( 19 janvier, 2018 )

Je me souviens d’un temps,

Je me souviens d’un temps, celui de ma jeunesse,

Celui de mes débuts, de mes premières armes,

En ce temps où les gares étaient la seule adresse

Où les errances trouvaient un havre pour leurs larmes…

 

Leurs portes jamais fermées, leurs bancs et leurs lumières

Offraient pour les heures noires un abri bienvenu,

Juste un peu de chaleur contre les vents d’hiver,

Un coin où retrouver, peut-être, leurs rêves déchus !

 

Nous qui passions nos vies à arpenter ces lieux,

Nous les connaissions bien, ces oubliés du monde,

Jeunesse révoltée ou gentils petits vieux,

Ils nous confiaient, parfois, leur histoire vagabonde…

 

Il y avait Fernand, avec son sac à dos,

Sa grosse barbe grise, l’éclat de son œil noir,

Il ne quittait jamais son énorme radio,

Qui le sauvait, peut-être, de l’ultime désespoir !

 

Y’avait aussi André, plus frêle qu’un roseau

Dans son imper usé par ses saisons d’errance,

Si discret, si timide, mais au regard si beau

Quand notre protection le gardait des violences…

 

Je me souviens aussi, de ce vieux philosophe

Qui contre un verre ou deux, rédigeait les devoirs

De jeunes lycéens, ravis d’berner leur prof,

Mais qui, de ses questions, apprenaient sans l’savoir…

 

Que dire de Bachir, ivre du matin au soir,

Qui tanguait sur les quais, insultant les clients,

Et qu’il fallait souvent faire mettre à l’isoloir

Pour sa sécurité et celle des passants !

 

Certaines nuits d’hiver, fleurissaient d’étranges fleurs,

Qui battaient le pavé pour y vendre leurs charmes,

Le verbe et le front haut, l’allure haute en couleur,

Mais qui chez nous, souvent, savaient rendre les armes…

 

Fantômes de la vie, résidents de la nuit,

On les appelait cloches, clochards, ou bien clodos,

Cette vie sans attache, certains l’avaient choisie,

Mais d’autres la portaient comme un pesant fardeau !

 

Mais où sont-ils passés nos naufragés du cœur

Quand une nuit d’été, les portes se sont fermées ?

Que sont-ils devenus, eux, leur barda, leurs malheurs,

Lorsque se sont éteints le grand hall et les quais ?

 

Disparus dans la nuit, et jamais revenus,

Disparus sans un bruit, en toute indifférence…

Envolées leurs silhouettes, leurs ombres sur les murs nus,

Mais leur absence en nous hurle tous leurs silences…

 

Colmar – 17 janvier 2018

( 19 janvier, 2018 )

Au-delà des étoiles,

Nous ne connaissons rien des secrets de vos âmes,

Vous vous glissez pourtant dans nos ciels, dans nos danses,

De trois accords qui sonnent, vous allumez la flamme

Qui grav’ra pour longtemps vos noms sur nos silences…

 

D’une rengaine, d’un regard par-delà les écrans,

Vous entrez dans nos vies pour ne plus en partir,

D’une larme sur la joue pour des mots qui disent tant,

Vous ancrez dans nos cœurs l’amour en devenir…

 

Bien au-delà des notes, bien au-delà des mots,

Vos chants sont le parfum de tous nos souvenirs,

Ils musardent sur nos lèvres, gardent nos rêves au chaud,

Et donne au temps qui passe le goût de refleurir !

 

Quand s’enfuit la jeunesse, que le monde devient froid,

Ils réchauffent nos saisons de plaisirs oubliés,

Ils consolent nos peines, ils nous sauvent, quelquefois,

Et offrent à nos souv’nirs un goût d’éternité

 

Alors, lorsque pour vous vient la fin du voyage,

C’est une part de nous qui s’éteint avec vous,

C’est un peu de lumière glissée dans vos bagages

Et qui n’allumera plus nos regards un peu flous…

 

On pleure comme des enfants, sans aucune retenue,

On s’enivre d’images pour vous r’tenir encore,

On feuillète nos souv’nirs, l’âme et le cœur à nu,

Furieux contre la vie, ses ombres, ses coups du sort !

