotions de rêves insolents…

 

Elle repousse les limites de mon imaginaire,

Et je ris malgré moi des folies qu’elle me souffle,

Pour elle rien d’impossible, ses frontières se libèrent,

Et à la retenir, je m’épuise, je m’essouffle !

 

Elle se moque de mes doutes, de toutes mes frustrations,

Me reproche ma réserve et les mots qui me manquent,

Elle dit que j’aurais pu vaincre mon émotion,

Et faire un pas de plus pour sortir de ma planque !!

 

Elle dit qu’on n’gagne rien à rester à attendre

Le mot tant espéré, le geste qui rassure,

Elle dit que le temps passe, que c’est à moi d’apprendre

A provoquer la chance, à contourner les murs !!

 

Mais je n’ai que mes mots à offrir en partage,

Mes rêves de papier, mes joies et mes espoirs,

Tous ces mots envolés, lancés vers les nuages,

Perdus dans l’infini, espérances illusoires…

 

Et d’année en année, de saison en saison,

Au fil des mots qui chantent, au cœur des mots qui pleurent,

J’n’ai pas trouvé l’histoire, j’n’ai pas trouvé le ton

Qui sache le faire sourire ou émouvoir son cœur…

 

Pourtant je tente encore, au gré des émotions

D’attirer un regard sur les mots que je trace,

A chaque nouvelle ballade, j’oublie la déception,

Je veux y croire encore, lucide, mais tenace…

 

…/…

 

Mais voilà déjà l’aube qui point et me sourit,

A mes attentes seul, me répond le silence !

Je chasse la fille en rouge aux frontières de ma nuit,

Pour trouver dans le jour de nouvelles espérances…

 

Herrlisheim – 4 juin 2017

( 16 juillet, 2017 )

Nos rendez-vous

Hier comme aujourd’hui, il est des rendez-vous

Dont on sort plus léger, peut-être aussi plus fort,

Et même le cœur en vrac et les rêves un peu flous,

De tous nos rendez-vous, je rêve quand je m’endors…

 

Un à un ils s’annoncent, quand s’achève l’hiver,

Illuminant nos jours de l’éclat d’une promesse,

Ils nourrissent d’un sourire les cœurs solitaires,

Des folies de l’été, nous redonnent l’ivresse…

 

Ils promettent les plaisirs des folies vagabondes,

L’émotion retrouvée de tous nos souvenirs,

Ils promettent des voyages loin du gris de ce monde,

Ils réveillent nos rêves d’un souffle d’avenir !

 

Chaque année malgré nous, quand pointe le printemps,

On scrute les nouvelles, on attend le message,

On perd un peu patience, on piétine, on attend,

Qu’un mot ou un clin-d’œil annonce le voyage…

 

Et quand enfin surgit la joyeuse nouvelle,

Commence le décompte qui affole les cœurs,

Comme l’enfant, fébrile, attend le Père Noël,

Y’a des yeux qui pétillent quand s’allongent les heures…

 

Quoique fasse le destin, quels que soient les coups durs,

Tout au bout du chemin, brille l’étoile d’une promesse,

Elle nous donne l’audace d’abattre tous nos murs,

Et donne au quotidien saveur et allégresse…

 

Chacun des rendez-vous qui rythme le temps qui passe

Est un souffle d’air pur, une bulle d’émotion,

C’est comme une p’tite lueur tout au bout d’une impasse

Une parenthèse de joie au cœur de nos saisons…

 

Qu’importe les années, qu’importe les distances,

L’étincelle brille toujours au fond de nos regards,

Nos cœurs battent au tempo de toutes nos impatiences,

Nos sourires se répondent, et c’est pas par hasard…

 

De rencontres éphémères en solides amitiés,

Le voyage nous mène toujours un peu plus loin,

De joyeuses retrouvailles en regards effleurés,

C’est une complicité dans un sourire en coin…

 

Il y a ce mot, cette note, qui ouvre enfin le bal,

Et qui brisent nos chaînes, qui ouvrent grand nos cages,

On les prend en plein cœur sous un ciel plein d’étoiles,

Premier pas d’un voyage au bord de tes rivages…

 

Alors la nuit s’allume, le temps suspend sa course,

On oublie quelques heures le monde qui s’égare,

On n’est plus des milliers sous la lune si rousse,

Mais on est seul sur terre perdu dans ton regard…

 

Et s’il arrive parfois, au détour d’un refrain,

Qu’une larme solitaire glisse le long d’une joue,

Il se trouve toujours un sourire, une main

Pour en faire une perle qu’à ma bannière je noue…

 

Hier comme aujourd’hui, bien au-delà des mots,

Il est des rendez-vous que le cœur sait attendre,

Aujourd’hui comme demain, par les mêmes idéaux,

Nous avons rendez-vous…mon cœur saura attendre…

 

Herrlisheim – 16 juillet 2017

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