 

Nos larmes en rivières coulent sur les pavés,

Mais leur sel nourrira l’aube d’un nouveau printemps,

Quand nos sourires éteints renaîtront à l’été,

Et que tous nos chagrins auront fui dans le vent…

 

Et nous dans’rons encor’ au rythme des guitares,

Et nous chant’rons plus fort sous le ciel étoilé,

Certains de deviner l’éclat de vos regards

Dans le feu des étoiles qui scintillent par milliers…

 

Dans nos cœurs endeuillés, les chansons, les refrains

Refleuriront souvent au gré de nos passions,

Ils accompagneront nos bonheurs, nos chagrins,

Musique originale de toutes nos émotions…

 

Bien sûr, il n’y aura plus de folles aventures

Sur les chemins d’été où nous nous retrouvions,

Mais au creux de nos rêves chuchotera le murmure

De vos voix qui racontent nos plus belles saisons !

 

Oui, les étoiles s’éteignent, ici, tout comme ailleurs,

Comme s’éteint la flamme sous les assauts du vent,

Mais leur chaleur longtemps env’loppera de douceur

Ceux qui les ont aimées de leurs cœurs innocents !

 

Vous étiez des chanteurs que les foules portaient,

Vous étiez des artistes aimés et acclamés…

Au-delà de l’absence, nous n’oublierons jamais

Ces étranges compagnons qui nous ont fait rêver !

 

Herrlisheim – 8 janvier 2018

( 19 janvier, 2018 )

La course du temps,

Et s’enchaînent les semaines, et défilent les heures,

Quand la vie nous entraîne dans sa course sans fin,

Entre un éclat de rire et un batt’ment de cœur,

Reste t-il une seconde pour choisir un destin ?

 

De l’aube au crépuscule, on court après le temps,

Les idées prisonnières des chaînes que l’on s’impose,

Pour ressembler un peu, à celle que l’on attend,

Pour une reconnaissance au doux parfum de rose…

 

On se perd dans une vie, pas tout à fait choisie,

Et on s’éloigne trop vite des rêves d’adolescence,

Un peu lâche peut-être, peu à peu on oublie

Les promesses qu’on s’est faites aux portes de l’enfance…

 

Comme l’hiver venu, on reste au coin du feu,

On se contente trop vite d’un confort illusoire,

On surjoue le bonheur, on triche, on crâne un peu,

Mais les regrets s’affichent au bord de nos miroirs !

 

Pour avoir l’illusion de vivre selon son cœur,

On étouffe nos désirs sous des succès sans gloire,

On voile le quotidien de trop vives couleurs,

On maquille nos sourires, on trafique nos victoires…

 

Combien de belles idées, de rêves, de désirs,

Que, prisonniers du temps, on remet à plus tard…

Combien de coups de chance, d’occasions de sourire

Laisse-t-on s’échapper sur un dernier regard ?

 

Et tous ces mots qui dansent au cœur de nos pensées

Qu’on ne retrouvera pas, le calme revenu,

Ces projets oubliés, ces ambitions volées

Que le temps assassin ne nous redonnera plus…

 

Dans cette course en avant, sans plus se retourner,

On égare nos valeurs, on oublie d’être heureux,

Et on oublie de vivre, et on oublie d’aimer,

Et tous ces petits gestes qui nous coûteraient si peu !

 

Du premier jour de l’an à la toute dernière heure,

On évite trop souvent la vague des émotions,

On fait taire d’un soupir les batt’ments de nos cœurs,

Et on claque la porte au nez de nos passions…

 

Dans cet étrange monde qui nous pousse sans cesse,

Où nous sommes moins vivants, parfois, qu’un logiciel,

Nous reste-t-il une âme pour un peu de tendresse,

Ou l’audace d’une pause pour admirer un ciel ?

 

Alors puisqu’aujourd’hui sur le monde qui s’éveille

Se lève la première aube d’une nouvelle année,

Puissions-nous retrouver, entre veille et sommeil,

L’essence de nos vies, de notre humanité !

 

Sans rejeter le monde et sa course sans fin,

Prendre le temps de vivre au-delà des contraintes,

Le temps de cultiver des roses à nos jardins,

Ou de tendre une main, sans regret et sans crainte…

 

Herrlisheim 31 décembre 2017/1er janvier 2018

( 13 novembre, 2017 )

La fille au regard fier,

Assise bien droite, le dos au mur,

Les genoux enlacés entre ses bras tremblants,

Tête haute, regard fier, comme derrière une armure,

Elle penche un peu la tête pour sourire aux passants.

 

Elle ne fait pas la manche, elle ne tend pas la main,

Nulle sébile à ses pieds pour récolter l’aumône,

Les pensées vagabondes, les yeux dans le lointain,

On l’a vue assise là de l’été à l’automne…

 

Quand un enfant s’arrête et lui offre un regard,

Elle sourit à son tour, répond à ses questions,

Elle accepte une pièce, sans rougir et sans fard,

Sans détourner les yeux, sans masquer l’émotion…

 

Nulle fragilité dans sa silhouette gracieuse,

Ni haine ni détresse dans son regard si bleu,

Elle paraît à sa place, évidence silencieuse

D’un monde à la dérive qui détourne les yeux…

 

Epine dans les consciences de qui croise son regard,

Eclair de compassion dans l’œil du passant,

Comme posée par le vent just’là, devant la gare,

Elle est de notre monde, constat d’échec flagrant…

 

Elle est une fleur sauvage au milieu d’un jardin,

Elle semble plus vivante que nos cœurs endormis,

Plus humaine et plus libre dans le petit matin

Que le troupeau servile qui se presse et qui fuit…

 

Qui est-elle, d’où vient-elle, jamais elle ne répond,

Bien au-delà des rêves, elle trace son chemin,

Elle a choisi le vent pour ultime compagnon,

La course des étoiles pour guider son destin…

 

Sa vie, je n’en doute pas, ressemble à un combat,

Une lutte quotidienne pour un bout de trottoir,

Une solitude lourde, la peur, le cœur qui bat,

Pour que chaque aube nouvelle soit un peu une victoire !

 

Où est-elle aujourd’hui, où sera-t-elle demain ?

Au pied d’un autre mur ? A l’abri quelque part ?

Au hasard de ses pas, a-t-elle trouvé la main

Qui guid’ra son errance loin du parvis des gares ?

 

Oubliée de la vie ou rebelle à l’Histoire,

Je ne connais rien d’elle ni de sa vie d’hier,

Mais longtemps restera au fond de ma mémoire,

Le fantôme délicat d’une fille au regard fier…

 

Herrlisheim – 12 novembre 2017

( 6 novembre, 2017 )

Le vaisseau de pierre,

Comme c’est triste une gare la nuit,

Après le dernier train, l’ultime chance d’évasion,

Quand le silence retombe sur les quais endormis

Et que les murs soupirent les rêves et les passions.

 

Ultime port d’attache des nocturnes errances,

Improbable refuge de toutes les âmes en peine,

Elle est contre la nuit, une arche, une évidence,

Quand la lumière s’enfuit, que le froid glace les veines…

 

Tacite rendez-vous quand la vie fait naufrage,

Pour un peu de chaleur, d’illusoire sûreté,

La gare n’est plus le soir, symbole de voyage,

Mais pour les solitudes, une rade où s’échouer…

 

Un banc comme un radeau contre toutes les violences,

Un coin sombre, isolé, pour cacher sa détresse,

Pour faire taire ses pensées, pour prendre de la distance,

Une flasque de mauvais vin comme dernière richesse…

 

Lugubre et inquiétante, une gare la nuit,

Quand sa haute silhouette se découpe dans l’ombre,

Quand ses lumières s’éteignent et que plus rien ne bruit,

Que seule son horloge la ronde du temps dénombre…

 

C’est l’heure des rôdeurs qui se fondent en silence

Dans les recoins des murs et des portes cochères,

C’est le temps inquiétant de toutes les violences,

De toutes les peurs aussi et de l’aube qu’on espère !

 

C’est un coup de tonnerre qui déchire la nuit

Quand passe le long convoi d’un train de marchandises,

C’est du vaisseau de pierre les milliers d’petits bruits,

Ses plaintes et ses soupirs just’avant l’aube grise…

 

C’est sur les quais déserts, l’ombre désespérée

D’une âme à la dérive en quête de chaleur,

Qui dans un vieux mégot, un sandwich oublié

Trouvera du réconfort comm’une infime lueur !!

 

Mais c’est beau une gare la nuit,

Quand elle nimbe son quartier d’une lueur dorée,

Antique vaisseau de pierre qui accoste sans bruit

Aux frontières du rêve et d’la réalité…

 

On y court l’âme légère pour accueillir l’absent

Que la vie nous ramène avec le dernier train,

On s’y retrouve en bande, le regard pétillant

Avant de faire la fête jusqu’au petit matin !

 

On y trouve en urgence un paquet d’cigarettes,

Ou la baguette qui manque pour le repas du soir,

Et peut-être pour demain, le seul train qui s’arrête

Et nous emportera pour rejoindre notr’histoire…

 

Les voix gaies des fêtards résonnent entre ses murs,

Et on s’y réfugie, à l’abri de la pluie,

En attendant un bus, un taxi, une voiture

Qui nous emmènera loin des peurs de la nuit…

 

Herrlisheim – 05 Novembre 2017

( 10 septembre, 2017 )

Et soudain la pluie…

Il arrive quelquefois, quand l’été tourne court,

Que la chance nous lâche, nous joue un de ses tours…

Malicieusement elle couvre notre ciel de nuages,

Et transforme nos plages en boueux marécages…

 

Tout à notre enthousiasme, on refuse de croire

A l’ombre qui sur nos têtes, s’allonge quand vient le soir…

On part le cœur en fête, le regard pétillant,

Tous nos rêves en bannières qui claquent sous le vent !

 

Des quatr’ coins du pays, au-delà des frontières,

On s’éveille, on s’active, on s’prépare, on espère,

On boucle les bagages, on investit les trains,

On reprend l’âme légère notre joli chemin !

 

On retrouve les amis, on échange des souv’nirs,

On oublie les soucis, le cœur tout en sourires…

Et malgré la menace d’un ciel toujours plus noir,

Dans la file d’attente, ensembles on va s’asseoir…

 

On s’amuse du vent qui vole les foulards,

D’un rayon de soleil, on fait un étendard,

On implore le ciel pour un peu de clémence,

On rit de nos folies et de notre insouciance…

 

Quand vient la première goutte, on espère toujours,

On conjure le sort de quelques traits d’humour,

Et quand le ciel sur nous, lâche sa pluie glacée,

C’est une belle envolée de capes colorées…

 

Etranges papillons qui surgissent dans la fête,

Arc-en-ciel qui danse un instant sur nos têtes

Et nous enveloppent ensembles d’une désuète protection

Contre l’eau qui ruisselle sur toutes nos émotions…

 

Et courent les nuages dans un ciel de plomb,

Et roulent les gouttes d’eau sur nos mains, sur nos fronts,

On rit de nos déboires, on crâne un peu faut l’dire,

Mais au fond de nos yeux, s’accrochent nos sourires…

 

Une heure et puis une autre dans ce triste décor,

Le maquillage pleure, mais on résiste encore,

Et si le ciel s’effondre, nous fait baisser la tête,

C’est à peine s’il perturbe le plaisir de la fête…

 

Et plus longue est l’attente, plus le froid s’insinue,

Perfide il se faufile, glisse jusqu’à la peau nue,

Et nos mains tremblent un peu, et on claque des dents,

Et l’eau sur nos chaussures montent immanquablement…

 

Plus rien ne nous protège depuis longtemps déjà,

A part le rêve fou qui nous a menés là,

Mais il est bien plus fort que la colère du ciel,

On s’y accroche ensembles comme à un grand soleil…

 

Puis vient la première note, le tout premier accord,

Et les cœurs se réveillent, cognent et battent plus fort,

Et on oublie la pluie qui trempe les visages,

On relève la tête, on reprend le voyage…

 

Ce sont des mains glacées qui se tendent vers toi

Pour danser dans la nuit au rythme de ta voix,

Et sur tous les visages trempés depuis des heures,

La pluie se mêle aux larmes de cet étrange bonheur…

 

Toute la pluie du ciel peut s’abattre sur nous,

La chaleur de nos cœurs nous gardera debout,

Les deux pieds dans la boue, on dans’ra, on saut’ra,

On ne recul’ra pas, on tient bon, on est là…

 

Jamais je n’ai été aussi trempée je crois,

Glacée, frissonnante et pétrifiée de froid,

Mais les rêves à l’abri dans leur bulle de bonheur,

Et dans le réconfort des amitiés du cœur…

 

Je garderai une place parmi tous mes souv’nirs

Pour cette soirée de pluie qui voila mon sourire,

Et chaque fois que le ciel pleurera sur mon cœur,

Je m’souviendrai qu’un soir, ce fut avec bonheur…

 

Herrlisheim – 10 Septembre 2017

 

( 29 août, 2017 )

Fans,

C’est un très vilain mot pour de doux sentiments,

Un mot teinté, souvent, d’une sévère ironie,

Un mot, presqu’une injure, une gifle, un tourment,

Un mot insupportable, presqu’une calomnie…

 

Il suggère une faiblesse, voire une maladie,

Raconte des émotions qu’il imagine déviantes,

Sous-entend des excès, la folie, l’hystérie,

S’accorde au féminin…singulière évidence…

 

C’est un mot qui dessine une cible dans le dos,

Que visent avec délice médias et opinion,

Sans chercher à comprendre, à connaître le fin mot,

Sans voir derrière le masque, la jolie émotion…

 

Mais au-delà des rires, des sarcasmes, des moqueries,

Etre fan, c’est bien plus qu’une caricature,

C’est offrir à ses rêves une étincelle de vie,

C’est écouter son cœur qui tremble et qui murmure…

 

C’est avoir su garder son regard d’enfant,

C’est aimer sans calcul et en toute innocence,

C’est le goût de la fête et de l’émerveillement,

Le plaisir d’un voyage au-d’là des apparences…

 

Etre fan, c’est aimer, mais aussi respecter,

Et c’est garder aussi, sa liberté d’penser,

Bien sûr, c’est croire un peu, parfois aux contes de fées

Qui feront de nos rêves une réalité…

 

C’est aussi bien souvent partager des valeurs,

Trouver dans d’autres mots l’écho d’un idéal,

C’est laisser libre cours aux fantaisies du cœur,

C’est aimer sans retour mais sans penser à mal…

 

Quoiqu’en pensent certains, fan n’est pas fanatique,

C’est vivre de temps en temps au-delà de la vie,

Ouvrir une parenthèse de plaisir, de musique,

Chasser pour quelques heures les nuages et la pluie…

 

Etre fan n’est pas ce qui me définit,

Je suis bien d’autres choses, j’ai bien d’autres facettes,

Même si cela raconte celle que parfois je suis,

De mes dimanches de pluie à mes étés de fêtes…

 

C’est un très vilain mot que j’aimerais bannir,

Que j’aimerais remplacer par un terme plus doux,

Un terme qui racont’rait les rêves et les sourires,

Un mot sucré-citron qui dirait tout de nous…

 

Herrlisheim – 29 Août 2017

( 23 août, 2017 )

Au bord de la barrière

Au bord de la barrière se concentrent nos rêves

Comme autant de pétales déposés par le vent,

Un vent de fin d’été, comme une brise sur la grève,

Un vent de liberté, fou, doux et apaisant…

 

Alors que je suis là, bloquée par cette frontière,

Sur une poussière d’étoile ils glissent tout en douceur,

Comme parfois les bouteilles ramenées par la mer,

Les rêves viennent s’échouer tout au bord de ton cœur…

 

Au bord de la barrière renaissent tous les sourires,

Le feu de nos regards, la pluie des émotions,

Il y a tant de bonheur qui n’demande qu’à fleurir,

Tant d’énergie joyeuse, de folie, de passion…

 

Elle arrête mes pas, mais sûr’ment pas mes danses,

Elle bloque mes élans, mais pas les sentiments,

Elle se dresse face à moi, à mes mots, mes silences,

Mais offre au quotidien un souffle, un bercement…

 

Au bord de la barrière s’accrochent nos souvenirs

D’amitiés retrouvées, d’émotions sans partage,

C’est l’ultime chemin des rêves en devenir,

Le but de nos cavales, de nos jolis voyages…

 

J’y tutoie l’infini des possibilités,

J’y rencontre l’imprévu des grandes aventures,

J’y croise quelquefois un regard amusé

Quand tu sais que je sais qu’on n’brisera pas ce mur…

 

Au bord de la barrière, je m’enferme quelquefois

Dans une bulle d’émotion et de mélancolie…

Et je baisse la tête pour ne pas que tu voies

Une larme échappée à mes douces rêveries…

 

Car c’est là plus qu’ailleurs que frappent les émotions,

Les tiennes et puis les nôtres y dansent une sarabande,

Quand nos folles espérances et nos désillusions

Se perdent quelque part dans c’drôle de no man’s land…

 

Au bord de la barrière, je reste parfois longtemps

Après la dernière note et le dernier refrain,

De l’ivresse du moment, je ressens les tourments,

Dans ma tête, c’est tout flou, j’en oublie mon chemin…

 

Du bord de la barrière, j’ai du mal à partir,

Mes rêves et mes espoirs y restent suspendus,

Le temps s’est envolé au fil de nos sourires,

Et là, sous les étoiles, on reste un peu perdu…

 

 

Herrlisheim – 23 Août 2017

( 22 août, 2017 )

Le ciel de l’avenir

De nos rires à nos larmes le temps nous porte, nous emporte,

Ca ne me fait pas peur…ça m’rassure pas vraiment…

Une ride à mon miroir, c’est l’âge derrière la porte,

Mais l’âge n’est qu’un nombre, je n’y pense pas souvent…

 

Il arrive pourtant au détour d’un matin

Qu’il me frappe en plein cœur, me harcèle, me torture,

Et qu’il m’oblige à voir ce qui reste du chemin

Avant qu’à mon oreille la vieillesse murmure…

 

Il me montre le temps où mon pas sera lent,

Où les journées de pluie étir’ront leur tristesse,

Loin de nos insouciances, de nos fêtes, de nos chants,

Loin du feu des étés où brûlait ma jeunesse…

 

Combien de rendez-vous, combien de temps encore

Avant que vienne l’heure de vivre de souvenirs ?

Combien de rêves fous, de voyages loin des ports

Avant qu’un vent mauvais renverse mon navire ?

 

Lorsque le temps s’étire entre deux rendez-vous,

Que je compte les jours et décompte les heures,

Je redoute l’instant où tu r’nonceras à nous,

Parce que le temps aura, aussi marqué ton cœur…

 

Le temps passe si vite, défilent les années,

Qui ouvrent d’autres voies, montrent d’autres chemins…

Et qui en ferment d’autres, nous claquent la porte au nez

Des folies passagères, des rêves sans lendemain…

 

J’aimerais ne pas penser à cet av’nir lointain,

Je veux que durent encore nos étés de lumière,

Je ne veux pas connaître ces tristes lendemains,

Quand nos soirées de fête ne s’ront plus que poussière…

 

Quand sur tous nos sourires se fermera le ciel,

Quand il ne restera que des photos jaunies,

Où trouverais-je la flamme à nulle autre pareille

Qui réchauffait mon cœur et allumait ma vie ?

 

Je ne sais si le temps me donn’ra la sagesse,

Un peu plus de patience, une plus grande tolérance,

Mais il ne prendra pas ces vagues de tendresse

Nées un soir de printemps du temps de ma jeunesse…

 

Il me volera peut-être deux ou trois souvenirs,

Ridera mon visage, blanchira mes cheveux,

Mais demain comme hier, au ciel de mon av’nir

Restera une étoile tout au bord de mes yeux…

 

 

Herrlisheim – 22 août 2017

( 22 août, 2017 )

Rêveries,

Qui n’a jamais rêvé au bord d’une aube grise

D’être un jour reconnu de ceux que l’on admire ?

Par orgueil peut-être, ou bien par gourmandise,

Ou comme un phare lointain lorsque la vie chavire…

 

A l’heure des possibles, juste là, juste avant,

On laisse aller nos rêves au soleil de minuit,

Innocents jeux de rôles, comme en font les enfants,

« On dirait que… », « tu serais », « on dirait que je suis »…

 

Ils reviennent juste avant chacun d’nos rendez-vous,

Ces rêves de l’impossible qui troublent la raison,

D’une pensée un peu folle venue dont ne sait où,

Ils font un scénario aux couleurs rose bonbon…

 

Et si on se croisait au hasard d’une terrasse ?

Je pourrais engager une conversation…

En rêve, rien d’impossible, j’oserais cette audace,

Je vaincrais ma réserve et mes hésitations !

 

Si on avait par chance choisi le même hôtel ?

On partag’rait, c’est sûr, un verre ou un café !

Et si on s’baladait dans les mêmes ruelles ?

A mon geste amical tu pourrais t’arrêter !

 

Tu aurais pu aimer un d’mes petits messages,

Et me le faire savoir d’un mot ou d’un regard…

Un mot entraînant l’autre, on aurait fait l’voyage

Du bord de la barrière à une amitié rare…

 

Un coup d’fil inconnu, et ta voix qui résonne,

Tu veux me rencontrer pour parler de mes mots…

Ou là, au premier rang, tu viens m’voir en personne

Pour un encouragement, un soutien, un bravo…

 

Bien sûr on n’y croit pas, ou alors juste un peu,

Comme on croit aux étoiles, comme on croit à la chance,

A peine une étincelle, là, tout au fond des yeux,

Un plaisir défendu, un bonheur en avance…

 

Ce sont des rêves trop grands, fantasques rêveries

Où je me perds parfois pour fuir le quotidien,

Fantasmes innocents pour les dimanches de pluie,

Je n’y crois pas vraiment, mais ils me font du bien…

 

Et comme on me l’a dit avec un grand sourire,

On n’est pas à l’abri un jour, d’une bonne surprise,

Alors je garde au cœur tous mes petits délires,

Et dans un éclat d’rire j’oublie mes aubes grises…

 

 

Herrlisheim – 21 août 2017

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